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Manuel De Palpation Osseuse Et Musculaire .pdf



Nom original: Manuel De Palpation Osseuse Et Musculaire.pdf

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A
B
C

DANGER

LE

PHOTOCOPILLAGE
TUE LE LIVRE

Ce logo a pour objet d’alerter le lecteur sur la menace que représente pour l’avenir de l’écrit, tout particulièrement dans le domaine universitaire, le développement massif du « photo-copillage ». Cette pratique qui s’est
généralisée, notamment dans les établissements d’enseignement, provoque une baisse brutale des achats de
livres, au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd’hui menacée.
Nous rappelons donc que la reproduction et la vente sans autorisation, ainsi que le recel, sont passibles de
poursuites. Les demandes d’autorisation de photocopier doivent être adressées à l’éditeur ou au Centre français
d’exploitation du droit de copie : 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. Tél. 01 44 07 47 70.

L’édition originale, The muscle and bone palpation manual with trigger points, referral patterns, and stretching (ISBN : 978-0-323-05171-2),
a été publiée par Mosby, Inc., filiale d’Elsevier Inc.
Coordination scientifique de l’édition française et traduction et adaptation de l’anglais :
Michel Pillu
Kinésithérapeute, cadre de santé (CDS), docteur ès sciences en biomécanique (PhD University of Strathclyde, Écosse)
Enseignant dans les IFMK d’Assas, ENKRE et à l’IFPP Danhier, Paris
Annie Gouriet
Enseignante à l’ENKRE Saint-Maurice, journaliste
Jean-Louis Estrade
Kinésithérapeute, enseignant en kinésithérapie
Copyright © 2009 by Mosby, Inc., an affiliate of Elsevier Inc.
© 2010, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8101-0155-9
Elsevier Masson SAS, 62, rue Camille-Desmoulins, 92442 Issy-les-Moulineaux cedex
www.elsevier-masson.fr
L’éditeur ne pourra être tenu pour responsable de tout incident ou accident, tant aux personnes qu’aux biens, qui pourrait résulter
soit de sa négligence, soit de l’utilisation de tous produits, méthodes, instructions ou idées décrits dans la publication. En raison
de l’évolution rapide de la science médicale, l’éditeur recommande qu’une vérification extérieure intervienne pour les diagnostics
et la posologie.
Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction par tous procédés, réservés pour tous pays.
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent
ouvrage, faite sans l’autorisation de l’éditeur est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, les courtes citations
justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées (art. L. 122-4, L. 122-5 et
L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle).

DÉDICACE
Ce livre est dédié à tous mes étudiants, passés, présents et futurs. J’ai toujours eu le sentiment que la
salle de classe et la vie étaient consacrées à apprendre et à grandir. Ce fut une bénédiction de faire partie de vos vies alors que nous cheminions dans les
moindres détails autant que dans les grandes lignes
de l’anatomie, de la physiologie, de la cinésiologie,
de la palpation et du traitement. Une grande partie
de ce que j’ai appris me vient de vous avoir côtoyés
en classe.
Merci.

DÉDICACE
PARTICULIÈRE
Ce livre est amoureusement dédié à Diane
C. Schwartz. Son courage, son esprit, sa passion
de la vie et son amour ont toujours été et seront
toujours une source d’inspiration, pour moi et pour
tous ceux dont elle a touché la vie.

COLLABORATEURS ET PRÉSENTATEURS
DU DVD

Sandra K. Anderson, BA, NCTMB (national
certification for
therapeutic massage
and bodywork)
Sandra a un BA (Bachelor of Arts) de
biologie de l’Ithaca College à Ithaca, New
York, et elle est praticienne professionnelle de thérapie corporelle depuis 1992,
avec une certification en massothérapie,
shiatsu et massage thaïlandais. Pendant
12 ans, elle a enseigné au Cortina-Desert
Institute of the Healing Arts à Tucson,
Arizona, dans des matières allant de l’anatomie et de la physiologie au shiatsu, et a
été directrice de l’enseignement pendant un an. Sandra est copropriétaire
du Tucson Touch Therapies, un centre de massage et de traitement par
thérapie corporelle situé à Tucson. Elle conserve une clientèle privée et
anime des ateliers sur les techniques asiatiques de thérapie corporelle. En
outre, elle est l’auteur de The Practice of Shiatsu (Mosby, 2008).

Leon Chaitow, ND, DO
Leon Chaitow est diplômé du British
College of Osteopathic Medicine. Depuis
1983, il est conférencier extérieur dans de
nombreuses écoles de chiropraxie, kinésithérapie, ostéopathie, naturopathie, en
Europe, aux États-Unis, au Canada et en
Australie. En 1993, Leon fut le premier
naturopathe/ostéopathe à être embauché
comme consultant par le gouvernement
britannique. Il est l’auteur et l’éditeur de
plus de 70 livres, et est le fondateur et le rédacteur en chef du Journal of
Bodywork and Movement Therapies (Elsevier), revue soumise à un comité
de lecture. Après 11 ans comme maître de conférences et responsable
de module en thérapie corporelle et naturopathie, Leon a pris sa retraite
de l’Université de Westminster en 2004. En novembre 2005, il s’est vu
décerner le titre de membre honoraire par l’université, en remerciement
de « services rendus à la médecine alternative et ostéopathique ». Leon vit
et travaille à Londres et à Corfou, en Grèce. Il est marié à Alkimini avec
bonheur depuis 1972 !

Judith DeLany, LMT (licensed massage
therapist)
Judith DeLany a passé plus de deux
décennies à développer les techniques de
thérapie neuromusculaire dans le cadre
de la formation continue, pour les praticiens de thérapie manuelle et pour les
programmes d’écoles de massage. En plus
d’animer des séminaires de NMT (neuromuscular therapy) à l’échelon international, elle assure la direction du NMT
Center à Saint Petersburg, Floride.
Pendant plus de 10 ans, Mme DeLany a
été codirectrice de rédaction du Journal of Bodywork and Movement Therapies
(une revue pluridisciplinaire d’Elsevier) et poursuit sa collaboration au

IV

sein du comité de lecture de la revue. Elle a participé à la rédaction de trois
manuels de NMT et écrit de nombreux articles sur la prise en charge de la
douleur chronique, à la fois pour des magazines grand public et des revues
spécialisées. Son objectif professionnel est d’approfondir l’éducation dans
toutes les professions de santé, afin d’inclure les thérapies myofasciales
dans le traitement des patients souffrant de douleur aiguë ou chronique.

Neal Delaporta, NCTMB, président élu au
National Certification
Board for therapeutic
massage & bodywork
Honors graduate du National Holistic
Institute en Californie, Neal a obtenu le
NCE (National Certification Exam) en
2000 et ouvert un cabinet qui propose
des activités sportives, de rééducation, un
spa et des pratiques thérapeutiques traditionnelles comme l’aromathérapie et les
bougies auriculaires.
Il a enseigné au Connecticut Center
for Massage Therapy et est membre de
l’American Massage Therapy Association–
Section du Connecticut.
Neal est un remarquable orateur, auteur et animateur d’ateliers, séminaires, ainsi que le créateur de Top (Therapeutic Optimal Performance)
Massage : un protocole fondé sur le sport destiné à toutes les personnes
actives.

Mike Dixon, RMT (registered massage
therapist)
Avec 22 ans de massothérapie derrière
lui, Mike est un vétéran de la discipline. C’est un formateur, un auteur
publié et un présentateur international
de massothérapie en formation continue (Arthrokinetic Therapy). Il est le
principal conseiller pratique pour le
West Coast College of Massage Therapy
(WCCMT).
En formation continue pour les massothérapeutes et les naturopathes, il a
mis au point des méthodes dans le
domaine de l’orthopédie et de la rééducation, intitulées « Arthrokinetic
Therapy ».
Sa dernière réalisation est le lancement de son nouveau manuel Joint
Play the Right Way for the Axial Skeleton (2006), qui concerne une approche multidimensionnelle du traitement du rachis et du bassin.
Il enseigne au WCCMT depuis 1993 et a dispensé la plupart des
cours de la section pratique. Sa spécialité est l’évaluation et les traitements en orthopédie. Mike enseigne également au Boucher Institute of
Naturopathic Medicine.
Mike a formé plus de 2000 massothérapeutes et médecins
naturopathes.

Collaborateurs et présentateurs du DVD

V

Sandy Fritz, MS, NCTMB

Glenn M. Hymel, EdD, LMT

Sandy est la propriétaire, la directrice et
l’éducatrice en chef du Health Enrichment
Center, qui pourvoit à la formation de
plus de 75 étudiants en massage par an.
Une partie de son exercice privé inclut un
travail dans le domaine de la santé mentale, en collaboration avec un psychologue qui apporte soutien et éducation
pour les troubles de l’attention – déficit
ou hyperactivité –, dans la gestion de
l’anxiété, de la dépression, de la fatigue
et de la douleur. Elle propose aussi du
massage à tous ceux qui en ont besoin,
depuis le massage pour le contrôle du
stress aux soins de rééducation sur prescription médicale. En plus, Sandy
a développé et supervise une clinique estudiantine de massage avec
l’équipe de football professionnelle des Detroit Lions. Elle prodigue également des massages et de la rééducation dans le monde du sport professionnel ainsi que pour des joueurs professionnels de football américain
et de basket. En tant que conférencière internationale et éducatrice à la
gestion du stress, Sandy élabore des programmes pour grand public dans
le domaine de l’entreprise.

Glenn M. Hymel est professeur et président du département de psychologie à
l’Université Loyola de la Nouvelle-Orléans.
Ses principaux domaines de spécialisation incluent la psychopédagogie, la
recherche et les statistiques, et la psychologie d’ajustement personnel. Le
Dr Hymel est diplômé de la Blue Cliff
School of Therapeutic Massage à Metairie,
Louisiane, et conserve un cabinet dans la
Greater New Orleans Area. Glenn est
l’auteur du manuel Research Methods for
Massage and Holistic Therapies (Mosby,
2006) et le troisième auteur (avec Sandy
Fritz et Leon Chaitow) de Clinical Massage in the Healthcare Setting
(Mosby, 2008).

Beverley Giroud, LMT, NCTMB
Beverley Giroud est massothérapeute et
entraîneur individuel, avec un cabinet
privé à Tucson, Arizona. Elle est diplômée du Desert Institute of the Healing
Arts et détient d’autres certifications,
une en massage orthopédique d’OMERI
et une du Chek Institute en pratique
du coaching. Elle a été formatrice en
massothérapie pendant 8 ans. Elle
donne également des cours de gestion
et d’éthique. Son cabinet privé est spécialisé en évaluation, prise en charge et
rééducation des blessures, ainsi qu’en
gymnastique corrective pour les blessures et les troubles posturaux. Avant
de devenir massothérapeute, Beverley a
obtenu un diplôme de Bachelor of Science en génie civil à l’Université
du Delaware.

Gil Hedley, PhD
Depuis 1995, Gil Hedley a animé, partout
dans le monde, ses ateliers de 6 jours de
pratique intensive de la dissection humaine,
pour des professionnels d’à peu près tous
les domaines de la santé et de la forme. À
l’appui de son approche unique de l’anatomie humaine, sa série intégrale d’anatomie
sur DVD est à présent vendue dans 27 pays.
Président de séance au premier Congrès
international sur les fascias en 2007, Gil
est également un collaborateur régulier de
Spirituality & Health Magazine et d’autres
publications, pour des articles de fond.

Bob King, LMT, NCTMB
Bob King a écrit des manuels, livres,
vidéos, programmes et de nombreux
articles cliniques tout au long d’une
carrière de massothérapeute qui couvre
plus de trois décennies. Il est consultant pédagogique à Cortiva et dirige des
entraînements en thérapie myofasciale
approfondie dans tout le pays. Il est
le fondateur et ancien président de la
Chicago School of Massage Therapy, a été
président de l’AMTA (American Massage
Therapy Association) pendant deux mandats et est partout considéré au sein de
la profession comme un novateur, un
militant et un enseignant accompli. Bob
fait partie du conseil éditorial du Journal
of Bodywork and Movement Therapies. En 2004, il a reçu un Diplôme pour
Services Rendus par la Fondation Massage Therapy pour son leadership
visionnaire.

George Kousaleos, BA, LMT, NCTMB
George Peter Kousaleos est le fondateur et
le président du CORE Institute School of
Massage Therapy and Structural Bodywork
à Tallahassee, Floride. Diplômé de l’Université d’Harvard, George a enseigné dans
des ateliers d’intégration structurale, de
thérapie myofasciale, de thérapie corporelle pour le sport et la performance
et dans des séminaires de certification
aux États-Unis, au Canada et en Europe.
Pendant sa carrière, il s’est porté volontaire pour des positions de direction au
National Certification Board, au Florida
Licensure Board, et à la Massage Therapy
Foundation. Son investissement dans
l’Olympic Sports Massage l’a conduit à
assurer le poste de General Manager de la British Olympic Preparation
Camp Sports Massage Team en 1996 et celui de codirecteur de l’Athens
Olympic International Sports Massage Team en 2004.

VI

Collaborateurs et présentateurs du DVD

Whitney Lowe, LMT
Whitney Lowe est une autorité reconnue dans le traitement par massothérapie de la douleur et des blessures. Il est
l’auteur de livres, Orthopedic Assessment
in Massage Therapy (David Scott, 2006),
et Orthopedic Massage : Theory and
Technique (Mosby, 2003). En 1994, il a
fondé l’Orthopedic Massage Education
& Research Institute (OMERI) pour
apporter aux massothérapeutes l’éducation approfondie dont ils ont besoin
pour traiter les troubles des tissus
mous en orthopédie. Il est actuellement membre du conseil éditorial
du Journal of Bodywork and Movement Therapies et a régulièrement écrit
des articles de fond dans des publications comme Massage Magazine,
Massage Today et The Journal of Soft-Tissue Manipulation.

Bob McAtee, NCTMB, CSCS, CPT
Bob McAtee est un massothérapeute
du sport vétéran, un auteur, éducateur et inventeur. Il conserve un cabinet international de massage sportif
à Colorado Springs, Colorado, et présente régulièrement des ateliers sur la
simplification des étirements, du massage et de la prise en charge des lésions
des tissus mous, au niveau national et
international.
Bob a une certification nationale en
Therapeutic Massage and Bodywork
(1992), est certifié comme un Strength
and Conditioning Specialist (NSCA, 1998), il possède aussi une certification comme tuteur individuel (ACE, 2006).
Il est également l’auteur d’un ouvrage, Facilitated Stretching (Human
Kinetics Publishers, 2007), d’où sont tirés les étirements montrés dans
les vidéos.

Thomas Myers, LMT, NCTMB, ARP
Thomas Myers est l’auteur d’Anatomy
Trains : Myofascial Meridians for Manual
and Movement Therapists (Churchill
Livingstone, 2001), ainsi que de nombreux articles. Tom dirige Kinesis, Inc.,
qui propose des formations professionnelles certifiées et de la formation
continue à travers le monde. Tom a
étudié avec les Dr Ida Rolf, Moshe
Feldenkrais et Buckminster Fuller, et
a pratiqué la thérapie corporelle intégrée pendant plus de 30 ans dans de
multiples établissements cliniques et
culturels.

Fiona Rattray, RMT
Massothérapeute officiellement enregistrée depuis 1983, Fiona est co-auteur de
Clinical Massage Therapy : Understanding,
Assessing and Treating Over 70 Conditions
(Talus, 2001). Elle possède 11 ans d’expérience dans l’enseignement du traitement des blessures et des troubles de
la posture dans le cadre du programme

professionnel de 2200 heures de l’Ontario, Canada, et 15 ans supplémentaires d’expérience dans la conduite d’ateliers postuniversitaires.

Monica J. Reno, LMT, NCTMB
Monica Reno est LMT (licensed massage therapist) depuis 1984. Elle
détient une licence à la fois pour New
York et la Floride. Elle est copropriétaire du Tuscany Day Spa & Salon, à
The Villages, Floride. Avant cela, elle a
travaillé à Allied Therapeutic Protocols
à Winter Park, Floride, en se spécialisant dans les athlètes d’endurance.
Pendant 8 ans, Monica a été directrice
de l’enseignement à la Central Florida
School of Massage Therapy. Elle a pratiqué 12 ans le massage à New York, où elle faisait partie de l’équipe
thérapeutique des New York Jets, et a travaillé avec George Rizos,
DC. Actuellement, Monica est membre du Comité de direction du
NCBTMB.

Susan G. Salvo, BEd, LMT, NCTMB
Susan Salvo est diplômée de la New
Mexico School of Natural Therapeutics
depuis 1982. Mme Salvo est connue
au plan national pour avoir écrit
Massage Therapy : Principles and Practice
(Saunders, 2007) et Mosby’s Guide to
Pathology for the Massage Therapist
(Mosby, 2008). Elle a rédigé le chapitre « Teaching to Students with
Learning Challenges » pour Teaching
Massage (Lippincott Williams &
Wilkins, 2008). Elle a également collaboré au « Geriatric Massage » pour
Modalities for Massage and Bodywork (Mosby, 2008). Mme Salvo
est un des experts interviewés dans le film documentaire History of
Massage Therapy in the United States sorti en 2007. Elle a obtenu un
baccalauréat en éducation et étudie présentement pour obtenir un
Master en Sciences de l’Éducation et de la Pédagogie. Mme Salvo est
la Directrice du Louisiana Institute of Massage Therapy.

Diana L. Thompson, LMP
Diana L. Thompson, massothérapeute licenciée depuis 25 ans, a un
cabinet privé à Seattle, Washington,
où elle traite les troubles neuro-musculo-squelettiques et lymphatiques,
aigus et chroniques. Elle est l’auteur
de Hands Heal : Communication,
Documentation and Insurance Billing for
Manual Therapists, 3e éd. (Lippincott
Williams & Wilkins, 2005). Diana
fait des communications dans des
congrès internationaux de massage,
d’acupuncture, d’obstétrique, de chiropraxie, médecine et physiothérapie et
est consultante pour la recherche en massothérapie au Center for
Health Studies à Seattle. C’est la présidente de la Massage Therapy
Foundation, une organisation philanthropique à but non lucratif,
dont la mission est de faire progresser la connaissance et la pratique
de la massothérapie en soutenant la recherche scientifique, l’éducation et le service à la communauté.

Collaborateurs et présentateurs du DVD

Benny Vaughn, LMT, ATC, CSCS, NCTMB
Benny possède 35 ans d’expérience dans
le traitement des athlètes et des adultes actifs ; il est expert en évaluation,
traitement et prise en charge des troubles des tissus mous en relation avec
le sport, par des techniques manuelles.
M. Vaughn est diplômé de l’Université de Floride, College of Health and
Human Performance. Il est diplômé
comme entraineur sportif par la Certified
Athletic Trainer (NATA), il est reconnu
comme spécialiste du renforcement
musculaire par la Certified Strength and
Conditioning Specialist (NSCA), et il est
également diplômé de la Nationally Certified in Therapeutic Massage
and Bodywork (NCTMB). Il est également titulaire d’une Florida Massage
Therapy License. Benny a fait partie de l’équipe médicale du USA Olympic
and World Championship Track & Field.

Tracy Walton, MS, LMT
Tracy Walton consulte, écrit, fait de la
recherche et enseigne en massothérapie.
Elle exerce aussi depuis 1990. Elle enseigne « Caring for Clients with Cancer »,
une formation pour les massothérapeutes, et enseigne le massage en oncologie
depuis 1998 au plan national. Tracy a
fait de la recherche en massothérapie et
cancer pour plusieurs projets, dont un
avec le Harvard Medical School’s Osher
Institute. Elle a contribué à développer

VII

Touch, Caring and Cancer, un DVD de conseils en massage pour les aidants.
En 2003, elle a été désignée enseignante de l’année par l’AMTA. Tracy est
l’auteur de Medical Conditions in Massage Therapy (Lippincott Williams &
Wilkins, 2009), un manuel pour les étudiants, professionnels et centres
de massothérapie.

Ruth Werner, LMP, NCTMB
Ruth Werner est massothérapeute, écrivain, lauréate en tant qu’éducatrice, et
elle témoigne d’un intérêt passionné
pour le rôle de la thérapie corporelle
auprès des gens qui luttent pour leur
santé. Son livre, A Massage Therapist’s
Guide to Pathology (Lippincott Williams
& Wilkins, 2008), en est à sa 4e édition
et est largement utilisé dans les écoles de
massage à travers le monde. Elle tient des
rubriques dans Massage Today et le magazine Massage and Bodywork, et elle anime
des séminaires de formation continue
dans tout le pays. Elle est aussi présidente
de l’enseignement pour la Massage Therapy Foundation, une organisation
dédiée à l’approfondissement de la connaissance et de la pratique de la
massothérapie en soutenant la recherche scientifique, l’éducation et le
service à la communauté.

À PROPOS DE L’AUTEUR
Le Dr Joe Muscolino donne des cours
d’anatomie et de physiologie musculosquelettique et viscérale, de cinésiologie, neurologie et pathologie
au Connecticut Center For Massage
Therapy (CCMT) depuis plus de
22 ans. Il a aussi participé au cours
de développement manuel et au programme de développement au CCMT.
Il a publié The Muscular System Manual,
Musculoskeletal Anatomy Coloring Book,
Musculoskeletal Anatomy Flashcards,
Kinesiology : The Skeletal System and
Muscle Function, and Flashcards for
Bones, Joints, and Actions of the Human
Body, ainsi que des articles dans Massage Therapy Journal et dans
Journal of Bodywork and Movement Therapies. Flashcards for Palpation,
Trigger Points, and Referral Patterns et Mosby’s Trigger Point Flip Chart
with Referral Patterns and Stretching ont tous deux été publiés en
2008. Le Dr Muscolino anime des ateliers de formation continue
sur des sujets comme l’anatomie et la physiologie, la cinésiologie, le
massage tissulaire profond, la mobilisation articulaire, ainsi que des
ateliers de dissection. C’est un pourvoyeur de formation continue,
reconnu par le NCBTMB, et des CEU (continuing education courses)

sont ouverts aux massothérapeutes pour le renouvellement de leur
certification. En 2002, le Dr Muscolino a participé à la NCBTMB
Job Analysis Survey Task Force (travail d’analyse et d’enquête de la
Task Force du NCBTMB) ainsi qu’au Test Specification Meeting en
tant qu’expert en anatomie, physiologie et cinésiologie. Il est aussi
membre du NCBTMB Exam Committee et a participé au NCBTMB
Continuing Education Committee. Le Dr Muscolino est également
membre de l’Educational Review Operational Committee (EROC)
du Massage Therapy Journal.
Le Dr Muscolino a un grade de Bachelor of Arts en biologie, de l’Université d’État de New York à Binghamton, Harpur College. Il a obtenu
son titre de docteur en chiropraxie au Western States Chiropractic
College à Portland, Oregon, et est licencié dans le Connecticut,
à New York et en Californie. Depuis plus de 23 ans, le Dr Joe
Muscolino exerce dans un cabinet privé et intègre un travail des tissus
mous dans sa pratique chiropraxique pour tous ses patients.
Si vous souhaitez des informations supplémentaires sur les
publications du Dr Muscolino citées ci-dessus, ou si vous êtes formateur et désirez des renseignements sur les nombreux supports
matériels tels que les diapositives Power Point, les banques de
questions-tests, ou sur TEACH Instructor Resources, veuillez vous
rendre sur http://www.us.elsevierhealth.com. Si vous souhaitez
contacter directement le Dr Muscolino, veuillez le faire sur son
site Internet : http://www.learnmuscles.com.

