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Comment parler en public .pdf



Nom original: Comment parler en public.pdf
Titre: Microsoft Word - Comment parler en public.doc
Auteur: EMMANUEL

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1

DALE CARNEGIE

Comment parler
en public

Nouvelle édition
établie par Dorothy Carnegie

TRADUCTION MISE À JOUR PAR
DIDIER WEYNE

2

Table
INTRODUCTION

4
PREMIÈRE PARTIE

PRINCIPES DE BASE DE LA PAROLE EN PUBLIC
I. Comment acquérir les techniques de base

8

II. Comment développer la confiance en soi

25

II Un moyen rapide et facile pour bien parler en public

40

DEUXIÈME PARTIE

DISCOURS, ORATEUR, AUDITOIRE
IV. Comment mériter de prendre la parole

56

V. Animez votre exposé

72

VI. Associez vos auditeurs à votre exposé

79

TROISIÈME PARTIE

INTERVENTIONS PRÉPARÉES ET IMPROMPTUES
VII. Comment faire un exposé court pour inciter à l’action

93

VIII. Comment faire une présentation pour informer

110

IX. Comment faire un exposé pour convaincre

127

X. Comment faire des interventions impromptues

141

QUATRIÈME PARTIE

L’ART DE COMMUNIQUER
XI. Comment communiquer

152

CINQUIÈME PARTIE

LE COMPORTEMENT FACE AU PUBLIC
XII. Comment présenter des orateurs.
Comment offrir ou accepter des récompenses

166

XIII. Préparation d’un discours, d’une conférence

180

XIV. Comment mettre en pratique ce que vous avez appris

201

3

INTRODUCTION

Dale Carnegie a donné ses premiers cours de parole en public
en 1912, à l’Y.M.C.A. (Association des Jeunes Gens Chrétiens)
à New York.
À cette époque, parler en public était davantage considéré
comme un art que comme une technique, son enseignement
visait à produire des orateurs, des tribuns et autres foudres
d’éloquence à la voix d’or. Cependant, l’homme d’affaires ou
de profession libérale qui désirait simplement s’exprimer avec
plus de facilité et d’assurance dans son propre milieu, ne
voulait pas perdre son temps et son argent à apprendre les
mécanismes de l’élocution, de la production vocale, les règles
de la rhétorique et les gestes cérémonieux. Les cours de Dale
Carnegie sur la façon de s’exprimer avec efficacité connurent
un succès immédiat, parce qu’ils donnèrent à ces hommes les
résultats qu’ils recherchaient. Il aborde la parole en public
non comme un art requérant des aptitudes spéciales, mais
comme

une

technique

que

n’importe

quelle

personne

normalement intelligente peut acquérir et développer à
volonté.
Aujourd’hui l’enseignement de Dale Carnegie fait le tour du
monde, et la valeur de ses conceptions est attestée par les
millions de stagiaires venus de partout, des hommes et des
femmes de tous les milieux, qui ont amélioré leur façon de
s’exprimer et leur efficacité personnelle et professionnelle.
Le manuel que Dale Carnegie avait écrit pour ses stagiaires,
(« Comment parler en public», a été réédité plus de cinquante
fois et traduit en onze langues. Dale Carnegie l’a mis à jour
4

plusieurs fois, en tenant compte de l’accroissement de ses
connaissances et de son expérience. Il y a plus de personnes
qui se servent de ce livre chaque année, qu’il n’y a
d’inscriptions dans l’ensemble des plus grandes universités.
Cette quatrième version du livre a été faite d’après les notes
et les idées de mon mari avant que son travail ne fût
interrompu par la mort. J’ai essayé de me rappeler ses
principes: parler avec efficacité ne consiste pas seulement à
être capable de dire quelques mots à un auditoire. C’est
l’expression révélatrice de la personnalité humaine.
Dans la vie, tout est communication, et c’est par la parole que
l’homme se différencie des autres êtres vivants. Lui seul, à la
différence des animaux, a le don de la communication
verbale, et c’est par la qualité de ce qu’il dit qu’il exprime le
mieux son individualité, l’essence même de son être. Lorsqu’il
est incapable de dire clairement ce qu’il pense par émotivité,
ou parce que ses idées sont floues, sa personnalité est
limitée, effacée et incomprise.
La satisfaction personnelle, professionnelle et sociale dépend
de l’aptitude de chacun à communiquer clairement à ses
semblables ce qu’il est, ce qu’il désire et ce en quoi il croit.
Aujourd’hui plus que jamais, dans l’atmosphère de tension
internationale, de crainte et d’insécurité qui plane sur le
monde, nous avons besoin que restent ouverts entre les
peuples les canaux de la communication. J’espère que cette
méthode rapide et facile pour apprendre « comment parler en
public» sera utile en toutes circonstances, à la fois à. ceux qui
souhaitent simplement pouvoir parler avec plus de confiance
et d’aisance et à ceux qui désirent communiquer plus
professionnellement Cette méthode leur apportera un plus
grand accomplissement de leur personnalité

5

Dorothy CARNEGIE
(Mme Dale Carnegie)

6

PREMIÈRE PARTIE

Principes de base
de la parole en public

À tout art contribuent quelques principes et beaucoup de
techniques.
Dans la première partie de ce livre, nous traitons des
principes fondamentaux de l’art de communiquer et des
attitudes communicantes.
Cette méthode est facile et rapide pour apprendre aux adultes
à s’exprimer avec plus d’efficacité. La seule façon d’obtenir
des résultats rapides consiste à adopter, dès le départ, une
bonne attitude pour y parvenir et une base solide de principes
sur lesquels s’appuyer.

7

CHAPITRE PREMIER

Comment acquérir
les techniques de base

J’ai lancé mon Entraînement à la Parole en Public en 1912,
l’année où le Titanic a coulé dans les eaux glacées de
l’Atlantique nord. En 1955, plus de 750 000 personnes en
étaient diplômées (4 millions en 1990).
Pendant la première séance de l’Entraînement Dale Carnegie,
les participants ont l’occasion de dire pourquoi ils s’inscrivent
et

ce

qu’ils

espèrent

retirer

de

cet

entraînement.

Naturellement les termes varient, mais le désir fondamental
dans la grande majorité des cas reste étonnamment le
même: «Quand je suis appelé à me lever pour parler, je
deviens si préoccupé que je ne peux ni penser clairement, ni
me concentrer, ni me rappeler ce que j’avais l’intention de
dire. Je désire gagner de l’assurance, rester calme et pouvoir
me lever pour prendre la parole sans perdre le fil de mes
idées. Je veux pouvoir m’exprimer avec clarté et conviction
devant un groupe d’hommes d’affaires ou en société.»
N’avez-vous pas déjà entendu cela? N’avez vous pas éprouvé
ce même sentiment d’insuffisance? Ne donneriez-vous pas
une petite fortune pour avoir la faculté de vous exprimer avec
conviction et aisance en public? Je suis certain que oui. Le fait

8

même que vous ayez commencé à lire ce livre prouve que
vous désirez vous entraîner à mieux vous exprimer.
Je sais ce que vous allez dire: « Croyez-vous vraiment que je
pourrai développer la confiance en moi nécessaire pour me
lever et m’adresser à un auditoire de façon convaincante et
aisée?»
J’ai passé presque toute ma vie à aider mes stagiaires à
développer leur courage et leur assurance. Je pourrais remplir
des livres avec le récit des prouesses qui ont lieu dans mes
stages. Je sais que vous pouvez arriver à un résultat très
probant si vous suivez les conseils de ce livre.
Y a-t-il la moindre raison pour que vous ne puissiez vous
concentrer debout devant un auditoire aussi bien qu’assis
dans un salon? Y a-t-il un motif pour que vous ayez des
crampes d’estomac et des tremblements nerveux lorsque
vous parlez à un auditoire? Vous comprenez certainement que
l’on peut remédier à cet état de choses, et que la pratique et
un entraînement sérieux chasseront vos craintes et vous
donneront confiance en vous.
Ce livre vous aidera à atteindre ce but. Ce n’est pas un
manuel classique. Il ne s’occupe pas du mécanisme de la
parole. Il ne traite pas des aspects physiologiques de la
production vocale et de l’articulation. Il est le fruit d’une vie
passée à entraîner des adultes à bien s’exprimer. Il vous
prend

tel

que

vous

êtes

au

début,

et

vous

mène

naturellement à ce que vous voulez être. Tout ce que vous
avez à faire, est: coopérer. Suivez les suggestions de ce livre,
appliquez-les chaque fois que vous avez à prendre la parole,
et persévérez.

9

Pour tirer rapidement le maximum de ce livre, les quatre
conseils suivants vous seront utiles.

