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Auteur: SHUTTEPAIN

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HISTOIRE GÉOGRAPHIE Tle STMG

Livre du professeur
Partie Géographie
(manuel p. 142 à 283)

Annette CIATTONI
Gérard RIGOU

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Géographie – © Hatier, 2013

GÉOGRAPHIE
Le programme de géographie
Le programme est centré sur la mondialisation et compte trois thèmes, chacun organisé
autour de la question obligatoire et d’un sujet d’étude obligatoire (au choix parmi deux
proposés).
Les chapitres 4, 5 et 6 correspondent au découpage du programme indiqué dans le BO .
Pour offrir un choix, chaque chapitre propose les deux sujets d’étude de chaque thème
du programme.

La structure du manuel
La structure des chapitres est identique d’un thème à l’autre.
• Une double page d’ouverture annonce la partie du programme concerné et questionne
les enjeux du thème. Trois photographies sont proposées : l’une évoque la question
obligatoire et les deux autres les deux sujets d’étude au choix. Un planisphère localise
chacune des trois photographies.
• Une double page « cartes », questionnée, illustre la question obligatoire et définit
certaines notions du chapitre ainsi que le vocabulaire nécessaire à la compréhension du
sujet.
• Les doubles pages « question obligatoire » sont constituées de plusieurs dossiers
documentaires conçus selon les commentaires du programme. Chaque dossier se
subdivise en 3 ou 4 doubles pages, constituées de documents var iés (cartes, textes,
photographies, schémas, affiches…). Les doubles pages sont questionnées, permettant
ainsi de saisir l’ensemble des enjeux. À la fin de chaque bloc de questions, une question
« capacités bac » offre un entraînement progressif à l’épreuve.
• Une double page « fiches cours » reprend systématiquement chacune des pages du
dossier. C’est une synthèse utile pour faire travailler l’élève : notions, vocabulaire,
chiffres clés et schéma spatial ou notionnel accompagnent chaque double page.
• En fin de question obligatoire, une double page « bac » permet à l’élève de se
préparer à la première partie de l’épreuve du baccalauréat. Il y trouvera un schéma
récapitulatif, à partir duquel il lui sera demandé de réaliser une fiche de révision.
Plusieurs exercices type bac (justifier une affirmation, caractériser un espace, choisir une
définition, compléter un croquis…), dont un guidé, sont ensuite proposés.
Les sujets d’études se présentent sous une forme quelque peu différente dans la mesure
où les consignes officielles préconisent un travail plutôt réalisé en autonomie.
• Chaque double page « sujet d’étude » est construite sur le mode interrogatif. Tous les
types de documents sont présents et, à chaque double page, le manuel propose des
questions et une « capacités bac ».
• La double page « ce qu’il faut retenir » est construite de manière affirmative et met en
évidence les points essentiels à connaître pour le baccalauréat, du vocabulaire et des
chiffres clés. Un schéma bilan spatial ou notionnel l’accompagne. Le prolongement TICE
peut être utilisé comme une ouverture, notamment vers l’éducation civique.

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Livre du professeur, partie Géographie – © Hatier, 2013

Page 1

• La double page « bac » est consacrée à la deuxième partie de l’épreuve du baccalauréat
et propose, selon les consignes officielles, l’étude d’un document ou la mise en relation
de deux documents.

La démarche pédagogique
La ligne de conduite scientifique et pédagogique est dans le droit fil du programme.
L’objectif du programme « La mondialisation : acteurs et territoires » est de comprendre
et d’analyser la construction d’un système-monde à la fois interdépendant et hiérarchisé.
Des territoires participent à différents degrés d’intégration à la mondialisation. Il s’agit
ensuite d’étudier les acteurs du processus, spécifiquement celui des firmes
transnationales (FTN). Puis, à partir de l’analyse de la place de la France dans le monde,
on met en avant les atouts et les limites de la puissance d’un État dans la mondialisation.
C’est donc un programme centré sur la mondialisation en privilégiant le rôle des
territoires à différentes échelles, un certain nombre d’acteurs majeurs de la
mondialisation et les impacts du processus sur leur hiérarchie dans le système-monde.
Les entrainements au baccalauréat répondent aux objectifs définis par le programme
officiel.

La mise en œuvre du nouveau programme
La mise en œ uvre du programme combine des emboîtements d’échelle et des notions.
• Chapitre 4 (thème I du programme) : une analyse des territoires à l’échelle de l’espace
mondial, des aires de puissance, des mégalopoles, des villes mondiales, des interfaces,
pour montrer où se situent les centres d’impulsion de la mondialisation et les territoires
plus ou moins marginalisés.
• Chapitre 5 (thème II du programme) : le rôle des FTN, fournisseurs de produits
mondialisés, instigateurs de flux de marchandises, utilisateurs de réseaux et de nœ uds,
contribuant ainsi à la mise en concurrence des territoires dans le cadre de la NDIT ;
leurs rapports aux États, aux organisations internationales, aux citoyens.
• Chapitre 6 (thème III du programme) : l’exemple concret d’un État, la France : sa
puissance et ses limites dans la mondialisation.

Les épreuves du baccalauréat (BO n°4 du 25 janvier 2007)
L’épreuve écrite d’histoire-géographie a une durée de 2 heures 30, coefficient 2.
L’épreuve comporte deux parties, comptant chacune pour un nombre de points
identique. Elle porte sur les programmes d’histoire et de géographie de la classe
terminale. Elle évalue aussi les capacités acquises en histoire et géographie au long de la
scolarité secondaire.
• Première partie (10 points)
Elle porte sur les « questions obligatoires » du programme d’histoire et du programme
de géographie. Elle consiste en une série de cinq à sept questions à réponse courte.
Cette partie de l’épreuve amène le candidat :
- à caractériser un espace, une période, un événement, une situation ou un personnage ;
- et / ou à citer des acteurs ;
- et / ou à justifier une affirmation en proposant ou choisissant des arguments ;

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- et / ou localiser ou à compléter un croquis ;
- et / ou proposer ou à choisir les dates clés ou les périodes clés d’une évolution :
- et / ou à proposer ou à choisir une définition pour une notion.
• Seconde partie (10 points)
Elle porte sur les « sujets d’étude au choix » du programme d’histoire et du programme
de géographie.
Elle consiste en un exercice qui porte sur un ou deux document(s). Des notes explicatives
peuvent éclairer le(s) document(s). Des questions guident le candidat.
Q uatre exercices sont proposés au choix du candidat, qui en traite un et un seul.
Les quatre exercices proposés relèvent des quatre « sujets d’étude au choix »
correspondant aux deux « thèmes généraux » du programme d’histoire et / ou de
géographie ; il est rappelé à cet égard qu’à chaque « thème général » du programme
sont associés deux « sujets d’étude au choix ».
Cette partie de l’épreuve amène le candidat :
- à dégager l’apport d’un document à la connaissance d’une question figurant dans les
programmes ou à la compréhension d’une notion ;
- ou à mettre en relation deux documents, pour en dégager les points communs, les
différences, les oppositions ou les complémentarités.

Le manuel propose pour chaque chapitre tous les types d’exercice dans le respect des
instructions du bulletin officiel.

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Page 3

Chapitre 4
Les territoires dans la mondialisation
Ce premier chapitre du programme de géographie s’articule autour de l’analyse des centres
d’impulsion de la mondialisation et de l’inégale intégration des territoires dans le processus.
À cet effet, un certain nombre de notions doivent être prises en compte. On peut les
regrouper pour construire la démarche : d’une part, les centres d’impulsion que sont les
aires de puissance, les mégalopoles et les interfaces ; d’autre part, la prise en compte des
différents degrés d’intégration à la mondialisation permettra de montrer quels sont les
territoires intégrés, émergents et marginalisés.

Bibliographie
• Sur les centres d’impulsion et l’inégale intégration
- L. Carroué, D. Collet, C. Ruiz, La Mondialisation, Bréal, 2009
- L. Carroué, La Mondialisation, Armand Colin, 2006
- C. Grataloup, Géohistoire de la mondialisation, Armand Colin, 2010
- A. Ciattoni et Y. Veyret (dir.), Géographie et géopolitique de la mondialisation, Hatier, 2011
- G. Billard, J. Chevalier, Géographie et géopolitique des États-Unis, Hatier, 2012
- P. Boniface, Comprendre le monde, Armand Colin, 2012
- Nombreux atlas dont :
- L’Atlas du Monde Diplomatique 2013, Vuibert, 2012
- M.-F. Durand (dir.), Atlas de la mondialisation : comprendre l’espace mondial, Presses de
Sciences Po, une édition annuelle de 2006 à 2010
- J.-C. Victor, Le Dessous des cartes, Éditions Taillandier / Arte Éditions, 2012
- M. Foucher, La Bataille des cartes, François Bourin Éditeur, 2011
- F. Bost (dir.), Atlas mondial des zones franches, CNRS / La Documentation française,
2010
• Sur Londres, ville mondiale
- D. Papin, M. Bailoni, D. Papin, Atlas de Londres, Éditions Autrement, 2012
- M. Appert, « Les JO 2012 à Londres : un grand événement alibi du renouvellement urbain à
l'est de la capitale » :
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/typespace/urb1/MetropScient10.htm
- M. Appert, « Les mobilités quotidiennes à Londres : aspects, impacts et régulations » :
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/transv/Mobil/MobilScient6.htm
- This is London, Le Monde Hors-Série, juillet-août 2012
Il est aussi possible de se référer à des sites internet :
- des informations officielles sur le Grand Londres, plans d'aménagement :
http://www.london.gov.uk/
- le site des JO : http://www.london2012.com/fr/
• Sur Shanghai, ville mondiale
- T. Sanjuan, Atlas de Shanghai, Éditions Autrement, 2009 (réédition annoncée).
- Le Siècle chinois, Le Monde Hors-série, oct.-nov. 2011

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Page 4

Pages 144-145 OUVERTURE DE CHAPITRE
Cette double page met en exergue la question obligatoire et les sujets d’étude à travers trois
photographies représentatives de centres d’impulsion.
La photographie de Times Square à New York symbolise la place exceptionnelle des ÉtatsUnis dans la mondialisation contemporaine, notamment en tant que place financière. À
cette occasion, il convient de définir la notion clé du chapitre : la mondialisation, un
processus de développement des échanges entre les différentes parties du monde,
processus qui transforme l’espace économique et géopolitique mondial et qui s’accompagne
d’une hiérarchisation des territoires : des centres moteurs et des territoires plus ou moins
intégrés, voire délaissés.

Pages 146-147 CARTES

Centres d’impulsion et inégale intégration
La carte 1, centrée sur la production industrielle manufacturière, permet de montrer son
inégale répartition dans le monde : sa concentration en Amérique du Nord, Europe
occidentale et Asie orientale d’une part et, de l’autre, la faiblesse de l’industrie sur le
continent africain.
D’emblée les élèves sont ainsi sensibilisés à la notion d’aires de puissance et de territoires
hiérarchisés, enjeu de la question. Ils doivent aussi remarquer un certain nombre de
mutations importantes : la montée en puissance de l’Asie orientale en observant
l’importance de la production manufacturière chinoise (l’atelier du monde).
La carte 2, centrée sur les villes, permet de compléter le travail sur les centres d’impulsion et
de changer d’échelle : les villes mondiales sont au cœur des flux majeurs d’échanges liés à la
mondialisation. Ces « nœuds » des flux mondiaux sont des villes mondiales qui impulsent la
mondialisation. Elles s’insèrent dans des réseaux comprenant d’autres villes mondiales
émergentes. Compte tenu de leur croissance démographique et de leur étalement, elles
forment des espaces urbanisés plus ou moins continus qu’on appelle les mégalopoles.
Celles-ci renvoient aux aires de puissance définies dans la carte 1.
Réponses aux questions
1. Les principales puissances industrielles mondiales sont situées en Amérique du Nord
(États-Unis), en Europe occidentale (Allemagne, France, Italie, Espagne, Royaume-Uni) et en
Asie orientale (Chine et Japon).
2. Le continent africain, à l’exception de l’Afrique du Sud, est très faiblement industrialisé.
3. L’aire de puissance où la production industrielle est la plus importante est l’Asie orientale
du fait du poids de la Chine, qui s’ajoute à celui du Japon et de la Corée du Sud.
4. Les quatre villes mondiales les plus importantes sont New York, Londres, Tokyo et Paris.
5. L’expression d’« archipel mégalopolitain asiatique » est une métaphore : la mégalopole
est formée de villes discontinues comparées aux « îles » d’un archipel. La discontinuité est
spécifique à cet archipel mégalopolitain à l’exception de la mégalopole japonaise formé
d’une grappe de villes de Tokyo à Kita Kyushu en passant par Nagoya, Osaka-Kobe.

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Page 5

• EXERCICE Exploiter des cartes
Aire de puissance
Principaux États
constituant l’aire
de puissance

Nom
de la mégalopole
de l’aire de puissance

Amérique du Nord

États-Unis, Canada

Mégalopole nordaméricaine

Europe occidentale

Allemagne, RoyaumeUni, France, Italie,
Espagne
Japon, Corée du Sud,
Chine

Mégalopole
européenne

Asie orientale

Archipel
mégalopolitain
asiatique

Exemple de villes
mondiales
composant
la mégalopole
New York,
Washington,
Chicago, Boston
Londres, Paris

Tokyo, Séoul,
Shanghai, Hong
Kong, Singapour

Pages 148-155 QUESTION OBLIGATOIRE

1. Territoires et mondialisation
Le premier dossier est subdivisé en 4 parties. Il est constitué de cartes à l’échelle mondiale et
de courts textes d’informations simples ou de synthèse. Il répond aux enjeux du
programme : comprendre que le monde est hiérarchisé à partir de l’analyse des territoires
selon leur gradient d’intégration dans la mondialisation.

Pages 148-149
>>>>A L’espace mondialisé : des territoires hiérarchisés
Le texte 1 définit la notion de « mondialisation ».
Deux cartes à l’échelle mondiale vont permettre d’approfondir la démarche : le monde est
formé de territoires inégalement intégrés à la mondialisation (carte 2, fondée sur l’indice
KOF dont les composantes à la fois économiques, sociales et politiques sont très
représentatives de la situation des États).
Il est utile ensuite de confronter la carte 2 et la carte 3 (carte de l’IDH) : l’une et l’autre
renvoient à des inégalités semblables.
Le texte 4 fait la synthèse des éléments identifiés à partir des deux cartes : la mondialisation
conduit à un monde hiérarchisé.
Réponses aux questions
1. La carte 2 confirme la définition de la mondialisation en termes d’échanges et d’inégalités
sociales notamment.
2. Les régions et les États les plus intégrés dans la mondialisation sont ceux des aires de
puissance identifiées en p. 146 (procéder par confrontation).
3. Le continent africain est un bon exemple : celui-ci se caractérise par un développement
humain moyen et faible et un indice KOF très faible, faible et assez faible.
4. Les États-Unis, le Canada, l’Argentine, le Chili, les États d’Europe occidentale, le Japon, la
Corée du Sud et l’Australie se distinguent par un haut niveau de développement.

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5. Les retards de développement, principalement identifiés dans le texte 4, sont de nature
sociale ; santé, éducation, accès à l’énergie sont des besoins vitaux des hommes non
satisfaits.
Capacités bac
6. Par son fonctionnement, la mondialisation crée une forte hiérarchisation des territoires.
Certains territoires sont des centres d'impulsion, d'autres s'intègrent progressivement,
d'autres sont marginalisés.

Pages 150-151
>>>>B Les territoires intégrés dans la mondialisation
Les deux cartes (doc. 5 et 6) mettent en avant deux indices (la finance et l’innovation) qui
permettent d’identifier les territoires moteurs de la mondialisation. Après les avoir
analysées, leur confrontation peut aussi être intéressante. La carte 5 met avant les trois
pôles mondiaux de la finance : États-Unis / Canada, notamment avec New York ; Europe
occidentale avec Londres (livre sterling) et Francfort (euro) ; forte montée en puissance de
l’Asie orientale, notamment des bourses chinoises. On notera le nombre très important de
paradis fiscaux (notamment insulaires, mais aussi Londres), qui sont autant d’avantages
comparatifs dans la compétition mondiale pour les lieux concernés.
Les documents 7, 8 et 9 ont les mêmes objectifs, en changeant d’échelle d’analyse : il s’agit
de montrer d’autres caractéristiques de lieux bien intégrés dans la mondialisation : les
stations touristiques internationales reliées aux grands aéroports mondiaux (doc. 7), les sites
de production automobile destinés au marché international (doc. 8), les métropoles et les
villes mondiales aux fonctions de commandement (doc. 9).
Réponses aux questions
1. La localisation des principales places boursières mondiales reflète la géographie des aires
de puissance.
2. L’importance du nombre de brevets révèle la qualité exceptionnelle des ressources
humaines d’un État. L’innovation est au cœur de la compétitivité mondiale.
3. Les activités économiques et les équipements caractéristiques des territoires intégrés
dans la mondialisation sont très variés. Sur la p. 151, l’accent est mis sur l’importance des
liaisons aériennes, et plus généralement sur les transports, et sur des activités telles que le
tourisme international de luxe, la production automobile.
4. Une ville mondiale est une ville exceptionnelle, un centre moteur de la mondialisation lié
à ses fonctions stratégiques (géopolitique, économique, financier, culturel) dont le rôle est
mondial ; c’est aussi un nœud de communications et de télécommunications. Certaines de
ces villes mondiales sont plus dominatrices que d’autres. New York, Londres, Tokyo et Paris
sont au sommet d’une hiérarchie qui est le reflet de la puissance économique des grands
pays développés liée à l’ancienneté de leur développement. Néanmoins, dans le cadre des
basculements du monde, d’autres villes mondiales connaissent un développement
exceptionnel : Séoul, Hong Kong, Shanghai, Singapour. C’est le reflet de la montée en
puissance de l’Asie orientale.
Capacités bac
5. Les activités économiques des territoires intégrés dans la mondialisation sont des facteurs
de développement. En effet, aires de puissance et États développés comptent les grandes

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bourses mondiales. Ce sont de grandes puissances industrielles et tertiaires, disposant de
nœuds mondiaux et d’une forte capacité d’innovation.