13

AVANT-PROPOS
En tant que formateur en massothérapie et écrivain ayant largement entamé ma troisième décennie dans ce domaine, je possède
une petite connaissance de la communication avec les étudiants
et les thérapeutes en exercice. Je sais que les étudiants et les praticiens de massage et thérapie corporelle ont des caractéristiques
extrêmement différentes en ce qui concerne l’âge, l’origine ethnique et le niveau de compétences de base – et les formateurs
doivent trouver le moyen d’atteindre chacun, quelles que soient
ces différences. Dans ce domaine, les gens peinent à intégrer les
matières arides ou abstraites ; les formateurs doivent trouver le
moyen de rendre l’information vivante. Et les massothérapeutes
sont particulièrement stimulés quand ils voient que ce qu’ils sont
en train d’apprendre trouve une application directe dans le travail
qu’ils veulent faire. Le but des formateurs est de toujours trouver
les voies capables de rendre leurs sujets cohérents avec les choix
que font leurs étudiants dans leur salle de traitement.
De nombreux étudiants en massothérapie abordent le projet d’apprendre l’anatomie musculaire avec une certaine appréhension. Ils regardent ces longues listes de muscles avec leurs
insertions et leurs fonctions et se sentent totalement accablés. Le
sujet leur paraît abstrait, le langage est inhabituel et l’objectif de
« l’avoir » paraît hors d’atteinte. Les formateurs doués trouvent les
moyens de faire jaillir l’information de la page, mais ce travail
reste néanmoins impressionnant. Dans ce contexte, quelle bénédiction de disposer d’un manuel qui illustre ces concepts avec
minutie, clarté et beauté !
Apprendre les muscles représente un cap critique dans la
formation de chaque massothérapeute, mais ceux d’entre nous
qui exercent cette activité depuis un certain temps savent qu’il ne
s’agit là que de la première étape. Mettre cette connaissance en
pratique – que nous aidions quelqu’un à bien dormir, ou à récupérer d’une blessure, ou à s’entraîner pour un marathon – exige
une aptitude à exploiter ce que l’on sait des muscles, selon des
modalités qui peuvent être difficiles à prévoir. Ce travail implique
un solide ancrage dans les fondamentaux, accompagné d’imagination et de l’aptitude à analyser des fragments subtils d’information, aptitude qui ne s’acquiert qu’avec l’expérience. Toutefois,
avoir à sa disposition un manuel qui instille ce mode de réflexion
est une aide précieuse.

VIII

Une des caractéristiques qui différencie vraiment Manuel de
palpation osseuse et musculaire : points gâchettes, zones de projection
et étirements est l’accent mis sur le fait que les muscles n’agissent
pas de manière indépendante, mais interagissent avec fluidité en
un tout intégré. Avoir conscience de cela aide les utilisateurs du
livre à comprendre comment une faiblesse ou une limitation à un
endroit peut provoquer une douleur ou un dysfonctionnement
dans un autre endroit. L’aptitude à réfléchir avec un esprit critique, associée à ce niveau de compréhension, est indispensable à
tout massothérapeute de valeur.
Le Manuel de palpation osseuse et musculaire identifie les besoins
des praticiens et étudiants en massage et y répond de façon
logique, dans un langage accessible, avec un art consommé qui
met en scène une grande variété de corps, et en soulignant avec
précision comment cette connaissance peut instruire la manière
dont chaque massothérapeute touche un autre être humain. Une
attention méticuleuse portée aux détails et un souci évident de la
précision sont visibles sur chaque page. Cet ouvrage peut fournir
des outils aux massothérapeutes et aux étudiants, non seulement
pour devenir des experts des tissus mous, mais aussi pour communiquer au plan professionnel avec les autres soignants, afin
d’obtenir les meilleurs résultats pour leurs patients.
J’ai toujours travaillé dur pour élever le niveau de formation
au massage. Dans mes écrits, mon travail en salle de classe, les
séminaires de formation continue et avec la Massage Therapy
Foundation, j’ai recherché les occasions de démontrer que les
répercussions potentielles du massage sur les vies sont plus
importantes que nous pouvons l’imaginer. Le Manuel de palpation
osseuse et musculaire est un outil en mesure de contribuer à lancer
de nouvelles générations de thérapeutes dans cette direction
ambitieuse et je me réjouis de le voir arriver sur le marché. Lui et
d’autres manuels similaires continueront à instaurer les meilleurs
niveaux possibles en formation au massage, un but qui nous
anime tous.

Ruth Werner, LMP, NCTMB
Layton, Utah
Août 2008

PRÉFACE
ORGANISATION
Le Manuel de palpation osseuse et musculaire est organisé en trois parties
et contient un jeu de 2 DVD.
La partie I décrit les techniques d’évaluation et de traitement.
Deux chapitres sont consacrés à l’explication de l’art et de la science
de la palpation. Ces chapitres expliquent simplement et clairement
les directives qui vous aideront à devenir efficace et sûr de vous
dans l’exercice de la palpation. Il y a également un chapitre qui
explique comment trouver les étirements des muscles du corps
par le raisonnement et explique comment réaliser les techniques
approfondies d’étirement que sont l’étirement par contracté-relâché
(CR) (connu aussi comme étirement par facilitation neuromusculaire proprioceptive ; proprioceptive neuromuscular facilitation [PNF])
et l’étirement par contraction de l’agoniste (CA). Un autre chapitre
explique ce que sont les points gâchettes et comment ils se forment, ainsi que ce qui est probablement une méthode de traitement supérieure à celle de la compression ischémique soutenue.
Étant donné l’importance cruciale de la mécanique du corps pour
l’étudiant et le thérapeute, il y a aussi un chapitre proposant dix
directives qui amélioreront notablement l’efficacité de votre travail. Un autre chapitre récapitule la logistique de traitement, en
présentant un atlas des manœuvres de massage et des méthodes de
drapage pour le massage.
La partie II se compose de trois chapitres qui couvrent la palpation des os, les repères osseux et les articulations du corps ainsi que
les ligaments du corps. La palpation efficace des os et des repères
osseux du corps est une première étape essentielle avant de pouvoir
s’attaquer à la palpation des muscles. La palpation efficace des articulations constitue elle aussi une compétence indispensable pour
l’évaluation des patients. Chaque chapitre de la partie II comprend en
outre un jeu détaillé d’illustrations antérieures, postérieures, latérales,
qui représentent les ligaments du corps.
La partie III constitue la pièce maîtresse de l’ouvrage. Elle comprend 11 chapitres qui couvrent toute la palpation des muscles squelettiques du corps. Chaque chapitre présente une revue des muscles
d’une région du corps. Pour chaque muscle, une palpation étape par
étape est présentée, avec le raisonnement correspondant aux étapes,
afin que la palpation puisse être comprise et facilement retrouvée au
lieu d’être apprise par cœur. Les illustrations sont superbement réalisées, avec les os et les muscles dessinés sur des photographies de personnes réelles, offrant le rendu le plus précis et le plus clair possible
des muscles et de la palpation musculaire. En plus, l’illustration d’un
étirement musculaire unique est proposée pour chaque muscle traité,
sans exception, ainsi qu’une information sur les points gâchettes et
leur zone de projection, avec des illustrations, pour tous les muscles.

MATÉRIEL AUXILIAIRE POUR
LE FORMATEUR
En plus de l’approche claire et simple, mais précise, du contenu de cet
ouvrage, le livre entier est disponible en présentations Power Point de
50 minutes, en complément pour les écoles qui adoptent ce livre dans
leur programme. Les présentations Power Point s’accompagnent de
plans de cours complets, avec des objectifs d’apprentissage, des questions de raisonnement critique, des activités en classe, entre autres.
Une banque d’images contenant toutes les illustrations du livre, ainsi

qu’une banque de 1000 questions-tests sont également disponibles en
complément pour les écoles qui adoptent cet ouvrage.

RESSOURCES ÉLECTRONIQUES
Pour renforcer les illustrations de palpation musculaire et le texte
de la partie III de cet ouvrage, un jeu de 2 DVD (inclus gratuitement
dans le livre) comprend 4 heures de vidéo montrant les palpations
musculaires du livre. Ce jeu de DVD contient également des petites
séquences présentées par quelques-uns des noms les plus prestigieux
du monde de la formation en massothérapie, parmi lesquels Tom
Myers, Leon Chaitow, Whitney Lowe, Bob King, Gil Hedley et bien
d’autres encore. Des ressources supplémentaires gratuites en ligne
sont proposées sur le site Internet d’accompagnement Evolve, y compris des vidéos techniques pour les muscles intrinsèques des mains
et des pieds, des exercices de révision interactifs, une présentation
Power Point sur la recherche en massage et une information sur le
mouvement articulaire.

AUTRES RESSOURCES
Un jeu de fiches en couleurs couvrant toute la palpation des os et des
muscles ainsi que des illustrations de la majorité des points gâchettes
et de leur zone de projection est aussi disponible pour l’étudiant et
le praticien. Ces fiches constituent un excellent appoint à l’étude,
pour l’étudiant comme pour le thérapeute, pour aider à apprendre
les protocoles de palpation et les points gâchettes. Un livre-chevalet
de praticien entièrement en couleurs, contenant les illustrations des
points gâchettes et leur zone de projection, ainsi que des illustrations
des étirements, est également disponible. Ce livre-chevalet constitue
un apport inestimable pour chaque cabinet, en offrant au premier
coup d’œil une rapide revue des points gâchettes avec leurs zones de
projection ainsi que des étirements pour vos patients. C’est aussi un
excellent outil d’éducation des patients quand vous leur expliquez
comment des zones tendues dans leurs muscles peuvent projeter la
douleur à d’autres parties du corps, ainsi que pour montrer visuellement à vos patients les étirements que vous leur conseillez.

REMARQUE FINALE
Aucun autre livre ne vous offre autant que le Manuel de palpation
osseuse et musculaire. Il contient les méthodes de palpation les plus
précises et les plus claires, associées à des illustrations de la plus
haute qualité possible et il inclut un jeu de 2 DVD démontrant les
palpations, en plus ! En outre, il offre un jeu complet d’illustrations
d’étirements et de points gâchettes pour les muscles squelettiques
du corps. Avec des chapitres sur comment palper, comment étirer et
comprendre les points gâchettes, une couverture complète des ligaments, un abrégé de toutes les principales manœuvres de massage et
des méthodes de drapage, et un chapitre précis sur la mécanique du
corps, Manuel de palpation osseuse et musculaire remplacera facilement
trois ou quatre livres nécessaires dans votre bibliothèque.

Joseph E. Muscolino
Août 2008

IX

CARACTÉRISTIQUES DISTINCTIVES
DE CE LIVRE
158

Information générale
sur le muscle, incluant
les insertions, actions
et un dessin du muscle
isolé.
Des dessins musculosquelettiques en
couleurs dépeignent
les muscles et les os
exactement comme ils
apparaissent quand
on les palpe, pour
aider à situer les tissus
et les repères avec
assurance ; ils sont
expliqués par des étapes
palpatoires détaillées
et sont complétés par
une photo de la position de départ.

Une position alternative de palpation est proposée quand elle
se justifie, souvent avec une illustration d’accompagnement.

Manuel de palpation osseuse et musculaire

GRAND ROND—PROCUBITUS
INSERTIONS :
o De l’angle inférieur et 1/3 inférieur de la face dorsale du bord
latéral de la scapula à la lèvre médiale du sillon intertuberculaire
de l’humérus

ACTIONS :
o Rotation médiale, adduction et extension du bras dans
l’articulation de l’épaule
o Sonnette latérale de la scapula via les articulations
glénohumérale et scapulothoracique

Position de départ (figure 10-40) :

Grand
rond

o Patient en procubitus, bras reposant sur la table et avant-bras
pendant hors de la table
o Thérapeute assis à côté du patient, l’avant-bras du patient entre
les genoux
o Main palpatoire placée juste en latéral de la partie inférieure
du bord latéral de la scapula

Les points gâchettes,
zones de projection
et un étirement pour
chaque muscle
procurent un accès
commode aux directives
pour une évaluation
et un traitement
supplémentaires
du patient.

Petit
rond
de
e
Deltoïde

Étapes palpatoires :

10

1. Demander au patient de faire une rotation médiale du bras
contre la résistance de votre genou et chercher à sentir la
contraction du grand rond à la partie inférieure du bord latéral
de la scapula (figure 10-41).
2. Poursuivre la palpation du grand rond en distal, en direction
de l’humérus, en glissant perpendiculairement à ses fibres.
3. Une fois le grand rond repéré, demander au patient de le relâcher
et le palper pour évaluer sa tension de repos.

Figure 10-40 Position de départ pour la palpation du grand rond droit en
procubitus.

Notes palpatoires :
1. Il est facile de faire la distinction entre le bord supérieur du grand
rond et le bord inférieur du petit rond. Pour cela, faites alterner rotation latérale et rotation médiale du bras par le patient (dans chaque
cas, contre la résistance de votre genou). Vous sentirez le petit rond
se contracter avec la rotation latérale et le grand rond avec la rotation
médiale.

Figure 10-39 Vue postérieure du grand rond droit. Le deltoïde et le petit
tit
rond ont été estompés.

Figure 10-41 Palpation du grand rond droit, la patiente faisant une rotaation médiale contre résistance.

Pour chaque palpation musculaire, les Notes palpatoires
et la Clé palpatoire apportent une information plus
approfondie afin d’augmenter la compétence palpatoire,
et fournissent des remarques intéressantes pour activer
la mémoire.

Chaque chapitre
commence avec
la présentation, le
plan, les objectifs
et les concepts clés
du chapitre.

Chapitre 7 Palpation osseuse et ligaments du membre supérieur

Vue antéromédiale

F
Figure
7-3 Clavicule. EEn partant de l’articulation SC, glissez le long de la
diaphyse
de la clavicule
d
claaviicul de médial en latéral (de proximal à distal) pour
sentir
toute sa longueur.
s
longueur Observez que l’extrémité médiale de la clavicule
est
e convexe vers l’avant et l’extrémité latérale concave vers l’avant.
R
RAPPEL
: Les muscles
muscle sternocléidomastoïdien et trapèze supérieur
s’insèrent
s
s’insè
rent sur le côté supérieur de la clavicule. Les muscles grand
pectoral, deltoïde antérieur
et subclavier s’insèrent sur le côté inférieur de
antéri
la clavicule.

Vue antéromédiale

FFigure 77-5
5 Processus aacromial de la scapula. Après avoir palpé le procesretournez à la clavicule et continuez en palpant à nouveau
s coracoïde, retourne
sus
latéralement (en distal) la clavicule, jusqu’à atteindre le processus acromial
scapula.. Le proces
processus acromial de la scapula se situe complètement
dde la scapula
(c’est-à-dire à la pointe de l’épaule).
à l’extrémité latérale (c’e
R
RAPPEL
: Les muscles trapèze supérieur et deltoïde s’insèrent sur le
processus acromial de la
l scapula.

Les deux DVD d’accompagnement démontrent et renforcent la
palpation correcte des muscles du corps. De courtes séquences
montrent des experts, leaders dans ce domaine, présentant un
muscle individuellement. Ces présentateurs incluent Tom Myers,
Leon Chaitow, Whitney Lowe, Bob King, Gil Hedley et bien d’autres
encore ! Reportez-vous aux icônes du DVD qui, dans l’ensemble du
livre, vous orientent vers le DVD 1 ou le DVD 2 pour ce contenu.

X

Dans tous les chapitres
se trouvent des
Extensions aux muscles
isolés, non décrits
de façon extensive, qui
abordent brièvement la
question de la palpation
et des points gâchettes
de ces muscles.

2. Il est parfois difficile de discerner la limite entre les corps musculaires du grand rond et du grand dorsal. Ils sont situés près l’un de
l’autre et sont recrutés par les mêmes actions du bras. Sur l’humérus, le grand dorsal s’insère plus en avant que le grand rond, mais le
grand rond s’insère légèrement plus en distal.

71

Vue antéromédiale

Figure 7-4 Processus coracoïde de la scapula. En partant de la concavité,
à l’extrémité latérale (distale) de la clavicule, glissez juste en caudal de la
clavicule pour trouver le processus coracoïde de la scapula (qui est situé
en profondeur sous le muscle grand pectoral). En palpant le processus
coracoïde, remarquez que son sommet (pointe) regarde en dehors. (Si vous
avez du mal à repérer le processus coracoïde de cette manière, essayez
de le palper en repérant d’abord son sommet. Pour cela, descendez de
l’extrémité latérale de la clavicule sur la tête de l’humérus, puis appuyez en
médial pour trouver le sommet du processus coracoïde.)
RAPPEL : Trois muscles s’insèrent sur le processus coracoïde : le chef
court du biceps brachial, le coracobrachial et le petit pectoral.

Vue antéromédiale

Figure 7-6 Articulation acromioclaviculaire. Pour mieux sentir l’articulation acromioclaviculaire (AC), depuis l’acromion, palpez en appuyant vers
le médial en direction de la clavicule, jusqu’à ce que vous sentiez l’articulation AC. C’est généralement la façon la plus facile de percevoir cet
interligne articulaire parce que l’extrémité latérale de la clavicule pointe
légèrement vers le haut, au-dessus du processus acromial.

7

Les chapitres 7, 8 et 9
montrent une
couverture globale
des os et de la manière
de palper les os et
leurs repères. Ces
chapitres présentent
des dessins de
palpation osseuse
en quatre couleurs
montrant le thérapeute
palpant l’os du
patient, l’os étant
visible sous la peau.

REMERCIEMENTS
Plus j’écris, plus je comprends qu’un livre de cette ampleur
n’arrive pas à terme sans d’énormes contributions de la part
de très nombreuses personnes. Je suis réellement heureux que
cette page de remerciements me donne l’occasion de remercier publiquement tous ceux qui ont aidé à la création de cet
ouvrage.
En premier lieu, je me sens redevable à tous mes étudiants,
à la fois au Connecticut Center for Massage Therapy (CCMT)
et dans les cours de formation continue que j’anime à travers
l’ensemble des États-Unis. Peu de gens peut-être le savent, mais
enseigner devant un groupe d’étudiants motivés et affûtés est le
meilleur moyen d’apprendre un sujet ! Chaque fois qu’un étudiant conteste le contenu de ma présentation, il m’aide à l’aiguiser et à mieux l’énoncer et le présenter la fois suivante. Cela m’a
immensément aidé en tant qu’enseignant et en tant qu’auteur !
Un certain nombre d’étudiants m’ont particulièrement aidé
en servant de modèles soit pour les photos qui constituent la
base du travail d’illustration des chapitres 7 à 9, soit pour celles
utilisées dans les chapitres 4 et 6. Un grand merci à vous. Comme
toujours, j’adresse un merci particulier à William Courtland,
l’étudiant qui a le premier éveillé mon intérêt pour la rédaction
de livres. Il y a 9 ans, son constat, « Vous devriez écrire un livre »,
m’a placé sur ma trajectoire en tant qu’auteur.
J’aimerais également remercier l’ensemble du personnel, de
l’administration et du corps enseignant du CCMT. J’ai toujours
apprécié le rôle qu’ils m’ont attribué non seulement dans la salle
de cours, mais aussi dans l’élaboration et la mise en œuvre du
contenu du programme. Un remerciement particulier à Kathy
Watt, la doyenne des étudiants au campus de Westport, pour son
soutien et ses encouragements extraordinaires !
Il y a de nombreuses années, un de mes professeurs a dit un
jour que nous nous tenons tous sur les épaules de ceux qui nous
ont précédés. C’est tellement vrai. J’aimerais remercier les auteurs
des ouvrages présents et passés sur l’anatomie musculosquelettique, la physiologie, la cinésiologie, la palpation, l’évaluation et
le traitement. Nous apprenons tous les uns des autres, puis nous
offrons le meilleur de nous-mêmes aux étudiants et aux thérapeutes qui achètent nos livres.
Un des points forts de cet ouvrage est l’illustration. En fait, la
plupart du temps, mon texte est plus un complément de l’image
que l’inverse. Je suis redevable à Jeanne Robertson pour ses figures précises, nettes et claires dans les parties I et II de ce livre. Je
suis également redevable à Ken Vanderstoep de LaserWords, au
Canada, qui a fourni les merveilleuses illustrations des points
gâchettes et des étirements dans la partie III. Pour les dessins des
muscles et des os superposés aux photographies des modèles
(également en partie III), je ne remercierai jamais assez Frank
Forney et Dave Carlson, du Colorado, et Giovanni Rimasti de
LaserWords. Leurs époustouflantes illustrations illuminent ce

livre. Un grand merci aussi à Jodie Bernard de LaserWords :
travailler avec elle était fabuleux. Elle a été super compétente,
toujours disponible au téléphone et amusante dans le travail ;
une fantastique combinaison de traits de caractère ! Et un merci
affectueux à mon fils, JC, pour l’illustration qui accompagne la
Dédicace particulière sur la page de dédicaces.
Pour les belles photographies qui ont constitué la base de la
majorité des illustrations de la partie III, ainsi que pour les autres
photographies de l’ensemble du livre, je remercie Yanik Chauvin,
un autre grand Canadien, encore une fois. Yanik est un merveilleux photographe et c’est un plaisir de travailler avec lui.
Chez Elsevier, merci à toute mon équipe éditoriale, de composition et de production. Plus précisément : Laura Loveall, Ellen
Kunkelmann et Linda McKinley à la production ; Julia Dummitt
à la composition ; April Falast et Linda Duncan à l’édition. Un
énorme merci à Kellie White, ma responsable éditoriale d’acquisitions, qui a créé les conditions pour que ce projet puisse être aussi
merveilleux qu’il s’est avéré l’être au final. Et je ne peux même
pas commencer à remercier ma conseillère de rédaction, Jennifer
Watrous, ma partenaire tout au long de l’ensemble de ce projet.
Aucun auteur ne pourrait espérer meilleur éditeur !
Un merci spécial à Sandy Fritz et Susan Salvo pour la rédaction de l’essentiel du chapitre sur les manœuvres de massage et de
drapage. Cet ouvrage contient aussi un grand nombre de séquences vidéo, à la fois sur les DVD et sur le site Internet Evolve. Merci
à l’extraordinaire panel de formateurs en massothérapie qui ont
donné de leur temps pour participer à ce projet. Je me sens humblement honoré de votre participation. Je suis également honoré
que ma chère amie Ruth Werner ait écrit l’avant-propos de cet
ouvrage.
Merci aussi à tous ceux qui ont servi de modèles pour les illustrations dans le livre et les DVD qui accompagnent le livre. Un
merci spécial à Betsyann Baron pour son concours inestimable
dans le recrutement de si nombreux modèles ! Merci à Chuck
et son équipe vidéo à Visionary Production pour avoir rendu le
tournage vidéo aussi efficace et distrayant. Merci à Steve et Lois
à Top Graphics, pour leur travail rapide et excellent. Et un tapis
de « merci ! » à tous ceux qui ont travaillé sur ce projet et que je
ne connais pas personnellement. Vous participez tous au succès
de ce livre.
Finalement, un énorme merci à toute ma famille, en particulier ma femme et mon ange, Simona Cipriani. Merci pour votre
patience, votre compréhension et votre soutien pendant toutes
les heures que j’ai passées loin de vous pour créer ce livre. Je vous
aime tous et suis impatient de passer plus de temps avec vous,
maintenant que ce projet est enfin achevé !
Et merci, Diane, pour tout l’amour et le soutien que tu m’as
apporté ; et l’inspiration que tu continues à me donner chaque
jour de ma vie !