Premièrement :
Prenez courage en vous inspirant
de l’expérience des autres

Il n’existe pas d’orateur-né. Au cours des grandes périodes de
l’Histoire où s’exprimer en public était un art raffiné qui
exigeait

une

connaissance

approfondie

des

lois

de

la

rhétorique et des subtilités de l’élocution, il était plus difficile
encore d’être orateur. Aujourd’hui, parler en public est une
sorte de conversation avec un groupe. Disparus à jamais le
ton grandiloquent et la voix de stentor. Pendant un dîner, en
réunion, à la radio ou à la télévision, nous aimons entendre
un langage simple et de bon sens. Nous préférons que les
orateurs dialoguent avec nous, et non qu’ils nous fassent un
discours.
Contrairement à ce que de nombreux manuels pourraient
nous faire croire, parler en public n’est pas un art difficile, qui
nécessiterait des années consacrées à perfectionner sa voix et
à se battre avec les mystères de la rhétorique. J’ai passé
presque toute ma carrière à prouver qu’il était facile de parler
en public, à condition d’observer quelques règles simples mais
importantes. Quand j’ai commencé mes cours à New York, en
1912, je n’en savais guère plus sur ce sujet que mes
participants. Mes premiers cours furent évidemment très
proches de ceux que j’avais suivis durant mes années
d’université. Mais je découvris bientôt que je faisais fausse

10

route. J’essayais d’instruire des hommes d’affaires comme
des étudiants de première année d’université. Je compris
combien jl était vain de leur donner en exemple les grands
orateurs du passé, alors qu’ils désiraient seulement acquérir
le courage de se lever et de faire un rapport clair et persuasif
à leur prochaine réunion d’affaires. Je ne tardai pas à rejeter
les manuels, et je bâtis mon Entraînement sur quelques idées
très simples. Je travaillai avec mes participants jusqu’à ce
qu’ils fussent capables de faire un exposé de manière
convaincante. La méthode fut efficace car ils revinrent en
apprendre davantage.
J’aimerais que vous puissiez feuilleter les témoignages que
j’ai chez moi et ceux reçus par les responsables de mon
Entraînement dans de nombreux pays du monde. Ces lettres
viennent de grands industriels dont les noms sont souvent
cités dans la rubrique « affaires» des grands journaux, de
chefs d’État, de membres du parle ment, de doyens de
facultés et de célébrités du monde du spectacle. Il y en a
d’autres, des milliers, de maîtresses de maison, de pasteurs,
de professeurs, de jeunes gens et de jeunes femmes, de
directeurs, de cadres, d’ingénieurs, de commerciaux, de
syndicalistes, d’étudiants et de femmes d’affaires. Tous ont
eu besoin de prendre confiance en eux pour s’exprimer en
public

de

façon

efficace

et

agréable.

Ils

ont

été

si

reconnaissants d’y être parvenus qu’ils ont pris le temps de
m’écrire leur gratitude.
Parmi ces milliers de personnes un exemple me revient en
mémoire, car à l’époque il me fit une impression profonde. Il
y a quelques années, peu après s’être inscrit à mes cours,
D.W. Ghent, un important homme d’affaires de Philadelphie,
m’invita à déjeuner. Se penchant vers moi, il me demanda:

11

«J’ai toujours évité les occasions de parler en public, et j’en ai
eu beaucoup. Mais je viens d’être nommé président du conseil
d’administration d’un collège. Je dois présider les réunions.
Croyez-vous qu’il me sera possible à mon âge d’apprendre à
parler en public?»
Je lui affirmai, d’après l’expérience de participants qui
s’étaient trouvés dans des situations semblables, que je ne
doutais pas de sa réussite.
Trois ans plus tard, nous déjeunions à nouveau dans le même
restaurant et à la même table. Lui rappelant notre première
conversation, je lui demandai si mes prévisions s’étaient
réalisées. Il sourit, sortit de sa poche un petit carnet rouge et
me montra la liste des conférences qu’il devait donner dans
les prochains mois. «Être capable de parler en public,
m’avoua-t-il, le plaisir que j’ai à le faire, le service que je
peux, de surcroît, rendre à la communauté, c’est une des plus
grandes satisfactions de ma vie.»
Mais ce n’est pas tout. Avec un sentiment légitime de fierté, il
me dit que l’église à laquelle il appartenait avait invité le
Premier Ministre de Grande-Bretagne à venir à Philadelphie,
et que c’était lui qu’on avait désigné pour prononcer le
discours de bienvenue.
Tel était l’homme qui, moins de trois années plus tôt, m’avait
demandé timidement s’il pour rait un jour parler en public!
Prenons un autre exemple. Feu David M. Goodrich, présidentdirecteur général d’une importante firme industrielle, vint un
jour à mon bureau:
«Toute ma vie, dit-il, je n’ai pu prononcer un discours sans
trembler. Comme directeur général de ma société, je dois
présider les réunions. Je connais intimement depuis des

12

années les membres du conseil d’administration, je n’ai pas
de difficulté à m’adresser à eux quand nous sommes assis
autour d’une table. Mais dès que je dois me lever pour parler,
je suis pris de trac. Et cela depuis des années. Je ne pense
pas que vous puissiez faire quelque chose pour moi. Le mal
est trop ancien.
— Eh bien, dis-je, si vous pensez que je ne puis rien faire
pour vous, pourquoi êtes-vous venu me voir?
— Pour une raison bien simple, répondit-il. J’ai un comptable
qui s’occupe de mes affaires privées. C’est un garçon timide.
Pour gagner son bureau, il doit traverser le mien. Pendant des
années je l’ai vu s’y glisser, le traverser furtivement, sans
dire un mot. Mais dernièrement je l’ai trouvé transformé. Il
entre maintenant la tête haute, et me dit:
“Bonjour, monsieur”, d’un ton décidé. J’ai été si surpris du
changement que je lui en ai demandé la raison. Il m’a dit
avoir suivi votre Entraînement, et c’est la métamorphose de
ce petit homme effrayé qui m’a fait venir.»
Je lui affirmai qu’en venant régulièrement et en faisant ce que
nous lui demandions, en quelques semaines il prendrait plaisir
à parler en public.
«Si j’arrive vraiment à ce résultat, dit-il, je serai l’homme le
plus heureux du monde.»
Il participa à l’Entraînement et fit des progrès considérables.
Trois mois plus tard, je l’invitai à venir à une réunion
d’information groupant trois mille personnes dans la salle de
bal de l’hôtel Astor, afin de dire ce qu’il avait tiré de notre
Entraînement. I] me répondit qu’il était désolé, il ne pouvait
pas venir ayant un autre engagement, mais le lendemain, il
me téléphona. «Je tiens à vous présenter mes excuses, dit-il,

13

je me suis rendu libre. Je viendrai et je parlerai. Je vous dois
bien cela. Je dirai au public ce que votre Entraînement a fait
pour moi. Je le ferai dans l’espoir que mon exemple en aidera
d’autres à se débarrasser des craintes qui leur gâchent la
vie.»
Je lui avais demandé de parler seulement deux minutes. Il
parla à ces trois mille auditeurs pendant onze minutes.
J’ai vu des milliers de «miracles» semblables se produire dans
mes stages. J’ai vu des hommes et des femmes dont la vie a
été ainsi transformée. Beaucoup ont obtenu un avancement
qui dépassait leurs rêves. Les plus ambitieux sont parvenus à
des situations de premier plan dans les affaires, leur
profession ou leur administration. Quelque fois cette réussite
n’a été due qu’à un seul discours prononcé au bon moment.
Voici, par exemple, l’histoire de Mario Lazo.
Il y a quelques années, je reçus de Cuba un télégramme qui
me surprit. Il disait: «À moins que vous ne me télégraphiiez
le contraire, je viendrai à New York suivre votre Entraînement
en vue de faire un discours.» C’était signé Mario Lazo. Qui
était-ce? Je me le demandais.
Quand M. Lazo arriva à New York, il me dit:
«Le Country Club de La Havane va célébrer le cinquantième
anniversaire de son fondateur. On m’a demandé de lui offrir
une coupe en argent et de prononcer le principal discours de
la soirée qui sera donnée en son honneur. Bien que je sois
avoué, je n’ai jamais parlé en public. Si j’échoue, cela nous
mettra, ma femme et moi, dans une situation très gênante et
de plus, cela pourra diminuer mon prestige auprès de ma
clientèle. Voilà pourquoi je suis venu de Cuba vous demander
de m’aider. Je ne dispose que de trois semaines.»

14

Pendant ces trois semaines, Mario Lazo alla d’un groupe à un
autre, et je le fis parler trois ou quatre fois par soirée. Trois
semaines plus tard, il s’adressa aux membres du Country
Club de La Havane. Son allocution fut si remarquable, que la
revue Time la mentionna dans sa rubrique des nouvelles de
l’étranger, et qualifia Mario Lazo d’orateur «à la voix d’or».
Cela semble être un miracle, n’est-ce pas? C’en est un, un
miracle du xxe siècle qui permet à l’homme de se surpasser.