Pages 152-153
>>>>C Les territoires émergents et marginalisés
Cette double page présente les territoires émergents et marginalisés à plusieurs échelles
d’analyse.
Le texte 10 définit ce qu’est un territoire émergent. Il montre leur diversité grandissante et
leur place croissante dans le fonctionnement de la mondialisation. À propos de ce texte, il
peut être intéressant de discuter du statut de la Chine : puissance émergente ou / et
puissance mondiale ?
La photographie 11, montrant Dubaï, symbolise la force conquérante des États émergents.
Grâce aux revenus de la rente pétrolière dans un pays à faible population, l’émirat se
modernise à marche forcée : la verticalisation de l’urbanisme, à l’instar des CBD des grandes
villes mondiales, est un fort symbole.
Les documents 12, 13 et 14 mettent en avant un certain nombre de composantes qui
permettent de comprendre ce que sont les territoires marginalisés dans la mondialisation.
La carte 12 utilise un indice très pertinent pour rendre compte de la hiérarchisation du
système-monde. Il est calculé à partir de critères sociaux essentiels, notamment la
satisfaction des besoins vitaux des hommes et leur vulnérabilité aux risques naturels. Les
territoires marginalisés sont ceux qui se caractérisent par des besoins vitaux non satisfaits
(accès à l’eau, malnutrition ou sous-nutrition, analphabétisme, pauvreté extrême) et par une
très forte vulnérabilité aux risques naturels (rappeler par exemple le cas de Haïti). L’indice de
vulnérabilité humaine est le reflet de l’inégal développement dans le monde.
Le texte 13 fait une synthèse des inégalités à l’échelle mondiale en insistant sur la difficulté
d’envisager de nos jours une ligne de partage Nord-Sud claire, et à l’échelle des oppositions
entre villes (plus riches même dans les pays les plus pauvres) et campagnes.
La photographie 14 complète l’analyse en présentant un quartier d’habitat informel, sans
assainissement ni accès à l’eau potable, à Diego-Suarez (ou Antiranana), ville située au nord
de Madagascar, l’un des États les plus pauvres du monde.
Réponses aux questions
1. Les pays émergents disposent de solides atouts pour jouer un rôle grandissant dans la
mondialisation : la puissance financière qui permet notamment de racheter des firmes
appartenant aux pays développés, une forte croissance économique, des changements
structurels de leur économie… Toutefois, leur atout majeur pour s’intégrer dans le systèmemonde peut varier : atout agricole et financier pour le Brésil, atout financier et industriel
pour la Chine. Cette évolution transforme la société et le rôle géopolitique mondial ou
régional des « grands » États émergents.
2. L’émergence économique de Dubaï se manifeste par la richesse de ses investissements à
la fois dans l’émirat (urbanisme, équipements somptueux, transformation des paysages...) et
dans le monde.
3. Le faible développement de nombreux États asiatiques et africains aggrave la vulnérabilité
dans la mesure où la pauvreté ne permet pas de disposer de réponses aux aléas naturels et
la population est peu préparée en cas de danger (absence d’éducation au risque et manque

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de prévention), faiblesse des moyens pour envisager des constructions antisismiques ou de
protection des littoraux. Ce sont des pays très dépendants de l’aide internationale pour
soigner les blessés, prévenir le danger des épidémies (choléra) et pour reconstruire l’habitat.
4. La traditionnelle ligne entre un Nord développé et un Sud pauvre dans son ensemble n’est
plus adaptée à la mondialisation contemporaine. Le Sud est pluriel : il se compose de pays
émergents dont certains ont déjà un statut de grande puissance (Chine, Brésil), d’autres
émergents profitent d’atouts divers (agriculture, main-d’œuvre à faible coût, rente
pétrolière, tourisme international) qui leur assurent une croissance économique forte mais
sans réel développement (États d’Asie du Sud-Est) ; d’autres enfin sont très pauvres (surtout
en Afrique subsaharienne).
Capacités bac
5. Le processus de marginalisation caractérise des États pauvres qui pour des raisons
diverses (instabilité politique, extrême pauvreté, insuffisance des réseaux de transports,
faible capacité financière, fragilité des ressources) sont peu intégrés à la mondialisation.

Pages 154-155
>>>>D Un monde qui change, une hiérarchie évolutive
Cette double page est une sorte de conclusion récapitulative des mutations en cours en
termes d’équilibres mondiaux. Selon l’expression de L. Carroué, on assiste à des
« basculements du monde ». Des recompositions se manifestent, montrant certains
changements importants dans la direction du monde. Néanmoins, si les BRICS affichent leur
poids démographique et économique face « au vieux Sud », ils sont divisés : la Russie craint
la Chine, l’Inde est en rivalité avec la Chine, le Brésil n’accepte pas la politique monétaire
chinoise… Ils sont opposés aux interventions extérieures dans les affaires d’un pays. Ils
disposent donc d’une force économique, mais leur rôle géopolitique est faible.
Les cartes diachroniques (doc. 15) sont particulièrement révélatrices de changements
importants dans la globalisation financière. Si la comparaison entre les deux cartes montre
que les aires de puissance nord-américaine et d’Europe occidentale, ainsi que le Japon,
maintiennent leur position, le changement est radical en Asie orientale avec la montée en
puissance de la Chine (Hong Kong, Shanghai), de la Corée du Sud, de Taiwan, mais aussi de
l’Inde. La montée de l’archipel mégalopolitain asiatique est symbolique des basculements du
monde. La Chine, notamment, est devenue un pôle financier majeur.
Le texte 16 résume les nouveaux équilibres mondiaux et les problèmes qu’ils soulèvent en
terme de développement, notamment pour les pays du Sud les plus pauvres.
La carte 17 complète l’analyse des changements observés dans la production industrielle
mondiale, une activité économique aux fondements du développement des États. Elle révèle
un affaiblissement des aires de puissance traditionnelles où s’est déroulée la révolution
industrielle du XIXe siècle au profit d’États qui sont devenus dans un premier temps des
ateliers du monde (Chine, Inde) avant de procéder à leur tour à des délocalisations dans des
États où la main-d’œuvre est à plus faible coût (processus de remontée des filières). Cette
carte illustre ce qu’on appelle la nouvelle division internationale du travail (NDIT). Sièges
sociaux, lieux d’innovation et industries de haute technologie demeurent dans les États les
plus développés alors que la production et l’assemblage se font dans d’autres États
présentant des avantages comparatifs.

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Page 9

Le document 18 est la transcription géopolitique des basculements économiques mondiaux.
Le G5, groupe informel né au début des années 1970, où les chefs d’État ou de
gouvernements des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, d’Allemagne et du Japon,
discutent des grands problèmes mondiaux, n’est plus représentatif du monde actuel. Le
groupe a été progressivement élargi (G6, G7, G8…) pour tenir compte des évolutions dans la
hiérarchie des puissances. Il intègre notamment les États émergents les plus puissants
(BRICS).
Réponses aux questions
1. L’aire de puissance qui compte le plus grand nombre de nouvelles places financières est
l’Asie orientale. C’est une conséquence de la montée en puissance des États émergents très
intégrés dans la mondialisation, notamment de la Chine. Ils investissent dans les pays
développés, prêtent de l’argent. Leur fonction de banquier ne cesse de croître.
2. Les facteurs démographiques sont importants pour comprendre les questions de
développement. Le poids démographique des pays émergents et des pays marginalisés est
très important, leur croissance démographique est plus forte, ce qui signifie des besoins en
termes d’éducation, de santé, de besoins vitaux… mais aussi d’emplois. Mais, en même
temps, la masse démographique permet de disposer d’actifs nombreux, ce qui est un atout
majeur pour l’économie (main-d’œuvre, marché de consommation intérieure). La
démographie est un acteur des « basculements du monde », actuellement et pour l’avenir.
3. La carte permet d’identifier les trois aires de puissance nées de la révolution industrielle
du XIXe et XXe siècles, mais en position d’affaiblissement, par suite de redéploiements
industriels vers d’autres continents. Les délocalisations industrielles permettent aux pays
récepteurs de se doter d’une industrie créatrice de richesse, qui progressivement se
diversifie, en fonction des besoins mondiaux. L’exemple des « dragons » permet de
comprendre les mécanismes (d’abord de la sous-traitance, puis une remontée des filières).
Les pays moteurs se spécialisent dans la recherche et les hautes technologies.
4. La composition du G20 qui réunit les dirigeants des pays les plus puissants, des pays
émergents (BRICS, Argentine, Indonésie, Arabie saoudite, Turquie et l’UE en tant que tel)
révèle un « monde qui change » dans la mesure où le groupe compte de nombreuses
nouvelles puissances issues des transformations économiques de la fin du XX e siècle et de ce
début de XXIe siècle.
Capacités bac
5. Les « basculements du monde » ignorent une grande partie des États du continent
africain, à l’exception de quelques États du Maghreb et de l’Afrique du Sud. Ils ignorent aussi
les États andins et centraux d’Amérique, et des États très pauvres d’Asie (PapouasieNouvelle Guinée par exemple).

Pages 158-163 QUESTION OBLIGATOIRE

2. Aires de puissance et mégalopoles
Comme le programme l’exige, ce dossier permet de changer d’échelle d’analyse pour
approfondir la question des territoires moteurs de la mondialisation. Ce sont les aires de
puissance et les mégalopoles. Le plan adopté est simple : chaque aire de puissance est
présentée tour à tour dans ses différentes composantes, avec un approfondissement sur la
mégalopole inscrite dans chacune des ces aires de puissance.

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Page 10

Pages 158-159
>>>>A L’Amérique du Nord
La carte 1 présente l’Amérique du Nord composée de ses trois États : Canada, États-Unis,
Mexique, réunis dans l’ALENA. Sont localisés les principales agglomérations, les interfaces et
la mégalopole atlantique et les sièges de quelques institutions majeures dont le rôle est
mondial. Le graphique, montrant les PIB respectifs, permet d’identifier la puissance
écrasante des États-Unis au sein de l’ALENA.
Le texte 2 précise que l’ALENA est un espace de libre-échange qui renforce les liens
économiques entre les trois États (on peut ici rappeler aux élèves la présence des
maquiladoras ou usines de sous-traitance installées à la frontière entre les États-Unis et le
Mexique grâce à des capitaux états-uniens mais aussi asiatiques).
Le document 3 récapitule un certain nombre de données permettant de montrer la place
des États-Unis dans le monde.
Avec la carte 4 et la photographie 5, on change d’échelle d’analyse territoriale : la
Mégalopolis est le cœur de la puissance du pays avec une concentration exceptionnelle de
villes, d’équipements et de sièges d’institutions internationales et d’une façade maritime
très active. Au sein de la grappe de villes émerge une ville mondiale, New York (avec ses
symboles : la statue de la Liberté au premier plan et, en face, l’hypercentre de Manhattan).
Réponses aux questions
1. Le graphique comparatif des PIB est révélateur de la puissance des États-Unis (environ
15 fois le PIB canadien ou mexicain). À cela s’ajoute la puissance de la mégalopole,
notamment avec New York, la ville mondiale par excellence.
2. L’ALENA, en créant un espace de libre-échange entre les trois États, renforce le rôle
économique des interfaces continentales.
3. La carte et la photographie sont caractéristiques d’une mégalopole : un espace urbanisé
de manière quasiment continue au sein de laquelle émergent des métropoles, des villes
mondiales sièges d’institutions internationales. Cette mégalopole américaine s’ouvre sur une
façade maritime majeure de la mondialisation.
4. Les États-Unis disposent de tous les atouts d’une puissance globale : puissance
économique, culturelle, politique (soft power) et militaire (hard power).
Capacités bac
5. L’Amérique du Nord dispose de tous les caractères d’une aire de puissance, c’est-à-dire
d’un centre d’impulsion de la mondialisation : un poids économique, financier, culturel,
militaire, des centres d’innovations et de recherche (MIT), des mégapoles nombreuses et
puissantes, des villes mondiales et un rôle politique mondial.

Pages 160-161
>>>>B L’Europe occidentale
La carte 6 présente les caractéristiques de l’Europe occidentale organisée autour de la
mégalopole européenne (ou dorsale européenne) et sa dense grappe de villes. Londres et
Paris, quelque peu en marge de la mégalopole, sont deux villes mondiales. La création de
l’Union européenne renforce les liens entre les divers États occidentaux qui disposent de
bourses de rang mondial (Londres), d’une monnaie commune (sauf pour le Royaume-Uni),

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Page 11

d’un réseau dense de transport, dont certains sont transfrontaliers, d’un rôle politique
mondial (sièges d’institutions internationales à Paris, Genève et Vienne). Le graphique
représentant les PIB de quelques pays européens montre que l’Allemagne est la première
puissance économique.
Le texte 7 met en avant l’ancienneté de la puissance commerciale. Celle-ci est aux
fondements de la richesse actuelle : le réseau de villes marchandes, le cœur de la révolution
industrielle.
Le document 8 permet d’analyser la place de l’Europe occidentale dans la mondialisation.
Celle-ci est la première puissance commerciale du monde et un pôle touristique de premier
ordre.
La photographie 9 illustre l’importance mondiale de la Northern Range ou « rangée des
ports nord européens » pour l’insertion de l’Europe dans la mondialisation. Celle ci regroupe
des ports très puissants, dont Rotterdam et Anvers, dont la mégalopole est l’arrière-pays. Le
port de Hambourg (Allemagne) a longtemps été privé de son arrière-pays à cause du
« rideau de fer ». Depuis la réunification allemande, l’Europe centrale et orientale constitue
l’hinterland de Hambourg, ce qui explique l’essor du trafic de Hambourg.
Le texte 10 réaffirme, malgré les difficultés actuelles (crise économique et financière depuis
2008), la puissance de l’Europe occidentale (FTN, secteurs industriels performants, services
de haut niveau).
Réponses aux questions
1. La mégalopole européenne s’étend sur plusieurs pays européens. Néanmoins, les
frontières se sont effacées entre États de l’UE.
2. Les facteurs principaux qui ont contribué à la naissance de la mégalopole européenne
sont la tradition commerciale (notamment les foires) et un réseau urbain dense.
3. L’aire de puissance européenne dispose de deux interfaces majeures ouvertes sur le
monde : la Northern Range et l’interface méditerranéenne. Ce sont des ouvertures sur le
monde, notamment sur l’Atlantique et au-delà l’Amérique du Nord, et sur le monde
méditerranéen (Maghreb, Proche et Moyen-Orient).
4. Les autres atouts économiques de l’Europe sont sa puissance commerciale, sa puissance
industrielle, ses services de haut niveau et sa capacité d’innovation, ses bourses (notamment
celle de Londres).
Capacités bac
5. L’Europe occidentale est la première puissance commerciale du monde. L’UE assure
37,5 % du commerce mondial, notamment du fait de l’intensité des échanges
intracommunautaires (70 % du commerce de l’Union).

Pages 162-163
>>>>C L’Asie orientale
La carte 11 permet d’analyser les caractéristiques de l’archipel mégalopolitain asiatique. Il
convient d’emblée d’expliquer aux élèves que la terminologie est un peu différente. Il s’agit
notamment de mettre en avant la notion d’archipel. En effet, si les mégalopoles précédentes
forment des ensembles urbains contigus, l’archipel mégalopolitain réunit des villes
importantes (des « îles ») entre elles, formant une mégalopole caractérisée par sa
discontinuité.

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Page 12

Comme le montre cette carte et le texte 12, la mer joue un rôle clé dans son émergence. Elle
relie entre elles des villes portuaires nombreuses. Les ports de Shanghai, Hong Kong,
Singapour (voir la photographie 13 centrée sur les portiques à conteneurs) et Busan sont en
tête de la hiérarchie portuaire mondiale. Ces villes sont aussi des « nœuds » des réseaux
terrestres et aériens. Les fonctions nodales tiennent une place décisive.
À remarquer néanmoins qu’au Japon, la mégalopole allant de Tokyo à Osaka-Kobe forme un
ensemble urbanisé continu avec à sa tête Tokyo, ville mondiale appartenant à l’archipel
métropolitain mondial.
La photographie 15 rend compte de la puissance de la ville (urbanisme vertical) et de la
densité du tissu urbain. C’est l’une des trois premières places financières du monde.
La photographie 14 illustre un facteur clé de l’essor des économies asiatiques, et plus
spécifiquement de la Chine, atelier du monde. Grâce à l’abondance de la main-d’œuvre à
faible coût, la Chine produit des biens (dont le textile) pour le monde entier. Son PIB a
dépassé celui du Japon. Néanmoins, des évolutions en cours conduisent à davantage de
production de biens de haute technologie tandis que les industries de main-d’œuvre sont
délocalisées dans d’autres pays d’Asie.
Réponses aux questions
1. L’aire de puissance asiatique se caractérise par un essor très rapide lié à son insertion
dans la mondialisation grâce à d’importants avantages comparatifs.
2. La mer est le facteur décisif de son affirmation car elle a créé une filière maritime fondée
sur la complémentarité des économies. La façade maritime est l’une des interfaces majeures
de la mondialisation comptant des ports au tout premier rang mondial (Busan, Shanghai,
Hong Kong, Singapour). Singapour contrôle un détroit stratégique pour le trafic des
hydrocarbures, le détroit de Malacca.
3. Les ports de l’Asie orientale sont sur les grandes routes maritimes mondiales. Les
équipements pour le trafic des conteneurs (dont l’essor est fulgurant) et des vracs sont
parmi les plus performants au monde.
4. La croissance rapide de la Chine se fonde sur les industries de main-d’œuvre.
5. Les gratte-ciel sont représentatifs des hyper-centres des villes mondiales.
Capacités bac
6. Les principales interfaces de l’Asie orientale sont l’interface japonaise, l’interface
coréenne, l’interface chinoise, interfaces ouvertes respectivement sur la mer Jaune, la mer
de Chine orientale et méridionale et au-delà sur l’océan Pacifique.

Pages 166-171 QUESTION OBLIGATOIRE

3. Les autres territoires, entre émergence et marginalisation
Le dossier permet de poursuivre l’analyse de la hiérarchisation des territoires dans la
mondialisation : ici, les territoires émergents et marginalisés.