XI

TABLE DES MATIÈRES
Partie I :
Techniques d’évaluation
et de traitements
Chapitre 1: Introduction à la palpation, 1
Qu’est-ce que la palpation ?, 2
Objectifs de la palpation : repérage et évaluation, 2
Comment palper ?, 3
Quand palper ?, 4
Comment apprendre à palper ?, 4

Chapitre 2 : L’art et la science de la palpation
musculaire, 7
Introduction, 8
La science de la palpation musculaire, 8
Débuter dans l’art de la palpation musculaire, 9
Perfectionner l’art de la palpation musculaire, 10
Liste récapitulative des directives de palpation musculaire, 18
Conclusion, 18

Chapitre 3 : Drapage et manœuvres de base
du massage, 19
Drapage, 20
Méthodes de drapage, 20
Abrégé des techniques de drapage, 20
Manœuvres de massage, 23
Caractéristiques du toucher, 23
Abrégé des manœuvres de massage, 24

Chapitre 4 : Mécanique du corps à l’usage
du thérapeute manuel, 29
Introduction, 30
Catégorie 1 : matériel, 30
Catégorie 2 : positionnement du corps, 32
Catégorie 3 : exécution de la manœuvre de massage, 39
Résumé, 43

Chapitre 5 : Anatomie, physiologie et traitement,
des points gâchettes, 45
Qu’est-ce qu’un point gâchette ?, 46
Structure du sarcomère, 46

XII

Mécanisme de glissement des filaments, 47
Genèse d’un point gâchette : hypothèse de la crise
énergétique, 49
Points gâchettes centraux : lier les hypothèses de la crise
énergétique et du dysfonctionnement de la plaque motrice
pour former l’hypothèse intégrée du point gâchette, 51
Points gâchettes centraux, cordons rigides
et points gâchettes d’insertion, 51
Facteurs généraux responsables des points gâchettes, 51
Effets d’un point gâchette, 52
Les points gâchettes primaires créent des points
gâchettes satellites, 52
Zones de projection des points gâchettes, 53
Repérage et traitement des points gâchettes, 54

Chapitre 6 : Étirements, 57
Introduction, 58
Qu’est-ce que l’étirement ?, 58
Pourquoi étirer ?, 58
Comment trouver la façon d’étirer les muscles ?, 59
Avec quelle force faut-il étirer ?, 60
À quel moment pratiquer les étirements ?, 61
Techniques de base des étirements : étirement statique
contre étirement dynamique, 61
Techniques approfondies d’étirement : technique
du fixé-étiré, 62
Techniques approfondies d’étirement : techniques
du contracté-relâché et de la contraction de l’agoniste, 65
Conclusion, 68

Partie II :
Palpation osseuse et ligaments
Chapitre 7 : Palpation osseuse et ligaments
du membre supérieur, 69
Section 1 : Ceinture scapulaire, 70
Section 2 : Bras et avant-bras, 76
Section 3 : Bord radial du poignet
(scaphoïde et trapèze), 80
Section 4 : Os carpiens centraux du poignet
(capitatum, lunatum et trapézoïde), 83
Section 5 : Côté ulnaire du poignet
(triquetrum, hamatum et pisiforme), 84
Section 6 : Face antérieure du poignet, 85
Section 7 : Main, 87
Section 8 : Ligaments du membre supérieur, 89

Table des matières
Chapitre 8 : Palpation osseuse et ligaments
de l’axe du corps, 93
Section 1 : Face, 94
Section 2 : Crâne, 96
Section 3 : Face antérieure du cou, 99
Section 4 : face postérieure du cou, 102
Section 5 : Face antérieure du tronc, 103
Section 6 : Face postérieure du tronc, 106
Section 7 : Ligaments de la partie axiale du corps, 108

Chapitre 9 : Palpation osseuse et ligaments
du membre inférieur, 113
Section 1 : Bassin, 114
Section 2 : Cuisse et jambe, 118
Section 3 : Face médiale du pied, 123
Section 4 : Face latérale du pied, 126
Section 5 : Face dorsale du pied, 128
Section 6 : Face plantaire du pied, 130
Section 7 : Ligaments du membre inférieur, 132

Partie III :
Palpation musculaire
Chapitre 10 : Région n° 1—Palpation des muscles
de la ceinture scapulaire, 137
Trapèze, 142
Rhomboïdes, 146
Élévateur De La Scapula, 149
Deltoïde Postérieur, 152
Infraépineux Et Petit Rond, 154
Grand Rond, 158
Supraépineux, 160
Deltoïde Antérieur, 163
Subscapulaire, 165
Dentelé Antérieur, 169
Grand Pectoral, 172
Petit Pectoral, 175
Subclavier, 177
Récapitulatif essentiel et approfondi :
Muscles de la ceinture scapulaire, 179

Chapitre 11 : Région n° 2—Palpation
des muscles du cou, 181
Sternocléidomastoïdien (SCM), 187
Extension au platysma, 189
Groupe des scalènes, 190
Extension au corps inférieur de l’omohyoïdien, 193
Long du cou et long de la tête, 194
Extension aux droits antérieur et latéral de la tête, 196

XIII

Groupe hyoïdien, 197
Trapèze supérieur, 201
Élévateur de la scapula, 204
Splénius de la tête, 207
Extension au splénius du cou, 209
Semi-épineux de la tête, 210
Extension aux longissimus de la tête, semi-épineux
cervical, multifides et rotateurs cervicaux, 212
Groupe suboccipital, 213
Récapitulatif essentiel et approfondi : muscles du cou, 217

Chapitre 12 : Région n° 3—Palpation
des muscles de la tête, 219
Épicrânien, 223
Extension aux muscles temporopariétal
et auriculaires, 225
Temporal, 226
Masséter, 228
Ptérygoïdien latéral, 231
Ptérygoïdien médial, 234
Muscles de l’expression faciale, 237
Récapitulatif essentiel et approfondi :
muscles de la tête, 255

Chapitre 13 : Région n° 4—Palpation des
muscles du bras, 257
Deltoïde, 262
Biceps brachial, 265
Brachial, 268
Extension au brachioradial, 270
Coracobrachial, 271
Extension aux insertions humérales des muscles
subscapulaire, grand dorsal et grand rond, 273
Triceps brachial, 274
Extension à l’anconé, 277
Récapitulatif essentiel et approfondi :
muscles du bras, 278

Chapitre 14 : Région n° 5—Palpation des
muscles de l’avant-bras, 279
Brachioradial, 286
Rond pronateur, 289
Groupe fléchisseur du poignet, 292
Fléchisseurs superficiel et profond
des doigts, 296
Long fléchisseur du pouce, 299
Extension au carré pronateur, 301
Groupe radial, 302
Extenseur des doigts et extenseur du cinquième
doigt, 305
Extenseur ulnaire du carpe, 308
Supinateur, 310
Groupe des quatre muscles distaux profonds, 313
Récapitulatif essentiel et approfondi : muscles
de l’avant-bras, 316

XIV

Table des matières

Chapitre 15 : Région n° 6—Palpation des muscles
intrinsèques de la main, 319
Groupe des thénariens (court abducteur du pouce, court
fléchisseur du pouce, opposant du pouce), 326
Groupe des hypothénariens, 330
Extension au court palmaire, 334
Adducteur du pouce, 335
Lombricaux de la main, 337
Interosseux palmaires de la main, 340
Interosseux dorsaux de la main, 343
Récapitulatif essentiel et approfondi : muscles
intrinsèques de la main, 346

Chapitre 16 : Région n° 7—Palpation
des muscles du tronc, 347
Grand dorsal, 353
Extension au dentelé postérieur et inférieur, 357
Extension au trapèze et aux rhomboïdes, 358
Groupe des érecteurs du rachis, 359
Groupe des transversaires épineux, 362
Carré des lombes, 365
Interépineux, 369
Extension aux intertransversaires et aux élévateurs
des côtes, 370
Intercostaux internes et externes, 371
Extension aux subcostaux et au transverse
du thorax, 373
Extension aux autres muscles de la paroi antérieure
du thorax, 374
Droit de l’abdomen, 375
Abdominaux obliques externe et interne, 378
Extension au transverse de l’abdomen, 381
Diaphragme, 382
Iliopsoas, 385
Extension à l’iliopsoas, partie distale et tendon, 387
Extension au petit psoas, 388
Récapitulatif essentiel et approfondi : muscles
du tronc, 389

Chapitre 17 : Région n° 8—Palpation
des muscles du bassin, 391
Grand fessier, 400
Moyen fessier, 403
Extension au petit fessier, 406
Piriforme, 407
Carré fémoral, 409
Extension aux autres rotateurs latéraux profonds, 411
Récapitulatif essentiel et approfondi :
muscles du bassin, 412

Chapitre 18 : Région n° 9—Palpation
des muscles de la cuisse, 413
Ischiojambiers, 420
Extension au grand adducteur, 423
Tenseur du fascia lata, 424
Sartorius, 427
Extension an caps musculaire distal du muscle
iliopsoas, 430
Muscle quadriceps fémoral, 431
Pectiné, 436
Long adducteur, 439
Extension au court adducteur, 442
Gracile, 443
Grand adducteur, 447
Récapitulatif essentiel et approfondi :
muscles de la cuisse, 450

Chapitre 19 : Région n° 10—Palpation
des muscles de la jambe, 451
Tibial antérieur, 456
Long extenseur des orteils, 459
Extension au troisième fibulaire, 462
Long extenseur de l’hallux, 463
Long fibulaire et court fibulaire, 466
Gastrocnémien, 469
Extension au muscle plantaire, 472
Soléaire, 473
Poplité, 476
Tibial postérieur, long fléchisseur des orteils et long
fléchisseur de l’hallux, 479
Récapitulatif essentiel et approfondi : muscles
de la jambe, 485

Chapitre 20 : Région° 11—Palpation des muscles
intrinsèques du pied, 487
Court extenseur des orteils et court extenseur
de l’hallux, 492
Interosseux dorsaux du pied, 495
Abducteur de l’hallux et court fléchisseur de l’hallux, 498
Extension à l’adducteur de l’hallux, 502
Abducteur du 5e orteil et court fléchisseur
du 5e orteil, 503
Extension aux lombricaux et aux interosseux
plantaires, 507
Court fléchisseur des orteils, 508
Extension au carré plantaire, 510
Récapitulatif essentiel et approfondi : muscles
intrinsèques du pied, 511

Chapitre 1

Introduction à la palpation
P résentation
Ce chapitre est une introduction aux principes généraux de la palpation. Pour commencer, les deux principaux
objectifs de la palpation, repérage et évaluation de la structure recherchée, sont analysés. Puis les principes
généraux qui expliquent comment palper sont présentés. L’accent est mis sur l’importance de palper non seulement pendant l’examen du patient, mais aussi au cours du traitement. Le chapitre se conclut par un exercice
susceptible de développer l’aptitude à la palpation et une recommandation à exercer nos compétences palpatoires chaque fois que nos mains se posent sur un patient.
Remarque : l’information préliminaire sur la palpation contenue dans ce chapitre est suffisante pour permettre au lecteur de palper efficacement les os et les repères osseux du squelette, tels qu’ils sont présentés aux
chapitres 7 et 9. Palper les repères squelettiques est relativement aisé, car il s’agit de tissus durs entourés par les
nombreux tissus mous du corps ; par conséquent, leurs nombreuses formes, tubercule, diaphyse, fosse, condyle,
font saillie au sein des tissus environnants. Mais la palpation des muscles est plus nuancée et plus difficile. C’est
la raison pour laquelle, avant de s’essayer à la palpation musculaire telle que la décrivent les chapitres 10 à 20,
il est vivement recommandé de lire le chapitre 2, « L’art et la science de la palpation musculaire ». Le chapitre 2
explore la palpation de façon beaucoup plus approfondie, et propose des méthodes et des indications plus
subtiles et plus élaborées, directement applicables à la palpation du muscle.

P lan du chapitre

Qu’est-ce que la palpation ? 2
Objectifs de la palpation : repérage
et évaluation, 2

Comment palper ? 3
Quand palper ? 4
Comment apprendre à palper ? 4

O bjectifs du chapitre

Après avoir terminé ce chapitre, l’étudiant doit être capable de réaliser les éléments suivants.
1. Définir les concepts-clés du chapitre.
2. Argumenter comment la palpation avec une écoute
attentive implique à la fois les mains du thérapeute
et son esprit.
3. Définir et argumenter l’importance des deux principaux
objectifs de la palpation.
4. Décrire l’importance de bouger lentement quand
on palpe.
5. Argumenter l’importance d’exercer une pression adaptée
quand on palpe.

C oncepts-clés

barrière tissulaire
écoute attentive
muscle cible

palpation
pression adaptée
répertoire palpatoire

6. Discuter l’importance de la barrière tissulaire
et son rapport avec la palpation.
7. Argumenter l’importance de la qualité de la palpation.
8. Argumenter l’importance de palper, non seulement
pendant l’examen du sujet, mais aussi pendant
son traitement.
9. Décrire un exercice à réaliser pour améliorer
les compétences palpatoires.
10. Expliquer l’importance d’exercer continuellement
ses compétences palpatoires.

structure cible
toucher attentif

1

2

Manuel de palpation osseuse et musculaire

Qu’est-ce que la palpation ?

1

La palpation peut se définir de plusieurs manières. Le mot palpation
lui-même vient du latin palpatio, qui signifie « toucher ». Cependant,
définir la palpation comme un simple toucher est simpliste, car elle
recouvre bien davantage. Dans le terme palpation, on ne trouve pas
seulement le fait de toucher, mais également l’opération de sentir ou
de percevoir ce qui est touché. La palpation implique également l’esprit. Une palpation efficace exige que nous sentions avec notre intelligence autant qu’avec nos doigts. Quand il palpe, le thérapeute devrait
se concentrer avec une écoute attentive ; en d’autres termes, il doit
être dans ses mains. Tout son savoir anatomique en rapport doit être
intégré aux sensations que ses doigts captent sur le corps du patient et
envoient à son cerveau. La conscience du thérapeute doit être ouverte
aux sensations qui émanent du patient, mais il doit en même temps
interpréter ces sensations avec un esprit averti (figure 1-1). Incorporer
l’intention consciente dans l’examen et les séances de traitement crée
le toucher attentif.

ENCADRÉ 1-1
Un thérapeute peut utiliser plus que ses doigts et ses mains pour
toucher et palper le patient. Parfois, l’avant-bras, le coude, ou
même les pieds sont utilisés pour toucher le patient. Par principe,
quand il sera question du contact du thérapeute avec le patient, ce
texte se référera aux doigts ou aux mains.

Objectifs de la palpation : repérage
et évaluation
Il y a deux objectifs principaux quand on palpe. La première étape
est le repérage de la structure cible. La seconde est l’évaluation de la
structure cible.

ENCADRÉ 1-2
Le terme de structure cible est souvent utilisé pour désigner la
structure corporelle particulière que le thérapeute a l’intention de
palper. Quand la structure cible est un muscle ou un groupe musculaire, on l’appelle souvent le muscle cible.

Le premier objectif, et peut-être le principal objectif du praticien
de thérapie corporelle débutant, est de localiser la structure cible
à palper. Il ne s’agit pas d’une tâche aisée. Simplement toucher les
tissus du patient est une chose, parvenir à les toucher en distinguant
la structure cible de tous les tissus adjacents est une tout autre affaire.
Cela exige que le thérapeute soit capable de repérer toutes les limites
de la structure, en crânial, caudal, médial, latéral et même en superficie et en profondeur. Si la structure est superficielle et immédiatement sous la peau, ce sera sans doute relativement facile. De fait,
le processus olécrânien de l’ulna ou bien un muscle deltoïde bien
développé peuvent être visuellement évidents et repérés sans même
toucher le corps du patient. Alors que si la structure cible est située
plus profondément dans le corps du patient, la repérer peut devenir
un véritable défi.

ENCADRÉ 1-3
Par principe, il est préférable de commencer par inspecter visuellement la région à palper avant de placer vos mains sur le patient.
Une fois les mains posées sur le patient, elles masquent toute
information visuelle qui pourrait être présente. Voir chapitre 2,
« L’art et la science de la palpation musculaire », pour en savoir plus
sur cette question.

Figure 1-1 La palpation est autant un acte de l’esprit que des doigts palpatoires. Les stimuli sensoriels perçus à travers les mains du thérapeute
doivent être corrélés avec une base de connaissance de l’anatomie.

Aussi basique que puisse paraître la palpation dans un but de
repérage, elle constitue une première étape absolument capitale, car
si une structure ne peut pas être repérée avec précision, elle ne peut
pas non plus être évaluée avec exactitude. Une fois la structure cible
repérée, alors le processus d’évaluation peut commencer. L’évaluation
implique l’interprétation des sensations collectées par les doigts palpatoires sur la structure cible. Cela suppose de devenir conscient des
qualités de la structure cible ; sa taille, sa forme et ses autres caractéristiques. Est-elle molle ? Est-elle enflée ? Est-elle tendue ou dure ? Tous
ces facteurs doivent être pris en considération quand on évalue l’état
de la structure cible.
Il est utile de souligner que, alors que les techniques de diagnostic de haute technologie et le matériel d’évaluation continuent de
se développer dans la médecine occidentale, la palpation manuelle
demeure le principal outil d’évaluation du praticien de thérapie corporelle. Indéniablement, pour un praticien de thérapie corporelle, la
palpation, l’acte de recueillir les informations par le toucher, constitue le cœur de l’évaluation. Armé à la fois d’un repérage exact et d’une
évaluation précise de l’état de santé de la structure cible grâce à une
palpation soigneuse, le praticien de thérapie corporelle est en mesure
d’élaborer un plan de traitement efficace qui peut être exécuté avec
assurance.

Chapitre 1 Introduction à la palpation

ENCADRÉ 1-4
Aussi cruciale que la palpation soit pour l’évaluation, il reste
qu’elle ne représente qu’une partie d’un bilan global réussi.
L’observation visuelle, l’anamnèse, les résultats des procédures
d’évaluation orthopédiques spécifiques et la réaction du patient
aux approches thérapeutiques doivent également être pris en
considération quand on réalise une évaluation précise du patient.

3

ENCADRÉ 1-6
Il y a des techniques qui permettent d’employer sans inconfort
une pression palpatoire supérieure sur un patient. Généralement,
si vous pénétrez lentement les tissus du patient en lui demandant de respirer profondément et régulièrement, il continue à se
sentir à l’aise pendant que vous palpez plus profondément. Les
techniques et recommandations de ce type sont abordées plus
en détail dans le chapitre 2, « L’art et la science de la palpation
musculaire ».

Comment palper ?
Bouger lentement
Étant donné que la palpation procède d’un effort de coopération
entre les mains et l’esprit, il importe que le cerveau du thérapeute
dispose d’un temps suffisant pour interpréter et donner un sens aux
stimuli sensoriels qu’il reçoit par ses doigts. Cela exige que la palpation soit effectuée lentement. Se déplacer trop vite, ou sauter frénétiquement autour du corps du patient ne permet pas une palpation
efficace et attentive.

Utiliser une pression adaptée
La question suivante, qui surgit quand on réfléchit à comment palper,
est quelle pression utiliser ? En d’autres mots, qu’elle est la pression
adaptée ? Parce que la palpation est un entraînement à la sensation, il
est impératif que les doigts du thérapeute soient sensibles aux tissus
du patient sur lesquels il les pose. Cependant, quantifier la pression
de palpation est difficile. Les recommandations sur le degré de pression palpatoire vont de 5 g à 4 kg de pression ; le second de ces nombres est 800 fois plus grand que le premier ! Une méthode conseillée
pour jauger une pression légère consiste à appuyer sur vos paupières ;
on dit que n’importe quelle pression confortable à cet endroit est
considérée comme la pression adéquate pour une palpation légère.
Quelle est la pression excessive quand on palpe avec une pression
profonde ? Un bon moyen de la déterminer consiste à surveiller le
blanchiment des ongles des doigts palpatoires. S’ils sont décolorés, la
sensibilité est très certainement perdue.

ENCADRÉ 1-5
Un exercice qui permet de voir à quel point une pression excessive
est inefficace consiste à appuyer très fort la pulpe de votre pouce
sur une surface dure pendant 5 ou 10 secondes. Immédiatement
après, essayez de palper quelque chose sur le corps d’un patient et
constatez combien de sensibilité vous avez perdu.

Généralement, les thérapeutes débutants exercent une pression
trop faible, sans doute parce qu’ils craignent de faire mal à leur
patient. N’étant pas encore familiers avec la nature exacte des tissus et
structures situés sous la peau du patient, ils craignent de léser le tissu
et de blesser le patient. Avec une meilleure connaissance de l’anatomie sous-jacente et une plus grande expérience pratique, habituellement cette crainte s’efface. Inversement, il y a ces thérapeutes qui ont
la main lourde, utilisent une pression excessive et oublient le confort
du patient. Si un patient raidit sa musculature cible parce que votre
pression de palpation provoque une douleur, cela rend impossible
l’évaluation précise du tonus musculaire. Cette pression doit être
considérée comme excessive.
La pression optimale est celle qui est adaptée aux circonstances,
quelle que soit cette pression. Il y a des patients qui supportent mal

une pression forte, ressentie comme douloureuse. Certains n’apprécient pas une pression très légère parce qu’elle chatouille leur peau
et/ou ils la perçoivent comme une taquinerie, parce que le tissu souscutané n’est pas impliqué ; d’autres préfèrent une pression légère.
Il arrive que le même patient préfère une pression légère dans une
région du corps, et une pression appuyée dans une autre région.
Bien que la santé et le confort du patient doivent figurer au
premier rang des préoccupations du thérapeute, celui-ci doit se
rappeler que le premier objectif de la palpation est de repérer et
d’évaluer les structures du corps du patient. En appuyant sur les
tissus du patient, les doigts palpatoires s’enfoncent habituellement
jusqu’à sentir une barrière tissulaire. On sent une barrière tissulaire quand les tissus du patient opposent une résistance accrue
à la pression des doigts du thérapeute. Le tissu qui constitue cette
barrière est souvent le tissu important à repérer et à évaluer. Il est
important de ne pas pousser aveuglément à travers cette barrière
tissulaire ; il est préférable de s’adapter à la résistance de ce tissu
et de l’explorer plus à fond. Par conséquent, la pression adéquate
pour palper les tissus d’un patient est habituellement toute pression nécessaire pour atteindre et explorer le tissu qui constitue la
barrière tissulaire.
Si une structure se situe à une profondeur de trois couches tissulaires, alors elle peut être impossible à palper, à moins d’appuyer
plus profondément. Par exemple, accéder au muscle grand psoas à
l’intérieur de la cavité abdominopelvienne exige une bonne quantité
de pression. Cela ne signifie pas que le thérapeute doive se montrer
brutal, mais, si on n’utilise pas une pression suffisante, le muscle reste
inaccessible et ne peut donc pas être palpé, localisé ni évalué. Quand
nous travaillons cliniquement, si nous n’évaluons pas exactement
l’état de la structure d’un patient, pour la raison qu’elle requiert une
pression plus profonde, qui pourrait être momentanément légèrement
inconfortable pour le patient, nous ne parviendrons jamais à évaluer
la condition du patient. Sans évaluation précise, nous ne pouvons pas
soigner les patients pour les aider à s’améliorer et à se sentir mieux.
Cela dit, chaque fois qu’on peut utiliser une pression plus légère, il
faut le faire. Par exemple, quand on palpe le condyle médial ou latéral
de l’humérus, il n’y a aucune raison d’appuyer autrement qu’avec une
pression légère, puisque ces structures sont superficielles (figure 1-2).
Cette remarque vaut également pour un muscle mince et superficiel.