Deuxièmement:
Ne perdez pas de vue votre objectif

Quand M. Ghent parla du plaisir que lui procurait son habileté
récente à parler en public, il mit l’accent sur le facteur (que je
pense être le plus important) de sa réussite. Il est vrai qu’il
avait suivi mes conseils et préparé consciencieuse ment
chaque séance. Mais il le fit parce qu’il le voulait et s’il le
voulait c’est qu’il se voyait déjà brillant orateur. Il s’imaginait
en train de réussir dans l’avenir et travaillait à y parvenir.
C’est exactement ce que vous devez faire.
Réfléchissez à tout ce qu’une plus grande confiance en vous
et la faculté de parler en public peuvent vous apporter. Cela
peut vous être utile sur le plan social, vous procurer de
nouvelles relations, accroître vos moyens d’action dans la vie
civique, sociale ou religieuse, augmenter votre influence
professionnelle. En bref, cela vous préparera à devenir un
leader.
Dans un article intitulé Speech and Leadership in Business,
S.C. Allyn, président de la National Cash Register Company,

15

et président de L’U.N.E.S.C.O., a écrit: «Dans l’histoire de
notre profession, plus d’un homme a attiré l’attention sur lui
grâce à une bonne intervention en public. Il y a bien des
années, un jeune homme qui occupait un poste subalterne
dans le Kansas a fait une allocution remarquable; il est
devenu depuis vice-président-directeur des ventes.»
Il est impossible de prévoir jusqu’où l’aptitude d parler en
public vous conduira. Un de nos anciens participants, Henry
Blackstone, président de la Servo Corporation of America, dit:
«Savoir communiquer efficacement avec les autres, obtenir
leur coopération sont des atouts que nous recherchons chez
les hommes et les femmes qui veulent accéder à des postes
de direction.»
Pensez à la satisfaction et au plaisir que vous éprouverez
quand, d’une voix assurée, vous ferez partager vos idées et
vos sentiments à votre auditoire. J’ai fait plusieurs fois le tour
du monde, mais je connais peu de choses qui procurent un
plaisir plus grand, que celui de tenir un auditoire en haleine
par la puissance du verbe. Cela donne une impression de
force et un sentiment de puissance. «Deux minutes avant de
prendre la parole, disait un de mes anciens participants,
j’aurais préféré être battu plutôt que de commencer, mais
deux minutes avant de terminer, je me serais fait tuer plutôt
que de m’arrêter.»
Commencez dès maintenant à vous imaginer devant votre
auditoire. Vous vous avancez avec assurance. Le silence se
fait quand vous commencez, vous sentez l’attention de vos
auditeurs croître au fur et à mesure que vous développez
votre sujet, vous sentez la chaleur des applaudissements
quand

vous

avez

terminé.

Vous

entendez

les

paroles

élogieuses qui vous sont adressées à la sortie. Croyez-moi,

16

c’est une expérience extraordinaire et une émotion que vous
n’oublierez jamais.
William

James,

un

des

plus

brillants

professeurs

de

psychologie à Harvard, a écrit six phrases qui peuvent avoir
une influence considérable sur votre vie. Six phrases qui sont
comme le «Sésame ouvre-toi» de la caverne dont le trésor
est le courage: « Dans presque tous les domaines, votre
passion pour le sujet vous sauvera. Si vous souhaitez
fortement obtenir une chose, vous l’obtiendrez. Si vous
souhaitez être bon, vous serez bon. Si vous désirez être riche,
vous serez riche. Si vous voulez être cultivé, vous serez
cultivé. Seule ment vous devez réellement le souhaiter, et le
souhaiter exclusivement, sans désirer avec la même passion
cent autres choses qui sont incompatibles. »
Apprendre

à

s’exprimer

efficacement

procure

d’autres

avantages que la simple faculté de parler en public et en
réunion. En fait, même si vous ne devez jamais prendre la
parole de votre vie, cela vous sera profitable dans de
nombreux domaines.
Tout d’abord, la parole en public conduit tout droit à la
confiance en soi. Quand vous aurez conscience qu’il vous est
possible de vous adresser professionnellement à un groupe,
vous pourrez en conclure que vous pouvez vous entretenir
plus

aisément

dans

les

réunions

et

les

entretiens

professionnels et privés. Beaucoup d’hommes et de femmes
ont suivi mon Entraînement simple ment parce qu’ils étaient
timides et empruntés. Quand ils eurent découvert qu’ils
étaient capables de s’adresser aux membres de leur groupe
avec aisance et naturel, ils sentirent le ridicule de leur crainte.
Leur

famille,

leurs

amis,

leurs

associés,

leurs

clients

remarquèrent leur nouvelle assurance. Beaucoup de nos

17

participants, comme M. Goodrich, ont été poussés à suivre
mon

Entraînement

en

raison

des

transformations

spectaculaires qu’ils avaient observées chez ceux qui en
avaient bénéficié.
Cet Entraînement produit aussi sur la personnalité des
répercussions dont les effets ne sont pas immédiatement
visibles. Il y a peu de temps, j’ai demandé au docteur David
Ailman,

chirurgien

d’Atlantic

City,

ancien

président

de

l’Association Médicale Américaine, quels étaient, à son avis,
les avantages de la parole en public pour la santé physique et
morale. Il sourit et me dit qu’il ne pouvait mieux me répondre
qu’en rédigeant une ordonnance qu’aucun pharmacien ne
pour rait exécuter: c’était à l’intéressé lui-même de le faire;
s’il pensait en être incapable, il avait tort.
Je l’ai sur mon bureau. Chaque fois que je la relis, elle me fait
une grande impression. La voici:
« Donnez aux autres la possibilité de lire dans votre esprit et
dans votre coeur. Entraînez-vous à rendre vos pensées et vos
idées claires, que vous parliez à une personne, à un groupe
ou à un grand public. Vous découvrirez, en persévérant dans
cette voie, que votre personnalité rayonne et marque votre
entourage comme jamais auparavant.
Vous en tirerez un double avantage. En apprenant à parler
aux autres, votre confiance en vous s’affirmera et votre
personnalité deviendra plus chaleureuse. Cela signifie que
vous vous sentirez mieux sur le plan émotionnel et, par suite,
mieux

aussi

physiquement.

Savoir

parler

en

public,

aujourd’hui, est à la portée de tous, hommes ou jeunes ou
moins jeunes. J’ignore personnellement les avantages qui
peuvent en découler

18

Dans l’industrie ou les services J’ai seulement entendu dire
qu’ils sont considérables. Mais je connais ses bienfaits sur la
santé Parlez chaque fois que vous le pouvez, dans un petit
groupe ou dans une assemblée. Vous y parviendrez de mieux
en mieux, comme j’ai pu m’en rendre compte par moi-même.
Vous y acquerrez de l’optimisme, vous éprouverez une
impression de plénitude. »
«C’est une sensation merveilleuse et aucune pilule ne vous la
donnera jamais. »
La seconde suggestion est de vous imaginer en train de
réussir ce que vous craignez d’entreprendre et de bien
évaluer les avantages que vous retirerez de l’aptitude à bien
vous exprimer en public. Rappelez-vous les mots de William
James:
« Si vous souhaitez fortement obtenir une chose, vous
l’obtiendrez.»

Troisièmement:
Soyez d’avance certain de votre succès

On me demanda un jour, à la radio, de relater en trois
phrases la plus grande leçon que j’avais apprise. Je répondis:
« A mon avis, rien n’est plus important que ce que nous
pensons. Si je pouvais lire dans vos pensées, je saurais qui
vous êtes, car vos pensées font votre personnalité. En
changeant nos pensées, nous pouvons changer notre Vie.»
Vous vous êtes fixé l’objectif d’accroître votre assurance et de
mieux

communiquer.

Dès

lors,

vous

devez

penser

positivement et non négative ment à vos chances de réussir.