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Page 13

Pages 166-167
>>>>A L’intégration des territoires émergents dans la mondialisation
Cette double page permet de cerner les principales composantes des territoires émergents,
c’est-à-dire des territoires qui participent activement à la mondialisation grâce à des atouts
spécifiques.
Le document 1 présente deux cartes diachroniques à l’échelle mondiale fondées sur l’un des
atouts majeurs pour l’intégration des territoires dans la mondialisation, à savoir les réseaux
de transport, notamment le réseau aérien. La lecture des cartes se fait en deux temps : dans
un premier temps, il s’agit d’observer le trafic des premiers aéroports mondiaux et, dans un
deuxième temps, relever ceux qui appartiennent à des pays émergents. Ces cartes
confirment l’émergence de l’Asie orientale dans le trafic aérien mondial, signe de son
intégration croissante.
Les documents 2, 3 et 4 ont un point commun, la mise en évidence des facteurs
d’intégration des pays émergents dans la mondialisation : l’industrie textile (doc. 2, grâce à
de la main-d’œuvre féminine à faible coût), la position sur des routes maritimes mondiales
associées à la création de port franc dans une zone franche (doc. 3, Tanger sur le détroit de
Gibraltar) et un produit agricole transformé très demandé (doc. 4, l’huile de palme en
Malaisie). Une zone franche est une enclave. À l’intérieur de son périmètre, les entreprises
sont soustraites aux règles douanières et fiscales du pays : Renault a construit une usine
dans la zone franche de Tanger.
Réponses aux questions
1. Observer l’importance des trafics aéroportuaires confirme l’importance mondiale des
trois aires de puissance : Amérique du Nord, Europe occidentale et Asie orientale.
2. L’affirmation de l’Asie orientale est confirmée par l’émergence de nouveaux aéroports et
l’importance de leur trafic (Singapour, Pékin, Bangkok, Jakarta).
3. L’abondance de la main-d’œuvre à faible coût, la proximité du marché européen
expliquent l’insertion de l’industrie textile turque dans la mondialisation.
4. Les facteurs favorisant l’intégration du Maroc dans la mondialisation sont divers :
proximité du partenaire commercial européen, détroit de Gibraltar qui contrôle les flux en
provenance de l’Est (canal de Suez) et en direction de l’océan Atlantique (détroit de
Gibraltar), existence de la zone franche de Tanger qui attire des investisseurs étrangers
(usine Renault à Tanger).
5. L’huile de palme entre dans la composition de nombreux ingrédients et aliments à forte
demande mondiale.
Capacités bac
6. L’intégration dans la mondialisation est un processus qui concerne l’industrie,
l’agriculture, le tourisme et les services en général (plateformes pour les télécoms).

Pages 168-169
>>>>B Les BRICS : de nouveaux centres d’impulsion d’un espace mondialisé ?
Les documents proposés permettent de faire « un zoom » sur une catégorie « à part » de
pays émergents. Les BRICS représentent 45 % de la population mondiale, le quart de la
richesse mondiale, les deux tiers de la croissance de la planète, 15 % du commerce mondial
et disposent de 4 000 milliards de réserves de change. Ils envisagent même de créer leur

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Page 14

propre banque mondiale, une banque de développement concurrente de la Banque
mondiale destinée à financer en priorité les projets d’infrastructure (réunion à Durban du
27 mars 2013).
Néanmoins, ce sont des pays où tous les besoins vitaux de la population ne sont pas
satisfaits. Les élèves doivent comprendre ce paradoxe. Croissance et développement ne sont
pas synonymes.
Le document 5 confirme leur puissance, leur forte croissance, mais souligne un point
fondamental. La croissance crée un développement très inégal et insuffisant pour répondre
aux besoins de l’ensemble de la population (consultez la carte de l’IDH). Ce sont des pays à
fortes inégalités socio-spatiales, la pauvreté demeure importante et côtoie la plus grande
richesse.
Le document 6 met en avant leur puissance financière. En devenant les « banquiers » des
pays riches, ils deviennent des acteurs à part entière de la mondialisation. Cette puissance
financière est l’une des manifestations fondamentales des « basculements du monde ».
Le document 7 met l’accent sur un point particulier. Être capable de réaliser de grands
événements mondiaux (Coupe du monde de football, Jeux Olympiques) est un test de
notoriété, d’affichage pour le pays organisateur, ici le Brésil.
Être une grande puissance, c’est disposer du hard power. Au sein des BRICS, émerge la Chine
qui dispose d’un porte-avions, signe de sa puissance géopolitique et militaire (doc. 8). On
peut ici discuter du statut de la Chine : une puissance émergente ou la deuxième puissance
mondiale ?
La photographie 9 met en avant un quartier pauvre de Mumbai en Inde, État émergent.
Cette pauvreté est aussi celle des favelas de Rio, des quartiers noirs de Johannesburg, de
Pékin…
Réponses aux questions
1. L’IDH, le % de population pauvre, l’habitat informel sont des indicateurs révélateurs des
contrastes sociaux dans les pays émergents.
2. Grâce à leur insertion dans la mondialisation, les pays émergents ont accumulé des
liquidités financières qui leur permettent de devenir des « banquiers du monde ».
3. Les BRICS affirment leur montée en puissance en organisant de grands évènements
mondiaux (JO de 2008 en Chine, Coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud, Coupe
du monde de football 2014 et JO de 2016 au Brésil) et, pour la Chine, en se dotant de la
puissance militaire.
4. La photographie montre un quartier pauvre de Mumbai, la métropole économique de
l’Inde, où travaillent des teinturiers. L’activité est indispensable à l’industrie textile indienne.
Capacités bac
5. La Chine n’est pas un pays émergent comme les autres. Seconde puissance mondiale sur
le plan économique, elle est aussi une puissance militaire.

Pages 170-171
>>>>C Les territoires en marge, des territoires pauvres
Les documents concernent les pays marginalisés, c’est-à-dire des pays pauvres en marge de
la mondialisation. Plusieurs composantes de leur marginalisation sont illustrées.

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Page 15

Le planisphère 10, construit sur l’indice de pauvreté multidimensionnelle (santé, éducation,
niveau de vie), est très révélateur des inégalités mondiales et de la pauvreté de l’Afrique
subsaharienne où les pays marginalisés sont les plus nombreux.
Les documents 11, 12 et 13 rendent compte des manifestations de la marginalisation.
La République démocratique du Congo (doc. 11) est un pays riche de ressources minières,
pourtant le pays est pauvre, très endetté car la rente n’est pas redistribuée par l’État.
La photographie 12 rappelle la faible productivité des agricultures (ici le Bénin), et la
photographie 13, la forte vulnérabilité d’Haïti aux risques naturels en raison de sa pauvreté.
Le texte 14 signale l’extrême pauvreté des campagnes en général dans les pays marginalisés
et la difficile maîtrise de la croissance urbaine (bidonvilles).
Réponses aux questions
1. Les États les plus pauvres se localisent en Afrique subsaharienne et dans la Corne de
l’Afrique (Éthiopie, Somalie, Sud Soudan). On y compte aussi beaucoup de pauvres, comme
au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique noire, en République démocratique du Congo, à
Madagascar, dans les États himalayens et dans des îles des Caraïbes, comme en Haïti.
2. La République démocratique du Congo demeure un pays pauvre malgré ses richesses
minières du fait des fragilités, notamment politiques, de l’État.
3. L’urbanisation est à la fois un facteur de développement (l’accès à l’éducation, à la santé,
au travail même informel) et un facteur d’accentuation des inégalités sociales (une minorité
aisée confisque la richesse).
4. La vulnérabilité aux risques naturels accroît la marginalisation. Les États sont trop pauvres
pour mener une politique d’éducation aux risques, de prévention, de construction
antisismique (voir en Haïti).
Capacités bac
5. La marginalisation de certains territoires de l'espace mondialisé s'explique par des causes
diverses. Certaines relèvent de la fragilité politique de certains États, notamment en Afrique
subsaharienne, dans la Corne de l'Afrique, en Haïti, en Corée du Nord (instabilité, corruption,
guerre civile plus ou moins larvée, voire absence d'État, fermeture). D'autres facteurs sont
de nature économique : une extrême pauvreté, ce qui explique l'absence de productions ou
de ressources exportables ou la confiscation par le pouvoir des richesses naturelles
existantes. À cela s'ajoutent des raisons diverses dont l'enclavement, le difficile accès à des
transports inscrits dans des réseaux nationaux et internationaux, l'extrême vulnérabilité aux
risques naturels (sécheresse de longue durée, cyclones…). Ces territoires en marge de la
mondialisation, dont les PIB/hab. sont très faibles, sont appelés des PMA.

Pages 174-175 BAC
EXERCICE 1
Les documents des pages 174-175 permettent d’étayer cette affirmation, notamment les
documents 11 et 12.
Les mégalopoles, dont l’archipel mégalopolitain asiatique, sont en situation littorale et
jouent en particulier un rôle d’interface maritime mais sont également des nœuds aériens à
l’échelle régionale et mondiale.
À l’exception de Pékin et de Séoul, toutes les villes mondiales asiatiques sont des ports ;
c’est en Asie que l’on compte les plus grands ports mondiaux et où la croissance du trafic

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maritime, conséquence de la croissance économique dans le cadre de la mondialisation, est
la plus rapide.
Les espaces productifs industriels, les territoires d’innovation sont également le plus souvent
situés sur les littoraux ou à proximité immédiate de plateformes multimodales portuaires.
EXERCICE 2
Toutes les propositions permettent de caractériser une aire de puissance à l’exception de la
proposition c), l’abondance des richesses naturelles.
EXERCICE 3
Réponse c.
EXERCICE 4
- Titre 1 complété : Trois aires de puissance
- Puces numéros complétées :
1. États-Unis
2. Allemagne
3. Japon
4. La mégalopole nord-américaine (Megalopolis)
5. La mégalopole européenne
6. L'archipel mégalopolitain asiatique
7. La Chine
8. L'Inde
9. Le Brésil
10. La Russie

Pages 176-181 SUJET D’ÉTUDE 1

Londres, ville mondiale
Pour traiter le sujet d’étude, il est nécessaire de s’interroger sur la notion de « ville
mondiale », devenue d’usage courant à partir des années 1990. Les villes mondiales se
caractérisent par une forte concentration de population, de capitaux, de sièges sociaux, de
banques, de services spécialisés aux entreprises et d’organismes de recherchedéveloppement. Elles disposent aussi d’infrastructures de transport de niveau mondial et
d’une importante capacité d’accueil d’événements internationaux.
Implantées surtout dans les pays du Nord et, de plus en plus, dans les pays émergents, elles
forment un réseau hiérarchisé. L’essentiel des flux mondialisés circulent entre elles.
Les villes mondiales se caractérisent surtout par les relations qu’elles entretiennent entre
elles et par leur capacité à contrôler l’économie mondiale et les flux qu’elle engendre. Pour
les définir et les hiérarchiser, il faut donc moins prendre en compte les stocks (taille de la
population, produit urbain brut…) que leur situation dans les réseaux.
La liste des villes mondiales est débattue. Celles-ci correspondent aux principales interfaces
internationales, places financières et centres d’affaires. On peut citer, sans que la liste soit
exclusive, New York, Londres, Tokyo, Paris, mais aussi Los Angeles, Séoul ou Shanghai par
exemple (voir les travaux de S. Sassen).

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Page 17

Le programme pointe notamment l’étude de la City, « une des premières places financières
du monde et le rôle que joue cette ville à différentes échelles ».
On peut approfondir l’étude selon les axes suivants :
- Le rôle d’impulsion de la ville sur l’organisation du monde : situation dans les réseaux
mondiaux afin de montrer qu’elle est un nœud de communications, une place financière
internationale, qu’elle accueille des sièges sociaux d’entreprises de rang mondial et qu’elle
est en relation avec les autres villes mondiales. D’autres données affineront cette analyse
(attractivité des universités, présence d’organismes internationaux…) pour la situer dans la
hiérarchie du réseau dont elle fait partie.
- Les manifestations de sa puissance : rôles économique, politique et culturel en des lieux
emblématiques (le CBD notamment) ; influence sur les régions qui l’entourent et qu’elle
innerve de ses activités. Le programme insiste sur le caractère multiethnique de Londres lié
à l’histoire du Royaume-Uni et au rayonnement culturel de la ville.
- Les conséquences socio-spatiales de l’intégration dans la mondialisation : la spécialisation
des quartiers et la fragmentation de l’espace urbain, l’augmentation du prix du foncier qui
accélère la ségrégation sociale, l’émergence d’une société mondiale…, mais aussi une
évolution vers une dualité sociale.
Pages 176-177
>>>>A Quelles sont les fonctions représentatives de la puissance économique de Londres ?
La puissance économique de Londres est ici évoquée à travers le passé colonial et impérial
du Royaume-Uni, les fonctions économiques du centre londonien et la puissance financière
de la City.
Réponses aux questions
1. La légende de la carte 1 établit la liste des fonctions, des activités révélatrices d’une ville
mondiale, les fonctions métropolitaines à rayonnement mondial. En premier, les activités
financières, particulièrement bien représentées à Londres dans trois quartiers,
l’emblématique City et ses deux extensions récentes, le quartier des Docklands à l’est
(ancien quartier portuaire rénové à partir des années 1980) et le quartier résidentiel aisé et
commerçant de Mayfair à l’ouest. Ensuite, les activités culturelles, scientifiques et les
nouvelles technologies, plus dispersées, que l’on rencontre surtout à l’ouest de la ville, mais,
depuis peu, également dans certains quartiers à l’est, telle la « Tech City » à Shoreditch
(cf. texte 5 p. 178), qui bénéficie du soutien affirmé de l’actuel maire de Londres, Boris
Johnson, qui veut en faire un atout majeur de Londres dans la compétition européenne
(contre Paris, Francfort et Berlin) et au niveau mondial. Enfin, les fonctions politiques,
administratives correspondant au statut de capitale de Londres, se rencontrent
essentiellement au sud-ouest, près du Parlement (Westminster) et ont tendance à s’étendre
sur la rive sud en pleine rénovation.
2. La puissance financière de Londres, de la City en particulier, se décline en plusieurs
activités : la banque (de dépôt et d’investissement), représentée par les 250 sièges ou filiales
de toutes les grandes banques mondiales (Citigroup, Barclays, HSBC, Bank of America), la
Bourse, à la fois bourse des actions (London Stock Exchange, 4e capitalisation boursière),
bourse des métaux, des devises (1re place mondiale des transactions sur les devises), et
l’assurance, avec la très célèbre Lloyd’s, assurance des transports maritimes à l’origine. Se
sont greffées sur ces trois piliers toutes les activités d’ingénierie financière, de sociétés de
courtage, de conseils juridiques et fiscaux (la City peut être considérée comme le modèle

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initial des paradis fiscaux), d’informatique, de hedge funds, fonds spéculatifs et négoce des
produits dérivés, capital-investissement, cabinets de gestion de fortunes privées, au service
de l’aristocratie et de haute bourgeoisie européennes au départ, des gigantesques fortunes
des pays émergents aujourd’hui. Malgré une tendance au recul depuis la crise de 2008, ces
activités représentent actuellement environ 350 000 emplois, au 1er rang mondial avec New
York, devant Hong Kong et Tokyo.
3. La puissance de ces fonctions de ville mondiale, notamment la puissance financière,
contribue fortement au renouvellement urbain, d’autant plus qu’à Londres, contrairement à
Paris, les pouvoirs publics ont une attitude très souple, très pragmatique – et parfois très
critiquée –, face au souci de préserver le paysage et l’horizon (skyline) urbains. La
photographie 2 le montre avec, au premier plan, la City, de plus en plus dominée par les
immeubles de grande hauteur tels les 40 étages du Gherkin, le « cornichon » édifié par
Norman Foster en 2003, et, à l’arrière-plan, le quartier des Docklands (Canary Wharf
notamment). Plus récemment, the Shard, terminé en 2012 sur la rive sud (cf. p. 145)
s’enorgueillit d’être le plus haut gratte-ciel d’Europe.
4. La puissance économique de Londres s’est construite à partir du XVIIe siècle sur deux
fondements essentiels : la puissance maritime, commerciale, puis coloniale de l’Empire
britannique dont le cœur était Londres, et le libéralisme économique, né ici et farouchement
défendu depuis par l’establishment politique et économique britannique. L’affiche de
l’Exposition coloniale de 1924 le rappelle : c’est sur les mers, sur tous les continents, dans
cet empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, selon la devise reprise par les Anglais à
Charles Quint, et notamment dans ce fleuron qu’était l’Empire des Indes, que s’est
construite l’exceptionnelle accumulation de richesses et de savoir-faire qui a fait la fortune
de Londres : une ville mondiale ne se crée pas du jour au lendemain, mais résulte d’une
conjonction géohistorique de facteurs favorables et de volontés publiques et privées.
Capacités bac
5. Il s’agit d’un exercice de repérage visuel (éventuellement prolongé avec Google Earth) : le
pont de la Tour (Tower Bridge, 1), très reconnaissable, et la Tamise (3), sur le côté droit de la
photographie ; à l’arrière-plan, les Docklands (4). À gauche, la City (2).

Pages 178-179
>>>>B Pourquoi Londres est-elle une métropole multiethnique attractive ?
Les documents proposés insistent sur le rayonnement technologique, culturel, mais aussi sur
son pouvoir d’attraction pour des migrants d’origine très variée.
Réponses aux questions
1. Le quartier « Silicon Roundabout », rebaptisé par B. Johnson « Tech City », est
caractéristique de l’apparition dans les métropoles, et notamment dans les villes mondiales,
de ces quartiers regroupant des start-up, des PME récentes dans le secteur des nouvelles
technologies, de l’économie numérique liée à Internet, aux réseaux sociaux et à leurs
applications dans la publicité, le marketing, les télécommunications, l’édition ou les medias.
2. La fréquentation touristique de Londres est ancienne mais s’est fortement accrue depuis
quelques décennies avec l’apparition des compagnies aériennes low-cost et la liaison
Eurostar. Son attractivité repose sur la patrimoine architectural (malgré les destructions du
Grand incendie de 1666 et du Blitz de 1940) – la Tour, la cathédrale Saint-Paul, le

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Parlement –, sur tout ce qui touche à la monarchie (Buckingham Palace), sur les activités
culturelles et de loisirs (Soho et Covent Garden), le commerce (Oxford Street), les musées
(British Museum, National Gallery, Tate Britain et Tate Modern…), sur les nouveaux
aménagements comme la promenade Thames Walk et la rénovation de South Bank, la Roue
du Millenium… Cette attractivité a été considérablement stimulée par les Jeux Olympiques
de 2012 et la campagne publicitaire qui les a accompagnés.
3. Londres est, avec New York, la ville mondiale où le cosmopolitisme, la multiethnicité sont
les plus apparents, les plus divers et où ils jouent un rôle économique et culturel importants.
Cela s’explique par l’ancienneté des liens migratoires établis avec l’Empire, puis le
Commonwealth et, secondairement, par le rôle joué par le Royaume-Uni en tant que pays
d’accueil de réfugiés. S’y ajoute l’attractivité d’une métropole économiquement dynamique
où les possibilités d’emplois sont nombreuses et très souples. On repère ainsi sur la carte 8
les quartiers où vivent des personnes originaires des anciennes colonies : Sri Lankais,
Jamaïcains, Nigerians, Indiens ou Pakistanais, des personnes venues d’Europe orientale
depuis les années 1990 pour trouver du travail (Polonais ou Roumains), des migrants venus
d’autres pays du Sud après être passés par le continent (Maghrébins). Ajoutons que plus de
300 000 Français vivent à Londres, notamment dans le sud-ouest de la ville (cf. sujet
d’étude 2 du chapitre 6).
4. Le document 9 permet d’évoquer les fortes disparités socio-spatiales inhérentes à toute
grande métropole et qui semblent s’accroître avec la croissance des flux liés à la
mondialisation. La libéralisation des flux financiers, la forte attractivité et les spécificités du
système foncier de Londres expliquent qu’elle soit la ville d’Europe et l’une des cinq villes
mondiales où le coût de l’immobilier est le plus élevé, notamment dans les quartiers du
centre et de l’ouest, où les prix peuvent être dix fois supérieurs à ceux des quartiers de l’est
ou du sud. Ces très forts contrastes immobiliers reflètent des disparités socio-économiques,
certains quartiers du sud et de l’est cumulant les indicateurs d’exclusion : pauvreté,
chômage, délinquance… Les périodes de crise économique peuvent attiser ces disparités et
conduire à des émeutes urbaines auxquelles participent certains groupes de jeunes comme
celles d’août 2011 qui ont surpris les pouvoirs publics et entraîné de sévères condamnations
judiciaires. On peut également rappeler que ces disparités ne sont pas nouvelles : il suffit de
relire C. Dickens ou F. Tristan pour évoquer les terribles conditions de vie des immigrants
irlandais ou des classes les plus pauvres au milieu du XIXe siècle.
Capacités bac
5. Apparus d’abord à New York, au sud de Manhattan (Silicon Alley) et dans la Silicon Valley
californienne dans les années 1990, ces quartiers d’innovation sont encouragés dans de
nombreuses villes où ils reçoivent l’aide des pouvoirs publics, des sociétés de capital-risque
et de grandes entreprises qui peuvent ensuite profiter de leurs innovations. Ainsi, le maire
de Londres a décidé de soutenir ce quartier et de l’intégrer dans sa stratégie de marketing
urbain et de compétition avec les autres villes mondiales, notamment Paris
(cf. prolongement TICE p. 183).