Qualité du toucher palpatoire
Il y a un autre aspect de la palpation sur lequel il faut se pencher, qui
est la qualité du toucher palpatoire. La qualité du toucher palpatoire
doit être confortable pour le patient. Généralement, les thérapeutes
qui palpent le mieux sont ceux qui utilisent leurs doigts. Quand on
palpe avec les doigts, l’idéal est de palper avec la pulpe des doigts, pas
avec le bout des doigts. La palpation avec le bout des doigts a tendance à être ressentie par le patient comme s’il était piqué, pas palpé.
Du point de vue du thérapeute, la palpation par la pulpe des doigts
est également plus souhaitable, car la pulpe des doigts est plus sensible que le bout des doigts et mieux à même de percevoir les indices
palpatoires subtils dans le corps du patient.

1

4

Manuel de palpation osseuse et musculaire

1

A

B

Figure 1-2 Cette figure illustre l’idée d’utiliser une pression adaptée à la structure palpée. Quand on palpe les condyles médial et latéral de l’humérus, on n’a
besoin que d’une pression légère (A). Alors que lorsqu’on palpe le muscle grand psoas, une pression plus appuyée est nécessaire (B).

Quand palper ?
Tout le temps. Chaque fois que nous touchons le patient, nous
devons le palper en même temps. Cela vaut non seulement pour
la phase d’évaluation, mais aussi pour celle du traitement. De trop
nombreux thérapeutes considèrent la palpation et le traitement
comme des entités séparées, qui sont compartimentées à l’intérieur
d’une séance. Un thérapeute consacre souvent la première partie de
la séance à la palpation et au recueil de données sensorielles utiles à
l’évaluation et au bilan. Grâce aux informations recueillies au cours
de cette étape d’évaluation palpatoire, un plan de traitement est établi
et le thérapeute passe ensuite le reste de la séance à mettre en œuvre le
plan de traitement, en exerçant des pressions sur les tissus du patient.
Présentés avec rigidité de cette manière, la palpation et le traitement
risquent d’être perçus chacun comme une rue à sens unique : la palpation est l’information sensorielle afférente recueillie auprès du patient,
et le traitement est la pression motrice efférente exercée sur le patient. Le
problème, avec cette conception, est qu’elle ne prend pas en compte
le fait que, pendant le traitement, nous pouvons également glaner des
informations utiles à l’évaluation.
Le traitement devrait être une rue à double sens qui n’implique pas juste la pression motrice dirigée vers les tissus du patient,
mais aussi une information sensorielle continue en provenance de
ces mêmes tissus (figure 1-3). En même temps que nous exerçons
une pression sur les tissus du patient, nous sentons leur qualité et
leur réaction à notre pression. Cette nouvelle information est susceptible de nous guider pour modifier ou ajuster notre traitement
au patient. Ainsi, tandis que nous travaillons, nous continuons à
évaluer, à recueillir des renseignements qui guident le rythme, la
profondeur, ou la direction des manœuvres suivantes. Idéalement,
aucune manœuvre ne devrait être effectuée comme une recette de
cuisine, exécutée comme en pilotage automatique. Le traitement est
un processus dynamique. La façon dont le milieu et la fin de chaque
manœuvre de massage sont réalisés devrait être déterminée d’après
la réaction du patient à cette manœuvre au moment où nous l’effectuons. C’est l’essence du toucher attentif, une interaction fluide entre
l’évaluation et le traitement. L’évaluation renseigne le traitement et le
traitement renseigne l’évaluation, réalisant ainsi une prise en charge
thérapeutique optimale pour le patient.

Comment apprendre à palper ?
Un exercice bien connu pour apprendre à palper consiste à prendre
un cheveu et à le placer sous la page d’un manuel sans regarder où

Figure 1-3 Cette figure illustre l’idée que la palpation devrait être pratiquée
chaque fois que le thérapeute touche le patient, même quand il administre des manœuvres thérapeutiques. En même temps que la pression
motrice s’applique sur les tissus du patient, les mains devraient saisir
tous les signaux sensoriels qui contribuent à l’évaluation. Autrement dit,
le traitement est une voie à double sens : des signaux moteurs sont émis ;
et des signaux sensoriels sont reçus, renseignant le traitement au fil de
son administration.

vous le placez. Les yeux fermés, cherchez-le en palpant, jusqu’à ce
que vous le trouviez et que vous puissiez identifier sa forme à travers
la page. Une fois cette épreuve réussie, replacez le cheveu, sous deux
pages cette fois, et recommencez. Continuez à augmenter le nombre
de pages placées sur le cheveu, jusqu’à ce que vous ne parveniez plus
à le trouver. Si cet exercice est répété, le nombre de pages sous lequel
vous pouvez repérer et suivre le cheveu augmentera graduellement et
votre sensibilité progressera.
Encore plus important que les exercices de palpation avec des
manuels, il est impératif que la palpation soit appliquée directement

Chapitre 1 Introduction à la palpation
sur le patient. Quand vos mains sont sur vos camarades étudiants à
l’école, ou sur vos patients si vous êtes dans un cabinet professionnel,
essayez constamment de sentir les structures que vous avez apprises
dans vos cours d’anatomie, de physiologie et de cinésiologie. Pendant
que vos mains se déplacent sur la peau du patient, fermez vos yeux
afin de vous rendre imperméable aux stimuli sensoriels étrangers,
et essayez de vous représenter toutes les structures sous-cutanées
sur lesquelles vos mains passent. Mieux vous vous représenterez la
structure sous-jacente, plus vous serez capable de la sentir, avec vos
mains palpatoires et avec votre esprit. Une fois que vous l’avez sentie,
vous pouvez vous concentrer sur le repérage de sa situation précise et
l’évaluation de sa qualité tissulaire.
Étant donné que le fondement de toutes les compétences manuelles repose sur notre aptitude palpatoire à lire les indices et les signes
qu’offre le corps d’un patient, plus nous affûtons cette habileté, plus
nous enrichissons notre répertoire palpatoire. Perfectionner notre

5

répertoire palpatoire est un travail en évolution constante, un voyage
sans fin. Plus nous polissons et perfectionnons cette habileté, plus
notre potentiel thérapeutique s’accroît, pour le plus grand bénéfice
de nos patients. Cependant, les chapitres écrits ne peuvent que
fournir des directives et un cadre de travail sur la façon de palper.
Fondamentalement, la palpation est une habileté kinesthésique et, en
tant que telle, elle ne peut être apprise que par des moyens kinesthésiques. En d’autres termes, « la palpation ne peut pas être apprise en lisant
ou en écoutant ; elle ne peut être apprise que par la palpation » [1].

Référence
1. Frymann VM : Palpation, its study in the workshop, AAO Yearbook :
16-31, 1963.

1

Chapitre 2

L’art et la science
de la palpation musculaire
P résentation
Ce chapitre développe les principes de la palpation énoncés dans le chapitre 1, en abordant spécifiquement
la palpation telle qu’elle s’applique aux muscles squelettiques du corps. Vingt directives contenant tout l’art
et la science de la palpation musculaire sont discutées. Les deux directives fondamentales, décrites comme la
science de la palpation musculaire, sont la connaissance des insertions et des actions du muscle cible. Les 18 autres
directives décrivent comment débuter et perfectionner l’art de la palpation musculaire. Au total, ces directives
peuvent contribuer à enrichir le répertoire palpatoire des muscles du corps. Le chapitre conclut avec une liste
récapitulative des 20 directives.

P lan du chapitre

Introduction, 8
La science de la palpation musculaire, 8
Débuter dans l’art de la palpation musculaire, 9

Perfectionner l’art de la palpation musculaire, 10
Liste récapitulative des directives de palpation musculaire, 18
Conclusion, 18

O bjectifs du chapitre

Après avoir terminé ce chapitre, l’étudiant doit être capable de réaliser les éléments suivants.
1. Définir les concepts-clés de ce chapitre.
2. Expliquer pourquoi et démontrer comment la
connaissance des insertions d’un muscle est utile
à sa palpation.
3. Expliquer pourquoi et démontrer comment la
connaissance des actions d’un muscle est utile
à sa palpation.
4. Discuter et donner un exemple de l’importance du choix
de l’action du muscle cible la plus efficace pour isoler
sa contraction.
5. Discuter et donner un exemple de l’idée d’employer le
raisonnement critique pour trouver comment palper
un muscle, plutôt que de mémoriser sa procédure
palpatoire.
6. Discuter l’intérêt d’ajouter une résistance à la
contraction du muscle cible du patient et en faire la
démonstration.
7. Expliquer pourquoi on ne doit pas intercaler d’autre
articulation quand on ajoute une résistance à la
contraction du muscle cible et en donner un exemple.
8. Expliquer pourquoi il vaut mieux chercher visuellement
le muscle cible avant de poser la main palpatoire
sur le patient.
9. Expliquer pourquoi il est préférable de commencer
par repérer le muscle cible à l’endroit le plus accessible.
10. Discuter l’intérêt de palper perpendiculairement
en travers du corps ou du tendon d’un muscle cible
et en faire la démonstration.

11. Expliquer l’intérêt d’avancer à petits pas quand on palpe
un muscle et savoir le faire.
12. Discuter l’importance d’alterner contraction
et décontraction du muscle cible.
13. Expliquer comment la connaissance des actions
associées peut aider à palper les muscles rotateurs
de la scapula, en donner un exemple et en faire la
démonstration.
14. Expliquer comment utiliser l’innervation réciproque
pour palper un muscle cible, en donner un exemple
et en faire la démonstration.
15. Expliquer l’importance d’utiliser une pression adaptée
et donner des exemples de situations où une faible pression
est préférable à une forte pression et inversement.
16. Discuter l’importance d’une palpation lente et du mode
respiratoire du patient quand on palpe des muscles
profonds.
17. Expliquer et donner un exemple de l’utilisation d’un
muscle comme point de repère pour localiser et palper
un autre muscle.
18. Discuter pourquoi il est important de décontracter
et de détendre passivement un muscle cible quand
on palpe ses insertions osseuses.
19. Expliquer en quoi fermer les yeux pendant la palpation
peut aider le thérapeute.
20. Expliquer en quoi la représentation mentale
de l’anatomie sous-cutanée du patient peut aider
le thérapeute.
(Suite)

7

8

Manuel de palpation osseuse et musculaire

O bjectifs du chapitre—Suite

2

21. Décrire une approche à tenter pour atténuer la sensibilité d’un patient
chatouilleux.
22. Expliquer l’importance d’avoir les ongles courts et lisses.

C oncepts-clés

actions associées
ajouter une résistance
alterner contraction et décontraction
à petits pas
art de la palpation musculaire
contraction isolée

23. Discuter la relation entre l’utilisation de la position optimale
du patient pour la palpation musculaire et les exigences positionnelles
du traitement.

faire une glissée palpatoire perpendiculairement
innervation réciproque
main palpatoire
muscle cible
observation visuelle
position de palpation optimale

pression adaptée
regarder avant de toucher
résistance manuelle
science de la palpation musculaire
structure cible

Introduction
Comme décrit dans le chapitre 1, la palpation du corps du patient
implique le repérage et l’évaluation d’une structure appelée la structure cible. La première étape palpatoire est le repérage précis de la
structure cible. Une fois qu’elle est repérée, la seconde étape est l’évaluation de son état de santé. Quand la structure cible est un os ou un
repère osseux, le processus de palpation est relativement facile, parce
que le squelette est un tissu dur entouré de tissus mous. Par conséquent, les os et les repères osseux font saillie. Cependant, lorsque la
structure cible est un muscle, la palpation peut être plus difficile, car
un muscle est un tissu mou, habituellement entouré d’autres tissus
mous ; pour cette raison, distinguer un muscle de tous les muscles
adjacents et des autres tissus mous est plus délicat.
Étant donné que les massothérapeutes et nombre d’autres praticiens de thérapie corporelle travaillent essentiellement sur les
muscles, la palpation précise de la musculature est de la plus haute
importance ; c’est particulièrement vrai quand on travaille cliniquement. L’intérêt central de ce chapitre est d’apprendre comment mettre
en application la première étape de la palpation musculaire, c’està-dire d’apprendre comment repérer un muscle cible. Quand nous
parlons de palper un muscle, par principe, nous sous-entendons le
repérage du muscle. Dans ce but, dans ce chapitre, nous proposons
20 directives qui contribueront à accroître le répertoire palpatoire de
la musculature du corps. Il est recommandé de lire intégralement ce
chapitre avant de s’essayer à la palpation des muscles squelettiques
décrite dans les chapitres 10 à 20.

Reportez-vous au DVD 1 pour une
démonstration de comment palper.

La science de la palpation musculaire
Directive n° 1 : connaître les insertions
du muscle cible
Lorsqu’un muscle est superficiel, habituellement il n’est pas difficile à
palper. Si nous savons où il se situe, il nous suffit de placer nos mains
à cet endroit et de chercher à le sentir. À travers la peau, on se trouvera directement sur le muscle, sauf si le tissu graisseux sous-cutané
est particulièrement abondant dans cette région. Ainsi, la première
étape de la palpation musculaire est la connaissance des insertions du
muscle cible. Par exemple, si nous savons que le deltoïde s’insère sur

Figure 2-1 Le deltoïde est un muscle superficiel et peut être palpé simplement en plaçant la main palpatoire sur le muscle, entre ses insertions. Par
conséquent, pour palper un muscle, la première étape indispensable est la
connaissance des insertions du muscle cible.
la partie latérale de la clavicule, l’acromion, l’épine de la scapula et la
tubérosité deltoïdienne de l’humérus, il nous suffit de placer la main
dans l’espace ainsi déterminé pour le sentir (figure 2-1).

Directive n° 2 : connaître les actions du muscle cible
Fréquemment, même si le muscle cible est superficiel, il peut être difficile de distinguer les limites du muscle. Lorsque le muscle cible est
situé en profondeur sous un autre muscle, il peut devenir beaucoup
plus difficile à palper et à distinguer à la fois des muscles voisins et
des muscles superficiels. Dans ce cas, demander au patient de contracter le muscle cible, en exécutant une ou plusieurs de ses actions, aide
à mieux le distinguer de la musculature adjacente et des autres tissus
mous. Quand le muscle cible se contracte, il devient significativement

Chapitre 2 L’art et la science de la palpation musculaire

9

de ses actions pour qu’il se contracte ne suffit généralement pas.
Si l’action choisie est partagée avec un muscle adjacent, celui-ci se
contractera aussi, rendant très difficile de distinguer le muscle cible
du muscle adjacent.
Pour cette raison, le thérapeute doit se montrer créatif et exercer
son esprit critique lorsqu’il s’agit de déterminer quel mouvement
demander au patient. C’est là que l’art de la palpation commence.
Il exige la connaissance non seulement des actions du muscle cible,
mais aussi des actions de tous les muscles adjacents. Grâce à cette
connaissance, on peut demander au patient de réaliser l’action articulaire la mieux adaptée à la palpation du muscle cible.

ENCADRÉ 2-1
Quand on stimule la contraction du muscle cible, le but est d’obtenir une contraction isolée du muscle cible. Cela veut dire que le
muscle cible doit être le seul à se contracter et que tous les autres
doivent rester décontractés. Bien que ce soit l’idéal, il n’est pas
toujours possible d’y parvenir.

ENCADRÉ 2-2
Figure 2-2 L’emplacement précis du deltoïde est plus facile à palper
quand le muscle est contracté. Pour cela, on demande au patient de faire
une abduction du bras au niveau de l’épaule, contre la force de la pesanteur. Quand un muscle se contracte, il devient franchement plus dur et
plus aisé à distinguer des autres tissus mous adjacents. Donc, connaître
les actions d’un muscle constitue la seconde étape indispensable pour palper un muscle.
plus dur. En supposant que tous les muscles adjacents restent décontractés et donc mous, la différence de texture tissulaire entre le muscle
cible dur et les muscles adjacents mous deviendra claire. Cela permettra de déterminer avec précision l’emplacement du muscle cible.
Par conséquent, la seconde étape de la palpation musculaire est la
connaissance des actions du muscle cible (figure 2-2).
Les directives un et deux de la palpation musculaire impliquent
d’avoir acquis la « science » du muscle cible ; autrement dit, de connaître les insertions et les actions du muscle, telles qu’on les a apprises
préalablement pendant l’enseignement des muscles du corps. Fort de
cette connaissance, on peut retrouver par le raisonnement comment
palper la majorité des muscles, au lieu de l’apprendre par cœur.
Utiliser les insertions et les actions pour palper un muscle cible peut
être considéré comme la science de la palpation musculaire.

Débuter dans l’art de la palpation
musculaire
Directive n° 3 : choisir la meilleure action
du muscle cible pour obtenir sa contraction
Faire appel à la connaissance des insertions et des actions du
muscle cible afin de le palper constitue une base solide pour le
répertoire palpatoire. Cependant, une palpation efficace exige
non seulement que le muscle cible se contracte, mais aussi qu’il
s’agisse d’une contraction isolée du muscle cible. Cela signifie
que le muscle cible doit être le seul à se contracter et que tous les
muscles proches de lui restent décontractés. Malheureusement,
comme les muscles adjacents partagent souvent la même action
articulaire avec le muscle cible, se contenter de placer nos mains
sur l’emplacement du muscle cible et demander n’importe laquelle

Il arrive que le patient soit incapable de se limiter à l’action
demandée par le thérapeute. C’est particulièrement vrai avec les
mouvements des orteils, parce que, habituellement, nous ne
développons pas la coordination nécessaire pour isoler certaines
actions des orteils. Par exemple, si le muscle cible est le long
extenseur des orteils (LEO) et qu’on demande au patient de faire
travailler ce muscle en faisant une extension des orteils deux à
cinq dans les articulations métatarsophalangiennes et interphalangiennes, le patient peut être incapable d’étendre ces orteils sans
étendre en même temps le gros orteil (premier orteil). Cela pose
un problème car l’extension du gros orteil recrute également le
muscle long extenseur de l’hallux (LEH). Quand cela arrive, il est
tentant d’isoler l’extension des orteils deux à cinq en maintenant
abaissé le gros orteil du patient, de façon qu’il ne se mobilise pas
en extension. Cependant, lorsqu’on recrute le muscle cible, c’est
pour qu’il soit le seul à se contracter. Dans ce scénario, si le gros
orteil est maintenu abaissé, même s’il ne bouge pas, le LEH se
contracte. Simplement, il le fait sur un mode isométrique au lieu
de concentrique. Cela provoquera tout de même la contraction
et le durcissement du LEH, rendant plus difficile de palper et de
distinguer le LEO. Pour cette raison, chaque fois qu’un patient
contracte un muscle qu’il n’est pas supposé contracter, empêcher
le segment corporel de bouger n’aide pas la palpation. C’est la
contraction de tout autre muscle que le muscle cible qui est indésirable, pas le mouvement d’un segment corporel.

Prenons comme exemple de muscle cible le fléchisseur radial
du carpe, qui fait partie du groupe des fléchisseurs du poignet.
Demander au patient de fléchir le poignet entraînera l’intervention
non seulement du fléchisseur radial du carpe, mais aussi des deux
autres fléchisseurs du poignet que sont le long palmaire et le fléchisseur ulnaire du carpe. Pour palper le fléchisseur radial du carpe
et le distinguer du long palmaire et du fléchisseur ulnaire du carpe,
il faut demander au patient de faire une inclinaison radiale de la
main dans l’articulation du poignet, au lieu d’une flexion de la main
dans l’articulation du poignet. Cela isolera la contraction du fléchisseur radial du carpe. Celui-ci deviendra notablement plus dur que
le long palmaire et le fléchisseur ulnaire du carpe, décontractés et

2

10

Manuel de palpation osseuse et musculaire
Directive n° 4 : ajouter une résistance
à la contraction du muscle cible

2
FRC

LP

A

Quand on demande au patient d’effectuer une des actions articulaires
du muscle cible pour que celui-ci se contracte, durcisse et devienne
évident, il arrive que cette contraction soit trop faible pour être aisément palpable. C’est particulièrement vrai quand l’action articulaire
n’engage pas la mobilisation d’une partie importante du corps et/ou
si la partie du corps concernée n’est pas mobilisée contre pesanteur.
Quand la contraction du muscle cible n’est pas assez énergique, il
peut être nécessaire au thérapeute d’ajouter une résistance, afin
que le muscle cible se contracte plus fort et se voie mieux. Le rond
pronateur en est un bon exemple, quand on demande au patient de
faire une pronation de l’avant-bras dans les articulations radio-ulnaires. Étant donné que l’avant-bras ne constitue pas un grand segment
corporel et que la pronation ne se fait pas contre pesanteur, le rond
pronateur se contractera, mais très probablement de façon insuffisante pour devenir saillant et être facilement palpable. Dans ce cas,
le thérapeute peut ajouter une résistance à la contraction du patient,
en s’opposant à la pronation de l’avant-bras. Cela va entraîner une
contraction plus intense du rond pronateur, le rendant plus facile à
palper et à distinguer de la musculature adjacente (figure 2-4).

ENCADRÉ 2-3
Quand on palpe, la main du thérapeute qui fait la palpation est
appelée la main palpatoire. L’autre main, celle qui exerce la résistance, est appelée la résistance manuelle.

B
Figure 2-3 Palpation du fléchisseur radial du carpe (FRC). Pour rendre
le FRC plus facile à palper, on demande au patient de réaliser une de
ses actions. Si on demande au patient de fléchir la main au niveau de
l’articulation du poignet comme montré en A, le FRC se contractera, mais
le muscle long palmaire (LP) aussi, ce qui rendra difficile de distinguer le
FRC du LP. Mais, si on demande au patient de faire une inclinaison radiale
comme montré en B, la contraction se limitera au FRC, alors que le LP
adjacent restera décontracté. Cela rend la palpation et la distinction du
FRC plus faciles.