19

Envisagez avec optimisme votre succès dans la parole en
public. Que vos paroles et vos actions reflètent cette
détermination.
Voici une histoire qui vous prouvera que pour réussir dans la
parole, il faut le vouloir ardemment.
L’homme dont il est ici question est parvenu si haut dans
l’échelle sociale que son succès fait figure de légende.
Pourtant, la première fois qu’il eut à prendre la parole à
l’université, les mots lui manquèrent. Il ne put atteindre la
moitié

des

cinq

minutes que

son

professeur

lui

avait

assignées. Il devint pâle et quitta l’estrade.
Il ne se laissa pas abattre par son échec. H décida de devenir
bon orateur et persévéra dans sa résolution jusqu’à ce qu’il
devînt conseiller économique du gouvernement, respecté du
monde entier. Son nom est Clarence B. Randail. Dans un de
ses livres, Freedom Faith, il écrivit: « J’ai gagné mes galons
dans l’art de parler en public au cours des innombrables
occasions où j’ai dû prendre la parole: dîners, banquets,
réunions

de

chambres

de

commerce,

organisations

d’étudiants ou Rotary Club. J’ai parlé pour le lai ment d’un
emprunt. J’ai fait un discours patriotique dans le Michigan, sur
l’entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale. J’ai
soutenu des campagnes pour faire appel à la charité publique
avec Mickey Rooney, et en faveur de l’Éducation Nationale
avec le président James Bryant Conant de l’Université
Harvard et le chancelier Robert M. Hutchins de l’Université de
Chicago. J’ai même prononcé un discours en très mauvais
français à la fin d’un banquet.
« Je crois donc savoir ce qu’un auditoire aime entendre et
comment il aime qu’on le dise. II n’y a rien qu’un être
humain, même très occupé, ne
20

puisse apprendre s’il le veut. »
Je suis entièrement d’accord avec M. Randall. La volonté de
réussir doit être à la base du processus qui fera de vous un
bon communicateur. Si je pouvais lire dans votre esprit pour
m’assurer de la force de votre désir, pour évaluer votre
conviction et vos doutes, je pourrais prédire, presque avec
certitude, la rapidité de vos progrès.
Dans un de mes stages du Middle West, un homme se leva le
premier soir. II déclara, d’une voix ferme, qu’il construisait
des maisons individuelles, et qu’il voulait devenir le porteparole de l’Association des Entrepreneurs de Bâtiment. Il
désirait

parcourir

rencontrerait

les

le

pays

pour

problèmes

et

expliquer
lés

à

ceux

réalisations

de

qu’il
sa

profession. Joe Haverstick savait ce qu’il voulait. Il était
convaincu: pour un animateur de stages, c’était le participant
idéal. Il voulait être capable de prendre la parole, non
seulement sur le plan local, mais à l’échelon national. Il
prépara consciencieusement chaque séance, travailla avec
soin ses interventions, et pas une fois il ne fut absent, bien
que cette période fût la plus chargée dans son métier.
Comme il arrive toujours dans ce cas, il progressa à une telle
rapidité qu’il en fut surpris lui-même. En deux mois, il était
parmi les meilleurs.
Son animateur était à Norfolk, en Virginie, un an plus tard, et
voici ce qu’il m’écrivit: «J’avais complètement oublié Joe
Haverstick quand, en prenant mon petit déjeuner, j’ai ouvert
un journal. La photographie de Joe y figurait et un article lui
était consacré. La veille, il avait pris la parole dans une
grande réunion d’entrepreneurs, et Joe était non seulement
leur porte-parole mais leur président!»

21

Pour réussir, vous devez, vous aussi, posséder les qualités
nécessaires

à

toute

entreprise:

un

désir

proche

de

l’enthousiasme, la persévérance qui abat les montagnes et la
certitude que vous allez réussir.
Quand Jules César traversa la Manche et débarqua avec ses
légions dans le pays qui est aujourd’hui la Grande-Bretagne,
que fit-il pour assurer sa victoire? Une chose très intelligente.
Il mena ses soldats sur les falaises de Douvres. De là, en se
penchant sur les flots, deux cents pieds plus bas, ils purent
voir les flammes consumer les bateaux qui les avaient
amenés. Dans un pays ennemi, leur dernier lien avec le
continent tranché, leur dernier moyen de retraite brûlé, il ne
leur restait qu’à avancer et à vaincre. C’est ce qu’ils firent.
Ce fut la méthode de César. Pourquoi ne pas la faire vôtre
quand vous décidez de vaincre votre appréhension de
l’auditoire? Jetez au feu toutes les pensées négatives et
fermez la porte au doute

Quatrièmement:
Saisissez toutes les occasions
de pratiquer

Les cours que je donnais avant la Première Guerre mondiale
ont changé au point d’en être méconnaissables. Tous les ans
de nouvelles idées y sont introduites, et d’anciennes en sont
rejetées. Un seul point n’a pas varié. Tous les participants
doivent faire des interventions, des exposés. Pourquoi? Parce
que nul ne peut apprendre à parler en public sans prendre la

22

parole

devant

un

auditoire,

de

même

qu’on

ne

peut

apprendre à nager sans entrer dans l’eau. Vous pourriez lire
tous les livres sur l’art oratoire — y compris celui ci — et
rester incapable de parler efficacement en public. Ce livre est
un excellent guide, mais vous devez mettre en pratique ses
suggestions.
On demanda un jour à George Bernard Shaw comment il
avait appris à parler si bien en public. Il répondit: « De la
même façon que j’ai appris à patiner: je me suis obstinément
rendu ridicule jusqu’à ce que je sache! » Dans sa jeunesse,
Shaw était un londonien timide. Souvent, il arpentait la rue
avant de pouvoir frapper à une porte. « Peu d’hommes,
confessa-t-il, ont plus souffert de se sentir peureux et
honteux de l’être. »
Finalement, il découvrit la méthode la plus rapide et la plus
sûre pour vaincre la timidité et la peur. II décida de faire de
son point faible son meilleur atout. Il s’inscrivit à un cercle qui
organisait des débats. Il assista à toutes les réunions; chaque
fois il intervenait. C’est en se jetant dans la cause du
socialisme et en parlant en sa faveur, que G.B. Shaw se
transforma et devint un des plus brillants orateurs de la
première moitié du XXe siècle.
Les occasions de parler en public fourmillent. Adhérez à des
organisations et soyez volontaire chaque fois qu’il faut
prendre la parole. Levez- vous et soutenez votre point de vue
dans les réunions. Ne vous tenez jamais à l’écart des
discussions. Parlez! Enseignez! Devenez chef scout, faites
partie de groupements où vous aurez l’occasion de participer
activement aux assemblées. Vous n’avez qu’à regarder autour
de vous pour constater qu’il n’y a pas d’activité qui ne vous
offre une occasion de parler. Vous n’imaginez pas les progrès

23

que vous pouvez faire en saisissant toutes les occasions de
faire passer vos idées.
«Je le sais, me dit un jour un jeune directeur, mais j’hésite à
affronter l’épreuve.
— L’épreuve! m’écriai-je. Ôtez-vous cela de la tête. Vous
n’avez jamais pensé à l’épreuve comme il le fallait: avec un
esprit de conquête!
— Qu’est-ce que c’est? demanda-t-il.
— L’esprit d’aventure, lui répondis-je. Parler en public est une
voie vers le succès, et l’épanouissement de la personnalité.
— Je vais essayer, me dit-il enfin, je vais me jeter dans
l’aventure!»
En lisant ce livre et en mettant ses principes en pratique,
vous aussi, vous vous jetterez dans l’aventure. Vous verrez
que la décision que vous avez prise, et la vision de ce que
vous souhaitez être vous aideront. Cette aventure peut vous
transformer intérieurement et extérieurement.
Votre personnalité va se développer. Une vie mieux remplie,
passionnante vous attend.

24

CHAPITRE II

Comment développer
la confiance en soi

« Il y a cinq ans, monsieur Carnegie, je suis allé à l’hôtel où
vous donniez une conférence d’information sur l’art de
communiquer. Je me suis avancé jusqu’à la porte de la salle
et je me suis arrêté. Je savais que, si j’entrais et m’inscrivais
au cours, je devrais, tôt ou tard, faire un discours. Ma main
s’est figée sur le bouton de la porte. Je n’ai pas pu entrer, j’ai
tourné les talons et quitté l’hôtel.
« Si j’avais su alors à quel point vous rendez facile de vaincre
la peur de parler en public, je n’aurais pas perdu cinq ans. »
L’homme qui faisait cette révélation n’était pas assis à une
table ou à un bureau. Il s’adressait à quelque deux cents
personnes. C’était la séance de remise des diplômes, dans le
cadre d’un de mes stages de New York. En l’écoutant je fus
frappé par son calme et son assurance. Voici un homme,
pensais-je, dont les facultés de leader vont s’accroître grâce à
la confiance et à la facilité d’expression qu’il vient d’acquérir.
tant animateur du stage, j’étais enchanté de constater qu’il
avait vaincu sa peur, mais je ne pouvais m’empêcher de
penser qu’il aurait mieux réussi encore, et surtout été plus
heureux, s’il avait remporté cette victoire cinq ou dix ans plus
tôt.

25

Emerson a dit: «La peur fait échouer plus de gens que
n’importe quel fléau au monde. » J’ai été à même de le
constater et je suis heureux d’avoir pu délivrer des milliers de
personnes de cette peur. Quand j’ai commencé, je ne me
doutais pas que ma méthode se révèlerajt une des plus
efficaces qui soient pour aider les gens à se débarrasser de
leurs craintes. Apprendre à parler en public est le moyen
naturel de surmonter la timidité et de développer courage et
confiance en soi. Pourquoi? Parce que cela nous met aux
prises avec nos craintes.
Au cours des années passées à entraîner des hommes et des
femmes à parler en public, j’ai recueilli des idées qui vous
aideront à surmonter votre trac et à développer votre
assurance en quelques semaines de pratique.