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Pages 180-181
>>>>C À quelles échelles Londres est-elle un centre d’impulsion ?
Londres est un centre d’impulsion multiscalaire, ce que montrent les documents présentés.
Son rôle s’exerce sur sa région, à l’échelle de la mégalopole européenne et à l’échelle
mondiale.
Réponses aux questions
1. Il s’agit de faire remarquer aux élèves l’exceptionnelle extension de l’aire urbaine
londonienne, notamment en comparaison avec Paris, avec environ 160-180 km est-ouest ou
nord-sud (« aire à moins d’une heure de train du centre de Londres »).
2. Comme toutes les villes mondiales, Londres est un nœud majeur, une interface de
plusieurs modes de transport. Si la fonction portuaire a fortement décliné et s’est repliée sur
les avant-ports de l’estuaire, tous les autres modes de transports sont représentés :
- transport aérien, avec ses cinq aéroports, dont Heathrow, le 1er d’Europe et 3e mondial
(doc. 13) et London City (doc. 12), Londres est la 1 re plateforme aérienne mondiale et
fonctionne à toutes les échelles : nationale, européenne et mondiale ;
- transport ferroviaire : échelles régionale, nationale et européenne (LGV de l’Eurostar
aboutissant à St Pancras International en provenance de Paris ou Bruxelles) ;
- transports routiers (nœud autoroutier) à toutes les échelles ;
- transports urbains non représentés sur la carte 10 (en cours de modernisation).
3. Longtemps retardée, la construction du tunnel sous la Manche (inauguré en 1994), a
permis d’intensifier les relations terrestres, ferroviaires, avec le continent, notamment avec
la mégalopole européenne (Bruxelles, Amsterdam, vallée du Rhin), avec la France
(nombreux investissements et achats immobiliers britanniques) et avec l’Europe
méditerranéenne (cf. l’accroissement du trafic de poids-lourds en provenance d’Espagne ou
d’Italie vers l’Angleterre). Cela a contribué à l’essor de la fréquentation touristique de la
capitale anglaise et des flux migratoires en provenance du monde entier par l’Europe
continentale (malgré la non-appartenance britannique à l’espace Schengen).
4. London City Airport est un aéroport – le plus proche du centre de Londres, 22 minutes de
métro – surtout fréquenté par les hommes d’affaires et la clientèle touristique britannique. Il
dessert des liaisons intérieures (toutes les grandes villes de l’archipel britannique) et
continentales, ce qui contribue à favoriser l’influence de Londres, et surtout de la City, sur
l’Europe.
5. La construction de la LGV empruntant le tunnel sous la Manche, achevée en 2007 par la
dernière section de la High Speed 1 (HS1, « ligne à grande vitesse n° 1 »), également appelée
Channel Tunnel Rail Link (CTRL, « liaison ferroviaire du tunnel sous la Manche »), a des
impacts très importants en termes de connexions, d’aménagements urbains et d’emplois. À
l’échelle européenne, cela favorise l’extension de l’influence de Londres sur tout le continent
tout en favorisant les liaisons de concurrence-complémentarité avec Paris (cf. question 3).
Les impacts sont également importants aux échelles régionale et locale car la LGV a trois
gares intermédiaires qui sont autant de points d‘ancrage d’opérations de rénovation urbaine
avec création de zones logistiques, de parcs d’activités tertiaires pouvant servir à des
implantations d’entreprises continentales ou autres. La gare de Stratford fut réalisée dans la
perspective de JO de 2012 et doit servir à toute la rénovation de l’Est londonien.
Capacités bac
6. Il s’agit de récapituler tous les modes de transport faisant d’une ville mondiale une
interface majeure à toutes les échelles, notamment continentale et mondiale : transports

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aériens, terrestres (ferroviaire et autoroutier) et, plus ou moins, maritimes. L’intensité des
connexions est indispensable à toutes les autres fonctions de commandement et à la
fréquentation touristique. Ces modes de transports sont sans cesse modernisés dans le
cadre de la compétition entre les villes mondiales.

Pages 184-185 BAC
Sujet guidé
Réponses aux questions
1. Le document, un extrait d’un article du quotidien Le Figaro, rédigé par Jean-Bernard
Litzler et publié le 13 août 2012, présente les objectifs de la reconversion du village
olympique de Londres après les Jeux Olympiques de 2012. Pour les pouvoirs publics, il s’agit
de faire de ces installations « le fer de lance du renouveau urbain de l’Est londonien » et
d’éviter de « laisser se développer une friche urbaine ». Cette reconversion était prévue dès
la préparation des JO selon la devise « des lits pour les athlètes, des maisons pour les
Londoniens ».
2. Ce nouveau quartier, rebaptisé East Village, comportera des logements (locatifs ou
destinés à la vente), des parcs et espaces verts, des équipements médicaux et un réseau de
transport. Le parc olympique lui-même est transformé en parc de loisirs avec cafés, espaces
culturels, salles de concerts… Il s’agit d’associer des objectifs sociaux, économiques (création
d’emplois) et environnementaux « avec une touche écolo ». Ce programme de réemploi du
site olympique correspond donc aux trois piliers de la « ville durable ».
3. L’attribution des JO (pour rappel, Londres a obtenu, pour la troisième fois, l’organisation
des JO de 2012 aux dépens de Paris, Madrid, New York et Moscou) est l’objet d’une intense
compétition assortie de lobbying et d’interventions politiques en tous genres. En effet, pour
une métropole, l’obtention d’une telle organisation est la garantie d’une notoriété
médiatique mondiale (les JO sont suivis par plus d’un milliard de téléspectateurs), de l’afflux
de touristes, de la vente de produits dérivés et surtout d’importantes opérations
d’aménagements urbains. Par contre, ce peut être également l’occasion – mais ce ne fut pas
le cas pour Londres en 2012 – de dérapages financiers considérables à la charge des
collectivités locales et des États (cf. JO d’Athènes 2004).
4. On attend que les élèves citent les autres activités caractéristiques d’une ville mondiale :
fonctions de commandement économiques et politiques, fonctions financières (Bourse,
banques), interface aérienne et / ou portuaire, rayonnement culturel et pôle d’innovation…
D’autres événements peuvent être recherchés par une ville mondiale, notamment
l’organisation d’une Exposition universelle (cf. Shanghai 2010) ou, pour rester dans le
domaine sportif, la Coupe du monde de football (cf. Rio de Janeiro : Coupe 2014, puis les JO
en 2016).

Sujet blanc
Réponses aux questions
1. Il s’agit d’une carte de la City tirée de l’Atlas de Londres (Éditions Autrement, 2012).
2. Les fonctions prédominantes sont bien évidemment les fonctions financières : bâtiments
signalés sur la carte : Bourse de Londres, Royal Exchange, Banque d’Angleterre, London
Metal Exchange, Baltic Exchange, auxquels il faut ajouter les innombrables immeubles de

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bureaux occupés par des banques, des compagnies d’assurance, des sociétés de courtage,
de conseils juridiques et fiscaux… La City est le 1er pôle financier européen et, globalement,
le 3e du monde.
3. Ces fonctions, notamment les fonctions financières, sont essentielles pour l’intégration
dans la mondialisation par l’intermédiaire des flux d’IDE, des flux de devises. Londres est,
depuis plusieurs siècles, l’un des principaux centres d’impulsion de l’espace mondialisé.
4. Les fonctions politiques, culturelles, l’attractivité touristique (la Tour de Londres et la
cathédrale Saint-Paul figurent sur le document), les sièges sociaux de nombreuses firmes
transnationales s’ajoutent aux fonctions financières et caractérisent ce statut de ville
mondiale (et même de « ville globale » pour reprendre la terminologie de S. Sassen). Le rang
de 1re plateforme aérienne mondiale de Londres le confirme.
5. À ces fonctions correspondent des équipements : sièges des institutions politiques
(Parlement, Buckingham Palace), immeubles de bureaux abritant les sièges sociaux et les
activités tertiaires (les élèves peuvent citer le quartier des Docklands), musées, commerces,
universités et laboratoires, infrastructures de transport (on peut attendre le nom d’un ou
deux aéroports et la gare de St Pancras International).

Pages 186-191 SUJET D’ÉTUDE 2

Shanghai, ville mondiale
La place de Shanghai parmi les villes mondiales est récente et peut prêter à discussion car
son rayonnement mondial est limité dans deux domaines : les fonctions politiques et le
rayonnement culturel. Cependant, la rapide croissance des fonctions économiques,
notamment les fonctions financières, les transports (1er port mondial) et l’industrie, les
fonctions universitaires, l’organisation de grands d’événements comme l’Exposition
universelle de 2010 et surtout l’ambition affirmée de ses dirigeants d’en faire rapidement
l’une des villes mondiales dominantes permettent de la classer dans cette catégorie ou, pour
le moins, dans celle des villes mondiales émergentes.
Ce sujet d’étude est bien évidemment à relier à l’étude de l’Asie orientale et de l’archipel
mégalopolitain asiatique (question obligatoire). Le programme met l’accent sur deux
« éléments majeurs » de cette affirmation : le port de Yangshan (doc. 1 p 186) et « la
croissance extrêmement rapide du quartier d’affaires de Pudong » (doc. 2 p. 187 et p. 145).

Pages 186-187
>>>>A Quels sont les lieux symboliques de l’émergence de Shanghai ?
La double page est construite sur deux lieux clés de l’émergence de la ville : la Nouvelle Zone
de Pudong, symbole de la modernisation de la ville, et le port de Yangshan, symbole de
l’insertion économique de la ville dans la mondialisation.
Réponses aux questions
1. La photographie 1 montre le gigantisme des nouvelles installations portuaires : de très
vastes dalles sur pilotis équipées de dizaines de portiques de transbordement de
conteneurs, le tout relié au continent par un pont de 32 km de long et une capacité de
transit qui devrait atteindre en 2020, 25 millions d’EVP. L’ambition de faire de Shanghai le 1 er

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port mondial – résultat atteint depuis 2005, année de l’inauguration de ce nouveau port –,
révèle le rôle majeur joué par les transports maritimes dans l’affirmation de la ville et, plus
largement, de tout le littoral chinois. Le fret est essentiellement constitué de produits
manufacturés exportés par conteneurs et, aux importations, de composants venus de toute
l’Asie orientale et de matières premières indispensables à la croissance économique
chinoise. (L’ensemble des ports de Shanghai est représenté en doc. 1 p. 195.)
2. La croissance de Shanghai résulte d’une volonté politique des autorités locales et du
pouvoir central, fortement influencé dans les années 1975-1990 par les hommes de
Shanghai (Jiang Zemin par exemple). Longtemps délaissée à cause de son passé
« capitaliste », la ville a repris son essor avec la politique d’ouverture amorcée en 1978 par
Deng Xiao Ping. Les autorités ont encouragé la modernisation des moyens de transport et la
transformation du quartier de Pudong, sur l’autre rive du Huangpu afin de faire contrepoids
à Hong Kong. L’émergence d’une ville mondiale résulte donc souvent de décisions politiques,
notamment dans des régimes très centralisés comme l’est la Chine.
Capacités bac
3. La réalisation de la Nouvelle Zone de Pudong a été décidée en 1990 pour devenir la
principale « vitrine » de la métropolisation et de l’internationalisation de Shanghai. Les deux
photos diachroniques, prises de la rive gauche du Huangpu, quartier du Bund, permettent de
décrire rapidement les transformations urbanistiques. En 1989, le bâti est encore
majoritairement horizontal, désordonné, avec de nombreuses implantations portuaires et
industrielles. En 2012, l’architecture est à dominante verticale, avec une forêt d’immeubles
de grande hauteur, à vocation tertiaire ou résidentielle. Deux immeubles très
reconnaissables dominent l’ensemble : au centre de la photographie, la Perle de l’Orient,
tour de télévision reconnaissable à ses trois sphères superposées, et, sur la droite, la Tour
Jinmao. La photographie de la page 145 permet de compléter le panorama avec la tour du
Shanghai World Financial Center et, en construction (achèvement prévu en 2014), la
Shanghai Tower qui doit dominer l’ensemble avec ses 632 m de hauteur (2e plus haut gratteciel du monde). Cet ensemble tertiaire constitue le nouveau centre d’affaires de Lujiazui,
relié au centre ancien par des voies rapides et des tunnels sous le fleuve et prolongé au sudest par des quartiers industriels et résidentiels, puis le nouvel aéroport de Pudong (cf. doc. 7
p. 189). On est donc en présence des aspects significatifs de la métropolisation :
tertiarisation, verticalisation du bâti, réalisations architecturales de prestige, modernisation
des infrastructures de transports.

Pages 188-189
>>>>B Quels sont les outils de l’internationalisation de Shanghai ?
Les documents renvoient ici aux composantes de l’émergence de la ville : rôle financier,
fonction portuaire et universitaire, intégration dans les flux aériens mondiaux et
transformation de la ville pour se doter d’équipements à la hauteur de la volonté de
Shanghai de s’inscrire dans le réseau des villes mondiales.
Réponses aux questions
1. L’exemple de l’université Tongji montre les étapes et les modalités de
l’internationalisation de Shanghai dans le domaine universitaire et technologique.
L’université fut créée à l’époque de la première ouverture de Shanghai, lors du système des

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concessions internationales (fin XIXe-début XXe siècle), par l’appel à des ingénieurs et
enseignants allemands. D’abord polyvalente, elle se spécialisa dans les formations
technologiques et scientifiques. La politique d’ouverture initiée en 1978 relança la
coopération internationale, avec l’Allemagne et d’autres pays européens comme la France
ou l’Italie : « liens avec plus de 170 universités dans 25 pays ». Cette politique d’ouverture et
de partenariats fut indispensable à la Chine, ce afin de remettre à niveau ses entreprises et
ses scientifiques dans tous les domaines après la période de fermeture maoïste et d’acquérir
les technologies nécessaires à l’intégration dans la mondialisation. L’université s’est
modernisée, diversifiée et étendue sur cinq campus dont l’un est situé à Anting, ville
nouvelle dont l’architecture est d’inspiration allemande. Reflet de cette internationalisation,
ce campus est proche de l’usine Volkswagen (1er constructeur occidental pour la production
en Chine) et du circuit automobile de Formule 1, autre signe de l’internationalisation et de la
stratégie de marketing urbain très bien maîtrisée par les autorités et entrepreneurs de
Shanghai.
2. Les relations entre la croissance économique chinoise et l’affirmation de Shanghai sont
étroites et explicites :
- doc. 4 : croissance du trafic portuaire, passé de 166 Mt en 1998 à 727 Mt en 2011 (1er rang
mondial pour le trafic global et 1er pour les conteneurs depuis 2010) ; pôle industriel
diversifié ;
- doc. 5 : croissance des activités financières avec la Bourse de Shanghai , parvenue au 6 e
rang mondial en 2011, engagée dans une forte compétition avec ses rivales chinoises de
Hong Kong et de Shenzhen ;
- doc. 6 : croissance des flux aériens avec tous les continents et surtout avec le reste de l’Asie
orientale depuis la création du nouvel aéroport de Pudong (1999) – réalisé par l’architecte
français P. Andreu et relié au centre-ville par train magnétique Maglev –, Shanghai se situant
au 4e rang en Chine derrière Pékin, Hong Kong et Canton (plus de 40 millions de
passagers/an) et surtout au 3e rang mondial pour le fret.
On retrouve là toutes les composantes économiques d’une ville mondiale.
3. L’aménagement urbain de Shanghai reflète dans ses objectifs et son ampleur les
ambitions d’une ville mondiale en privilégiant trois axes :
- l’amélioration des transports urbains afin de relier le centre historique (rive gauche du
Huangpu) aux nouveaux quartiers (Pudong) : nouveaux ponts et tunnels, voies rapides,
métro, Maglev ;
- l’amélioration des connexions aux échelles nationales (LGV), continentale et mondiale
(nouvel aéroport de Pudong, nouveaux ports de Waigaoqiao et de Yangshan) ;
- la création d’un quartier d’affaires résolument moderniste et vertical (Lujiazui).
Ces travaux permettent des performances économiques en pleine croissance et
l’organisation de grands événements telle l’Exposition universelle de 2010.
À cela s’ajoute une planification urbaine propre à toute mégapole d’un pays en croissance
rapide : création de zones industrielles, de villes nouvelles tandis que l’on assiste à une
rapide gentrification du centre-ville.
Capacités bac
4. Le document 6, carte des liaisons aériennes à partir de l’aéroport de Shanghai-Pudong, est
révélateur d’une ville mondiale car il souligne l’importance des liaisons avec les autres
métropoles de l’archipel mégalopolitain asiatique (Tokyo, Séoul, Hong Kong, Singapour,
Bangkok…), avec les deux autres aires de puissance (les métropoles de la mégalopole
européenne, des États-Unis et du Canada dans une moindre mesure) et avec certains pays

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émergents : Dubaï ou Mumbai et Delhi en Inde. Ces liaisons aériennes sont indispensables
aux activités des entreprises chinoises et étrangères, notamment des FTN, implantées dans
la municipalité de Shanghai.