Opposer une résistance à la contraction d’un muscle cible n’est
pas une lutte entre le thérapeute et le patient pour voir qui est le
plus fort. Le rôle du thérapeute consiste simplement à résister à
la contraction du muscle, pas à dominer le patient. L’intensité de
contraction demandée au patient est variable. Dans l’idéal, ce devrait
être la plus petite intensité nécessaire pour mettre la contraction du
muscle cible en évidence, afin de le rendre palpable. Néanmoins, il
arrive qu’il faille faire une contraction vigoureuse pour y parvenir. La
bonne solution est de commencer avec une résistance légère, tout en
essayant de palper le muscle cible. Si ça ne marche pas, augmentez
progressivement la résistance autant que nécessaire.

significativement plus mous. Cela facilite la palpation et le repérage
du fléchisseur radial du carpe (figure 2-3).

ENCADRÉ 2-4
Perfectionner l’art de la palpation
musculaire
La connaissance des insertions et celle des actions du muscle cible
sont les deux premières étapes de l’apprentissage de la science de la
palpation musculaire. Déterminer quelle action articulaire demander
au patient est le début de l’apprentissage de l’art de la palpation
musculaire. Cependant, se perfectionner dans l’art de la palpation
musculaire implique la connaissance et l’application de bien d’autres
directives. Ces directives supplémentaires sont présentées dans les
pages suivantes. Après discussion de chacune des directives, vous
trouverez une liste récapitulative de l’ensemble des 20 directives de
palpation musculaire. Il est difficile sinon impossible de se rappeler
une liste aussi longue. Mieux vaut assimiler ces directives en les utilisant dans la palpation des muscles squelettiques, telle qu’elle est
décrite dans les chapitres 10 à 20 de la partie III de ce livre. Avec la
pratique, ces directives vous deviendront familières et confortables et
elles amélioreront l’art et la science de votre technique de palpation
musculaire.

Quand vous demandez au patient de contracter le muscle cible ou
de le contracter contre votre résistance au cours de la palpation,
souvenez-vous de lui accorder un repos toutes les quelques secondes environ. Maintenir une contraction isométrique prolongée
peut devenir inconfortable et douloureux. Il est plus confortable
pour le patient et réellement mieux pour notre procédure palpatoire de demander au patient d’alternativement contracter et
décontracter le muscle cible au lieu de maintenir une contraction
prolongée (voir la directive n° 9 pour en savoir plus sur l’alternance contraction/décontraction du muscle cible).

Chaque fois qu’on oppose une résistance à la contraction du
muscle cible, il est essentiel que le thérapeute n’intercale pas d’autres
articulations en plaçant sa résistance manuelle. L’objectif de la
contraction du muscle cible par le patient pendant la palpation est de
limiter la contraction au muscle cible. De cette façon, ce sera le seul
muscle qui sera vraiment dur et il pourra être distingué des muscles

Chapitre 2 L’art et la science de la palpation musculaire

11

2

Figure 2-4 Pour provoquer une contraction plus forte du muscle rond pronateur, le thérapeute peut tenir l’extrémité distale
de l’avant-bras du patient et résister à la pronation de l’avant-bras dans les articulations radio-ulnaires. Ajouter une contraction
augmente la force de contraction du muscle cible du patient. Le muscle « saute aux yeux » et est plus facile à palper. Remarquez
que la résistance manuelle qui s’oppose à la pronation de l’avant-bras du patient est placée sur l’extrémité distale de l’avant-bras
et n’intercale pas l’articulation du poignet en saisissant la main du patient. Autrement, des muscles supplémentaires se contracteraient sans doute et la contraction du muscle cible ne serait pas isolée.

adjacents décontractés et mous. Cependant, si la résistance manuelle
du thérapeute intercale d’autres articulations, les muscles qui croisent
ces articulations se contracteront probablement aussi. Cela mettra en
échec l’objectif d’obtenir une contraction isolée du muscle cible.
Par exemple, dans le cas de la palpation du rond pronateur,
quand on ajoute une résistance à la pronation de l’avant-bras, il est
important que la résistance manuelle du thérapeute n’intercale pas
l’articulation du poignet et qu’il ne tienne pas la main du patient.
Si la résistance manuelle se situe au niveau de la main du patient,
d’autres muscles, qui croisent le poignet, comme ceux du groupe
fléchisseur du poignet, ou les muscles fléchisseurs des doigts, se
contracteront sans doute aussi, rendant difficile de distinguer le
rond pronateur de ces muscles adjacents. En conséquence, la résistance manuelle doit être placée sur l’avant-bras (voir figure 2-4).
Idéalement, placer la résistance manuelle sur l’extrémité distale de
l’avant-bras donne le meilleur bras de levier, ce qui économise les
forces du thérapeute.
D’une façon générale, quand le thérapeute résiste à un mouvement du bras dans l’articulation de l’épaule, sa résistance manuelle
doit être placée juste au-dessus du coude et ne pas intercaler
l’articulation du coude pour agripper l’avant-bras du patient.
Quand le thérapeute résiste à un mouvement de l’avant-bras dans
l’articulation du coude, sa résistance manuelle doit être placée sur
l’extrémité distale de l’avant-bras et ne pas intercaler le poignet
pour agripper la main du patient. Quand le thérapeute résiste à un
mouvement de la main dans l’articulation du poignet, sa résistance
manuelle doit être placée sur la paume de la main et ne pas intercaler les articulations métacarpophalangiennes pour agripper les
doigts du patient. Le même raisonnement s’applique au membre
inférieur et au tronc.

muscle cible est décontracté, mais a encore plus de chances de
se vérifier si le muscle cible est contracté (particulièrement s’il se
contracte plus fort, en raison d’une résistance accrue), parce que
quand il se contracte et durcit, il est fréquent qu’il saute aux yeux.
Pour cette raison, quand vous essayez de palper un muscle cible,
commencez par regarder, puis placez votre main palpatoire dessus
pour chercher à le sentir.
Par exemple, pour palper les muscles long palmaire et fléchisseur
radial du carpe dans le groupe des fléchisseurs du poignet, avant de
placer vos doigts sur la face antérieure de l’avant-bras du patient,
cherchez d’abord les tendons distaux de ces deux muscles au niveau
de la partie antérieure et distale de l’avant-bras près du poignet. Il se
peut qu’ils soient pleinement visibles, vous aidant ainsi à les trouver
et à les palper (figure 2-5, A). S’ils ne sont pas visibles, demandez au
patient de fléchir la main dans l’articulation du poignet et ajoutez
une résistance si vous le souhaitez. À présent, regardez à nouveau
avant de placer votre main palpatoire sur le patient. Avec la contraction, il est encore plus probable que ces tendons distaux se tendront
et deviendront évidents à la vue, vous aidant ainsi à les repérer et à
les palper (figure 2-5, B). Il y a de nombreux muscles pour lesquels
l’information visuelle aide à la palpation. Pour cette raison, c’est un
bon principe que de toujours regarder avant de toucher.

Directive n° 5 : regarder avant de palper

Directive n° 6 : commencer par trouver le muscle
cible à l’endroit le plus facile

Même si la palpation se fait par le toucher, l’observation visuelle
peut être un outil valable pour repérer un muscle cible. C’est particulièrement vrai pour les muscles superficiels et dont les contours
sont visibles sous la peau. Très souvent, un muscle cible s’écrie
visuellement « Je suis là ! », mais le thérapeute ne le voit pas parce
que sa main palpatoire le masque. Cela peut se vérifier quand le

ENCADRÉ 2-5
Il faut noter que, chez de nombreux individus, le muscle long palmaire est souvent absent, unilatéralement ou bilatéralement.

Une fois le muscle cible trouvé, continuer à le palper le long de son
trajet est beaucoup plus facile que le repérage initial. Pour cette raison, une bonne directive palpatoire est de toujours chercher à sentir
le muscle cible là où il est le plus facile à trouver. Une fois qu’il est
repéré, vous pouvez continuer à le palper en direction d’une de ses

12

Manuel de palpation osseuse et musculaire

2

FUC
LP

FRC

FRC

A

B

Figure 2-5 Il est important de rechercher visuellement la présence du muscle cible avant de placer votre main dessus, ce qui pourrait bloquer
l’information visuelle utile. A montre que le tendon distal du muscle fléchisseur radial du carpe (FRC) peut éventuellement être visible même quand
il est décontracté. B montre que, quand il est contracté (dans ce cas contre résistance), son tendon distal se tend et devient encore plus apparent
visuellement. Remarque : les tendons du long palmaire (LP) et du fléchisseur ulnaire du carpe (FUC) sont également visibles.

insertions ou des deux. Par exemple, dans le cas du fléchisseur radial
du carpe, si le tendon distal est visible (voir figure 2-5), commencez
votre palpation à son niveau. Une fois que vous l’avez clairement
senti, poursuivez la palpation en direction de son insertion proximale, sur l’épicondyle médial de l’humérus.

Directive n° 7 : faire une glissée palpatoire
perpendiculairement en travers du muscle cible
Au premier repérage d’un muscle cible ou en suivant un muscle
cible déjà repéré, il vaut mieux faire une glissée palpatoire perpendiculairement en travers de son corps musculaire ou de son
tendon. Faire une glissée palpatoire perpendiculairement, avec
légèreté, en travers du corps ou du tendon d’un muscle, équivaut
à gratter ou à pincer une corde de guitare. Vous commencez d’un
côté du corps musculaire ou du tendon, puis vous remontez
sur la partie la plus saillante et, finalement, vous descendez sur
l’autre côté. Ce changement de relief est beaucoup plus nettement
perceptible que si vous faites simplement glisser vos doigts palpatoires longitudinalement le long du muscle (qui offre peu de
changement de forme et n’aide donc pas à délimiter l’emplacement du muscle cible).
Il est important d’observer que quand vous glissez perpendiculairement en travers du corps ou du tendon d’un muscle, le mouvement de vos doigts palpatoires n’est pas un mouvement de vibration
courte. Il est préférable qu’il ait suffisamment d’amplitude pour
démarrer d’un côté du muscle cible, monter dessus, passer complètement par-dessus et terminer sur son autre côté. Cela signifie que
l’étendue de votre mouvement de pression glissée palpatoire doit être

Figure 2-6 Le rond pronateur est palpé par une pression glissée palpatoire
perpendiculaire en travers de son corps musculaire. Il est important que
l’amplitude du mouvement de glissée soit suffisamment ample pour commencer juste avant un des côtés du muscle et pour finir juste après l’autre
côté du muscle. (Muscolino JE : Kinesiology : the skeletal system and muscle function, édition revue et complétée, St Louis, 2007, Mosby.)

relativement importante. La figure 2-6 illustre la palpation perpendiculaire du corps du rond pronateur.

Directive n° 8 : avancer à petits
pas pour suivre le muscle cible
Une fois qu’on a trouvé le muscle cible à l’endroit le plus
facile possible, en faisant une pression glissée palpatoire

Chapitre 2 L’art et la science de la palpation musculaire
perpendiculairement à lui, il faut le suivre tout du long, jusqu’à
ses insertions. Cela doit être effectué à petits pas, centimètre par
centimètre. Procéder par petits pas pour suivre un muscle signifie
que chaque « toucher » successif du muscle doit se situer immédiatement après le toucher précédent, de façon qu’aucune partie
des contours du muscle ne soit omise. Si vous touchez le muscle
cible en un point, vous ne devez pas sauter 5 cm au-dessous pour
le toucher à nouveau. Plus loin vous vous déplacez, plus vous avez
de probabilité de ne plus être sur le muscle et de perdre le fil de
sa palpation. La figure 2-7 illustre l’idée qu’une fois qu’un muscle
cible a été repéré, il faut avancer à petits pas pour le suivre en
direction de ses insertions.

ENCADRÉ 2-6
Quand on suit le trajet d’un muscle cible à petits pas, avoir une
représentation claire de l’orientation du muscle facilite la tâche, de
façon que chaque petit pas de la palpation se fasse dans la direction correcte et donc reste sur le muscle cible.

Directive n° 9 : faire alternativement contracter
et décontracter le muscle cible
On a déjà établi qu’il peut être inconfortable pour le patient de
tenir une contraction isométrique prolongée du muscle cible au
cours de la palpation. Aussi est-il préférable pour lui d’alterner
contraction et décontraction du muscle. En outre, le fait que
le patient alterne contraction et décontraction du muscle cible,
pendant que le thérapeute suit le trajet du muscle à petits pas,
contribue à la réussite de la palpation. À chaque centimètre du
processus de palpation, si le muscle cible se contracte et se décontracte alternativement, le thérapeute peut sentir son changement de
consistance, de molle quand il est décontracté, à dure quand il est
contracté, à molle quand il se décontracte à nouveau. Cela montre
au thérapeute qu’il est toujours sur le muscle cible. Si le thérapeute
dévie accidentellement du muscle cible vers un autre tissu, ce sera

13

évident, parce que le changement de consistance, de mou à dur et
retour à mou (quand le muscle cible se contracte puis se décontracte), ne sera pas perçu.
Quand le thérapeute dévie effectivement du trajet, les doigts qui
palpent doivent être replacés sur le dernier point où le muscle cible a
été clairement senti, puis effectuer le petit pas suivant dans une direction légèrement différente, afin de resituer le trajet du muscle cible,
pendant qu’on redemande au patient de contracter et décontracter
alternativement le muscle cible.

Directive n° 10 : quand c’est adapté,
utiliser des actions associées
Il y a certains exemples dans lesquels la connaissance des actions
associées peut aider à isoler la contraction d’un muscle cible afin
d’en faciliter la palpation. La plupart de ces exemples impliquent la
rotation de la scapula dans l’articulation scapulothoracique, parce
que la rotation scapulaire ne peut pas se produire seule. La scapula
ne peut tourner que lorsque le bras est mobilisé dans l’articulation
de l’épaule (scapulohumérale). Par exemple, si le muscle cible
à palper est le petit pectoral, bien qu’il possède de nombreuses
actions à utiliser pour obtenir sa contraction, la plupart de ces
actions provoqueraient également la contraction du grand pectoral,
ce qui empêcherait la palpation du petit pectoral. La seule action
efficace pour isoler la contraction du petit pectoral à la face antérieure du thorax est la sonnette médiale de la scapula. Cependant,
cette sonnette ne survient qu’en association avec l’extension et/
ou l’adduction du bras dans l’articulation de l’épaule. Aussi, pour
provoquer la sonnette médiale de la scapula, qui recrute le petit
pectoral, demandez au patient de faire une extension et une adduction du bras dans l’articulation de l’épaule. Cela peut être obtenu
en demandant d’abord au patient de poser sa main au niveau du
creux lombaire. Puis, pour recruter le petit pectoral, demandez au
patient de mobiliser son bras plus loin en extension, en écartant sa
main du creux lombaire vers l’arrière. Cela activera immédiatement
le petit pectoral, le rendant aisément palpable à travers le grand
pectoral (figure 2-8). On peut utiliser la même procédure pour palper les muscles rhomboïdes à travers le trapèze moyen (voir figures
10-15 et 10-16).

Figure 2-7 Le rond pronateur est palpé « à petits pas » en direction de son insertion distale. Palper à petits pas signifie que le
muscle est palpé par touchers successifs, chacun immédiatement après le précédent. Cela aide à s’assurer que le thérapeute suit
efficacement le trajet du muscle cible.

2

14

Manuel de palpation osseuse et musculaire
Directive n° 11 : quand c’est adapté, utiliser
l’innervation réciproque
L’innervation réciproque est un réflexe nerveux qui provoque l’inhibition d’un muscle chaque fois que son antagoniste se contracte.
Ce réflexe nerveux peut être utilisé avec profit dans la palpation de
certains muscles. Par exemple, si notre muscle cible est le brachial et
que nous voulons qu’il se contracte pour qu’il durcisse et soit plus
facile à sentir, nous n’avons pas d’autre choix que de demander au
patient de fléchir l’articulation du coude, car c’est la seule action du
brachial. Le problème est que, si le patient fléchit l’avant-bras dans
l’articulation du coude, le biceps brachial se contractera aussi. Cela
rend difficile la palpation du brachial, car le biceps brachial recouvre le brachial au niveau de l’avant-bras. Étant donné que l’objectif
constant de la palpation d’un muscle est d’obtenir une contraction
isolée du muscle cible (dans ce cas, nous ne voulons que la contraction du brachial), le biceps brachial doit rester décontracté. Même
si la seule action du brachial (flexion du coude) est aussi une des
actions du biceps brachial, il est possible d’atteindre ce but en utilisant le principe de l’innervation réciproque (figure 2-9). Pour cela,
nous demandons au patient de fléchir l’avant-bras dans l’articulation
du coude, l’avant-bras étant en position de pronation complète.
Comme le biceps brachial est supinateur de l’avant-bras, faire une
pronation inhibera sa contraction par innervation réciproque. De
cette façon, il restera décontracté pendant que le brachial se contractera pour fléchir l’avant-bras dans l’articulation du coude. Nous avons
ainsi atteint l’objectif d’avoir une contraction isolée de notre muscle
cible, le brachial.
Un autre exemple de l’utilisation du principe d’innervation réciproque pour isoler la contraction d’un muscle cible est la palpation

2

Figure 2-8 Quand le patient mobilise sa main vers l’arrière en l’éloignant du creux lombaire, cela entraîne l’extension du bras. Cela exige
l’action associée de la sonnette médiale de la scapula dans l’articulation
scapulothoracique, qui active le petit pectoral, de façon qu’il devienne
aisément palpable à travers le muscle grand pectoral. La connaissance
des actions associées du bras et de la scapula peut être très utile
quand on palpe les muscles de la rotation scapulaire, comme le petit
pectoral.

Muscle biceps
brachial

Muscle brachial

ENCADRÉ 2-7
La connaissance des actions associées peut également être utilisée
avec l’innervation réciproque pour palper un muscle cible. Par
exemple, quand on palpe l’élévateur de la scapula, le bras du
patient est mobilisé en extension et adduction dans l’articulation de l’épaule en plaçant la main dans le creux lombaire. Cela
entraîne l’action associée de la sonnette médiale de la scapula
dans l’articulation scapulothoracique, qui a pour effet d’inhiber
et de décontracter le trapèze supérieur par innervation réciproque
(parce que c’est un muscle de la sonnette latérale de la scapula).
Le trapèze supérieur étant décontracté, la palpation de l’élévateur
de la scapula peut alors se faire. Pour une explication plus complète, voir la discussion sur l’innervation réciproque, directive
n° 11.

Figure 2-9 Le principe de l’innervation réciproque est utilisé pour inhiber et décontracter le muscle biceps brachial pendant que le muscle brachial se contracte pour fléchir l’avant-bras dans l’articulation du coude.
Le biceps brachial, qui est aussi un supinateur de l’avant-bras, est inhibé
par innervation réciproque parce que l’avant-bras est en pronation (et en
flexion). Il est important que la flexion de l’avant-bras dans l’articulation
du coude ne soit pas réalisée trop fortement, ou l’innervation réciproque
du biceps brachial risque d’être neutralisée et de permettre la contraction
indésirable. (Muscolino JE : Kinesiology : the skeletal system and muscle
function, édition revue et corrigée, St Louis, 2007, Mosby.)

Chapitre 2 L’art et la science de la palpation musculaire
de l’insertion scapulaire de l’élévateur de la scapula. Si on demande
au patient d’élever la scapula pour contracter et sensiblement durcir
l’élévateur de la scapula, le problème est que le trapèze supérieur lui
aussi se contractera et se durcira, rendant impossible la perception
de l’élévateur de la scapula au niveau de son insertion scapulaire,
située profondément sous le trapèze supérieur. Pour interrompre
la contraction du trapèze supérieur, demandez au patient de placer
sa main dans le creux lombaire. Cette position d’extension et d’adduction humérale requiert une sonnette médiale de la scapula dans
l’articulation scapulothoracique. Comme le trapèze supérieur fait
une sonnette latérale de la scapula, il sera inhibé et restera relâché.
Cela permet une contraction isolée et une palpation réussie de l’élévateur de la scapula quand on demande au patient d’élever la scapula
(figure 2-10).
Il y a une précaution importante à respecter quand on fait appel
au principe d’innervation réciproque pour la palpation d’un muscle.

Élévateur
de la scapula
Trapèze
supérieur

15

ENCADRÉ 2-8
Quand on palpe l’élévateur de la scapula, la sonnette médiale de la
scapula dans l’articulation scapulothoracique non seulement aide
à la palpation de l’élévateur de la scapula en inhibant le trapèze
supérieur par innervation réciproque, mais augmente aussi la
force de la contraction de l’élévateur de la scapula, parce que la
sonnette médiale de la scapula est une autre de ses actions.

Quand on demande au patient de contracter et d’activer le muscle
cible, la force de sa contraction doit être faible. Si la contraction est
intense, le cerveau du patient, dans un effort pour recruter le plus de
muscles possible afin de réaliser l’action articulaire, neutralisera le
réflexe d’innervation réciproque. Cela se soldera par la contraction
du muscle que l’innervation réciproque était supposée inhiber et
décontracter. Une fois cet autre muscle contracté, il empêchera sans
doute la palpation du muscle cible. Par exemple, pour la palpation
du brachial, si la flexion de l’avant-bras dans l’articulation du coude
est réalisée avec force, le biceps brachial sera recruté, rendant la
palpation du brachial difficile voire impossible. Un autre exemple
est la palpation de l’élévateur de la scapula : si l’élévation de la
scapula dans l’articulation scapulothoracique est réalisée avec force,
le trapèze supérieur sera activé, rendant la palpation de l’élévateur
de la scapula au niveau de son insertion scapulaire difficile, voire
impossible.

Directive n° 12 : utiliser la pression adaptée
Le concept d’utilisation d’une pression adaptée a déjà été abordé
dans le chapitre 1. Cependant, dans la palpation musculaire, l’utilisation d’une pression adaptée est tellement délicate que les points
clés sont rappelés ici (pour une discussion plus complète de la pression palpatoire, voir chapitre 1, p. 3). Il importe de ne pas avoir la
main trop lourde. Avec une pression excessive, la sensibilité risque
d’être perdue. D’un autre côté, il ne faut pas non plus exercer une
pression trop légère. Certains muscles profonds, pour être perçus,
exigent une pression de modérée à forte. Généralement, quand les
nouveaux étudiants ont du mal à palper un muscle cible, c’est parce
que leur pression est trop légère. Une pression adaptée signifie
appliquer la pression palpatoire optimale pour la palpation de chaque muscle cible.

Directive n° 13 : pour la palpation en profondeur,
pénétrer lentement dans le tissu pendant que
le patient souffle
Toute palpation musculaire profonde devrait être effectuée lentement. Bien que la pression en profondeur puisse être inconfortable

ENCADRÉ 2-9
Figure 2-10 Le principe de l’innervation réciproque est utilisé pour inhiber
et décontracter le trapèze supérieur, de façon que l’insertion scapulaire
de l’élévateur de la scapula puisse être plus facilement palpée lorsqu’il se
contracte pour élever la scapula dans l’articulation scapulothoracique. Le
trapèze supérieur, qui fait également une sonnette latérale, est inhibé par
innervation réciproque parce que la scapula fait une rotation médiale (et
une élévation) à cause de la position de la main dans le creux lombaire. Il
est important que l’élévation de la scapula dans l’articulation scapulothoracique ne soit pas réalisée trop vigoureusement, ou l’inhibition du trapèze
supérieur par innervation réciproque pourrait être neutralisée, avec, pour
résultat, une contraction du trapèze supérieur.