Premièrement:
Cherchez les raisons de votre crainte
de parler en public
Fait n°1:
Votre cas n’est pas unique. Des statistiques pratiquées
dans des universités révèlent que 80 p. 100 des étudiants
inscrits aux cours d’éloquence ont le trac au début. Ces
chiffres sont encore plus élevés chez les adultes.
Fait n°2:
Une certaine dose de trac est utile! C’est une réaction
naturelle qui nous prépare à affronter des circonstances
inhabituelles. Ainsi lorsque votre pouls et votre respiration
s’accélèrent, ne vous inquiétez pas: votre corps, toujours
sensible aux stimulations extérieures, se prépare à l’action. Si

26

ces phénomènes physiologiques ne dépassent pas certaines
limites, vous serez capable de penser plus vite, de parler plus
facilement et, d’une façon générale, de vous exprimer avec
plus d’intensité que lors de circonstances normales.
Fait n°3:
Un

grand

m’ont

nombre

assuré

de

que

conférenciers

le

trac

ne

les

professionnels
avait

jamais

complètement quittés. Ils le ressentent presque toujours
avant de prendre la parole et pendant les deux ou trois
premières phrases. C’est le prix à payer pour être cheval de
course

et

non

cheval

de

trait.

Les

conférenciers

qui

prétendent n’avoir aucun trac produisent généralement sur
les auditeurs l’effet réfrigérant de l’iceberg.
Fait no4:
La cause principale de votre peur de parler en public
vient simplement de votre manque d’habitude. «La peur
est faite d’ignorance et d’incertitude», a dit le professeur
Robinson. Pour la plupart des hommes et des femmes, parler
en

public

représente

une

aventure

aux

inconnues

redoutables. Pour le débutant, c’est une situation étrange plus
difficile, par exemple, qu’apprendre à jouer au tennis, ou à
conduire. Pour faciliter les choses, il n’y a qu’un moyen: LA
PRATIQUE.
Vous découvrirez, comme des milliers d’autres, que parler en
public peut devenir une joie plutôt qu’un supplice, simplement
en accumulant des expériences réussies.
La

façon

dont

un

de

nos

éminents

conférenciers

et

psychologues, Albert Edward Wiggam, surmonta sa peur m’a
beaucoup appris. Au lycée, il était terrifié à la pensée d’avoir
à se lever pour parler pendant cinq minutes.

27

« À mesure que le jour se rapprochait, écrit-il, je devenais
réellement angoissé. Dès que cette terri fiante pensée me
traversait l’esprit, le sang me montait à la tête. Je me
réfugiais dans la cour pour me calmer.
« Ce fut pareil à l’université. À l’occasion d’une fête, j’appris
par coeur un petit texte commençant par ces mots: “Adams
et Jefferson ne sont plus...” Lorsque je me trouvai face à
l’auditoire, la tête me tourna, je ne savais plus où j’étais. Je
parvins à balbutier la première phrase. Je ne pus ajouter un
mot. Alors je saluai... et sortis solennellement au milieu des
applaudissements. Le président se leva et dit: “Eh bien, nous
sommes navrés d’apprendre cette triste nouvelle, mais nous
allons faire de notre mieux pour ne pas nous laisser abattre
en ces pénibles circonstances.” Je crus mourir de honte
devant l’éclat de rire général qui suivit. Il est certain que
devenir conférencier était la dernière chose à laquelle j’aurais
pensé.»
Un an après sa sortie du collège, Albert Wiggam était à
Denver. La campagne politique de 1896 faisait rage autour du
Free Silver (spéculation sur la liberté de frapper la monnaie).
Un jour il lut un pamphlet expliquant les buts des défenseurs.
Il fut si exaspéré par les erreurs et les promesses creuses de
Bryan et de ses partisans, qu’il gagea sa montre pour pouvoir
retourner dans son Indiana natal. Là, il se proposa pour
défendre la monnaie. Beaucoup de ses anciens camarades de
classe se trouvaient dans l’auditoire. « Quand je me levai,
raconte-t-il, le souvenir de ma mésaventure avec Adams et
Jefferson me traversa l’esprit. Je bégayai, je bafouillai et tout
sembla perdu.
Mais, comme ChaunceY Depew aime à le dire, “l’auditoire et
moi avons survécu à l’introduction”. Encouragé par ce succès,

28

je continuai à parler pendant un temps qui me parut de
quinze minutes environ. À mon grand étonnement je sus par
la suite que j’avais parlé une heure et demie.
((Quelques années plus tard à ma profonde surprise, je
gagnais ma vie comme conférencier.
« J’ai compris, par expérience, ce que William Jarnes entend
par “l’habitude du succès”. »
Albert Edward Wiggam apprit que le plus sûr moyen de
devenir un communicateur de talent était la pratique.
Vous

devez

vous

attendre

à

éprouver

une

certaine

appréhension et apprendre à compter sur un certain trac pour
vous aider à mieux parler.
Si le trac se révèle insurmontable et affecte sérieusement vos
possibilités, bloque vos facultés, gêne votre élocution ou vous
donne des tics nerveux et des contractions musculaires, ne
vous désespérez pas. Ces symptômes ne sont pas rares chez
les débutants. Si vous persévérez, votre trac diminuera
jusqu’à devenir une aide au lieu d’une gêne.

Deuxièmement:
Préparez convenablement
L’orateur principal à un déjeuner du Rotary Club de New York,
il y a quelques années, était un membre éminent du
gouvernement. Nous étions impatients de l’entendre décrire
les activités de son ministère. De toute évidence son discours
n’avait pas été préparé. Il essaya d’abord d’improviser. N’y
parvenant pas, il sortit de sa poche une liasse de notes,
manifestement en désordre. Il se battit maladroitement avec
ses papiers pendant quelques instants, et se montra de plus

29

en plus embarrassé. À mesure que le temps passait, il
devenait plus confus, mais il continuait, s’excusait, essayait
de tirer parti de ses notes et levait d’une main tremblante un
verre d’eau jusqu’à ses lèvres desséchées. C’était triste. Il
s’assit enfin, et me parut être l’orateur le plus humilié que
j’aie jamais vu. Il avait prononcé son discours comme
Rousseau dit qu’on doit écrire une lettre d’amour:commencer
sans savoir ce qu’on va dire et terminer sans savoir ce qu’on
a dit.
Depuis 1912, j’ai eu à juger plus de cinq mille interventions
en public par an. De cette expérience une grande leçon s’est
dégagée pour moi, à savoir que seul l’orateur qui s’est
préparé

peut

avoir

une

belle

confiance

en

lui-même.

Comment peut-on espérer renverser la forteresse de la peur
si on la combat avec des armes défectueuses ou sans
munitions? « Je crois, a dit Lincoln, que je ne serai jamais
assez vieux pour parler sans embarras quand je n’aurai rien à
dire.»
Si vous voulez développer votre confiance en vous-même,
pourquoi ne pas faire la seule chose qui puisse vous la
donner? « L’amour parfait, a dit l’apôtre Jean, bannit la
crainte.»

La

parfaite

préparation

aussi.

Daniel

Webster

affirmait qu’il ne songerait pas plus à paraître devant un
auditoire à demi vêtu qu’à demi préparé.

N’essayez jamais d’apprendre
votre texte par coeur
« Parfaite préparation », est-ce à dire apprendre par coeur? A
cette question je réponds catégoriquement NON. En essayant
de prévenir les dangers du trou de mémoire devant le public,
30

de nombreux conférenciers tombent dans le piège du « par
coeur». Ils sont alors esclaves d’une méthode de préparation
qui dévorera leur temps et enlèvera tout impact à leur
discours.
Quand H.V. Kaltenborn, célèbre commentateur de radio, était
étudiant à Harvard, il prit part à un concours oratoire. Il
choisit une courte nouvelle intitulée Messieurs, le roi et
l’apprit par coeur. Il se la récita plus de cent fois. Le jour du
concours, il énonça le titre: Messieurs, le roi! puis il eut un
trou, le vide total. Il était atterré. En désespoir de cause, il se
mit à raconter l’histoire à sa façon. Il fut le plus surpris de
tous quand les juges lui octroyèrent le premier prix. Depuis ce
jour, H.V. Kaltenborfl n’a jamais lu ou récité un discours.
C’est le secret de sa réussite à la radio. Il prépare quelques
notes et parle avec naturel à ses auditeurs, sans papier.
Ecrire et apprendre par coeur un discours, c’est perdre du
temps, gaspiller de l’énergie et courir à l’échec. Dans la vie,
nous parlons spontanément. Nous ne pensons pas nos mots.
Nous pensons nos idées. Si nos idées sont claires, les mots
viennent naturellement et spontanément.
Winston Churchill lui-même a Connu cette dure expérience.
Lorsqu’il était jeune, il écrivait et apprenait par coeur ses
discours. Mais un jour, alors qu’il allait prononcer une
allocution au Parlement tannique, il s’arrêta d’emblée, il avait
perdu le fil. Embarrassé, humilié, le visage écarlate, il dut se
rasseoir. Depuis ce jour, il n’a plus jamais essayé de faire un
discours appris par cœur.
Si nous apprenons mot à mot, il est probable que nous
oublierons tout quand nous nous trouverons devant nos
auditeurs. Même si nous retenons le texte, nous le réciterons
mécaniquement Pour quoi? Parce qu’il ne viendra pas du
31