Pages 190-191
>>>>C Quelles sont les conséquences de la croissance de Shanghai à toutes les échelles ?
L’émergence de Shanghai conduit à repenser l’espace de la ville et exige de maîtriser
d’importantes disparités socio-spatiales, de s’appuyer sur un puissant hinterland et de
profiter du dynamisme de la Chine côtière, la Chine de l’ouverture depuis Deng Xiao Ping.
Réponses aux questions
1. Les deux photographies soulignent les disparités socio-spatiales grandissantes en
représentant trois types d’habitat.
En bas, les quartiers anciens, vestiges des lilong (quartiers d’habitat populaire collectif avec
cours et rues étroites), occupés par des populations à faibles revenus (dont les mingong,
travailleurs migrants venus des provinces intérieures). Ce sont des immeubles de 2-3 étages,
avec des échoppes, des ateliers artisanaux. La population vit partiellement dans la rue, le
linge sèche à l’extérieur des logements, les fils électriques et téléphoniques s‘entremêlent…
Les immeubles collectifs récents de grande hauteur (8 à 30 étages) figurent à l’arrière-plan
des deux photographies. Construits en grands ensembles très denses, ils sont occupés par
les classes moyennes.
Les nouveaux quartiers d’habitat individuels, nombreux dans les nouveaux quartiers et les
villes nouvelles, sont d’inspiration occidentale (villas de style allemand, anglais, français,
italien…) et sont très recherchés par les catégories sociales aisées, celles qui tirent le plus
profit de la mondialisation et de la croissance économique (dirigeants et cadres des grandes
entreprises). Ils sont agrémentés d’espaces verts, de jardins, d’équipements de sports
(terrains de tennis) et de loisirs et sont souvent gérés en communautés fermées et gardées.
On retrouve dans ces trois types d’habitat l’importance des contrastes de richesse propres à
tous les pays émergents.
2. La restructuration de l’espace urbain de Shanghai (déjà abordée à la question 3 p. 188) a
été l’une des clés de l’affirmation de la ville en tant que ville mondiale et métropole
économique du centre de la Chine. Ses principaux objectifs étaient :
- l’aménagement de la Nouvelle Zone de Pudong, « vitrine de la modernisation et de
l’internationalisation » (cf. p. 187) ;
- l’amélioration des liaisons intra-urbaines et des connexions nationales et internationales ;
- la structuration du tissu urbain et périurbain à l’échelle de l’ensemble de la municipalité
selon un schéma polycentrique (« One city, nine towns ») avec construction de 9 villes
nouvelles (cf. carte 7 p. 189).
3. L’affirmation de Shanghai se lit à plusieurs échelles. La ville tend à devenir la métropole
économique incontestée de la Chine centrale, celle du bassin du Yangzi dont elle est le
débouché maritime. Ses activités, notamment industrielles et portuaires, bénéficient de
l’amélioration de la navigation sur le fleuve suite à la réalisation du barrage des TroisGorges, barrage dont l’une des fonctions est également d’assurer à la métropole une partie
de ses énormes besoins en électricité. Les entreprises de Shanghai tendent à organiser leurs
activités à l’échelle de l’ensemble du bassin, conservant les fonctions de conception-

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direction alors qu’une partie de la sous-traitance et de l’assemblage sont transférés dans les
provinces de l’intérieur. Notons cependant que les autres capitales provinciales (Nankin,
Wuhan ou Chongqing notamment) tendant à s’émanciper de cette tutelle. De plus, l’axe
nord-sud demeure prépondérant comme le montre le fait que la première LGV achevée a
été l’axe Pékin-Canton par Wuhan.
4. La carte 11 illustre la thématique des « trois Chine » selon les gradients de
développement, du littoral vers l’intérieur. La petite province (municipalité) de Shanghai
appartient sans conteste aux territoires bien intégrés dans la mondialisation, « extravertis »,
fortement exportateurs, où les revenus sont largement supérieurs à la moyenne nationale.
Malgré sa petite superficie, la province de Shanghai se situe au 3 e rang pour la valeur des
exportations et l’entrée des investissements directs de l’étranger, deux indicateurs
révélateurs de l’intégration dans la mondialisation propre à la Chine littorale. Si l’on
considère les trois provinces du delta du Yangzi, on a un ensemble sous-régional de
100 millions d’habitants, recevant la moitié des IDE et assurant le cinquième du PIB chinois
et le tiers de son commerce extérieur. Shanghai appartient indéniablement à l’aire de
puissance asiatique et à son archipel mégalopolitain.
Capacités bac
5. Ces deux documents (doc. 8 et 11, il manque le renvoi au document 8 dans le manuel)
aident à comprendre comment la modernisation, les transformations socio-spatiales
accompagnant l’intégration dans la mondialisation et le développement se lisent à toutes les
échelles : échelle infra-urbaine sur les photographies en doc. 8, échelle régionale et
nationale sur la carte 11, du littoral et des métropoles vers les campagnes et l’intérieur du
pays. On retrouve là le rôle fondamental joué par les littoraux et l’économie maritime dans
la croissance asiatique.

Pages 194-195 BAC
NB : dans le spécimen envoyé aux professeurs, une coquille est intervenue dans le bloc
« aide pour répondre aux questions », question 2 : il faut lire cf. doc. 2 p. 187 et non page
179.
Sujet guidé
Réponses aux questions
1. Le document, un extrait d’un article de Caroline Puel paru dans l’hebdomadaire Le Point le
15 décembre 2011, dresse un portait de Shanghai, « cité la plus vibrante de la planète », de
ses transformations liées à son internationalisation. L’auteur rappelle que cette
internationalisation, cette ouverture, s’est faite en deux phases bien distinctes. La première
date des années 1930, époque des concessions internationales nées à la fin du XIXe siècle,
lorsque la ville, « l’Étoile de l’Asie », accueillait « tout ce que le monde comptait
d’aventuriers, de marchands, de réfugiés » fuyant la crise des années 1930. La seconde, la
phase actuelle, a commencé en 1992 quand « Deng Xiaoping a décidé d’en faire la vitrine de
l’ouverture et de la modernisation chinoise », d’ouvrir le régime communiste chinois aux
investissements et aux technologies occidentales.
2. Le quartier emblématique, « vitrine » de ces transformations, est Pudong : « ces rives
marécageuses de l’autre côté du Huangpu » devenues une « forêt de gratte-ciel audacieux
qui titillent les nuages », immeubles réalisés par « les plus grands architectes

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internationaux ». Pudong est le nouveau quartier moteur de la ville avec le centre d’affaires
de Lujiazui (cf. question 3 p. 187).
3. Le premier paragraphe du texte permet de lister les fonctions de Shanghai et les objectifs
recherchés par les responsables politiques et économiques :
- le plus grand port du monde (place acquise depuis 2005) ;
- une place financière de premier ordre (6e rang mondial actuellement, les autorités
espèrent qu’elle occupera la 1re place en 2020) ;
- le principal centre de recherche-développement ;
- la capitale des industries de pointe.
Ces activités permettent de classer Shanghai dans la catégorie des villes mondiales (malgré
la faiblesse du rayonnement culturel et l’absence de poids politique international). Elles
intègrent la ville dans tous les flux de la mondialisation : flux financiers, commerciaux et
humains « de toute part, on accourt vers cette mégapole ». Shanghai est l’un des pôles
majeurs de l’aire de puissance asiatique.
4. L’émergence de Shanghai en tant que ville mondiale n’aurait pas été possible sans de
gigantesques travaux d’amélioration et modernisation des moyens de transports. Le texte
parle d’autoroutes suspendues, de trains magnétiques (actuellement une ligne relie le
quartier d’affaires à l’aéroport international), de kilomètres de tunnels et de ponts, du TGV
reliant la ville à Pékin et des liaisons aériennes.
Ces informations sont caractéristiques d’une interface, nœud majeur de tous les modes de
transports à toutes les échelles, ce qui est un autre caractère d’une ville mondiale, d’une
métropole appartenant à l’archipel mégalopolitain asiatique, en compétition permanente
avec ses rivales chinoises (Pékin et Hong Kong notamment) ou étrangères : « New York peut
trembler », affirme l’auteur…

Sujet blanc
Réponses aux questions
1. Shanghai, 1er port mondial, offre plusieurs sites portuaires – localisés sur la carte 1 –
représentatifs des différentes phases de l’évolution des transports maritimes et de
l’intégration du territoire dans la mondialisation. Le site ancien, au centre-ville sur les rives
du Huangpu, n’a plus de fonctions commerciales notables. Ensuite, il y a trois sites
portuaires fluvio-maritimes alignés sur la rive droite du Yangzi, le plus récent et le plus
important étant le port de Waigaoqiao. Ces sites servent au transbordement entre les
navires de haute mer et le trafic fluvial et abritent de nombreuses zones industrielles (dont
une zone franche) et des chantiers navals. Deux autres sites sont au sud, sur le littoral de la
baie de Hangzhou, dont le port de Luchaogang, relié par le pont de Donghai au plus récent et
plus gigantesque terminal, le nouveau port en eau profonde de Yangshan, port d’éclatement
du trafic des conteneurs et des supertankers, adapté au trafic international sur la voie
maritime la plus fréquentée du monde et reliant l’Asie orientale au reste du monde.
2. Ainsi, Shanghai est un hub maritime mondial de premier ordre fonctionnant à toutes les
échelles :
- régionale : le plus grand port du delta du Yangzi (avec son rival Ningbo : cf. carte 2) ;
- nationale : port desservant l’ensemble des provinces littorales chinoises, en compétition
notamment avec Hong Kong et les ports du nord de la Chine ;
- continentale : Shanghai est au cœur de la façade maritime asiatique, la plus active grâce à
la formidable croissance économique de « l’atelier du monde » ;

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- mondiale comme le montre la carte 2 du réseau de l’armateur shanghaïen CSCL dont les
principales lignes maritimes relient Shanghai à tous les centres d’impulsion de la
mondialisation, à tous les partenaires commerciaux de la Chine, y compris les autres pays
émergents et les territoires pourvoyeurs de matières premières : l’Afrique par exemple.
3. Les différents ports de Shanghai sont donc parfaitement insérés dans la mondialisation
des transports maritimes, à la fois par leurs trafics – importations de matières premières et
de composants indispensables aux innombrables entreprises industrielles de la ville et des
provinces périphériques, exportations par conteneurs de produits manufacturés –, et par
leurs acteurs – toutes les grandes compagnies maritimes mondiales desservent les ports de
Shanghai (cf. chapitre 5, sujet d’étude 2). À côté de l’entreprise locale CSCL (carte 2), on peut
citer les trois géants européens Maersk, MSC et CMA-CGM.
4. Pour classer Shanghai parmi les villes mondiales émergentes, des fonctions autres que la
fonction portuaire, sont nécessaires. On peut citer la fonction industrielle, les activités
universitaires et de recherche-développement et surtout les fonctions de commandement
(sièges sociaux d’entreprises, par exemple CSCL) et les fonctions financières (banques et
Bourse de Shanghai). On peut y ajouter les fonctions de loisirs et l’essor du tourisme :
Exposition universelle de 2010 et ouverture prévue en 2016 d’un parc Disneyland.

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Chapitre 5
La mondialisation : acteurs, flux et réseaux
Ce thème, que le programme place de manière quelque peu paradoxale après l’étude des
territoires dans la mondialisation, se compose d’une question obligatoire abordant le thème
par le biais d’une catégorie d’acteurs de la mondialisation, les plus médiatisés et les plus
influents, les firmes transnationales (FTN, appellation préférable à l’ancienne FMN, firmes
multinationales). Cette question obligatoire traite également des flux et des réseaux,
composantes essentielles de la mondialisation.
Elle est prolongée par deux sujets d’étude au choix :
• « Les migrations internationales », une catégorie de mobilités humaines participant, plus
ou moins, de la mondialisation.
• « Transports et routes maritimes », étude permettant d’approfondir une catégorie de flux
et de réseaux indispensables à la mondialisation.
La mondialisation renvoie à un ensemble de processus matériels et organisationnels qui
renforcent l’interdépendance des lieux, des économies et des sociétés à l’échelle de la
planète. Elle opère comme un système dynamique, résultante lisible de processus émanant
de l’interaction de plusieurs champs et acteurs :
- le champ économique : le renforcement des échanges à l’échelle de la planète, sous le
double effet de la généralisation de l’économie de marché fondée sur la financiarisation et
de la libre circulation des facteurs de production ;
- le champ politique : constitution de grandes entités supranationales ; politiques de
dérégulation des États ;
- le champ technique : développement des réseaux et massification des flux de
marchandises et d’information ;
- le champ socio-culturel : migrations, mobilités, réseaux sociaux, diasporas, élites
mondialisées.

Bibliographie
• Sur la mondialisation
- L. Carroué, « La Mondialisation en débat », La Documentation photographique n°8 037,
La Documentation française, 2007
- L. Carroué, D. Collet, C. Ruiz, La Mondialisation, Bréal, 2009
- A. Ciattoni et Y Veyret (dir.), Géographie et géopolitique de la mondialisation, Hatier, 2011
- M.-F. Durand (dir.), Atlas de la mondialisation : comprendre l’espace mondial, Presses de
Sciences Po, une édition annuelle de 2006 à 2010 (avec un dossier spécial Chine en 2008,
Brésil en 2009, Russie en 2010)
- C. Ghorra-Gobin, Dictionnaire des mondialisations, Armand Colin, 2007
- C. Grataloup, Géohistoire de la mondialisation : le temps long du monde, Armand Colin,
2007
- C. Grataloup, « Représenter le monde », La Documentation photographique n°8 084,
La Documentation française, nov.-déc. 2011
- Atlas et annuaires statistiques, notamment les Images économiques du monde (Armand
Colin)

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Page 30

Les principaux sites internet exploitables sont les sites des organisations internationales (et
leurs annexes statistiques) :
- L’OMC : www.wto.org
- La Banque mondiale : www.banquemondiale.org
- Le FMI : www.imf.org
- L’OCDE : www.oecd.org
- Et bien entendu les sites des firmes transnationales elles-mêmes, sites très divers dans leur
richesse et leur accessibilité ; les données les plus intéressantes étant souvent dans les
onglets « actionnaires / investisseurs » et les rapports d’activité ou les communiqués de
presse.

• Sur les migrations internationales
- C. Withol de Wenden, Atlas mondial des migrations, Éditions Autrement, 2012
- S. Mekdjian, « Mobilités et mondialisation, le monde en mouvement ? », in A. Ciattoni et
Y. Veyret (dir.), Géographie et géopolitique de la mondialisation, Hatier, 2011

• Sur les transports et les routes maritimes
- A. Louchet, La Planète océane, Armand Colin, 2009
- M. Fournier, « Mers et conflits : étude d’un espace spécifique », in F. Tétart (dir.),
Géographie des conflits, SEDES / CNED, 2011
- P. Marchand, « L’importance stratégique de la dimension maritime », in F. Tétart (dir.),
Géographie des conflits, SEDES / CNED, 2011
- D. Ortolland, J.-P. Pirat, Atlas géopolitique des espaces maritimes, frontières, énergie, pêche
et environnement, Éditions Technip, 2010
- J. Varlet et P. Zembri, Atlas des transports, Éditions Autrement, 2010

Pages 196-197 OUVERTURE DE CHAPITRE
La publicité pour la firme Coca-Cola illustre la question obligatoire (le rôle des FTN dans la
mondialisation) à travers la marque la plus connue dans le monde : Coca-Cola. Cette firme
est présente dans la quasi-totalité des pays, dans les territoires les plus enclavés, fabriquant
et commercialisant un produit emblématique de l’intégration et d’une certaine
standardisation des modes de consommation. Le document illustre l’un des outils essentiels
de ces firmes : la publicité, adaptée, déclinée selon toutes les cultures.
La photographie des émigrés clandestins illustre le premier sujet d’étude (les migrations
internationales) et la photographie du canal de Suez le deuxième sujet d’étude (transports et
routes maritimes). Ces photographies permettent d’initier les élèves aux enjeux du chapitre.

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Page 31

Pages 198-199 CARTES

Mondialisation et firmes transnationales
En page 198, ce sont deux cartes diachroniques qui sont proposées. Cet exercice de
confrontation entre la situation en 2000 et 2010 a un double objectif : repérer les grands
pôles qui sont au cœur des échanges internationaux, d’évaluer leur part respective et les
permanences et les mutations en cours.
En page 199, la carte de répartition des sièges sociaux dans le monde permet d’identifier les
territoires où les FTN sont les plus nombreuses et de faire le lien avec le chapitre précédent
sur les aires de puissance.
Réponses aux questions
1. Les trois pôles dominants des échanges mondiaux de marchandises sont les trois aires de
puissance étudiées dans le chapitre 4 : l’Europe occidentale, l’Asie orientale et l’Amérique du
Nord.
2. C’est en Europe occidentale que l’intégration est la plus forte comme le montre la part
des flux intra-zone (71 %). Cela s’explique par plusieurs facteurs : la proximité géographique,
la relative étroitesse des marchés nationaux de petits États, parfois peu peuplés (en
comparaison avec les États géants des autres aires de puissance), par une longue histoire
d’échanges internationaux, nés dès le Moyen Âge, entre l’Europe méditerranéenne et
l’Europe du Nord-Ouest par la vallée du Rhin ou les ports méditerranéens et atlantiques ;
enfin et surtout, par l’intégration résultant du marché unique né de la construction
européenne depuis 1957. Presque tous les États d’Europe occidentale ont comme premier
partenaire commercial l’un de leurs voisins, par exemple la France et l’Allemagne.
3. Par contre, c’est l’Asie orientale qui connaît la croissance la plus rapide entre 2000 et
2010, passant de 1 649 milliards de $ à 4 686 milliards de $, soit des échanges multipliés par
presque 3 en 10 ans. Cette performance exceptionnelle s’explique par la rapide croissance
économique asiatique, notamment celle de la Chine, devenue depuis peu le 1er exportateur
et la 2e économie mondiale. L’atelier du monde et ses milliers d’usines chinoises, japonaises,
sud-coréennes… alimente les flux d’exportation de produits manufacturés les plus intenses
vers toutes les régions du monde et, condition sine qua non, des flux d’importation
croissants de matières premières et de sources d’énergie.
4. Cette formidable croissance des pays asiatiques leur permet de présenter une balance
commerciale excédentaire (exportations supérieures aux importations), notamment avec les
deux autres aires de puissance : Amérique du Nord et Europe occidentale. On peut deviner
le rôle des FTN et de la nouvelle division internationale du travail, fournissant en biens de
consommation manufacturés à bas coût en Asie orientale tous les marchés de la planète.
5. La carte de la page 199 introduit explicitement à l’étude des acteurs clés de la
mondialisation, les FTN, par la localisation (à l’échelle des États) des sièges sociaux des
500 premières firmes transnationales selon le classement Fortune 500 / CNN Money
(plusieurs autres classements existent). Sans surprise, les six États comptant le plus grand
nombre de sièges sociaux appartiennent aux trois aires de puissance (les trois aires étant
pratiquement ex æquo), aux centres d’impulsion de la mondialisation, dans l’ordre : les
États-Unis, encore largement en tête avec 132 sièges, suivis de la Chine en progression très
rapide (73 sièges), qui vient de dépasser en 2011 le Japon (68). Suivent ensuite trois pays
européens, la France, l’Allemagne (32 chacun) et le Royaume-Uni (26).
6. Les FTN des pays émergents sont de plus en plus apparentes dans ce classement des
« Global 500 ». À côté de la Chine, on relève également l’Inde et le Brésil avec 8 entreprises

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chacun, la Russie (7) et, dans une moindre mesure, le Mexique (avec la plus grosse fortune
privée mondiale : Carlos Slim), les pays du Golfe (Arabie et Émirats arabes unis), la Turquie
ou les pays d’Asie du Sud-Est. Par contre, un continent demeure marginalisé, l’Afrique, qui
ne dispose d’aucun siège des 500 premières FTN ; l’absence de l’Afrique du Sud peut
surprendre mais ses principales entreprises (conglomérats miniers notamment) ont leur
siège à Londres.