Il arrive que la palpation d’un muscle profond soit facilitée par
une pression extrêmement légère. Quand un muscle est si profond
qu’on ne parvient pas à sentir ses contours, alors sa localisation
peut être déterminée par la perception, à travers les tissus, des
vibrations provoquées par sa contraction. Cela ne peut être perçu
que par un toucher très léger. Un exemple de cette approche est
la palpation du muscle long extenseur de l’hallux à la jambe, en
profondeur sous les muscles tibial antérieur et long extenseur des
orteils.

2

16

2

Manuel de palpation osseuse et musculaire

pour le patient, elle est souvent réalisée très facilement si on palpe
avec la participation du patient. Celle-ci s’obtient en pénétrant lentement dans les tissus du patient et en lui demandant de respirer
lentement et rythmiquement tout au long du processus palpatoire.
La palpation du grand psoas dans la cavité abdominopelvienne
en constitue un excellent exemple. Le grand psoas doit être palpé
par un abord antérieur. Cela requiert une pression ferme pour
l’atteindre à travers les viscères abdominaux, car le grand psoas
repose sur la colonne vertébrale et participe à la paroi abdominale postérieure. Pour le confort du patient, le thérapeute doit
pénétrer très lentement les tissus du patient pendant que celui-ci
respire lentement et régulièrement. Pour commencer la palpation,
demandez au patient de prendre une inspiration modérée à profonde. Ensuite, pendant que le patient souffle, pénétrez lentement
en direction du psoas. Il n’est pas nécessaire d’atteindre le psoas à
la fin de la première expiration du patient. Au contraire, relâchez
légèrement votre pression et demandez au patient de prendre
une autre inspiration, d’amplitude modérée. Puis continuez à
pénétrer lentement et plus profondément pendant que le patient
expire à nouveau. Il peut être nécessaire de répéter ce processus
une troisième fois pour atteindre le psoas. Un muscle profond
peut généralement être atteint de cette manière avec deux ou trois
expirations du patient. Le plus important à se rappeler est qu’une
pression ferme et profonde doit être appliquée lentement.

ENCADRÉ 2-10
Quand vous demandez au patient de respirer en accompagnant
votre palpation, pendant que vous pénétrez lentement et profondément les tissus du patient pour accéder à un muscle profond,
il est important que sa respiration ne soit ni rapide ni superficielle. Toutefois, la respiration n’a pas non plus besoin d’être très
profonde. Une respiration très profonde risque de repousser vos
mains, particulièrement si vous palpez dans la région abdominale.
Le rythme de la respiration est plus important que sa profondeur.
La respiration du patient doit être lente, rythmée et détendue. Pour
le patient, ce mode respiratoire est facilité si vous-même respirez
de façon identique.

Directive n° 15 : décontracter et détendre
passivement le muscle cible pour palper
son insertion osseuse
Il est toujours souhaitable de palper le maximum possible du muscle
cible. Le mieux est de le palper tout du long, d’une insertion osseuse
à l’autre. Mais il est parfois difficile de suivre un muscle cible sur tout
son trajet, jusqu’à son insertion osseuse. C’est particulièrement vrai
si le patient contracte le muscle cible, parce que cela met en tension
et durcit son tendon, rendant difficile de le distinguer de l’insertion
osseuse. Ironie du sort, même si la contraction du muscle cible nous
aide à distinguer son corps musculaire des tissus mous adjacents –
puisque le muscle se durcit –, contracter le muscle cible a également
pour effet de tendre et de durcir le tendon, ce qui rend plus difficile
la distinction entre le tendon devenu dur et le tissu osseux adjacent,
dur lui aussi, sur lequel le tendon s’insère. Autrement dit, contracter
un muscle cible aide à le distinguer du tissu mou adjacent, mais
rend plus difficile de le distinguer des autres tissus durs adjacents,
comme ses insertions osseuses. Par conséquent, une recommandation pour aider le thérapeute à suivre le muscle cible sur toute sa
longueur, jusqu’à ses insertions osseuses, consiste à faire en sorte que
le patient décontracte le muscle cible et que le thérapeute le détende
passivement pendant qu’il accède à ses insertions. Les exemples qui
exploitent cette directive sont la palpation de l’insertion proximale
du droit fémoral sur l’épine iliaque antéro-inférieure (EIAI) de
l’iliaque (voir figure 18-30), et la palpation de l’insertion distale du
muscle subscapulaire sur le tubercule mineur de l’humérus (voir
figure 10-60).

Directive n° 16 : fermer les yeux pour palper
Bien qu’il soit important d’inspecter visuellement la région à palper en début de palpation du muscle cible (voir directive n° 5),
une fois l’inspection visuelle terminée, il n’est généralement pas
nécessaire au thérapeute de continuer à regarder le corps du patient
pendant la suite de la procédure palpatoire. En fait, fermer les yeux
pendant la palpation peut être d’un grand bénéfice. En fermant
ses yeux, le thérapeute peut s’isoler des stimuli sensoriels parasites
susceptibles de le distraire de ce que sentent ses doigts palpatoires.
Fermer les yeux permet au thérapeute de concentrer toute son
attention sur les doigts qui palpent, augmentant ainsi leur précision sensorielle.

Directive n° 17 : en palpant,
construire une représentation mentale
de l’anatomie sous-cutanée du patient
Directive n° 14 : utiliser les muscles
comme repères
Une fois qu’on a appris les os et les repères osseux du squelette, il
est courant d’utiliser un repère osseux pour s’aider à repérer et à
palper un muscle cible. Mais, une fois qu’on a appris la palpation
d’un muscle, ce dernier peut à son tour devenir un repère utile pour
repérer un muscle adjacent. Par exemple, si on a appris la palpation
du sternocléidomastoïdien (SCM), palper les scalènes devient une
opération facile (voir p. 190). Il suffit de repérer le bord latéral du
chef claviculaire du SCM, puis de s’en détacher immédiatement
en latéral et vous tomberez sur le groupe des scalènes. C’est un
moyen beaucoup plus simple pour repérer les scalènes que d’essayer
d’abord de palper les tubercules antérieurs des processus transverses
des vertèbres cervicales. De la même manière, on peut se servir du
SCM pour repérer et palper le long du cou (voir p. 194). Repérez
d’abord le bord médial du chef sternal du SCM, puis quittez-le
immédiatement en médial et enfoncez vos doigts en direction du
rachis. Il existe d’innombrables autres exemples dans lesquels la
connaissance de la situation d’un muscle peut aider le thérapeute
à repérer un autre muscle qu’il serait plus difficile de trouver
autrement.

Si les yeux du thérapeute sont fermés pendant la palpation, il est
d’autant plus bénéfique de se représenter le muscle cible et les
autres structures anatomiques adjacentes sous la peau du patient.
Construire cette représentation mentale de l’anatomie sous-cutanée
du patient peut faciliter le repérage initial correct du muscle cible et
faciliter l’emploi de petits pas pendant qu’on suit le muscle cible en
direction de ses insertions.

Directive n° 18 : si un patient est chatouilleux,
placer la main du patient sur la main palpatoire
Malheureusement, quand les patients sont chatouilleux, les palper
devient difficile, voire impossible, car les toucher provoque un mouvement de retrait. C’est pourquoi il est habituellement préférable de
palper les patients chatouilleux avec une pression ferme. Cependant,
certains patients se montrent extrêmement chatouilleux, qu’on les
touche légèrement ou fermement. Cela risque de gêner l’évaluation
palpatoire ainsi que le traitement. Un moyen pour diminuer la sensibilité d’un patient chatouilleux consiste à lui demander de placer
une de ses mains sur la main palpatoire du thérapeute. La chatouille
est perçue comme une intrusion de l’espace personnel par un autre
individu. C’est pourquoi on ne peut pas se chatouiller soi-même. Par

Chapitre 2 L’art et la science de la palpation musculaire
conséquent, si la main du patient est placée sur la vôtre, le patient
aura inconsciemment le sentiment qu’il contrôle son espace et se
montrera moins chatouilleux. Cette directive ne marche pas sur tout
le monde en toute circonstance, mais est souvent efficace et vaut la
peine d’être essayée.

Directive n° 19 : garder les ongles des doigts courts
et lisses
Pour la palpation de certains muscles, les ongles du thérapeute
doivent être très courts (figure 2-11, A). C’est particulièrement vrai
quand on fait des palpations profondes ; par exemple, quand on
palpe le muscle subscapulaire (voir p. 165), le carré des lombes
(voir p. 365), ou les insertions vertébrales des scalènes (voir p. 190).
Malheureusement, il semble que chacun ait une notion différente de
ce que court signifie quand il est question de la longueur des ongles.
Il en résulte que certains thérapeutes s’autorisent des ongles trop
longs. En conséquence, ils ne parviennent pas à palper confortablement certains muscles et soit provoquent une douleur et laissent
l’empreinte de leurs ongles sur le patient, soit, et ce n’est guère

17

mieux, ils évitent de palper ou de travailler correctement la musculature du patient à traiter parce qu’ils craignent de le blesser avec
leurs ongles. L’exacte longueur d’ongle requise varie d’une palpation
à une autre. Un bon moyen de vérifier la longueur d’ongle adaptée
est d’éloigner de vous la pulpe des doigts de la main palpatoire et
d’essayer d’attraper les ongles de votre main palpatoire avec un ongle
de votre autre main (figure 2-11, B). Si vous y parvenez, c’est probablement que vos ongles sont trop longs. Si vous n’y arrivez pas, alors
la longueur de vos ongles est suffisamment courte pour la palpation
en profondeur.
Il est tout aussi important que les ongles soient lisses (c’est-à-dire
que leur bord ne soit pas pointu). Quand on lime les ongles, il est
important de terminer avec une lime à ongles qui polit et adoucit
le bord des ongles. Les ongles courts mais pointus peuvent être tout
aussi inconfortables et douloureux pour le patient que les ongles
longs.

Directive n° 20 : utiliser la position
de palpation optimale
La position de palpation optimale est simplement la position
du patient la plus adaptée pour la palpation d’un muscle cible
donné. Il importe de réaliser que la position de palpation optimale pour palper un muscle cible donné peut ne pas coïncider
avec celle dans laquelle on place habituellement le patient pour
traiter ce muscle. On traite généralement les patients en procubitus ou en décubitus. Cependant, la palpation optimale de certains
muscles s’effectue sur un patient en latérocubitus, ou debout, ou
assis. Par exemple, le petit pectoral est le plus souvent traité sur
un patient en décubitus. Mais la position idéale pour palper le
petit pectoral est sans doute la position assise. La raison en est
que la position assise est celle qui permet le mieux au patient de
d’abord placer sa main dans le creux lombaire, puis de l’éloigner
en arrière (réalisant ainsi une sonnette médiale de la scapula pour
activer le petit pectoral) (voir figure 10-80). Pour cette raison et
bien qu’on préfère habituellement ne pas faire changer le patient
de position au milieu d’une séance de traitement, si la palpation
précise est essentielle à l’évaluation et au traitement du patient, il
peut être nécessaire de le faire. Pour éviter l’interruption du cours
de la séquence de traitement, le thérapeute peut choisir de faire
toute l’évaluation palpatoire en début de séance, avant de commencer le traitement.

A

ENCADRÉ 2-11

B
Figure 2-11 Pour la palpation des muscles, les ongles des doigts doivent
être très courts, particulièrement pour les muscles profonds. A montre la
longueur correcte des ongles quand on palpe et travaille en profondeur. Un
bon moyen de vérifier que la longueur des ongles est suffisamment courte
pour la palpation en profondeur est montré en B. Voyez si vous pouvez
attraper les ongles de votre main palpatoire (les ongles étant orientés face à
vous) avec un ongle de votre autre main. Si vous y arrivez, cet ongle a des
chances d’être trop long.

Souvent, on peut placer le patient dans plusieurs positions pour
palper un muscle cible particulier. Bien qu’on considère généralement une des positions comme étant la meilleure pour la palpation d’un muscle donné, certains thérapeutes sont susceptibles
d’en préférer une autre. Même si une des positions du patient et
une des procédures palpatoires constituent l’approche préférée,
il se peut qu’une autre position et une autre procédure marchent
mieux chez certains patients. C’est pour cette raison qu’il vaut
toujours mieux se montrer créatif et souple quand il est question
de palpation musculaire. Plus il y a de positions et de méthodes
de palpation dans lesquelles vous êtes à l’aise, plus vous avez de
chances d’être efficace quand vous travaillez avec vos patients.
Pour chaque palpation musculaire montrée dans la partie III de ce
livre, des positions alternatives du patient sont proposées quand
elles existent. Souvent, des méthodes palpatoires alternatives sont
également présentées.

2

18

Manuel de palpation osseuse et musculaire

Liste récapitulative des directives
de palpation musculaire

2

Chacune des directives de palpation musculaire suivantes a déjà été
abordée dans ce chapitre. Les 20 directives sont toutes recensées ici
sous forme de liste.
1. Connaître les insertions du muscle cible pour savoir où placer
les mains.
2. Connaître les actions du muscle cible. Il faudra probablement
demander au patient de réaliser l’une d’elles pour contracter le
muscle cible afin qu’il puisse être distingué de la musculature
adjacente (assurez-vous que vous ne demandez pas au patient
de tenir la contraction trop longtemps, ce qui risquerait de
fatiguer le muscle ou de provoquer l’inconfort du patient).
3. Réfléchir soigneusement pour choisir exactement l’action
articulaire qui isolera le mieux la contraction du muscle cible.
4. Si nécessaire, ajouter une résistance à la contraction du
muscle cible du patient (en ajoutant une résistance,
n’intercalez aucune articulation qui n’a pas besoin de l’être ;
autrement dit, assurez-vous de ne résister qu’à l’action
souhaitée du muscle cible).
5. Regarder avant de placer la main palpatoire sur le patient (c’est
particulièrement important avec les muscles superficiels).
6. Commencer par trouver et palper le muscle cible à l’endroit le
plus facile.
7. Palper en glissant perpendiculairement en travers du corps ou
du tendon du muscle cible.
8. Une fois repéré, suivre le trajet du muscle cible à petits pas
successifs.
9. À chaque petit pas de la palpation, demander au patient
d’alternativement contracter et décontracter le muscle cible et
sentir le changement de consistance lorsque le muscle passe
d’un état décontracté et mou à un état contracté et dur, et à
nouveau à décontracté et mou.
10. Utiliser la connaissance des actions associées pour palper les
muscles cibles que sont les rotateurs de la scapula.

11. Utiliser l’innervation réciproque chaque fois que c’est utile pour
aider à la palpation du muscle cible (quand vous utilisez
l’innervation réciproque, veillez à ce que le patient ne contracte
pas le muscle cible trop vigoureusement, sinon, le muscle censé
être inhibé risque de se contracter tout de même).
12. Utiliser une pression adaptée. La pression adaptée n’est ni trop
forte, ni trop légère.
13. Pour la pression de palpation en profondeur, pénétrer
lentement dans les tissus du patient pendant qu’il respire
lentement et régulièrement.
14. Une fois maîtrisée la palpation d’un muscle donné, celui-ci
peut être utilisé comme repère pour localiser d’autres muscles.
15. Décontracter et détendre passivement le muscle cible quand on
le palpe au niveau de ses insertions osseuses.
16. Fermer les yeux en palpant, afin de concentrer toute l’attention
sur les doigts palpatoires.
17. Construire une représentation mentale de l’anatomie
sous-cutanée du patient quand on palpe.
18. Si le patient est chatouilleux, utiliser une pression ferme et demander
au patient de placer une de ses mains sur la main palpatoire.
19. Les ongles des doigts doivent être très courts et lisses.
20. Placer le patient dans une position qui soit optimale pour la
palpation musculaire.

Conclusion
Bien que la science de la palpation musculaire débute avec une
connaissance solide des insertions et des actions du muscle cible,
transformer la palpation en un art exige bien davantage. L’art de la
palpation musculaire implique de tisser la connaissance des insertions
et des actions du muscle cible et de toute la musculature adjacente,
ainsi que les nombreuses directives énumérées dans ce chapitre, en
une approche synthétique qui permet de distinguer le muscle cible
des tissus adjacents. Globalement, ce qui est indispensable, ce sont des
mains sensibles, une réflexion critique et une volonté de créativité.

Chapitre 3

Drapage et manœuvres
de base du massage
Sandy Fritz, Susan Salvo
et Joseph E. Muscolino
P résentation
Ce chapitre traite de deux sujets : le drapage et les manœuvres de massage. La première moitié du chapitre
débute par la discussion des principes de drapage. Un abrégé des techniques de drapage est ensuite présenté,
qui décrit et illustre comment recouvrir chacune des principales parties du corps. La seconde moitié discute des
manœuvres de massage. Les caractéristiques fondamentales du toucher, sous-jacentes à toutes les manœuvres
de massage, sont discutées en premier. Les principales manœuvres de massage sont ensuite définies et décrites
avec des illustrations.

P lan du chapitre
Drapage, 20
Méthodes de drapage, 20
Abrégé des techniques de drapage, 20

Manœuvres de massage, 23
Caractéristiques du toucher, 23
Abrégé des manœuvres de massage, 24

O bjectifs du chapitre

Après avoir terminé ce chapitre, l’étudiant doit être capable de réaliser les éléments suivants.
1. Définir les concepts clés de ce chapitre.
2. Expliquer les objectifs et les principes
du drapage.
3. Décrire les deux principales méthodes
de drapage.

C oncepts clés

ballottement
compression
direction
drapage
drapage enveloppant
drapage plat
durée

4. Décrire comment recouvrir chacune des principales
parties du corps.
5. Énumérer et décrire les sept caractéristiques du toucher.
6. Énumérer et décrire les six principaux types
de manœuvres de massage.

effleurage
fréquence
friction
glissée
percussion
pétrissage
pression statique

profondeur de pression
rythme
tapotement
traction
vibration
vitesse

19

20

3

Manuel de palpation osseuse et musculaire

Drapage

Méthodes de drapage

Introduction au drapage

Les deux types de drapage de base sont le drapage plat et le drapage
enveloppant.

Le drapage consiste essentiellement à recouvrir le corps avec un drap ;
il permet au patient d’être déshabillé pour recevoir le massage. Le
drapage assure deux objectifs principaux : (1) protéger l’intimité du
patient et son sens de la sécurité, et (2) réchauffer. Les outils de drapage les plus souvent employés sont les draps et les serviettes.

Principes du drapage
Il existe de nombreuses méthodes de drapage différentes ; mais toutes
appliquent les principes suivants.
o Tout le matériel de drapage réutilisable doit être fraîchement
lavé pour chaque patient. Les linges jetables doivent être changés
pour chaque patient puis jetés dans le respect des normes.
o Seule la zone massée est découverte. Dans la plupart des cas,
après avoir arrangé le matériel de drapage de manière à exposer
la zone à masser, le matériel de drapage reste en place.
o Utiliser toujours un linge de base (habituellement un drap) sous
le patient.
o Le drapage peut être fixé en le repliant sous le corps du patient.
o Si la manœuvre destinée à installer le linge est ressentie comme
invasive par le patient, en particulier quand on le plie sous
une partie du corps ou autour, demander au patient d’aider au
placement du linge pour ménager sa pudeur.
o Les méthodes de drapage doivent garder le patient couvert quelle
que soit sa position, y compris la position assise.
o Les parties génitales ne sont jamais découvertes.
o Chez les femmes, la zone des seins n’est pas découverte pendant
le massage de routine à objectif de bien-être. Un massage
spécifique du sein, supervisé par un médecin agréé, peut requérir
des procédures de drapage spéciales.

Méthodes de drapage plat
Avec le drapage plat, un linge du dessus, habituellement un drap, est
placé sur le patient. Le linge du dessus, et parfois celui du dessous,
est déplacé de différentes manières pour couvrir et découvrir la zone
à masser.

Drapage enveloppant
Le drapage enveloppant peut être fait avec deux serviettes ou avec un
drap et une serviette (une taie d’oreiller peut remplacer la serviette).
Ces linges sont enveloppés et mis en forme autour du patient. Ce
type de drapage est très utile pour couvrir efficacement et masquer
la région génitale et les fesses. Pour les femmes, un linge de poitrine
séparé (habituellement une serviette ou une taie d’oreiller) peut être
utilisé pour couvrir les seins quand on s’occupe de l’abdomen.

Alternative au drapage
Comme alternative au drapage, le patient peut porter un maillot de
bain ou un short et une chemise souple. Un linge du dessous (drap) est
placé sur la table ou le tapis de sol. Un linge du dessus est à disposition
si le patient se refroidit pendant le massage.

Abrégé des techniques de drapage
Le tableau 3-1 présente un abrégé des techniques de drapage. Une
description et une illustration de la façon de couvrir chacune des
principales parties du corps sont proposées.

TABLEAU 3-1
Techniques de drapage
Position
Dos, en procubitus

Description
Le patient est en procubitus et le drap du dessus est
replié pour exposer le dos (figure 3-1).

Figure 3-1

Chapitre 3 Drapage et manœuvres de base du massage

21

TABLEAU 3-1
Techniques de drapage—Suite
Position

Description

Fesse et membre
inférieur, en
procubitus

En procubitus, la fesse et le membre inférieur
sont découverts en repliant le drap du dessus
sur et autour des parties intimes et en le fixant
sous le membre inférieur à masser. Le drap du
dessous peut être replié au-dessus pour recouvrir
davantage afin de maintenir la chaleur (figure 3-2).

Membre supérieur, en
procubitus

En procubitus, le drap du dessus est replié en
diagonale pour accéder au membre supérieur
(figure 3-3).

3

Figure 3-2

Figure 3-3
Membre inférieur, en
décubitus

En décubitus, le membre inférieur est découvert
en repliant le drap du dessus et en l’enveloppant
autour des parties intimes (figure 3-4, A).

Figure 3-4, A
Une variante pour protéger la région de l’aine est de
faire tourner le drap du dessus entre les cuisses,
au-dessus puis sous les fesses (figure 3-4, B).

Figure 3-4, B
(Suite)

22

Manuel de palpation osseuse et musculaire

TABLEAU 3-1
Techniques de drapage—Suite
Position

3

Description

Membre supérieur, en
décubitus

En décubitus, on expose le membre supérieur en
le sortant de sous le drap du dessus puis en le
plaçant par-dessus le drap (figure 3-5).

Abdomen, en décubitus

La région abdominale est exposée sur la patiente en
décubitus. Le thérapeute utilise une serviette ou
une taie d’oreiller (le grand format est préférable)
pliée horizontalement comme un haut de bikini.
Sur cette photo, le linge du dessus qui couvre
la partie inférieure du corps s’arrête aux épines
iliaques antérieures (figure 3-6).

Cou et épaule, en
décubitus

Le drap du dessus est replié vers le bas juste en
dessous des clavicules pour exposer les insertions
proximales des muscles sternocléidomastoïdiens
et pour laisser couverts les seins de la patiente.
Remarque : sur cette photo, le thérapeute profite
de ce drapage pour s’occuper des points gâchettes
de ces muscles tout en soutenant la base du crâne
avec l’autre main (figure 3-7).