coeur, mais de la mémoire. Quand nous nous adressons à
quel qu’un, nous pensons à ce que nous voulons dire, puis
nous parlons sans chercher nos mots. Nous l’avons fait toute
notre vie. Pourquoi vouloir changer maintenant? En essayant
d’écrire et d’apprendre mot à mot, nous courons le risque de
faire la même expérience que Vance Bushnell.
Vance fut lauréat de l’école des Beaux-Arts de Paris, puis
vice-président de l’une des plus importantes compagnies
d’assurances du monde. Il y a des années, on lui demanda de
faire une conférence à deux mille représentants d sa
compagnie, lors d’un congrès, en Virginie. A cette époque, il
n’avait que deux ans d’expérience dans les assurances, mais
il avait si bien réussi qu’on l’avait choisi pour faire un speech
de vingt minutes.
Vance était enchanté. Il pensait que cela lui donnerait du
prestige. Malheureusement, il écrivit son texte et l’apprit par
coeur. Il le répéta quarante fois devant son miroir. Il avait
tout prévu: les phrases, les gestes, les expressions du visage.
Cela devait être parfait.
Cependant, quand il se leva pour parler, il avait tout oublié!
Dans sa confusion il recula de deux pas et essaya de
recommencer.

Peine

perdue,

sa

mémoire

refusait

tout

service. Il recula encore de deux pas et chuta du podium.
L’auditoire fut secoué par un éclat de rire énorme. Un des
spectateurs en tomba même de son fauteuil. Jamais, de
mémoire de la compagnie, on n’avait assisté à pareil
spectacle. Le plus drôle, c’est que le public crut que c’était un
scénario voulu et préparé: les plus anciens représentants en
parlent encore.
Quant à Vance Bushnell, il m’a avoué que ce fut le moment le
plus pénible de sa vie. Il fut si humilié qu’il donna sa
32

démission. Ses supérieurs le persuadèrent de la retirer et
l’aidèrent à reprendre confiance. Il est devenu, par la suite,
un brillant orateur. Mais jamais plus il n’apprit par coeur. Que
son expérience nous serve!
J’ai entendu d’innombrables discours que des hommes et des
femmes essayaient de réciter par coeur. Tous ces orateurs
auraient été plus vivants et plus humains, s’ils avaient jeté au
panier ce récit laborieusement appris. Ils auraient peut-être
oublié un détail ou digressé, mais au moins, ils auraient été
humains.
Abe Lincoln a dit un jour: «Je n’aime pas entendre un sermon
préparé à l’avance. Quand j’entends prêcher, j’aime que le
prédicateur réagisse comme s’il se battait avec des abeilles.»
Il voulait dire qu’un orateur doit être pris par son sujet. Nul
ne réagit « comme s’il se battait avec des abeilles » quand il
cherche à retrouver des mots préalablement préparés.

Assemblez et classez vos idées à l’avance

Quelle est alors la meilleure méthode pour préparer une
intervention? Simplement celle-ci:
cherchez dans votre passé un événement qui vous a appris
quelque chose, puis classez les idées, les convictions, les
pensées qu’il vous a suggérées. Pour bien vous préparer,
«ruminez» votre sujet. Comme l’a dit le docteur Charles
Reynols Brown il y a quelques années dans une mémorable
série de conférences à l’université Yale: «Pensez votre sujet
jusqu’à ce qu’il soit mûr et que les idées affluent. Puis jetez
en quelques mots toutes ces idées sur le papier; recopiez-les
sur de petites fiches qui, une fois classées, constitueront le
33

plan de votre exposé. Cela ne semble pas être une tâche bien
difficile

à

réaliser,

n’est-ce

pas?

Elle

vous

demandera

seulement un peu de concentration et de réflexion.

Parlez de votre sujet avec vos amis

Devez-vous parler de votre sujet après l’avoir un peu
débroussaillé? Certainement. C’est une bonne méthode,
simple et efficace. Testez les idées que vous avez choisies
pour votre exposé dans votre conversation de tous les jours
avec vos amis et relations, mais sans insister, dites plutôt par
exemple: «Vous savez, Jean, il m’est arrivé une histoire
extraordinaire un jour, j’aimerais vous la raconter.» Jean sera
probablement

heureux

de

vous

écouter.

Surveillez

ses

réactions. Notez ses remarques. Il peut avoir une idée
originale. Il ne se doutera pas que vous vous servez de lui
pour répéter votre intervention — ce qui n’a pas d’importance
—, mais il vous dira, sans doute, avoir pris plaisir à votre
conversation.
Allan

Nevins,

l’historien

distingué,

a

donné

un

conseil

semblable à de jeunes écrivains: «Trouvez quelqu’un qui
s’intéresse à votre sujet et développez-le devant lui. Ainsi
vous découvrirez une interprétation qui aurait pu vous
échapper, des arguments que vous n’aviez pas soupçonnés et
la forme la meilleure pour votre message.»

34

Troisièmement:
Soyez d’avance certain de votre Succès
Cette phrase s’applique à l’attitude mentale à adopter pour
pou voir parler en public. Cette même règle vaut pour le défi
qui vous attend mainte nant: faire de chacune de vos
interventions une réussite. Il y a trois moyens:

Pénétrez-vous de votre sujet
Après avoir choisi et ordonné votre sujet selon un plan
logique, vous en avez parlé avec vos amis. Mais votre
préparation n’est pas finie. Vous devez vous convaincre de
l’importance de votre sujet et avoir l’attitude qui a fait réussir
tous les grands personnages de l’histoire, qui est de croire en
votre message. Comment mettre le feu sacré dans votre
communication?

En

approfondissant

sa

explorant
signification,

tous
en

ses

aspects,

vous

en

demandant

comment vos paroles seront profitables à vos auditeurs.

Évitez toute réflexion négative
susceptible de vous troubler
Penser que vous allez faire une erreur de grammaire, ou que
vous allez passer à la conclusion alors que vous ne serez
qu’au milieu de votre argumentation, voilà des réflexions
négatives qui peuvent vous faire perdre confiance avant
même que vous n’ayez commencé. Il est spécialement
recommandé d’éviter de penser à vous avant de prendre la
parole.

Concentrez-vous

sur

ce

que

disent

les

autres

intervenants, soyez un auditeur attentif, et vous ne penserez
plus au trac.
35

Pratiquez l’autosuggestion
À moins d’être enthousiasmé par une grande cause à laquelle
il aura consacré sa vie, tout orateur aura un jour des doutes
sur la valeur de son sujet. Il se demandera s’il lui convient, et
s’il peut intéresser ses auditeurs. Dans sa perplexité, il sera
tenté de le changer. Dans ces circonstances, où l’aspect
négatif du problème risque de ruiner votre confiance en vous,
il est indispensable de pratiquer l’autosuggestion. En d’autres
termes, dites-vous que le sujet vous convient parce que vous
l’avez vécu et qu’il est le reflet de vos convictions. Dites-vous
que nul n’est plus qualifié que vous pour en parler et que
vous ferez de votre mieux pour le mettre en valeur. C’est la
vieille méthode Coué? Peut-être, mais les psychologues
modernes sont d’accord pour affirmer que l’auto suggestion
constitue

un

stimulant

des

plus

actifs

pour

apprendre

rapidement, même si, au départ, on n’y croit pas. Combien
plus puissante alors sera une autosuggestion sincère!

Quatrièmement:
Agissez avec confiance
Le professeur William James, le plus célèbre psychologue
américain, a écrit: « L’action semble suivre la pensée, mais,
en fait, action et pensée se produisent simultanément. En
réglant l’action qui est sous le contrôle de la volonté, nous
pouvons gouverner indirectement les sentiments qui lui
échappent.»