Pages 200-207 QUESTION OBLIGATOIRE

1. Les FTN, acteurs majeurs de la mondialisation
Plusieurs acteurs ont un rôle majeur dans le fonctionnement de la mondialisation : les pôles
de la mondialisation financière – et, plus généralement, les villes mondiales –, les pôles de la
gouvernance mondiale, les États, les zones franches, les paradis fiscaux… et, bien
évidemment, les entreprises. Le programme ne retient dans ce chapitre que le rôle des
firmes transnationales.
Pages 200-201
>>>>A Les FTN, des fournisseurs de produits mondialisés
Le schéma 1 illustre le rôle fondamental des FTN dans la production de biens de
consommation mondialisés, signe particulièrement visible du fonctionnement de la
mondialisation. Deux exemples concrets de FTN complètent le dossier (Apple et Zara).
Réponses aux questions
1. À partir de l’exemple des produits « de marque » que peuvent porter (ou dont rêvent) les
élèves, on peut expliquer comment la quasi-totalité des biens de consommation sont
désormais des produits mondialisés. Ces biens de consommation sont des produits
manufacturés vendus au détail à tous les consommateurs pour leurs besoins personnels. Ce
sont des produits mondialisés dans la mesure où la plupart sont conçus dans les centres
d’impulsion, fabriqués plus ou moins complètement dans d’autres pays (pays émergents ou
pays en développement) pour être ensuite commercialisés sur toute la planète par les FTN
ou leurs filiales. Cela permet une première approche de la notion de nouvelle division
internationale du travail.
2. Les élèves peuvent transcrire cela dans un schéma simple, soit général, soit propre à un
produit en particulier (téléphone mobile avec la carte 2 relative à la firme Apple, vêtement
Zara avec le doc. 3 ou autre).
- La conception a lieu dans les bureaux de développement et de design situés dans les
centres d’impulsion, par exemple à Cupertino (Californie) pour Apple ou en Espagne (Galice)
pour Zara.
- La fabrication des vêtements Zara peut être faite en Europe (Espagne, Portugal, Italie,
Roumanie), au Maroc, en Turquie ou en Asie (Inde, Chine…). L’assemblage des produits
Apple se fait à partir de composants venus des États-Unis et surtout d’Asie orientale, en
Chine, dans les usines géantes du sous-traitant Foxconn.
- Après transport par conteneurs, la commercialisation a lieu dans le monde entier, les
principaux marchés se situant dans les aires de puissance.
3. Le succès du numéro 1 mondial du prêt-à-porter, le groupe espagnol Inditex, propriétaire
des marques Zara, Bershka ou Massimo Dutti s’explique par une stratégie d’entreprise

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apportant le maximum de souplesse, de flexibilité et de rapidité dans le traitement des
commandes et l’adaptation au marché. Cela évoque les méthodes du toyotisme appliquées
au textile. Les produits sont conçus dans de vastes ateliers de design à Arteixo (près de La
Corogne) et fabriqués dans deux types de pays : les pays proches pour les petites séries à
renouvellement rapide et, pour les grandes séries et les produits « basiques », dans les paysateliers à faible coût de main-d’œuvre. Une très bonne organisation logistique permet des
livraisons rapides. Le groupe opère sans publicité, ses 5 693 magasins implantés dans les
centres commerciaux et les quartiers les plus fréquentés des grandes villes lui assurant une
notoriété suffisante.
Capacités bac
4. Les réponses précédentes fournissent les arguments justifiant l’affirmation : « les FTN
sont des fournisseurs de produits mondialisés. Les élèves disposent de plusieurs exemples,
dont celui de deux FTN vendant des biens de consommation. L’étendue de leur réseau de
magasins, leur organisation du travail et leur sens du marketing illustrent le fonctionnement
de la mondialisation conçu par les FTN.

Pages 202-203
>>>>B Puissance et diversité des FTN
Tous les documents de cette double page permettent d’illustrer la diversité et la puissance
des FTN.
Réponses aux questions
1. Les FTN sont devenues des « acteurs majeurs et multiformes » (doc. 4) de la
mondialisation contemporaine. « Elles réalisent plus du quart du PIB mondial et,
directement ou indirectement, les deux tiers du commerce international ». Leur valeur et les
IDE (investissements directs à l’étranger) augmentent considérablement.
2. Apparues à la fin du XIXe et au début du XXe siècle aux États-Unis et en Europe (on peut
citer les exemples de Ford, Michelin, BP ou Shell qui furent parmi les premières à s’installer
hors de leur pays d’origine), elles ont connu une formidable croissance depuis les Trente
Glorieuses. Le texte 4 indique qu’elles sont passées entre 1967 et aujourd’hui, de 6 000 à
82 000 et leurs filiales à l’étranger de 27 000 à 815 000. Le tableau 5 montre qu’entre 1982
et 2009, le chiffre d’affaires de leurs filiales à l’étranger a été multiplié par 12, leurs
exportations par 8, et, rapprochement intéressant, tandis que le nombre de salariés n’était
multiplié « que » par 4,6, leurs actifs totaux étaient multipliés par 41. Belle illustration des
énormes gains de productivité permis par la mondialisation libérale contemporaine et la
NDIT.
3. Le tableau 6 présente les plus importantes FTN – hors secteur financier – et permet de
constater que le poids des trois aires de puissance demeure incontestable. En effet, sur ces
22 groupes, 8 ont leur siège en Europe occidentale, 7 aux États-Unis, 5 en Asie orientale.
Seules deux entreprises sont situées dans des pays émergents autres que la Chine, Russie et
Brésil en l’occurrence.
4. Ce document 6 souligne le poids grandissant pris par le secteur de l’énergie et des
matières premières avec 13 groupes sur 22 et notamment des deux premiers (l’anglonéerlandais Royal Dutch-Shlell et l’américain Exxon Mobil, héritier de la Standard Oil de
Rockfeller). Viennent ensuite l’industrie automobile représentée par 5 FTN, puis d’autres

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secteurs des biens de consommation et le numéro 1 de la grande distribution, l’américain
Wal Mart Stores.
5. La carte 7 présente, en complément de la carte 2 p. 201 relative à Apple, l’organisation
mondiale – production et marchés – de la firme automobile japonaise Toyota, qui dispute
depuis quelques années à General Motors le titre de n° 1 mondial du secteur devant le
groupe Volkswagen qui a dépassé Ford. Ses principaux marchés correspondent aux aires de
puissance (où sont situées les directions régionales) : Japon et reste de l’Asie orientale,
Amérique du Nord, Europe, puis les autres régions (Moyen-Orient, Afrique, Amérique latine
et Océanie). Les unités de production, en dehors du Japon, se situent essentiellement en
Asie – notamment en Chine –, en Amérique du Nord, dans trois États d’Amérique latine, en
Afrique et en Europe (dont, en France, l’usine d’Onnaing, près de Valenciennes). Nos
sommes donc bien en présence d’une FTN dont l’organisation est globale, mondialisée.
6. Les documents 2 p. 199 et 6 p. 202 ont montré la croissance des FTN issues des pays
émergents. Le texte 8 confirme cette montée en puissance et donne quelques exemples de
leurs stratégies. Elles sont particulièrement intéressées par les services
(télécommunications, cinémas) et l’industrie où elles rachètent des entreprises occidentales
pour acquérir plus rapidement technologies et licences leur permettant d’étendre leurs
productions. On assiste par exemple depuis quelques années au rachat de PME allemandes
par des entreprises chinoises dans des « niches » technologiques intéressantes. On peut
également rappeler la course menée par les entreprises chinoises aux matières premières en
Afrique ou en Asie du Sud-Est et l’exemple bien connu en France du groupe indien Mittal
ayant racheté le n°1 mondial de la sidérurgie Arcelor.
Capacités bac
7. Les élèves peuvent utiliser le document 6 pour mémoriser quelques exemples de FTN
dans divers secteurs. Ils peuvent également retenir des noms familiers d’entreprises
françaises qui sont également des FTN, par exemple pour les services Carrefour, Casino,
Veolia, Suez-GDF, Vinci, Bouygues et, pour les industries, Michelin, Renault et PSA, Alstom…

Pages 204-205
>>>>C Les outils de l’internationalisation des FTN
Les documents soulignent ici l’importance des outils qui ont permis l’internationalisation des
entreprises : la libre circulation des marchandises et des capitaux, les IDE, le conteneur qui a
permis l’explosion des flux maritimes et la circulation des élites.
Réponses aux questions
1. La révolution des transports, et notamment la conteneurisation, est l’un des outils de
l’internationalisation des FTN et de l’extension rapide de la mondialisation économique. Les
conteneurs sont des boîtes métalliques dont la taille et les caractéristiques techniques sont
standardisées. Ces boîtes peuvent contenir toute sorte de marchandises, notamment des
produits manufacturés qui, par ce conditionnement, peuvent être facilement mobilisés
(systèmes de grues et de portiques de transbordement) et stockés à terre ou sur les navires
(porte-conteneurs) en empilant les boîtes. Cette standardisation permet une rationalisation
et donc une accélération des opérations de chargement / déchargement du navire en
évitant les ruptures de charge. Les conteneurs favorisent l’intermodalité en étant manipulés
sur des plateformes multimodales permettant le transbordement rapide des conteneurs des

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navires à d’autres modes de transport (camions, voies ferrées, avions-cargos) et leur
acheminement vers des zones industrielles ou logistiques.
2. Le libre-échange est un autre outil essentiel à la mondialisation. Il a été initié par les
Britanniques au XIXe siècle, lorsque le Royaume-Uni était la première puissance économique
mondiale incontestée. Les années de crises et de guerres mondiales firent reculer, voire
disparaître, le libre-échange jusqu’en 1945. L’un des pivots de la politique des États-Unis à la
fin de la Seconde Guerre mondiale fut de promouvoir le libre-échange : Accords du GATT de
1947 entamant une série de négociations internationales (les « Rounds ») conduisant à
l’abaissement progressif des droits de douane, puis création de l’OMC en 1995. Cette
libéralisation des échanges en abaissant les prix à la consommation a stimulé la production
et les échanges. Elle est aussi au cœur de la création des « marchés communs » liés aux
organisations économiques régionales selon le modèle créé par le traité de Rome pour
l’Europe en 1957 et imité ensuite par le MERCOSUR ou l’ALENA. Les FTN se sont
parfaitement adaptées à cette libéralisation en concevant leurs produits, leurs stratégies de
manière globale, planétaire, ou continentale, par grandes aires de marchés.
3. La libéralisation concerne également les flux de capitaux par la déréglementation des
marchés financiers initiée à Londres par Mrs Thatcher, puis aux États-Unis au début des
années 1980 (politiques néolibérales). L’adaptation des marchés financiers à cette
déréglementation a été facilitée, accélérée par les nouvelles technologies apparues
simultanément : informatique et Internet. Les flux de capitaux et toutes les entreprises
financières (banques, Bourses, cf. doc. 11) fonctionnent désormais en continu, 24 heures
sur 24, de manière plus ou moins automatique et ultrarapide (à la nanoseconde). Ils
atteignent des sommes colossales et des degrés de sophistication extrêmes, mais non sans
risques comme l’a prouvé la crise des subprimes de 2008 et ses conséquences planétaires et
encore actuelles.
4. Les flux financiers sont très divers. Ceux qui concernent le plus les FTN et la mondialisation
sont les IDE, les investissements directs à l’étranger qui leur permettent de créer des filiales
ou d’acheter des concurrents ou d’autres entreprises prometteuses. Les IDE peuvent être
comptabilisés en flux ou en stock, ce qui est plus révélateur de la géographie de la
mondialisation. On retrouve la hiérarchie des territoires étudiée dans le chapitre précédent,
entre centres d’impulsion bien intégrés, les aires de puissance en particulier, puis les pays
émergents, exportateurs de matières premières et, enfin, les pays plus ou moins
marginalisés, surtout en Afrique.
5. C’est l’Europe occidentale qui est, très nettement, le premier pôle de réception des IDE
car c’est le premier pôle commercial de la planète et le plus intégré en termes d’échanges.
Ces IDE viennent des pays européens eux-mêmes et des États-Unis essentiellement,
secondairement des pays d’Asie orientale. Le deuxième stock d’IDE se situe en Amérique du
Nord, premier marché de consommation de la planète sur lequel investissent les FTN du
monde entier. Ce sont donc les pays les plus riches, les plus développés, qui attirent le plus
les IDE, suivis par les pays-ateliers.
6. Le document 13 permet d’évoquer rapidement la question des mobilités internationales,
flux humains qui sont l’une des composantes de la mondialisation. La question peut être
approfondie avec le sujet d’étude 1 de ce chapitre, notamment le texte 12 p. 225, et avec le
sujet d’étude 2 du chapitre 6 (p. 274-279), traitant plus particulièrement des mobilités
internationales des Français. Si de nombreux flux migratoires ne sont pas directement liés
aux FTN, la mobilité des élites s’est fortement accrue depuis quelques décennies et peut être
plus ou moins reliée aux stratégies des FTN et à la NDIT (cf. p. 206). En effet, les firmes

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transnationales créant de très nombreuses filiales à l’étranger, que ce soit pour la
production ou la commercialisation, ont besoin de cadres expatriés pour diriger et animer
ces sociétés. De plus, la quête permanente de l’innovation, l’importance prise par les
activités de recherche-développement accentuent la mobilité des chercheurs et des
ingénieurs qui a conduit à créer la notion de brain drain, fuite des cerveaux au détriment des
pays du Sud (cf. chiffres clés p. 228). Cette tendance pourra peut-être se ralentir dans la
mesure où de plus en plus de laboratoires de recherche, de sociétés d’ingénierie et de
services se créent dans les pays émergents (cf. la croissance de Bangalore en Inde) qui
veulent profiter de l’externalisation de certaines fonctions par les FTN pour rattraper leur
retard dans les activités d’innovation.
Capacités bac
7. L’ensemble des réponses de cette page permettent aux élèves de disposer d’arguments
pour justifier l’affirmation : « Les FTN ont besoin d‘outils pour s’internationaliser ».
Rappelons les principaux de ces outils : la révolution des transports et des TICE
(informatique, Internet), la libéralisation des échanges et la déréglementation (on peut y
ajouter les privatisations nombreuses depuis les années 1980, au Nord comme au Sud),
l’accélération des échanges de toute nature et de la mobilité des élites (cf. schéma p. 209).