Dos en latérocubitus

Pour exposer le dos d’une patiente en latérocubitus,
le thérapeute utilise le drapage enveloppant.
Pour maintenir le drap en place et couvrir les
seins, le thérapeute incorpore une serviette pliée
horizontalement de façon à fixer le bord supérieur
du drap. Un coussin ou une serviette roulée est
placé sous la tête afin de maintenir le rachis en
alignement neutre. On peut aussi donner à la
patiente un oreiller à placer devant le tronc et
à « étreindre ». Cela apporte plus de sécurité et
d’intimité (figure 3-8).

Figure 3-5

Figure 3-6

Figure 3-7

Membre supérieur, en
latérocubitus

Figure 3-8

Pour accéder au membre supérieur d’une patiente
en latérocubitus, sortez le membre supérieur de
dessous le drap, puis arrangez le drap afin de
couvrir les seins. Pour le confort de la patiente,
le membre supérieur exposé peut être placé sur
un coussin enveloppé. Remarquez que le cou est
placé sur un coussin, afin de maintenir le rachis
en alignement neutre (figure 3-9).

Figure 3-9

Chapitre 3 Drapage et manœuvres de base du massage

23

TABLEAU 3-1
Techniques de drapage—Suite
Position

Description

Membre inférieur (celui
qui ne repose pas
sur la table), en
latérocubitus

Chez un patient en latérocubitus, pour accéder
au membre inférieur qui ne repose pas sur la
table, découvrez la région, ramassez le tissu puis
pliez-le autour de la partie supérieure de la cuisse.
Assurez-vous que l’articulation du genou est
fléchie d’environ 90°. Pour le confort du patient, le
membre inférieur découvert peut être placé sur un
coussin enveloppé (figure 3-10).

Membre inférieur (celui
qui repose sur la
table), en latérocubitus

Chez un patient en latérocubitus, pour accéder
au membre inférieur qui repose sur la table,
découvrez la région, ramassez le tissu puis
pliez le drap en l’enroulant autour de l’extrémité
supérieure de la cuisse. L’articulation du genou
est légèrement fléchie. Pour le confort du patient,
une serviette roulée peut être placée sous sa
cheville. Remarquez que l’autre membre inférieur
reste couvert et soutenu par un coussin enveloppé
(figure 3-11).

3

Figure 3-10

Figure 3-11

Manœuvres de massage

Caractéristiques du toucher

Introduction aux manœuvres de massage

Profondeur de la pression

L’administration d’un massage implique de toucher le corps pour
manipuler les tissus mous, influencer le mouvement des fluides
corporels et stimuler les réactions neuro-endocriniennes. Au cours
d’une séance de massage, on emploie de nombreuses manœuvres différentes. Cependant, le toucher des manœuvres est plus
fondamental que les manœuvres elles-mêmes. Selon la classification du massage par la pionnière qu’est Gertrude Beard, ainsi
que d’après les tendances actuelles du massage thérapeutique, le
toucher d’une manœuvre de massage peut être identifié par les
sept caractéristiques suivantes : profondeur de la pression, traction,
direction, vitesse, rythme, fréquence et durée. Chacune de ces sept
caractéristiques est décrite. Après leur description, un abrégé des
principales manœuvres de traitement employées dans le massage
thérapeutique est présenté, avec une brève description et illustration
de chaque manœuvre.

La profondeur de la pression, ou la force compressive du massage,
peut être légère, modérée, ou profonde.
La plupart des zones corporelles sont constituées de quatre
couches tissulaires principales. Ces couches sont la peau, les fascias
superficiels, les couches musculaires et les différentes enveloppes
aponévrotiques. Une dysfonction est susceptible de se développer
dans tout ou partie de ces couches. Quand la dysfonction est superficielle, habituellement, la profondeur de pression nécessaire est
légère. Quand la dysfonction se situe dans les couches profondes, une
pression plus appuyée est généralement indispensable. La pression
doit être exercée à travers chaque couche successive, pour atteindre les
couches plus profondes, sans dommage ni inconfort pour les tissus
superficiels. Plus la pression est profonde, plus la base de contact
requise à la surface du corps est large. Quelle que soit la dysfonction
du tissu mou à traiter, comme un point gâchette ou une contracture,

24

Manuel de palpation osseuse et musculaire

le thérapeute applique le niveau de pression adapté pour atteindre
le lieu de la dysfonction. Il convient de noter que la pression, du fait
qu’elle comprime les tissus, modifie également la circulation des
fluides à l’intérieur du corps.

autre application thérapeutique comme un étirement, est exercée sur
le même site. Typiquement, la durée d’administration d’une manœuvre
donnée est d’environ 30 ou 60 secondes. Certains protocoles
de traitement requièrent moins ou plus de temps.

Traction

3

La traction décrit la quantité de tension (étirement) exercée sur le tissu.
La traction est une composante du massage du tissu conjonctif dans
lequel une couche tissulaire est tractée/tirée sur une couche adjacente,
contribuant ainsi à rompre les adhérences. La traction est également
employée au cours de l’évaluation palpatoire des différentes dysfonctions
des tissus mous, afin d’identifier les zones de liberté ou de restriction
de mouvement à l’intérieur des tissus. La liberté se rencontre quand le
tissu bouge librement et facilement ; la restriction de mouvement
survient quand le tissu est perçu comme collant, cartonné ou épais.

Direction
La direction peut s’orienter du centre du corps vers l’extérieur (centrifuge), ou des extrémités vers le centre du corps (centripète). En
outre, la direction peut être longitudinale, le long d’un muscle en
suivant la direction de ses fibres ; transversale, croisant la direction
des fibres ; ou circulaire. La direction joue un rôle en agrandissant
et allongeant des tissus mous qui présentent des dysfonctions, ou
dans les méthodes qui influencent le mouvement du sang et de la
lymphe.

Abrégé des manœuvres de massage
Voici la description des six principaux types de manœuvres de massage
thérapeutique : glissée, pétrissage, friction, pression statique, percussion et vibration.

Glissée
Une manœuvre de glissée (historiquement connue comme l’effleurage) est une manœuvre longue et large généralement exercée en
suivant la direction des fibres musculaires. On peut également la
réaliser transversalement par rapport aux fibres musculaires. Dans
ce cas, on l’appelle souvent glissée transversale.
Dans cet exemple de glissée (figure 3-12), la thérapeute part
du haut du dos de la patiente et applique une pression par l’intermédiaire de la paume de ses mains, de part et d’autre des processus épineux, jusqu’à arriver au sacrum. Les mains se séparent
alors et glissent en sens inverse jusqu’au haut du dos, en utilisant
juste le poids des mains. On maintient le contact avec la peau de
la patiente en passant du pousser au tirer ainsi qu’entre chaque
répétition.

Vitesse
La vitesse est l’allure à laquelle les méthodes de massage sont appliquées. La vitesse d’une manœuvre peut être rapide, lente ou variable,
en fonction des exigences du tissu à traiter et de l’état du patient (plus
rapide et plus dynamisante dans les situations qui réclament une
stimulation, plus lente et plus rythmée quand des influences apaisantes
sont requises).

Rythme
Le rythme se rapporte à la régularité de l’application de la technique. Si la méthode est appliquée à intervalles réguliers, elle est
considérée comme égale ou rythmique. Si la méthode est décousue
ou irrégulière, elle est considérée comme irrégulière ou sans rythme.
Le massage rythmique a tendance à être plus apaisant, en particulier
s’il est effectué lentement et avec une pression douce à modérée.
Les manœuvres sans rythme, en particulier les ébranlements et les
secousses arythmiques, ont tendance à être plus stimulantes.

1

1

Fréquence
La fréquence est le nombre de fois qu’une méthode de traitement
est répétée dans un cadre de temps limité. Cet aspect se rapporte au
nombre de fois qu’on répète une manœuvre, comme une pression
ou une glissée. Généralement, le masseur répète chaque manœuvre trois ou cinq fois avant de se déplacer ou de passer à une autre
manœuvre. Bien que chaque application d’une manœuvre soit
thérapeutique par définition, le thérapeute doit, en même temps
qu’il traite, évaluer l’état de santé des tissus du patient. Si la dernière manœuvre de massage lui indique une dysfonction résiduelle,
la fréquence peut être accrue et des manœuvres supplémentaires
peuvent être réalisées sur ce tissu.

Durée
La durée a deux aspects. Elle peut signifier le temps que dure la
séance, ou le temps pendant lequel une manœuvre donnée, ou une

Figure 3-12 Exemple de glissée n° 1 : longue manœuvre de glissée
le long du dos.

Chapitre 3 Drapage et manœuvres de base du massage

25

Sur la figure 3-13, la patiente est en décubitus, la tête et le cou
tournés d’un côté. La pression est appliquée avec le poing, de l’occiput
à l’acromion puis de l’acromion à l’occiput. Au niveau des vertèbres
cervicales, la pression se concentre sur la gouttière paravertébrale. Au
niveau de la face supérieure de l’épaule, la pression se concentre sur la
partie la plus charnue du trapèze supérieur.

3

Figure 3-14 Exemple de pétrissage n° 1 : pétrissage du trapèze supérieur
à une main.

Figure 3-13 Exemple de glissée n° 2 : glissée le long du cou et de l’épaule.

Sur la figure 3-15, la patiente est en décubitus pendant que
la thérapeute pétrit la cuisse gauche de la patiente. Les mains se
déplacent en sens opposé. Une main exerce une force vers l’avant
pendant que l’autre tire vers l’arrière. Le tissu situé sous les mains
de la thérapeute est pressé, tordu et serré. Les mains se croisent au
milieu de la manœuvre.

Pétrissage
Une manœuvre de pétrissage soulève le tissu, puis le tissu est
pressé à pleine main au fur et à mesure qu’il s’échappe de la main
en roulant, pendant que l’autre main se prépare à soulever du tissu
supplémentaire et répète l’opération. Le pétrissage de la peau est une
variante de la manœuvre de pétrissage.
La thérapeute se place entre la tête de la patiente et son épaule.
Cela l’aide à conserver son articulation du poignet aussi rectiligne
que possible. Le trapèze supérieur est comprimé, soulevé, puis
relâché (figure 3-14).

Figure 3-15 Exemple de pétrissage n° 2 : pétrissage bimanuel de la partie
antérieure de la cuisse.

26

3

Manuel de palpation osseuse et musculaire

Pression statique

Friction

Une manœuvre de pression statique dirige la pression vers le bas
à l’intérieur des tissus, à un angle de 90° avec la surface de la partie
du corps que l’on travaille (figure 3-16). Une manœuvre de pression
statique étale ou déplace les couches tissulaires superficielles. Elle
est souvent réalisée avec un « pompage » dans lequel la pression est
graduellement accrue au fil de la manœuvre.
La pression statique peut être réalisée avec les deux mains
agissant simultanément. Dans cet exemple, la patiente habillée est
couchée en procubitus sur un tapis de sol recouvert d’un drap. Son
articulation de hanche droite est en rotation latérale, de manière à
raccourcir les muscles visés. La thérapeute se place au-dessus de la
patiente afin de pouvoir utiliser le poids de son corps. Elle place
ses mains sur les muscles fessiers et s’appuie dessus, en exerçant
des manœuvres de pression statique rythmiques pour détendre les
muscles.

Une manœuvre de friction mobilise les tissus sous-cutanés. Le
mouvement est produit en commençant par une pression statique
spécifique, modérée à profonde. Pour une friction transversale ou en
croisant les fibres, les tissus superficiels sont mobilisés d’arrière en
avant, en travers des fibres des tissus plus profonds. Pour produire
une friction circulaire, les tissus sont mobilisés en cercle.
Sur la figure 3-18, la thérapeute entrecroise (double appui) la
pulpe de ses doigts et exerce la friction sur les tissus proches du bord
médial de la scapula.

Figure 3-18 Exemple de friction n° 1 : contact manuel en double appui,
friction sur le dos.

Figure 3-16 Exemple de pression statique n° 1 : pression bimanuelle de
la région fessière.

Sur la figure 3-19, la friction est exercée par l’intermédiaire d’un
contact plus large mais toujours ciblé. La thérapeute utilise le bord
ulnaire de son avant-bras. Le patient est en latérocubitus et la friction
s’adresse au muscle grand dorsal.

Sur la figure 3-17, la pression statique est exercée vers le bas à l’intérieur de la musculature de la face médiale de la cuisse, à un angle de
90°. La thérapeute se penche en avant et utilise son avant-bras pour
réaliser la pression statique à l’intérieur de la musculature.

Figure 3-19 Exemple de friction n° 2 : contact par l’avant-bras, friction
sur le dos.

Figure 3-17 Exemple de pression statique n° 2 : pression statique de
l’avant-bras sur la partie médiale de la cuisse.

Chapitre 3 Drapage et manœuvres de base du massage
Percussion
Une manœuvre de percussion (historiquement appelée tapotement) est un battement contrôlé des bras ou des avant-bras alors
que les poignets fouettent l’air en arrière et en avant et que les mains
frappent les tissus du patient. Les différentes méthodes incluent les
claquements, les tapotements, les hachures, le martèlement et les percussions avec les poings. Les percussions peuvent aussi être classées
comme mouvements d’oscillation.
Sur la figure 3-20, on voit le bord ulnaire d’une main en train de
frapper la partie supérieure du dos de la patiente. Les doigts sont légèrement écartés pendant qu’ils se soulèvent. Au moment du contact,
l’élan de la manœuvre entraîne chaque doigt à toucher celui situé
au-dessus, créant ainsi un léger effet vibratoire. On peut utiliser les
deux mains au lieu d’une seule.

27

Sur la figure 3-21, la thérapeute est debout à côté d’un patient en
procubitus et utilise les bords ulnaires de ses deux poings souplement
fermés pour frapper la partie supérieure du dos du patient. On peut
également employer les jointures d’un poing souplement fermé pour
faire des percussions sur le dos.

3

1

2

2 1

Figure 3-20 Exemple de percussion n° 1 : hachures sur le haut du dos.

Figure 3-21 Exemple de percussion n° 2 : percussion à poings souples
sur le haut du dos.

28

Manuel de palpation osseuse et musculaire

Vibration

3

Une manœuvre de vibration commence avec une pression statique.
Une fois la profondeur de la pression obtenue, la main tremble/vibre
et transmet l’action aux tissus environnants. Le ballottement est un
mouvement plus ample et plus saccadé ; il est habituellement exercé
sur les membres du patient. Les vibrations peuvent aussi être classées
dans les mouvements d’oscillation.
Sur la figure 3-22, la patiente est en décubitus, un coussin enveloppé placé sous l’articulation du genou. Des mouvements de ballottement vibratoire répétitifs sont utilisés pour détendre les muscles
de la cuisse. La thérapeute se sert de la face palmaire complète de sa
main pour comprimer légèrement et soulever les tissus de la patiente
avant de commencer les mouvements de ballottement vibratoire.

Sur la figure 3-23, la patiente est en décubitus et la thérapeute est
debout à côté d’elle. Pour s’adresser à l’abdomen, un drap recouvre la
partie inférieure du corps et une taie d’oreiller pliée horizontalement
couvre la poitrine. Les mouvements vibratoires commencent dans
les bras de la thérapeute et sont transmis aux tissus de la patiente par
l’intermédiaire de l’extrémité des trois derniers doigts. Les vibrations
sur l’abdomen sont susceptibles de contribuer à stimuler le péristaltisme intestinal.

Figure 3-23 Exemple de vibration n° 2 : vibration sur l’abdomen.
Figure 3-22 Exemple de vibration n° 1 : vibration sur la cuisse.
Les photographies de ce chapitre sont de Salvo S : Massage therapy :
principles and practice, ed 3, St Louis, 2008, Saunders, et de Fritz S : Mosby
fundamentals of therapeutic massage, ed 4, St Louis, 2009, Mosby.

Chapitre 4

Mécanique du corps
à l’usage du thérapeute
manuel*
P résentation
Ce chapitre propose un ensemble de 10 directives destinées à créer les conditions d’une mécanique du corps
respectueuse de la santé, pendant l’administration d’un massage ou d’autres formes de thérapie corporelle. Ces
directives nous aident à travailler avec une efficacité maximale, en montrant et expliquant comment faire en
sorte que les lois de la physique travaillent pour nous plutôt que contre nous. Ces 10 directives sont divisées
en trois catégories principales : (1) matériel, (2) positionnement du corps et (3) exécution de la manœuvre de
massage.
La section consacrée au matériel discute de l’importance de la hauteur et de la largeur de la table ainsi que
de la qualité et de la quantité de lubrifiant utilisé. Notre discussion sur le positionnement du corps décrit comment incliner correctement le corps, aligner les pieds, la tête et disposer les articulations du membre supérieur.
La section sur l’exécution de la manœuvre de massage explique l’importance de produire la force à partir des
gros muscles proximaux du corps au lieu des petits muscles distaux, comment déterminer la direction optimale
de la ligne de force et les avantages qu’il y a à utiliser un contact large ainsi qu’un contact en double appui,
chaque fois que c’est possible. L’objectif de ces directives est d’aider le thérapeute manuel à travailler plus intelligemment au lieu de travailler plus dur.

P lan du chapitre
Introduction, 30
Catégorie 1 : matériel, 30
Catégorie 2 : positionnement du corps, 32

Catégorie 3 : exécution de la manœuvre
de massage, 39
Résumé, 43

O bjectifs du chapitre
Après avoir terminé ce chapitre, l’étudiant doit être capable de réaliser les éléments suivants.
1. Définir les concepts clés de ce chapitre.
2. Expliquer l’importance de la hauteur et de la largeur
de la table pour la production efficace d’une force.
3. Comparer l’utilisation d’une force interne et d’une force
externe pour exercer une pression.
4. Expliquer l’importance du lubrifiant pour l’application
de la force.
5. Comparer et opposer les mérites respectifs de se pencher dos
rond et de se pencher en fléchissant les membres inférieurs.
6. Discuter le concept d’alignement du centre du corps
pour la production d’une force.
7. Discuter la relation entre la position du pied
et la production d’une force.

8. Énumérer et discuter les trois positions des pieds.
9. Discuter de l’importance de la posture du cou
et de la tête.
10. Expliquer l’importance de l’alignement des articulations
pendant l’exécution d’un massage.
11. Discuter l’importance de la production proximale de force
par rapport à la production distale.
12. Discuter l’importance de la direction de la force
d’une manœuvre de massage.
13. Discuter l’importance d’utiliser un contact large
sur le patient, par rapport à un contact restreint.
14. Expliquer pourquoi un contact en double appui constitue
une aide.

*Ce chapitre est une adaptation de Muscolino JE : Work smarter, not harder : body mechanics for massage therapists, Massage
Ther J Winter : 2–16, 2006. Photos de Yanik Chauvin.

29

30

Manuel de palpation osseuse et musculaire

C oncepts clés

4

alignement du centre du corps
appui longitudinal
appui-pieds décalés
articulations alignées
autosoutien
contact
contact en double appui
direction de la force
force externe
force interne

forces de compression articulaire
ligne de force
lubrifiant
mécanique du corps
penché dos rond
penché membres inférieurs fléchis
penché membres inférieurs fléchis, tronc incliné
en avant
penché membres inférieurs fléchis, tronc vertical
poids

Introduction
Quelle que soit la technique employée, l’essence de toutes les formes
de thérapie corporelle physique est l’exercice d’une pression – en
d’autres termes d’une force – sur les tissus de nos patients. L’efficacité
avec laquelle nous accomplissons cela est cruciale, non seulement
pour la qualité de la prise en charge thérapeutique de nos patients,
mais aussi pour notre propre santé et notre longévité dans ce métier.
Pour évaluer l’efficacité avec laquelle notre corps travaille, nous
devons étudier la mécanique de notre corps ; par conséquent, ce
domaine s’appelle la mécanique du corps.
Comprendre et appliquer les fondamentaux d’une bonne mécanique du corps est simple. Il nous faut appliquer les lois de la physique
à notre corps. Les mêmes lois physiques qui régissent tout phénomène
physique, incluant la lune et les étoiles, gouvernent les forces produites par notre corps et celles auxquelles il est soumis. Si nous travaillons
selon ces lois de la physique, nous sommes en mesure de produire de
plus grandes forces avec moins de fatigue, de travailler sur nos patients
sans effort et d’imposer moins de contraintes à notre corps. Mais si
nous ne tenons pas compte des lois de la physique, il nous sera plus
fatigant de produire la puissance nécessaire à notre travail et notre
corps subira plus de contraintes susceptibles de nous blesser.
Malheureusement, dans le monde de la thérapie manuelle, on n’accorde pas assez d’attention à l’étude de la mécanique du corps. Le résultat, c’est que de nombreux jeunes diplômés, tout comme les thérapeutes
établis, n’ont souvent pas les moyens de travailler les tissus profonds
sans muscler le massage au prix d’un effort excessif. Au lieu de travailler
plus intelligemment, ils travaillent plus dur, avec pour résultat un grand
nombre de lésions. Nombre de ces lésions obligent des thérapeutes,
par ailleurs compétents et efficaces, à abandonner prématurément ce
domaine. En outre, de nombreux thérapeutes quittent le métier non pas
à cause de blessures manifestes, mais en raison du surmenage physique
engendré par le côté physique de la pratique régulière du massage.
Prodiguer un massage et s’adresser aux tissus peut être une tâche éprouvante, particulièrement si c’est fait avec une mauvaise technique !
Le but de ce chapitre est de proposer un ensemble de 10 directives
destinées à créer les conditions d’une mécanique du corps respectueuse de la santé. Le respect d’une bonne mécanique du corps est
constamment important ; mais il devient crucial quand on effectue
un travail sur des tissus profonds, ce qui exige une production de
pression plus élevée et en plus grande quantité. Pour cette raison,
ces directives sont particulièrement recommandées aux praticiens de
thérapie corporelle qui pratiquent de façon régulière un travail sur les
tissus profonds. Bien que ce chapitre ne traite pas tous les aspects et
facettes de la mécanique du corps à l’usage des praticiens de thérapie
corporelle, il fournit un nombre conséquent de bases essentielles.
Aussi important qu’il soit de suivre les règles et directives, restez
conscients que la thérapie corporelle n’est pas seulement une science,

position de déverrouillage
position de la tête
position de verrouillage
position pieds alignés
position pieds décalés
pression
production distale de la force
production proximale de la force
renforcer le contact

mais que c’est aussi un art. Par conséquent, les directives qui suivent
doivent être intégrées au style personnel du thérapeute.

Catégorie 1 : matériel
Directive n° 1 : diminuer la hauteur de la table
La hauteur de la table est sans doute le facteur numéro un qui
détermine l’efficacité de la production de la force du thérapeute. La
hauteur adaptée de la table est déterminée par une combinaison
de facteurs, dont les suivants :
o taille du thérapeute
o taille du patient
o installation du patient sur la table (décubitus, procubitus,
latérocubitus)
o technique employée
Quand il s’agit de produire et d’exercer une force avec moins d’effort,
la table doit être basse. Baisser la table permet au thérapeute d’utiliser
le poids de son corps pour engendrer de la force. Le poids est simplement la mesure de la force qu’exerce la pesanteur sur la masse. Étant
donné que la pesanteur est une force externe qui ne se fatigue jamais,
pourquoi ne pas en tirer avantage ?
Quand un thérapeute produit une force pour travailler sur un
patient, cette force peut être produite de deux façons, de manière
interne à l’intérieur du corps par les muscles, ou de manière externe
à partir de la pesanteur. La production d’une force interne par la
musculature exige un effort de notre part et peut être fatigante.
Cependant, la production de force par la pesanteur ne demande
aucun effort. Si le but est de produire une force avec le minimum
d’effort possible, il est souhaitable d’exploiter la pesanteur autant
que possible. Mais la pesanteur n’agit pas horizontalement, ni en
diagonale. Elle ne s’exerce que verticalement, ou vers le bas. Par
conséquent, elle n’est utile que si le poids du corps du thérapeute est
littéralement au-dessus du patient. Cela suppose que le patient soit
placé au-dessous du thérapeute ; d’où la nécessité d’une table basse.