36

« Le remède souverain pour retrouver l’enthousiasme, si nous
l’avons perdu, est de nous redresser joyeusement, de parler
et d’agir comme si l’enthousiasme était revenu. Si une telle
conduite ne nous rend pas plus optimiste, rien d’autre dans
cette circonstance n’y parviendra. »
«Pour devenir confiant, agissons comme si nous l’étions,
mettons-y toute notre volonté et par un acte de courage nous
triompherons de l’appréhension. »
Suivez les conseils du professeur James. Pour développer
votre courage en réunion et en public, faites comme si vous
n’aviez pas peur. Naturellement, si vous ne vous êtes pas
préparé convenablement, tous les stimulants du monde vous
seront de peu d’utilité.
Mais, si vous savez de quoi vous allez parler, avancez d’un
pas rapide, et respirez profondément. Respirez à fond trente
secondes. La réserve d’oxygène vous soutiendra. Le grand
ténor Jean de Reszke disait qu’en inspirant à fond, sa
nervosité disparaissait.
Tenez-vous bien droit et regardez vos auditeurs. Commencez
à parler avec confiance, comme si chacun vous devait de
l’argent. Pensez que c’est le cas. Imaginez qu’ils sont là pour
vous demander de leur faire crédit. Cela vous aidera.
Si vous doutez de cette méthode, vous changerez d’avis
après avoir eu une conversation avec n’importe quelle
personne l’ayant adoptée. Comme vous ne pouvez leur parler
directement, écoutez ce témoignage qui restera le symbole
du courage. Dans sa jeunesse, l’homme en question était
particulièrement timoré; en développant sa confiance en lui, il
devint des plus audacieux. C’est le Président des États-Unis
qui fut le plus aimé, respecté et écouté de ses contemporains:

37

Théodore Roosevelt. « Après avoir été un enfant maladif et
gauche, a-t-il écrit dans son autobiographie, je devins un
jeune homme nerveux doutant de mes possibilités. Je me suis
entraîné pénible ment, laborieusement, tant sur le plan
physique que sur le plan moral et intellectuel. »
II nous a révélé comment il parvint à se transformer: «Dans
ma jeunesse, j’ai lu un livre de Marryat que je n’ai jamais
oublié. Le capitaine d’un petit bateau de guerre britannique
apprend au héros de l’ouvrage à devenir courageux. Tout
homme, dit-il, a peur quand arrive le moment de l’action. Il
faut alors garder assez d’emprise sur soi pour agir comme si
la peur n’existait pas. Quand on garde cette attitude assez
longtemps, elle devient réalité, et l’homme acquiert le
courage qu’il n’avait pas.
«Ce fut la maxime qui me guida. Beaucoup de choses
m’effrayaient au début, les ours gris, autant que les chevaux
vicieux et les bandits armés, mais en faisant comme si je ne
les redoutais pas, je cessai peu à peu d’avoir peur. La plupart
des hommes peuvent faire cette expérience s’ils le désirent. »
Surmonter la peur de parler en public apporte d’énormes
bienfaits dans tout ce que nous faisons. Ceux qui y
parviennent, s’aperçoivent qu’ils s’améliorent dans d’autres
domaines, et ils constatent que leur victoire les a fait sortir
d’eux- mêmes pour les lancer dans une vie plus riche et
mieux remplie.
Un vendeur m’écrivit un jour: «Après avoir parlé, au cours de
quelques séances, devant les participants du groupe, j’ai senti
que je pouvais affronter n’importe qui. Je me rendis un matin
chez un client peu aimable et, avant qu’il ait pu dire non,
j’avais étalé mes échantillons sur son bureau. Il me passa une
des meilleures commandes que j’aie jamais reçues. »
38

Une maîtresse de maison a confié de son côté à un de nos
responsables de région: « J’avais peur d’inviter mes voisins
par crainte de ne pouvoir tenir une conversation intéressante.
Quand j’eus suivi quelques-unes de vos séances et pris la
parole

devant

l’ensemble

des

stagiaires,

je

lançai

ma

première invitation. Ce fut un grand succès. Je n’eus aucun
mal à rompre la glace en amenant des sujets de discussion
qui les intéressaient. »
En fin de stage, un ingénieur commercial déclara: « J’avais
peur des clients et je paraissais m’excuser auprès d’eux.
Après avoir suivi votre Entraînement, je parlais avec plus
d’assurance, et, miracle! j’allais jusqu’à réfuter les objections.
Le total de mes ventes augmenta de 45 p. 100 dès le premier
mois. »
Tous ont ainsi découvert qu’ils pouvaient sur monter leurs
craintes et leurs anxiétés et réussir là ou auparavant ils
auraient peut-être échoué. Vous aussi vous verrez que parler
en public vous aidera à affronter les difficultés journalières.
Vous pourrez aborder les problèmes quotidiens avec une
maîtrise nouvelle. Ce qui constituait une situation insoluble
peut devenir un tremplin vers plus de joie de vivre.

39

CHAPITRE III

Un moyen rapide et facile
pour bien parler en public
Je regarde rarement la télévision dans la journée, mais un
ami m’a récemment conseillé de suivre un programme de
l’après-midi

destiné

essentiellement

aux

maîtresses

de

maison. C’était une émission très populaire, et mon ami
pensait que la participation du public m’intéresserait. Je la
suivis plusieurs fois, et fus véritablement émerveillé par la
façon dont le meneur de jeu réussissait à faire parler d’une
manière intéressante des personnes de l’assistance. Ce
n’étaient évidemment pas des orateurs professionnels. Ces
personnes

n’avaient

jamais

suivi

de

cours

d’élocution.

Certaines faisaient des fautes de syntaxe et avaient une
mauvaise prononciation, mais toutes étaient attachantes.
Lorsqu’elles commençaient à parler, elles oubliaient les
caméras et captaient l’attention des spectateurs.
Pourquoi? Je le sais parce que j’emploie depuis des années la
technique de cette émission. Ces gens simples intéressaient
les téléspectateurs. Ils parlaient d’eux-mêmes, de leurs
moments difficiles, de leurs meilleurs souvenirs, de leur
réussite, de leurs compétences. Ils ne cherchaient pas à faire
de la rhétorique: introduction, développe ment, conclusion. Ils
ne s’occupaient ni de leur diction ni de la tournure de leurs
phrases et cependant ils obtenaient le témoignage du succès
sans équivoque: l’attention du public. Ce fait illustre le bien40

fondé de la première des trois règles fondamentales à
observer pour apprendre d’une façon simple et rapide à
mieux s’exprimer en public.

Premièrement:
Traitez un sujet que vous connaissez
par expérience ou par étude
Ces hommes et ces femmes rendaient passion nant un
programme

de

télévision

en

relatant

leurs

expériences

professionnelles et personnelles. Ils parlaient de choses qu’ils
connaissaient. Qu’en aurait-il été si on leur avait demandé de
définir le communisme ou de décrire l’Organisation des
Nations Unies! C’est malheureusement l’erreur commise par
de nombreux orateurs. Ils s’attaquent à des sujets qu’ils
connaissent peu, tant et si bien que le seul mérite de leur
conférence est celui de la longueur. Il ne leur est pas venu à
l’esprit que leurs auditeurs auraient préféré quelques faits
bien précis à ces abstractions prétentieuses.
Il y a quelques années, à l’hôtel Hilton de Chicago, un
participant à l’Entraînement Dale Carnegie commença: «
Liberté,

égalité,

fraternité,

telles

sont

les

plus

hautes

aspirations de l’humanité. Sans liberté, la vie ne vaut pas la
peine d’être vécue. Imaginez ce que serait l’existence si on
portait atteinte à la liberté d’action. »
Il n’alla pas plus loin car il fut interrompu, avec raison, par
l’animateur, qui lui demanda d’où lui venait cette conviction.
Il raconta une histoire étonnante.
Il avait été dans la Résistance française et raconta les
humiliations que sa famille et lui avaient subies sous
l’occupation nazie. II décrivit en termes imagés comment il

41

avait échappé à la police secrète, et finalement gagné
“Amérique.
Il termina par ces mots: «Tout à l’heure je descendais
Michigan Avenue pour me rendre à cet hôtel, mais j’étais
libre, je pouvais aller ailleurs si je voulais. J’ai croisé un agent
de police qui n’a pas fait attention à moi. Je suis entré sans
avoir à présenter ma carte d’identité, et quand cette réunion
sera terminée, je pourrai me rendre où je voudrai à Chicago.
Croyez-moi, la liberté vaut que l’on se batte pour elle!»
L’auditoire debout lui fit une ovation.

Dites ce que la vie vous a appris
Les orateurs qui parlent de ce que la vie leur a apporté
retiennent

toujours

l’attention

du

public.

Je

sais,

par

expérience, que beaucoup ont du mal à admettre ce point de
vue. Ils croient que leur expérience est insignifiante et sans
intérêt

pour

les

autres.

Ils

préfèrent

planer

dans

les

généralités et les principes philosophiques malheureuse ment
trop abstraits. Ils nous offrent des éditoriaux alors que nous
voulons des nouvelles. Nous ne sommes pas opposés aux
éditoriaux quand ils viennent des éditorialistes, c’est-à-dire de
journalistes. Donc: parlez de ce que la vie vous a appris et je
vous écouterai avec intérêt.
On a dit qu’Emerson était toujours désireux d’entendre ses
semblables, aussi humble que soit leur situation, car il savait
que tout homme pouvait lui apprendre quelque chose. J’ai
probablement entendu plus d’exposés qu’aucun homme au
monde, et je puis dire, en toute franchise, n’en avoir jamais
entendu d’ennuyeux quand l’orateur racontait ce que la vie lui
avait enseigné, même si la leçon en était banale.