Pages 206-207
>>>>D Les stratégies territoriales des FTN
Les FTN sont des acteurs majeurs de la nouvelle division internationale du travail. Leur
stratégie les conduit à utiliser les différenciations socio-spatiales qui caractérisent le monde.
Réponses aux questions
1. La notion centrale de cette double page est la NDIT (nouvelle division internationale du
travail). Rappelons déjà e que l’on appelait division internationale du travail avant les années
1960-1970 : les pays du Sud (pays sous-développés ou PVD selon la terminologie de
l’époque), succédant aux colonies européennes, fournissaient les pays industrialisés en
matières premières qui étaient transformés par les entreprises industrielles de ces pays qui
exportaient ensuite dans le monde entier ces produits finis.
La NDIT correspond à une autre organisation internationale du travail liée à la phase
contemporaine de la mondialisation : de plus en plus d’activités de production,
d’assemblage ont lieu dans des pays à faible coût de main-d’œuvre tandis que la
désindustrialisation gagne peu à peu un nombre grandissant de pays développés où ne
subsistent que les activités de conception, de recherche et de fabrication de haut de gamme
ou de niche technologique.
La NDIT est l’élément central des stratégies territoriales des FTN. Elles sont dirigées depuis
les pays les plus développés, depuis les centres d’impulsion des aires de puissance qui sont
également les principaux foyers de consommation. Leur stratégie s’organise de manière
globale, planétaire ou continentale par la mise en concurrence des avantages comparatifs
des territoires et permet des gains de productivité et donc une meilleure rentabilité des
investissements. Cela aboutit à une typologie des territoires représentés sur la carte 14,
typologie que l’on pourrait bien entendu nuancer selon les échelles. Certains pays, certaines
régions sont avant tout des pourvoyeurs de matières premières, qu’elles soient agricoles,
minières ou énergétiques (cas des pays exportateurs d’hydrocarbures). Ces matières

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premières sont transformées en produits semi-finis, puis en composants ou en produits finis
dans des pays-ateliers dont le principal avantage est le faible coût de main-d’œuvre et, dans
une moindre mesure, la proximité géographique (cf. le Mexique par rapport aux États-Unis
ou les pays d’Europe centrale et orientale par rapport à l’Europe occidentale). Certains pays
et territoires recherchent « une stratégie de niche », tirant profit soit de leurs aménités, soit
de leur situation géographique (proximité des centres d’impulsion, passages stratégiques…)
pour capter des implantations touristiques (Bassin méditerranéen, Bassin caraïbe ou
archipels de l’océan Indien) ou des flux financiers offshore (paradis fiscaux) ; d’autres ont
misé sur la système des zones franches (cf. doc. 3 p. 167 par exemple) pour s’intégrer dans la
NDIT par le biais des activités de production industrielle ou de services tertiaires
(plateformes d’appels téléphoniques par exemple).
2. Dans cette NDIT, certains territoires demeurent plus ou moins marginalisés (cf. question
obligatoire du chapitre 4), notamment sur le continent africain ou en Asie. L’échelle étatique
n’est pas la plus pertinente pour analyser cette marginalisation. Néanmoins, des États
enclavés (République centrafricaine), repliés en autarcie (Corée du Nord), instables
politiquement (Somalie, Afghanistan, République démocratique du Congo) ou trop pauvres
ou exigus pour constituer des marchés intérieurs intéressants pour les FTN, peuvent être
repérés sur la carte. On pourra expliquer cependant qu’il n’y a plus aucun territoire qui soit
vraiment totalement exclus de la mondialisation dans la mesure où la quête des matières
premières a conduit les FTN à prospecter partout et à ouvrir des exploitations minières ou
des centres de collecte de produits agricoles ou forestiers, que ce soit en Amazonie, au
Tchad, en Papouasie-Nouvelle Guinée ou en Mongolie…
3. Les avantages comparatifs des territoires entrent dans la NDIT, mais de manière
diversement évaluée par les économistes. La définition de la page 206 et les documents 14
et 15 fournissent des exemples concrets : ressources (agricoles, forestières ou minières),
coût de la main-d’œuvre (avec des écarts supérieurs à 1 pour 50), aménités touristiques. Le
chapitre 4 a montré l’importance des infrastructures, notamment en situation d’interface,
pour favoriser l’intégration d’un territoire : des réseaux de transports rapides et
interconnectés, un enseignement de qualité, une politique économique et fiscale favorable à
l’innovation sont également des avantages comparatifs. Les avantages comparatifs sont
donc tous les facteurs qui peuvent rendre un territoire intéressant, avantageux, compétitif,
pour l‘implantation d’une activité économique et l’accueil d’IDE.
4. La compétitivité d’un territoire ne se limite pas au seul coût du travail, de la maind’œuvre. La comparaison des documents 15 et 16 est éclairante : le pays où le coût horaire
de la main-d’œuvre (salaires et charges comprises) est le plus élevé est également celui qui
est considéré comme le plus compétitif dans l’étude citée par le document 16 : il s’agit de la
Suisse, pour laquelle l’environnement financier et fiscal et la situation au cœur de l’Europe
représentent des avantages bien plus intéressants pour les FTN que le coût de la maind’œuvre. Bien entendu, il ne s’agit pas des mêmes activités : une FTN ne va pas aller
s’implanter en Suisse pour fabriquer des vêtements ou assembler des téléphones mobiles ;
elle se contentera d’y installer une partie de ses services financiers, peut-être un laboratoire
de recherche ou une plateforme logistique… Le second du classement 2012, Singapour, offre
des avantages similaires : situation exceptionnelle d’interface sur la voie maritime
circumterrestre, environnement financier et fiscal très avantageux, stabilité politique
remarquable, qualification élevée de la main-d’œuvre… Quant aux pays d’Europe du Nord
(Suède ou Finlande), ce n’est certainement pas le coût de la main-d’œuvre ou le niveau de la
fiscalité qui en font des pays compétitifs mais la place importante accordée à la recherche-

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développement et le haut niveau de qualification de leur main-d’œuvre (et aussi leur
appartenance à l’UE).
5. Le texte 17 pointe une question qui fait l’objet de nombreux débats politiques et
économiques en France ou aux États-Unis notamment. Faut-il produire français, acheter du
« made in France » ? La notion de « made in country » a-t-elle encore un sens dans la mesure
où de nombreux produits manufacturés sont assemblés à partir de composants venus de
différents pays. C’est en effet le dernier pays intervenant dans le montage, l’assemblage qui
peut se voir attribuer l’étiquette « made in…. » . Les statistiques du commerce international
sont établies à partir de ces considérations, ce qui gonfle artificiellement les volumes des
échanges car les composants traversent plusieurs fois les frontières et fausse la notion de
balance commerciale. Une automobile de marque française, conçue en France, avec un
moteur et une boîte de vitesses fabriqués en France, d’autres pièces venant d’Espagne ou de
Turquie, mais assemblée en Slovénie sera considérée comme une importation française d’un
véhicule « made in Slovenia ». Est-ce un véritable déficit commercial pour la France ? L’étude
a été menée sur les iPhone d’Apple, assemblés chez le sous-traitant Foxconn en Chine : en
2009, la méthode statistique traditionnelle donnait pour ce produit un déficit des États-Unis
vis-à-vis de la Chine de 1 900 millions de dollars. Si l’on tient compte de l’origine des
composants de l’iPhone 3G, le déficit vis-à-vis de la Chine n’est plus que de 73 millions de $
(le coût de l’assemblage et des essais) alors qu’il se creuse à près de 650 millions de $ vis-àvis du Japon et à 260 millions de $ avec la Corée du Sud, pays d’où provenaient les
composants les plus sophistiqués et donc la valeur ajoutée la plus importante. Globalement,
en 2008, le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de la Chine mesuré en valeur ajoutée
était estimé à 165 milliards de dollars contre 285 selon la comptabilité traditionnelle
(Alternatives économiques hors-série n° 93, 3e trimestre 2012, p. 38).
6. Pour l’opinion publique, la mondialisation, les stratégies des FTN demeurent souvent
synonymes d’importations massives de produits « made in China » ou autre, de pertes
d’emplois liées aux délocalisations. La manifestation des ouvrières d’Aubade, protestant en
février 2010 contre la fermeture de leurs usines et la délocalisation de la fabrication en
Chine et en Tunisie le prouve. Les pays à faible coût de main-d’œuvre captent de plus en
plus les IDE des FTN et les fabrications à faible ou moyenne valeur ajoutée, aggravant la
désindustrialisation de régions entières et, avec des nuances selon les pays et les périodes, à
la montée du chômage.
7. Le texte 19 montre que les délocalisations ne sont pas inéluctables ; on assiste depuis peu,
de manière encore marginale, à des relocalisations, que ce soit comme ici en France :
(optique Atol dans le Jura), aux États-Unis ou au Royaume-Uni, donc des pays pionniers de la
révolution industrielle. Pourquoi ? Essentiellement pour des questions de délais (un
conteneur met au minimum trois semaines pour être importé de Chine), de souplesse de
fabrication pour des petites quantités, parfois aussi pour des questions de qualité, de finition
du produit, voire pour changer l’image de marque d’un produit, pour signifier au
consommateur une « montée en gamme ».
Capacités bac
8. En relation avec la question obligatoire du chapitre 4, les réponses aux questions
précédentes permettent de disposer d’arguments pour justifier l’affirmation : « La NDIT met
en concurrence des territoires dans l’espace mondialisé ».
- La concurrence pour l’implantation des unités de production entre vieux pays
industrialisés, pays émergents et PED. Cette concurrence tient compte du coût de la main-

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Page 39

d’œuvre, mais pas uniquement, d’autres avantages comparatifs sont pris en compte par les
FTN.
- La concurrence entre pays émergents eux-mêmes, que ce soit pour l’accueil des IDE des
FTN, l’approvisionnement en matières premières, l’implantation des interfaces maritimes…
- La concurrence grandissante pour l’implantation des activités de services qualifiés
(comptabilité, ingénierie financière…) et de recherche-développement, les pays émergents
(Chine, Inde notamment) captant de nouvelles implantations dans ces domaines grâce à la
formation de nombreuses cohortes d’ingénieurs, de chercheurs au coût salarial moins élevé
que dans les métropoles des pays développés.
- La compétition peut aussi exister pour la fourniture de matières premières, agricoles
notamment (céréales, café, huile de palme…), cf. schéma p. 209.

Pages 210-213 QUESTION OBLIGATOIRE

2. Les flux et les réseaux de la mondialisation
Ceux-ci sont les conséquences de l’internationalisation des firmes.
Pages 210-211
>>>>A La mise en réseaux du monde
Les transports maritimes, les réseaux de fret, les routes maritimes associées aux grands
ports mondiaux forment des réseaux sur lesquels s’appuient des flux croissants de
marchandises.
Réponses aux questions
1. Le document 1 se décompose en deux graphiques : celui de gauche compare l’évolution
du commerce maritime mondial au PIB mondial et au commerce mondial dans son
ensemble. Le commerce maritime a crû, entre 1990 et 2010, plus rapidement que le PIN
mondial, mais moins rapidement que le commerce global (tous modes de transports
confondus). À l’intérieur du commerce maritime (graphique de droite), ce sont les échanges
par conteneurs qui se sont accrus le plus rapidement (multipliés par 5), ce qui témoigne de
la croissance rapide des flux de produits manufacturés liée à l’accélération de la
mondialisation. Au contraire, les vracs secs n’ont été multipliés que par 2,2 environ et les
transports d’hydrocarbures par 1,7.
2. Un hub est une plaque tournante : sur un nœud de transport, une compagnie regroupe au
maximum ses liaisons pour obtenir le meilleur coefficient de remplissage. Inventé par les
compagnies aériennes, ce système s’est étendu aux transports routiers et maritimes.
3. La révolution des transports est vraiment au cœur de la mondialisation contemporaine, à
la fois par les transports conventionnels (terrestres, maritimes et aériens), mais surtout par
la révolution des technologies de l’information et de la communication qui permettent une
accélération et une plus grande souplesse de toutes les connexions. Toutes les entreprises
de transports gèrent en temps réel, souvent avec la géolocalisation, la circulation de leurs
navires, de leurs camions et bien entendu des avions. Tous les conteneurs sont équipés d’un
code-barres qui permet un suivi des transbordements fiable et plus rapide. Ce sont des
chaînes logistiques ininterrompues qui relient tous les nœuds des réseaux de transports
(plateformes multimodales notamment) et permettent l’acheminement toujours plus rapide
de tous les échanges.

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Page 40

4. La carte 4 représente le réseau de fret aérien du n° 1 mondial, l’américain Fedex, dont
l’organisation reflète bien la géographie des aires de puissance. Ce réseau, fonctionnant
24 heures sur 24, est dirigé depuis plusieurs hubs principaux : celui de Memphis (États-Unis),
siège de la direction centrale, trois autres hubs aux États-Unis, ceux d’Indianapolis et de
Dallas (tous situés à peu près au centre du pays, à égale distance des deux façades
océaniques) et, en relais sur les lignes aériennes polaires, celui d’Anchorage (Alaska). Trois
autres hubs sont situés dans les deux autres aires de puissance : Roissy-CDG et Cologne en
Europe occidentale, Guangzhou (Canton) en Asie orientale. À cela s’ajoutent des dizaines
d’autres aéroports desservant tous les pays industrialisés et les pays émergents. La carte du
réseau de Fedex correspond à la géographie des territoires intégrés dans la mondialisation.
5. La carte 5 est également révélatrice de la géographie de la mondialisation, mais avec une
surreprésentation manifeste de l’Asie orientale. Si les deux aires de puissance, nordaméricaine et européenne, ne sont représentées chacune que par deux ports sur les
20 premiers mondiaux, seize figurent en Asie orientale, notamment en Chine où leur densité
gène la lisibilité du document. Comment expliquer une telle (et récente) domination des
ports asiatiques ? Par le fait que ces pays asiatiques devenus les ateliers du monde
dépendent presque totalement du commerce maritime pour s’intégrer dans les échanges
mondiaux, contrairement aux deux autres aires de puissance où les transports terrestres
jouent un rôle important. Les entreprises asiatiques importent la plus grande partie de leurs
matières premières et exportent un part dominante de leurs produits manufactures par voie
maritime et de nombreux composants transitent entre ces pays par voie maritime
également, entre le Japon, la Corée du Sud et la Chine notamment. De plus, les trois grands
ports de Shanghai, Hong Kong et Singapour jouent le rôle de hub, de port d’éclatement et de
redistribution des flux vers tous les autres ports de la région.
Les 10 premiers ports mondiaux en 2011
Rang Ports (trafic total) Ports de conteneurs
1
Shanghai
Shanghai
2
Ningbo
Singapour
3
Singapour
Hong Kong
4
Tianjin
Shenzhen
5
Rotterdam
Busan
6
Guangzhou
Ningbo
7
Qingdao
Guangzhou
8
Dalian
Qingdao
9
Tangshan
Dubaï
10
Qinhuangdao
Rotterdam
Soit 8 ports chinois sur les 10 premiers ports mondiaux et, pour les ports de conteneurs,
5 ports chinois sur les 10 premiers. À noter cependant que les statistiques portuaires
chinoises ne distinguent pas le trafic fluvial du trafic maritime.
Capacités bac
6. Les réseaux de transports sont au cœur de la mondialisation parce que :
- les volumes transportés augmentent plus rapidement que le PIB mondial, que ce soit pour
les matières premières ou pour les produits manufacturés ;
- la révolution des transports, matériels et numériques, permet la diffusion de la
mondialisation et la nouvelle division internationale du travail animée, utilisée, par les FTN ;

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Page 41

- la géographie des réseaux de transports est calquée sur l’intégration des territoires dans la
mondialisation et sur leur hiérarchie avec un poids grandissant des centres d’impulsion et
des pays émergents.

Pages 212-213
>>>>B La massification et la diversité des flux
Les documents proposés montrent que le fonctionnement de la mondialisation est à
l’origine de flux croissants matériels et immatériels.
Réponses aux questions
1. Le réseau Internet mondial est cartographié sur la carte 6 par les principaux câbles sousmarins et lignes de fibres optiques et les « data centers », centres de données gérés par les
grandes firmes utilisant le plus Internet (Google, Facebook, Microsoft…) et qui constituent
les nœuds du réseau Internet. Ce réseau traduit la hiérarchie des territoires dans la
mondialisation et, également, la supériorité écrasante des États-Unis liée à l’histoire de la
mise en place du web. Ce sont en effet les États-Unis qui dominent, avec environ 1 000 data
centers ; suivent ensuite les États d’Europe occidentale avec un total de serveurs
comparable, puis le Canada, l’Inde, l’Australie (des pays anglophones), la Chine, Singapour.
Le site www.datacentermap.com permet d’afficher le nombre exact de serveurs par pays.
On retrouve donc les trois aires de puissance et les pays émergents, avec une particularité, la
très faible place du Japon, même si de nombreux câbles aboutissent au Japon mais avec très
peu de centres de données.
2. Les cartes 7 et 8 permettent d’aborder rapidement les flux de matières premières,
indispensables à la mondialisation, mais qui présentent des particularités. La carte 7 est
relative aux flux de blé avec la représentation des dix premiers exportateurs et des quinze
premiers importateurs, des principaux producteurs et flux commerciaux. Cette carte diffère
de celle de la NDIT car il ne s’agit pas de produits manufacturés et les facteurs climatiques et
démographiques interviennent fortement. Le blé est une céréale des climats tempérés et
subtropicaux secs. Les principaux producteurs demeurent les pays d’Amérique du Nord,
d’Europe, de la mer Noire, l’Australie et l’Argentine et les deux géants démographiques :
Chine et Inde. Cependant, ceux-ci consomment la quasi-totalité de leur récolte et doivent en
importer (Chine). L’Inde, par contre, malgré sa masse humaine encore trop souvent malnourrie, est récemment devenue exportatrice en choisissant de dégonfler des stocks
importants et mal gérés de céréales. Les pays pauvres à forte pression démographique sont
ici défavorisés sur ce marché du blé. Ils dépendent des cours variables et d’exportateurs peu
nombreux, au premier rang desquels on trouve les États-Unis, qui peuvent « jouer de l’arme
alimentaire ».
3. Pour les flux pétroliers, les flux énergétiques les plus massifs et en grande partie assurés
par voie maritime, certains pays gros consommateurs sont à la fois producteurs et
importateurs. C’est notamment le cas des deux premières économies mondiales et des deux
plus gros consommateurs (et émetteurs de GES), les États-Unis et la Chine, suivis d’assez loin
par l’Inde. Les pays les plus exportateurs sont des pays émergents pour lesquels la rente
pétrolière est une source majeure de revenus leur permettant de constituer des fonds
souverains qu’ils utilisent dans la mondialisation financière : pays du Golfe (Arabie saoudite,
Émirats arabes unis, Koweït, Qatar..), Russie, Algérie. Les cas du Venezuela et de l’Iran sont

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Page 42

un peu différents : pour des raisons politiques, ces deux États sont plus ou moins en marge
de la mondialisation.
Ces flux pétroliers sont stratégiques car de nombreux États industrialisés sont fortement
dépendants des importations de pétrole (Japon, France, Italie, Allemagne, Corée du Sud...)
et l’histoire contemporaine a montré l’importance des variations des cours du pétrole dans
l’économie mondiale (« chocs pétroliers »). De plus, l’essor des transports maritimes et
aériens est étroitement lié aux approvisionnements pétroliers.
4. La carte 9 permet d’aborder rapidement un autre type de flux, les flux immatériels,
d’information ou de produits médiatiques et culturels, qui relèvent également de la
mondialisation. En effet, ce sont des produits créés selon des processus de conception, de
marketing comparables à ceux des produits manufacturés. Ils sont conçus dans les centres
d’impulsion (ici, le Royaume-Uni qui est, avec les États-Unis, l’un des principaux lieux de
création de ce type d’émissions télévisées), diffusés moyennant de substantiels droits de
franchise et / ou d’adaptation dans de nombreux pays avec des adaptations au public local.
De plus, ils participent à une certaine uniformisation culturelle du monde qui est l’une des
facettes de la mondialisation. On remarque que les pays les plus marginalisés (et quelques
pays asiatiques, comme le Japon ou la Chine) ne sont pas touchés par ces diffusions.
Capacités bac
5. Les flux de la mondialisation concernent tous les territoires et particulièrement les aires
de puissance, qui en sont les centres d’impulsion majeurs. En effet, ces aires de puissance
sont, notamment l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale, à l’origine des plus importants
flux de capitaux, d’information et de diffusion de produits culturels (doc. 6 et 9). Elles sont
au cœur des flux de produits alimentaires comme le blé (doc. 7 : exportateurs pour
l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale – la France notamment –, importateurs pour
l’Asie orientale), de matières premières énergétiques comme le pétrole (doc. 8) – les trois
aires étant les plus grands foyers de consommation et d’importation. Enfin, elles sont à
l’origine de la majorité des flux de produits manufacturés (doc. 4 et 5) par le rôle central des
FTN dans les filières de conception-production-commercialisation de ces produits.