ENCADRÉ 4-1
Bien qu’il n’y ait pas de hauteur de table idéale, la règle, pour un
travail en profondeur, est que le dessus de la table ne soit pas plus
haut que le bord supérieur de la patella (articulation du genou)
du thérapeute.

Le patient étant situé au-dessous du thérapeute, celui-ci n’a pas
besoin de fournir beaucoup d’efforts (figure 4-1) ; il lui suffit de

Chapitre 4 Mécanique du corps à l’usage du thérapeute manuel

31

Figure 4-1 Illustration d’un thérapeute travaillant sur une patiente, la table étant
positionnée à différentes hauteurs. Sur chaque photo, la flèche bleue représente
la force qui passe du membre supérieur du thérapeute jusqu’à la patiente, et la
flèche verte verticale représente la composante due à la pesanteur (la flèche verte
horizontale représente la force du poids du corps du thérapeute qui est perdue
parce qu’elle n’est pas strictement verticale). Remarquez que le vecteur de la composante verticale est moindre quand la table est haute (A), et est supérieur quand
la table est basse (C). Idéalement, si la ligne de force du thérapeute est presque
purement verticale comme en C, presque toute la force peut être délivrée par la
pesanteur, et la musculature du thérapeute a peu d’effort à fournir. Une bonne
recommandation pour déterminer la hauteur de table adaptée au travail tissulaire
en profondeur est que le dessus de votre table ne soit pas plus haut que le bord
supérieur de la patella (l’articulation du genou).

A

B

C

4

32

Manuel de palpation osseuse et musculaire

s’appuyer sur le patient, laissant le poids de son corps exercer une pression forte et profonde. Étant donné que la partie la plus lourde du
corps se situe en son centre (c’est-à-dire le tronc et le bassin), ce sont
le tronc et le bassin qui doivent se trouver au-dessus du patient quand
le thérapeute s’appuie sur le patient.
Quand on exerce une pression profonde en s’appuyant sur le
patient, il est important que le thérapeute conserve une position
d’autosoutien. Cela veut dire que, même si le thérapeute s’appuie sur
le patient, si celui-ci bouge ou si le thérapeute a besoin d’interrompre

4
ENCADRÉ 4-2
Pour essayer chez vous le principe de la hauteur de la table, placez
un pèse-personne sur une chaise ou une table de massage, à des
hauteurs variées. À chaque hauteur, appuyez-vous simplement
sur le pèse-personne et lisez la force que vous exercez dessus
(figure 4-2). Si le pèse-personne est suffisamment bas pour que
vous soyez directement au-dessus, notez combien de pression
vous pouvez produire sans effort en vous appuyant passivement
dessus. Essayez de reproduire le même chiffre avec un effort
musculaire, quand le pèse-personne se trouve sur une surface
plus haute. La différence d’effort requis est la différence de travail
que le thérapeute doit fournir. Multipliez cela par le nombre de
minutes ou d’heures que le thérapeute travaille par semaine/
mois/année et vous apprécierez l’effet cumulatif qu’a une table
positionnée trop haut.

sa pression sur le patient, il doit pouvoir rapidement cesser de s’appuyer dessus, retrouver son équilibre et être en mesure de soutenir à
nouveau son corps. Travailler à partir d’une position d’autosoutien
permet de conserver le contrôle et l’équilibre du thérapeute, augmentant ainsi l’efficacité de la séance autant que le confort du patient. Cet
autosoutien peut être conservé grâce à un appui solide et stable des
membres inférieurs (cela sera abordé de façon plus approfondie dans
la directive n° 5).
En plus de la hauteur de la table, il faut tenir compte de sa largeur.
Plus elle est large, plus il est difficile au thérapeute de positionner le
poids de son corps au-dessus du patient. Si le patient se tient au milieu
de la table, il est plus éloigné du thérapeute. Pour cette raison, quand
on veut utiliser le poids du corps, une table étroite est préférable.

Table élévatrice électrique
Quand on travaille sur une table en position basse, il faut tenir compte
d’un autre facteur. Si on veut une pression profonde, une table basse
est idéale. Mais, quand on veut appliquer une pression légère, il est
réellement plus facile de travailler sur une table haute. Une pression
légère demande moins d’effort si vous vous tenez plus droit et exercez
la pression avec des manœuvres plus proches de l’horizontale. Dans
ce scénario, si la table est en position basse, vous devez soit vous pencher pour aller plus bas, soit élargir l’appui des membres inférieurs
pour amener le haut du corps au niveau du patient. De ces deux
choix, l’élargissement de l’appui est préférable. Mais cela exige plus
d’effort que de se tenir simplement debout redressé. C’est la raison
pour laquelle la hauteur idéale de la table variera pendant la séance
thérapeutique, en fonction du type de travail que l’on fait. La solution
à ce dilemme, pour tous ceux qui combinent travail en profondeur et
travail en superficie de façon régulière, est d’utiliser une table élévatrice électrique. Bien que beaucoup, dans la profession de thérapeute
corporel, considèrent les tables électriques comme extravagantes, de
mon point de vue, elles sont indispensables. Pouvoir changer la hauteur de la table au cours de la séance, simplement en appuyant sur
une pédale, permet d’exercer une pression plus profonde avec moins
d’effort sur une table basse, et vous permet également de vous tenir
plus droit pendant un travail plus léger, sur une table positionnée
plus haut. Cela assure de meilleures séances thérapeutiques pour le
patient, en même temps que des séances plus respectueuses de la
santé et moins fatigantes pour le thérapeute. Sur le long terme, les
bénéfices d’une table électrique compensent largement l’inconvénient du supplément de dépense lors de l’achat initial.

Directive n° 2 : utiliser moins de lubrifiant
Pour les praticiens de thérapie corporelle débutants, la quantité de
lubrifiant utilisée représente souvent une partie du problème. L’intérêt
d’employer un lubrifiant est de permettre aux mains du thérapeute
de glisser sur la peau du patient sans friction excessive. Mais, plus
on met de lubrifiant, plus la pression du thérapeute se transforme
en glissade et dérapage sur la peau du patient au lieu d’une pression
à l’intérieur des tissus du patient. La recommandation générale pour
le lubrifiant est d’en employer la plus petite quantité nécessaire au
confort du patient. Toute quantité supérieure à cela diminue l’efficacité de la pression exercée à l’intérieur du patient. Outre la quantité
de lubrifiant, le type de lubrifiant est lui aussi susceptible de faire une
différence. Généralement, les lubrifiants à base d’huile ont tendance
à entraîner plus de glissement et, pour le travail des tissus profonds,
se montrent moins efficaces que les lubrifiants à base d’eau.

Figure 4-2 Démonstration d’une méthode facile, utilisant un pèse-personne ordinaire, pour déterminer l’effort nécessaire pour exercer une force
dans le corps d’un patient, à différentes hauteurs de table. C’est en plaçant
la balance plus bas et simplement en s’appuyant dessus qu’on obtient la
plus grande pression avec le moins d’effort.

Catégorie 2 : positionnement du corps
Directive n° 3 : se pencher correctement
Bien que la posture corporelle idéale pour exercer une pression
profonde, avec le maximum d’efficacité, soit de vous positionner

Chapitre 4 Mécanique du corps à l’usage du thérapeute manuel

33

ENCADRÉ 4-3
Hausser les épaules ou ne pas hausser les épaules ?
Il semble universellement reconnu que, lorsqu’on pratique le massage thérapeutique, c’est une mauvaise mécanique du corps que de
travailler avec les épaules remontées jusqu’aux oreilles – en d’autres
termes, avec les scapulas élevées dans les articulations scapulothoraciques –, faisant ce qu’on pourrait appeler « hausser les épaules ». Je dois
admettre que, pendant des années, j’ai accepté ce sacro-saint principe
de la mécanique du corps. Après tout, nous disons constamment à nos
patients qu’ils devraient se détendre et laisser tomber leurs épaules. Et
qui n’a pas les muscles de l’élévation scapulaire tendus (trapèze supérieur, élévateur de la scapula et rhomboïdes), très certainement en raison de nos schémas de stress avec les épaules hautes dans une posture
crispée ? Par conséquent, il paraît tout à fait raisonnable que, quand
nous voyons des étudiants en massage thérapeutique ou des praticiens
confirmés, avec les épaules jusqu’aux oreilles, nous leur disions instinctivement de se relâcher et de garder leurs épaules basses.
Mais récemment, j’ai commencé à remarquer que mes épaules
étaient souvent en position haute pendant que je travaillais sur des
patients. Cela m’a troublé, parce que je me sentais détendu pendant
que je massais. Néanmoins, je me suis dit qu’avoir les épaules hautes
ne pouvait pas être bien, aussi je les ai abaissées et ai continué le
massage. Mais, rapidement, je me suis à nouveau retrouvé avec les
épaules en l’air. Un doute commença à s’introduire dans mon esprit,
tout en restant dans l’ombre. De temps à autre, j’y pensais pendant une
minute ou deux, mais je n’ai jamais dit à quelqu’un que hausser les
épaules pouvait être bien. C’est au cours d’un séminaire sur les tissus
profonds, à Tucson, en Arizona, alors que je faisais une démonstration
de la posture/mécanique correcte du corps, qu’un participant particulièrement futé me prit au piège avec cette question : « Est-il toujours
mauvais de travailler avec les épaules en élévation ? » Je fus un peu
choqué de m’entendre répondre « Non ». C’était la première fois que
je disais cela à voix haute. Cela paraissait hérétique et je suis sûr qu’à
l’instant nombre de lecteurs hochent la tête et se demandent comment
j’ai pu dire ça.
Ce que j’ai compris à ce moment est que travailler avec les épaules
en l’air n’est pas systématiquement bien ou mal. Cela dépend de la
raison pour laquelle les épaules sont dans cette position. La plupart du

directement au-dessus du patient et d’exercer la force directement vers
le bas, cette posture n’est habituellement pas réalisable sans un peu
de flexion. La manière dont le thérapeute se fléchit est extrêmement
importante, parce que la flexion a tendance à créer des déséquilibres
de la posture, qui exigent un effort de maintien, et elle impose des
contraintes au corps du thérapeute. Les postures en flexion peuvent se
diviser en deux catégories générales : le penché dos rond et le penché
membres inférieurs fléchis.

Penché dos rond
Le penché dos rond, qui implique une flexion du tronc dans les articulations intervertébrales, pour amener le corps au-dessus du patient,
est moins bonne pour la santé du thérapeute. La raison en est qu’elle
déséquilibre le corps du thérapeute, en déplaçant le centre de masse
du tronc d’une position où il est directement situé au-dessus du bassin, à une position où il n’a plus d’appui (figure 4-3, A). Dans cette
situation, si le tronc du thérapeute ne chute pas en flexion complète,
c’est uniquement parce que les muscles érecteurs du rachis se contractent en isométrique, afin de maintenir la posture du tronc qui est partiellement fléchie et déséquilibrée. De surcroît, une posture enroulée
en flexion rachidienne place les articulations intervertébrales dans
leur position de déverrouillage. La position de déverrouillage d’une

temps, il est probable que nos épaules sont surélevées parce que notre
table est placée trop haut (voir la directive n° 1), et nous essayons vainement de surplomber notre patient. Dans ce scénario, nous contractons activement nos élévateurs de la scapula pour remonter nos
épaules. Rester ainsi plus d’une minute ou deux rendra certainement
les muscles de l’élévation scapulaire tendus et douloureux. Dans ce
cas, travailler avec les épaules en l’air est indéniablement mauvais.
Cependant, quand la table est basse et que nous sommes directement
au-dessus du patient, si nous nous appuyons sur lui et relâchons nos
muscles scapulaires, alors nos épaules seront naturellement repoussées
vers le haut et nos oreilles.
Selon une loi de la physique, « Pour chaque action, il y a une réaction égale et de sens opposé ». Si nous exerçons une pression dirigée
vers le bas sur notre patient, celui-ci, en retour, nous pousse vers le haut,
faisant remonter nos épaules. Dans ce cas de figure, si nous ne voulons
pas que nos épaules s’élèvent, il nous faut faire un effort musculaire
pour les maintenir abaissées, alors que les laisser s’élever constituerait
une posture plus détendue à assumer, sans effort et (oserai-je le dire… ?)
serait de la bonne mécanique du corps !
Le seul inconvénient potentiel à laisser les épaules s’élever passivement est que la ceinture scapulaire sera légèrement moins rigide,
avec, pour conséquence, une petite perte de pression et de contrôle
dans la transmission de la force, depuis le centre du corps jusqu’au
patient, via la ceinture scapulaire. Cependant, je crois que cette
perte est négligeable et, selon les circonstances, a de fortes chances
d’être compensée par le bénéfice d’une musculature détendue. En
outre, le fait d’avoir une ceinture scapulaire relâchée crée une base
plus fluide à partir de laquelle travailler, diminuant ainsi la possibilité
que le patient ressente de la rigidité dans notre technique.
Pendant que vous travaillez sur vos patients, observez votre propre
posture d’épaules (avoir un miroir dans la salle de massage est un
excellent moyen de contrôler votre posture). Si vos épaules sont en
l’air, sentez si vous travaillez activement à les garder en l’air ou si vous
êtes détendu. Si vous faites un effort pour les maintenir en élévation, je
vous conseille de baisser votre table et de relâcher vos épaules. Mais si
elles sont confortablement détendues dans cette position, il n’y a peutêtre pas de mal à les y laisser !

articulation est sa position la moins stable. Par conséquent, une
contraction musculaire plus intense est nécessaire pour stabiliser les
articulations. Il en résulte un effort plus grand de la part des muscles
érecteurs du rachis pour maintenir la posture dos rond.

Penché membres inférieurs fléchis
Une meilleure alternative est le penché membres inférieurs fléchis,
obtenue en fléchissant les articulations des hanches et des genoux, au
lieu des articulations intervertébrales. Dans un penché membres inférieurs fléchis, le rachis reste érigé, dans sa position de verrouillage,
qui est sa position la plus stable. Cela exige moins d’effort de stabilisation de la part des muscles érecteurs du rachis et est plus sain pour
le rachis.

ENCADRÉ 4-4
En plus de la flexion des hanches et des genoux, le penché membres inférieurs fléchis implique une flexion dorsale des chevilles
(la face antérieure de la jambe se déplace vers le dos du pied).

4

34

Manuel de palpation osseuse et musculaire

Figure 4-3 A montre le penché dos rond, dans lequel le thérapeute se
penche en fléchissant les articulations intervertébrales du tronc. Des
trois méthodes de penché, le penché dos rond est le moins bon pour
la santé du thérapeute. B montre le penché membres inférieurs fléchis,
avec le tronc incliné en avant. C montre le penché membres inférieurs
fléchis, avec le tronc vertical. Le penché par la flexion des membres
inférieurs, avec le tronc vertical, est, d’un point de vue biomécanique,
le moins contraignant pour le corps du thérapeute et devrait, d’une
façon générale, être utilisé chaque fois qu’on se penche au-dessus
d’un patient.

4

A

B

C

Chapitre 4 Mécanique du corps à l’usage du thérapeute manuel

ENCADRÉ 4-5
La position de verrouillage d’une articulation est celle dans
laquelle elle est le plus stable. C’est habituellement l’association
d’un contact maximal des surfaces articulaires et de la tension
maximale des ligaments et de la capsule articulaire.

Il y a deux techniques de penché membres inférieurs fléchis :
1. avec le tronc incliné vers l’avant
2. avec le tronc maintenu en posture verticale
Des deux, maintenir le tronc en position verticale est préférable, parce
qu’un penché membres inférieurs fléchis avec le tronc incliné en
avant place encore une fois le tronc dans une position déséquilibrée,
dans laquelle son centre de masse est sans appui (figure 4-3, B). Cela
exige une contraction des muscles érecteurs du rachis pour empêcher
le tronc de s’effondrer en flexion, ainsi qu’une contraction des muscles extenseurs de hanche pour maintenir la bascule antérieure du
bassin, dans les articulations des hanches.
Le penché membres inférieurs fléchis avec le tronc vertical
maintient le tronc en posture équilibrée, de façon que son centre
de masse soit aligné et soutenu par le bassin (figure 4-3, C). Cela
élimine la nécessité d’une contraction des érecteurs du rachis pour
éviter l’effondrement du rachis en flexion, ainsi que des extenseurs de
hanche pour maintenir la posture pelvienne.
La clé pour réaliser un penché membres inférieurs fléchis avec le
tronc vertical, au lieu d’un penché avec inclinaison du tronc, est le
degré de flexion du genou. Comme les hanches sont fléchies pour
effectuer le penché membres inférieurs fléchis, le bassin bascule en
avant, inclinant le tronc vers l’avant. Mais plus les genoux se fléchissent, en parallèle avec les hanches, plus il est facile de garder le tronc
vertical. C’est ce qu’on appelle « se fléchir avec les genoux », comme
on l’entend souvent dire. Ainsi, un penché membres inférieurs fléchis
tronc aligné maintient le rachis dans sa posture verrouillée la plus
stable, et lui conserve une posture équilibrée et soutenue par la partie
inférieure du corps. Cela permet au thérapeute de travailler et d’exercer une pression avec efficacité, tout en préservant son rachis.

35

l’alignement du centre du corps, et pas seulement sa position, sont
eux aussi particulièrement importants pour exercer efficacement la
pression. Pour que le poids du corps participe à la pression exercée
sur le patient, la règle est que votre tronc et votre bassin s’orientent
dans la même direction que celle de la pression. Un bon moyen
de déterminer l’alignement du centre du corps est de regarder votre
ombilic. Le centre de votre corps regarde dans la même direction que
votre ombilic, quelle que soit cette direction.

ENCADRÉ 4-7
Pour déterminer l’alignement du centre de leur corps, certains
thérapeutes préfèrent regarder où leur sternum ou leurs épines
iliaques antérosupérieures (EIAS) regardent, plutôt que où leur
ombilic regarde.

Par exemple, si la force d’une manœuvre sur un tissu mou est
appliquée en travers du corps du patient, votre ombilic doit lui aussi
s’orienter transversalement par rapport au corps du patient, sur une
direction identique. Inversement, si la force de la manœuvre sur le
tissu mou est appliquée longitudinalement, en suivant le corps du
patient dans le sens de la longueur, votre ombilic doit être orienté
de façon analogue. La figure 4-4 montre quelques exemples de
l’orientation et de l’alignement corrects du centre du corps. Sur ces
exemples, observez le changement dans l’orientation et l’alignement
du centre du thérapeute pour s’accorder avec la direction de la force
exercée. Remarquez également que, lorsqu’on travaille en position
assise, le coude du thérapeute est calé devant le centre de son corps.
Le meilleur moyen de faire cela est d’effectuer une rotation latérale
du bras dans l’articulation de l’épaule. Cela amène naturellement
le coude devant le centre du bassin, où il peut être calé en dedans de
l’épine iliaque antérosupérieure (EIAS). Ainsi, quand le thérapeute
s’appuie sur le patient avec la partie centrale de son corps, son poids
est transmis directement au patient, via son avant-bras et sa main.

ENCADRÉ 4-8
ENCADRÉ 4-6
Il est intéressant de voir que, bien que presque tout le monde
sache qu’il est meilleur pour le dos de se pencher avec les genoux,
tant de personnes ne suivent pas ce conseil et, à la place, se penchent avec le dos rond. Il doit y avoir une raison à cela. Il s’avère
que, bien que se pencher par les membres inférieurs soit mieux
pour le dos, cela demande aussi une plus grande dépense d’énergie
que de se pencher dos rond. En outre, même si se pencher par
les membres inférieurs est mieux pour le dos, cela impose une
plus grande contrainte aux genoux. Toutes choses étant égales par
ailleurs, il est généralement plus important de protéger les articulations vertébrales. Toutefois, l’application, aux besoins personnels
de chaque thérapeute, de ces recommandations sur la manière de
se pencher doit prendre en compte la contrainte sur les genoux. Si
un thérapeute a les genoux en mauvais état, le penché dos rond
pourrait être le moins mauvais des deux maux.

Directive n° 4 : aligner la partie centrale du corps
Il a été établi que la solution, pour exercer une force importante,
réside dans l’utilisation par le thérapeute du poids de la partie centrale de son corps, autant que possible. L’importance du positionnement de la partie centrale du corps (c’est-à-dire le tronc et le bassin)
a été abordée dans la directive n°1. Cependant, l’orientation et

Aligner le centre du corps selon la direction de la force est principalement une question de bon positionnement des pieds. C’est
abordé plus en détails dans la directive n° 5.

Directive n° 5 : position des pieds
Jusqu’ici, on a beaucoup parlé de l’importance du positionnement,
de l’orientation et de l’alignement de la partie centrale de votre corps.
Cependant, il existe au tennis un vieil adage qui dit « tout est dans
le jeu des pieds ». C’est tout aussi vrai quand on pratique la thérapie
corporelle. Le travail de vos pieds est d’une importance cruciale à la
fois pour aligner et positionner le centre du corps et pour exercer la
poussée qui va engendrer la pression. Pour parvenir à exécuter tout
cela, examinons le placement des pieds. Généralement, la direction
des pieds est celle du centre du corps. Par conséquent, si on veut
modifier l’orientation du centre du corps, le plus simple est de changer l’orientation des pieds. En outre, si les pieds ne sont pas placés
correctement, il devient impossible d’engendrer une force à partir du
membre inférieur, en faisant une flexion plantaire du pied contre le
sol, pour pousser le poids du corps dans le patient.
Le positionnement des pieds peut être divisé en deux catégories –
l’appui transversal et l’appui longitudinal. Se carrer les pieds perpendiculairement à la longueur de la table s’appelle appui transversal,
et orienter les pieds parallèlement à la longueur de la table s’appelle
appui longitudinal. L’appui transversal est efficace pour exercer une

4

36

Manuel de palpation osseuse et musculaire

4

A

B

C

Figure 4-4 Démonstration de l’importance de l’orientation et de l’alignement du centre du thérapeute (tronc et bassin). A illustre une manœuvre de massage
étendue le long du rachis et de la musculature paraspinale. Pour que le poids du centre du corps assiste la manœuvre, l’alignement du centre du corps doit
être superposé à la ligne de force de la manœuvre. B et C illustrent l’alignement du centre du corps pendant l’application de force sur le cou d’une patiente, le
thérapeute travaillant en position assise. En B, le thérapeute travaille la partie inférieure du cou. En C, le thérapeute travaille la partie supérieure du cou. Dans
ces exemples, observez le changement d’orientation et d’alignement du centre du thérapeute pour s’accorder avec la direction de la production de la force.


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