Pages 214-215 QUESTION OBLIGATOIRE

3. Des FTN au cœur des débats
L’actualité, l’éducation civique, l’intérêt des élèves, doivent conduire à aborder, ne serait-ce
que rapidement, les débats suscités par la mondialisation et en particulier le rôle que jouent
les FTN.
Réponses aux questions
1. Le texte 1 aborde un débat récurrent, celui de l’ancrage national des FTN. Ces firmes sontelles totalement « globalisées », transnationales, ou conservent-elles un relatif ancrage
national et donc sont-elles encore sensibles au poids des États, voire à des réflexes
nationaux à défaut de « patriotiques » ? Le début du texte cite les arguments en faveur de la
déterritorialité des FTN :
- les innombrables fusions-acquisitions menées par ces firmes qui sont de plus en plus
souvent sous le contrôle de fonds d’investissements offshore,

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Page 43

- « l’internationalisation des cadres dirigeants », passant au cours de leur carrière d’une
direction à une autre, d’une ville mondiale à une autre, acquérant des attitudes, des réflexes
« globalisés » (cf. les participants au World Economic Forum de Davos) ;
- « la multiplication des accords de partenariat industriels ou technologiques » (par exemple
Renault associé à Nissan et se rapprochant de Daimler, PSA lié à General Motors, Nokia et
Microsoft….) qui pousse les firmes à raisonner à l’échelle continentale, voire mondiale, et à
pratiquer la NDIT de manière plus ou moins brutale, délocalisant et fermant les
établissements au grand dam des responsables politiques locaux ou nationaux.
La suite du texte avance les arguments opposés et soutient la thèse de l’ancrage national
encore important de la plupart des FTN. L’État où se situe le siège de la FTN, d’où sont
originaires encore assez souvent la majorité des dirigeants et des actionnaires principaux
joue un rôle de protecteur face à la concurrence et aux cycles économiques (cf. duel entre
Airbus – ancrage quadri-national – et Boeing). L’État vient à la rescousse quand les difficultés
s’accumulent pour des firmes « too big to fail » : Alstom en 2003, General Motors en 20082010 ou certaines banques anglaises ou américaines. Malgré les règles de l’OMC (et de l’UE),
les États peuvent aider leurs champions nationaux en les favorisant sur des marchés publics,
par des politiques d’innovation, par la fiscalité ou des aides déguisées aux exportations. C’est
vrai pour les FTN des secteurs de l’énergie, des télécommunications, de l’aérospatial, de
l’armement, dans les pays développés et encore plus dans les pays émergents. Les FTN
chinoises sont indéniablement des outils géoéconomiques et géopolitiques au service du
pouvoir central chinois, que ce soit dans la course aux matières premières ou dans la
compétition technologique mondiale.
2. La deuxième critique récurrente faite aux FTN porte sur les conditions de travail de leur
main-d’œuvre et surtout celle de leurs sous-traitants dans les pays ateliers à main-d’œuvre
bon marché. Le texte 2 cite l’exemple d’ouvriers indonésiens travaillant chez des soustraitants taïwanais des FTN vendant les chaussures de sport ; ces ouvriers ont obtenu le
paiement d’heures supplémentaires impayées. Il est intéressant de noter que ces ouvriers
avaient reçu le soutien d’une ONG américaine, autre forme de la mondialisation. De telles
actions, qui ont par le passé écorné l’image de marques telles que Nike, Disney, Apple,
Carrefour, WalMart…, sont redoutées par ces firmes car les consommateurs des pays
développés peuvent être sensibles à des campagnes de contre-publicité, voire à des appels
au boycott de produits sur lesquels elles opèrent de confortables marges bénéficiaires grâce
au travail sous-payé de ces ouvriers.
3. Autre forme de contestation par des ONG, celle qui touche aux conséquences
environnementales de la gestion des FTN. L’ONG anglo-saxonne Greenpeace s’est faite une
spécialité et une renommée mondiale de ce genre d’actions médiatisées (doc. 3). Elle
dénonce ici (à Vienne, en 2010) la compagnie britannique BP accusée de négligence dans
l’exploitation d’une plateforme pétrolière de forage très profond dans le Golfe du Mexique
ayant provoqué une explosion (11 victimes) et une gigantesque marée noire. Attaquée par
de nombreuses ONG et associations de protection de l’environnement, par les collectivités
territoriales, la firme BP, qui louait cette plateforme à une multinationale suisse, et ses soustraitants, devraient verser en 2013 près de 16 milliards de dollars de dommages, soit
l’équivalent d’une fois et demie le bénéfice annuel de BP en 2012.
4. Les documents 4 et 5 pointent un autre reproche adressé aux FTN et qui fait souvent la
« une » de l’actualité en 2012-2013 : l’évasion fiscale ou, selon l’expression des fiscalistes,
l’optimisation fiscale, devenue l’une des activités les mieux maîtrisées par certaines FTN,
notamment américaines d’après le texte 5 : Apple, Microsoft, Google, Facebook, Amazon…

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Page 44

(mais la plupart des FTN pratiquent les mêmes méthodes). Il s’agit d’utiliser des montages
complexes entre les diverses filiales d’une FTN pour faire « passer » la plus grande partie des
bénéfices vers des paradis fiscaux cités sur la caricature 4 : Luxembourg, Malte, Chypre ; le
texte 5 ajoutant à la liste l’Irlande et les Îles Vierges (Antilles britanniques). Ces entreprises
deviennent ainsi pratiquement « intaxables » selon le Sunday Times.
5. Ces procédés émeuvent l’opinion publique et provoquent la réaction des États (la France,
le Royaume-Uni, l’Allemagne…) et de l’UE en ces temps de restriction des déficits publics et
de hausse de la fiscalité ou de rigueur budgétaire sur les citoyens. La caricature 4 montre le
fossé entre certains appels au « patriotisme économique » en direction des consommateurs
(cf. question 5 p. 207) et le comportement globalisé et « nomade » de ces FTN pour
lesquelles l’ancrage territorial doit se soumettre aux impératifs de rentabilité financière.
C’est toute la question de la libre-circulation des capitaux, clé de voûte de la mondialisation
libérale, qui se pose, surtout pour ces firmes qui vendent des services numériques ou
commerciaux ; taxer une automobile importée peut paraître facile, taxer un service ou une
publicité sur Internet relève de la gageure sans une volonté internationale forte.
Capacités bac
6. Les élèves récapituleront les réponses précédentes pour disposer d’arguments montrant
comment les FTN sont contestées par les ONG et les États (et les citoyens) pour les
conséquences sociales, environnementales et financières de leurs stratégies.

Pages 218-219 BAC
EXERCICE 1
Réponse b.
EXERCICE 2
a) Exemples de firmes du secteur du pétrole : Royal Dutch Shell, Exxon Mobil, BP, Total,
Chevron-Texaco.
b) Exemples de firmes du secteur de l’électronique-informatique : Microsoft, Samsung,
Apple, Hewlett-Packard, Nokia, Lenovo, Toshiba.
c) Exemples de firmes du secteur de la construction automobile : General Motors, Toyota,
Volkswagen, Renault-Nissan, Ford, PSA.
d) Exemples de firmes ayant leur siège en UE : Royal Dutch Shell, BP, Total, Nokia,
Volkswagen, Renault-Nissan, Daimler, PSA, Carrefour.
e) Exemples de firmes des pays émergents (cf. doc. 6 p. 202) : Sinopec (Chine), China
national Petroleum (Chine), State Grid (Chine), Gazprom (Russie), Petrobras (Brésil), Haier
(Chine), Arcelor-Mittal (Inde, mais siège au Luxembourg : cf. question 4 p. 215).
EXERCICE 3
- Les quatre régions ou États comptant un grand nombre de sièges sociaux de FTN sont les
États-Unis, l’Union européenne, la Chine et le Japon.
- Les six ports mondiaux à citer sont : Shanghai et Hong Kong (Chine), Singapour, Busan
(Corée du Sud), Rotterdam (Pays-Bas) et Los Angeles-Long Beach (États-Unis).
- Les régions ou États comptant de nombreuses entreprises sous-traitantes des FTN sont :
1. Mexique
2. Europe orientale

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Page 45

3. Chine
4. Asie du Sud-Est

Pages 220-227 SUJET D’ÉTUDE 1

Les migrations internationales
Se déplacer constitue un des fondements de la mondialisation. Celle-ci accroît les mobilités
grâce à une bonne accessibilité des différentes régions du monde. Leur ampleur conduit
certains auteurs à parler d’une « planète nomade ». Néanmoins, la liberté de circuler est
souvent contrôlée.
Pages 220-221
>>>>A Quels sont les types de flux migratoires internationaux ?
La carte 1 et les documents 2 et 3 montrent que les migrations se sont mondialisées. Elles
sont le reflet des hiérarchies économiques et géopolitiques du monde.
La carte 4 met en avant le rôle très attractif des États-Unis pour les étudiants.
Réponses aux questions
1. Le document 1 présente une cartographie relativement complète de la diversité des flux
migratoires internationaux. Trois catégories d’États ou de régions sont récepteurs de flux
migratoires :
- les deux aires de puissance les plus développées : Amérique du Nord (États-Unis et Canada,
deux États dont la population est constituée quasi exclusivement de descendants
d’immigrants et d’immigrants) et l’Europe occidentale où, après la France, tous les États sont
devenus des pays d’immigration depuis les années 1960-1980. On peut ajouter à ces deux
pôles d’autres pays développés comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, terres d’immigration
depuis la colonisation britannique, et le cas particulier d’Israël ;
- les pays enrichis par la rente pétrolière et manquant de main-d’œuvre : Arabie et pays du
Golfe, Gabon, Venezuela et, jusqu’à la révolution de 2011, la Libye ;
- des pays émergents et des pays en développement dont le niveau de développement est
relativement supérieur à celui des États voisins et qui constituent ainsi des pôles attractifs
régionaux : Argentine, Afrique du Sud, Malaisie.
La cartographie des flux migratoires et des pays attractifs rappelle ainsi la hiérarchie de
l’intégration des territoires dans la mondialisation : les territoires les plus intégrés sont, en
règle générale, les plus attractifs (avec parfois plus de 15 % d’immigrants dans la population
totale), suivis par certains pays émergents. Au contraire, les territoires marginalisés ne sont
pas des pays d’immigration ; ils constituent pour certains d’entre eux des pays de départ (en
Afrique ou en Amérique latine notamment).
2. Le graphique 2 montre que c’est en Europe et en Amérique du Nord que la part des
migrants dans la population totale est en forte croissance. L’Europe occidentale, à
l’exception de la France, est passée d’un statut de terre d’émigration jusqu’aux années 1950
à une forte attractivité pour les immigrants du monde entier.
3. La géographie des mobilités internationales est de plus en plus complexe, de plus en plus
diversifiée depuis quelques décennies, tant dans les itinéraires que dans les profils des
migrants. Le texte 3 donne quelques exemples de cette diversification.

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Certains pays d’immigration sont devenus des pays d’immigration, au moins jusqu’à la crise
économique actuelle : on peut citer le cas de l’Europe méditerranéenne : Espagne, Italie,
Grèce. D’autres pays, en situation intermédiaire entre centres d’impulsion et territoires plus
ou moins en marge, deviennent des territoires-relais pour les migrations : ils reçoivent des
migrants venus de pays plus pauvres qu’eux et continuent à voir une partie de leur maind’œuvre, diplômée ou non, partir vers les pays les plus développés. C’est le cas du Mexique,
relais entre l’Amérique centrale et les États-Unis, du Maghreb, notamment le Maroc, entre
l’Afrique subsaharienne et l’UE, de la Turquie ou de la Pologne voyant passer les migrants du
Moyen-Orient, d’Ukraine ou de Biélorussie tentant d’entrer dans l’UE.
Enfin, il y a une grande diversification dans les profils des migrants : tous les pays de départ
voient partir aussi bien les « entrepreneurs » que les « manutentionnaires », les jeunes
diplômés ou les ruraux sans qualification.
4. Le document 4 attire l’attention sur le pays d’accueil par excellence, les États-Unis, pour
revenir sur cette question de l’inégale qualification des immigrants. Les immigrants les plus
nombreux à s’installer aux États-Unis viennent surtout de deux régions : l’Amérique centrale
(14,3 millions) et l’Asie (10 millions). Viennent ensuite, loin derrière, les Européens, les
Caribéens, les Africains et Océaniens et les Sud-Américains. Cela se reflète dans la
composition ethnique des États-Unis où les « Latinos », les hispanophones, sont en passe de
devenir majoritaires dans certains comtés des États du Sud et où les Asiatiques sont de plus
en plus nombreux dans certaines grandes métropoles. Par contre, le niveau de qualification
des immigrants provenant d’Amérique centrale est très inférieur à celui venant d’Asie,
d’Europe ou d’Afrique : alors que la frontière se ferme de plus en plus aux migrants pauvres
du Mexique ou d’Amérique centrale, des milliers de médecins, d’ingénieurs, de chercheurs,
d’avocats venant de ces régions sont accueillis avec bienveillance chaque année par les
entreprises ou les universités américaines…
Capacités bac
5. Le texte 3 peut être mis en relation avec la thématique des « basculements du monde »
abordée dans la question obligatoire du chapitre 4. Jusqu’aux années 1960-1970, le schéma
était relativement simple : quelques rares pays d’immigration accueillaient essentiellement
des flux de main-d’œuvre peu qualifiée (et, marginalement, quelques milliers de personnes
très qualifiées) ; c’était surtout le cas des États-Unis, du Canada, de l’Australie, de la France,
un peu plus tard de l’Allemagne, du Benelux et du Royaume-Uni. Les pays de départ étaient
des pays proches géographiquement et formant parfois ce que l’on a appelé des « couples
migratoires » issus de l’histoire (colonisation en particulier), par exemple France-Algérie ou
France-Maroc, Grande-Bretagne-Inde ou Allemagne-Turquie. Globalement, l’Asie, l’Afrique,
l’Amérique latine étaient des régions de départ de migrants le plus souvent peu ou pas
qualifiés venant s’embaucher par des migrations légales, contrôlées, dans les régions
industrielles et les grandes agglomérations.
Au fur et à mesure de la progression du développement et de l’accélération de la
mondialisation, le nombre de pays d’accueil a augmenté (Europe du Nord, Europe
méditerranéenne, certains pays pétroliers…). Les géants démographiques asiatiques sont
encore des pays de départ, mais d’une émigration beaucoup plus diverse dans ses profils de
migrants et dans ses destinations : les migrants chinois, indiens, pakistanais, indonésiens se
rencontrent désormais dans de très nombreux pays et constituent des réseaux diasporiques
très actifs dans la mondialisation. Quant à certains pays marginalisés il y a peu, ils sont
désormais intégrés dans cette mondialisation des mobilités, soit parce qu’ils se développent,
soit parce qu’ils sont contigus à des foyers d’instabilité politique émetteurs de flux de

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Page 47

réfugiés. Le cas de la Turquie est révélateur : de pays de départ, elle est devenue pays-relais
et pays d’accueil de réfugiés irakiens, afghans, syriens, yéménite … De plus, ces flux sont de
plus en plus des flux illicites, de « clandestins » tentant de franchir les « barrières » des
frontières (cf. p. 226-227).

Pages 222-223
>>>>B Quelles sont les principales causes des migrations internationales ?
La capture d’écran (doc. 5), concernant l’émigration au Québec, est l’illustration de la
diversité des causes des migrations internationales. Les principales causes sont la pauvreté
(doc. 6) et les conflits (doc. 7). À cela s’ajoute une très forte augmentation des migrations
liées aux études (doc. 8).
Réponses aux questions
1. et 2. Comme toutes les provinces du Canada, le Québec francophone est l’un des
territoires les plus ouverts aux migrations internationales. Le site Internet du gouvernement
québécois liste les diverses catégories d’immigrants susceptibles de recevoir l’autorisation
de venir vivre dans « la belle province » : « travailleurs permanents, gens d’affaires et
travailleurs temporaires », donc des migrations de main-d’œuvre ; « étudiants » ; « parrains
et parrainés » pour le regroupement familial et, enfin, les « réfugiés », le Canada ayant une
tradition bien établie de pays d’asile politique. On retrouve donc toutes les causes des flux
migratoires internationaux.
3. Le graphique 6 met en relation le niveau de développement des territoires (quatre classes
de l’IDH) et le taux moyen d’émigration selon la destination en deux catégories : pays
développés et pays en développement. On remarque la corrélation entre le niveau de
développement des pays de départ et celui des pays d’accueil. Globalement, les migrants
issus de pays à l’IDH élevé ou très élevé se dirigent majoritairement vers les pays développés
alors que ceux issus des pays moins développés vont vers les pays en développement. On
retrouve ainsi le phénomène de relais migratoire vu précédemment (questions 3 et 5
p. 221), par exemple les migrants d’Amérique centrale s’installent souvent au Mexique avant
de tenter le passage vers les États-Unis tandis que les migrants d’Afrique subsaharienne se
dirigent en premier vers le Maroc, l’Égypte ou la Libye (avant 2011) avant de tenter de
pénétrer dans l’UE. De plus, les pays les plus pauvres et les plus instables sont souvent
émetteurs de flux de réfugiés qui se dirigent en priorité vers les pays limitrophes (cf. en
Afrique des grands lacs, en Afrique occidentale dans les années 1990-2000 ou IrakAfghanistan-Syrie…). Le retard de développement, la pauvreté, la recherche de meilleures
conditions de vie constituent l’un des principaux moteurs des migrations internationales.
4. Les conflits en sont l’une des autres causes principales. La carte 7 présente les principaux
pays de départ (aplats de couleurs) et d’accueil (cercles verts) des réfugiés en 2010. La
distinction entre les diverses causes de départ n’est pas établie mais on pourra demander
aux élèves d’utiliser leurs connaissances en histoire ou l’actualité pour approfondir quelques
exemples. Le monde entier est concerné par ces migrations. Cependant, certaines régions
apparaissent plus particulièrement. Les principaux pays de départ sont des pays d’Afrique et
du Moyen-Orient en proie à des guerres, qu’elles soient civiles (Somalie, Soudan) ou civiles
avec intervention étrangère (Afghanistan, Irak, République démocratique du Congo, Côte
d’Ivoire) ou des régimes bafouant les droits de l’homme (Iran, Syrie actuellement…).
D’autres pays sont concernés, que ce soit pour des conflits relativement anciens qui

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Géographie – © Hatier, 2013

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