42

Prenons un exemple: il y a quelques années, un de nos
animateurs formait à la parole en public les directeurs d’un
groupe bancaire de New York. Naturellement, les membres
d’un tel groupe, dont le temps était si pris, avaient des
difficultés à se préparer convenablement ou à faire ce qu’ils
croyaient être une préparation Toute leur vie, ils avaient
pensé d’une façon qui leur était propre; ils avaient acquis des
convictions,

avaient

vu

les

choses

selon

leur

optique

personnelle et vécu des expériences originales. En quarante
ans, ils avaient accumulé nombre d’idées à faire passer. Mais
il était difficile de le faire admettre à certains.
Un vendredi, un homme que nous nommerons M. Jackson et
dont la banque était située au nord de Manhattan, vit qu’il
était déjà seize heures trente, et il se demanda de quoi il
pourrait

parler.

Il

sortit

de

son

bureau,

acheta

le

Forbes’Magazine et, dans le métro, il parcourut un article
intitulé «Vous n’avez que dix ans pour réussir». Il le lut non
parce que l’article l’intéressait, mais parce qu’il devait trouver
un sujet de causerie pour le soir même.
Une heure plus tard, il essaya de parler d’une façon
intéressante et avec conviction de ce qu’il avait lu.
Quel en fut le résultat? L’inévitable résultat?
Il n’avait ni digéré, ni assimilé ce qu’il essayait de dire. Il
essayait..,

c’est

bien

le

terme

exact.

En

fait

ii

ne

communiquait aucun message et cela apparaissait nettement
dans son attitude et dans le ton de sa voix. Comment
pouvait-il espérer intéresser quand lui-même n’était pas
passionné? Il se référait à son article en disant que l’auteur
pensait telle ou telle chose. Il y avait beaucoup trop de
Forbes’ Magazine, et malheureusement, pas assez de M.
Jackson.
43

Quand il eut terminé, l’animateur lui dit:
« Monsieur Jackson, la personne qui a écrit cet article nous
est indifférente. Elle n’est pas là. Nous ne la voyons pas. Mais
nous désirons connaître vos convictions personnelles. Dites
nous ce que vous pensez, et non ce qu’un autre a dit.
Impliquez-vous davantage dans votre mes sage. Voulez-vous
recommencer la semaine prochaine? Relisez votre article.
Demandez-vous si vous partagez l’opinion de l’auteur. Dans
l’affirmative, illustrez ce qui vous paraît exact par des
observations

tirées

de

votre

expérience.

Dans

le

cas

contraire, dites-nous pourquoi. Que cet article soit le point de
départ de votre présentation.»
M. Jackson relut son article et s’aperçut qu’il n’était pas
d’accord avec l’auteur. Il chercha dans ses souvenirs des
exemples prouvant son désaccord. Il appuya ses convictions
sur des détails de son expérience de directeur de banque. La
semaine suivante, son intervention était fondée sur son
expérience

et

reflétait

ses

idées:

au

lieu

d’un

article

réchauffé, c’était une oeuvre originale marquée de son sceau.
Je vous laisse deviner laquelle des deux causeries fit le plus
impression.

Cherchez des sujets dans votre passé
On demanda un jour à nos animateurs de faire connaître, par
écrit, ce qui, à leur avis, était le problème le plus ardu à
résoudre avec les débutants. Tous furent unanimes: leur faire
traiter un sujet qui leur convienne.
Qu’est-ce donc qu’un bon sujet? Votre sujet est bon s’il fait
partie de vous-même, si vous l’avez fait vôtre par l’étude ou
par l’expérience. Com ment le trouver? En cherchant dans vos
souvenirs des faits qui vous ont particulièrement frappés. Il y

44

a quelques années, nous avons mené une enquête pour
savoir quels sujets captaient l’attention des auditeurs de
notre Entraînement. Nous avons découvert qu’ils concernaient
certaines époques bien déterminées.
Les jeunes années et l’éducation. Les sujets qui ont trait à la
famille, aux souvenirs d’enfance, aux années scolaires,
retiennent invariablement l’attention, parce que presque tous
nous aimons savoir comment les autres ont surmonté les
difficultés inhérentes à leur milieu.
Chaque

fois

que

cela

est

possible,

glissez

dans

vos

interventions des exemples de votre jeunesse. La popularité
des pièces de théâtre, des films et des romans qui traitent
des difficultés auxquelles est confrontée la jeunesse dans le
monde des adultes, prouve la valeur de ce thème. Mais
comment pouvez-vous être sûr que les autres s’intéresseront
à ce qui vous est arrivé quand vous étiez jeune? II y a un
moyen. Si, après bien des années, un événement demeure
vivant dans votre esprit, presque à coup sûr, il intéressera
ceux qui vous écoutent.
Débuts difficiles. C’est une mine d’intérêt humain. Là encore,
vous pourrez capter l’attention en racontant vos premières
tentatives pour trouver une situation. Comment êtes-vous par
venu à obtenir tel travail ou à exercer telle profession? Quel
concours de circonstances vous a permis de réussir? Racontez
vos déconvenues, vos espoirs, vos succès lorsque vous vous
êtes lancé dans la vie professionnelle. Une image véritable de
la vie de quiconque, si elle est racontée sans prétention, offre
un sujet à toute épreuve.
Violons d’Ingres et loisirs. Ce sont des sujets très personnels
donc intéressants. Vous ne pouvez vous tromper en parlant
de quelque chose que vous aimez. Votre enthousiasme pour
45

votre passe- temps favori vous aidera à le communiquer aux
autres.
Connaissances particulières. Des années de travail dans une
profession déterminée ont fait de vous un spécialiste. On vous
accordera une attention soutenue si vous exposez certains
aspects de votre métier.
Expériences

exceptionnelles.

Par

exemple

vous

avez

rencontré un grand homme, vous vous êtes trouvé sous un
bombardement, vous avez traversé une crise spirituelle. Ce
sont de bonnes expériences qui peuvent fournir matière aux
meilleures interventions.
Croyances et convictions. Vous avez peut-être consacré
beaucoup de temps et d’efforts pour vous forger une opinion
sur les problèmes qui se posent dans le monde. Vous avez
passé des heures à étudier des questions importantes, vous
avez acquis le droit d’en parler. Mais si vous le faites, veillez à
fournir des exemples précis. Le public n’apprécie pas les
généralités. Ne croyez pas que la lecture de quelques articles
soit une préparation suffisante pour de tels sujets. Si vous
n’en savez guère plus que votre auditoire, mieux vaut ne pas
en parler. En revanche, si vous avez passé des années à
approfondir quelque chose, cela constituera un sujet pour
vous. N’hésitez pas alors à le choisir.

Comme il a été dit au chapitre deux, la préparation d’une
causerie ne consiste pas à jeter quelques mots sur du papier
ou à se rappeler une suite de phrases par coeur. Il ne suffit
pas non plus de rassembler des idées glanées dans un
ouvrage ou dans un article de journal. Il faut creuser au plus
profond de votre esprit et de votre coeur pour communiquer
des convictions essentielles que la vie vous a données. C’est
46

toujours là que vous trouverez le thème de vos exposés. Ne
rejetez pas ces sujets, en les jugeant trop personnels ou sans
intérêt pour vos auditeurs. J’ai été très marqué par des
causeries de ce genre qui sont souvent plus attachantes que
celles de professionnels.
C’est seulement en traitant un sujet dont vous avez acquis le
droit de parler que vous serez capable de remplir la deuxième
condition pour apprendre à bien parler en public et en
réunion.

Deuxièmement:
Traitez un sujet qui vous tient à coeur
Les sujets dont vous et moi avons mérité de parler ne nous
passionnent pas nécessairement. Par exemple, puisque je la
fais parfois moi-même, je pourrais parler de la vaisselle. Mais
la vaisselle ne provoque chez moi aucun enthousiasme. En
fait, je préfère même ne pas y penser. Cependant j’ai
entendu des ménagères — je veux dire des maîtresses de
maison — faire de magnifiques causeries sur la vaisselle. Elles
avaient un tel dégoût pour cette besogne ou avaient imaginé
des méthodes si ingénieuses pour s’en débarrasser, qu’elles
se passionnaient pour ce sujet qui, ainsi, prenait de l’intérêt.
Pour apprécier la qualité de votre sujet, posez- vous la
question: si on vous opposait un point de vue différent,
seriez-vous capable de parler avec conviction et ferveur pour
la défendre? Si la réponse est oui, votre sujet est bon.
J’ai retrouvé récemment des notes prises après la septième
session de la Société des Nations à Genève. J’y ai relevé ce
passage: « Après que nous eûmes écouté trois ou quatre
piètres orateurs lire leurs déclarations, Sir George Foster vint
à la tribune pour parler au nom du Canada. Avec une

47

immense satisfaction, je notai qu’il ne s’aidait ni de notes ni
de papiers. Il était animé et parlait avec son coeur. Il avait un
message à faire passer. Il voulait que ses convictions
profondes soient acceptées par l’assemblée. » Les principes
que je préconise étaient illustrés par son attitude.
Je me rappelle souvent ce discours de Sir George, la sincérité,
la conviction de cet homme. C’est seulement en traitant des
sujets qui sont au fond de vous-même que votre sincérité
pourra éclater. Un des prédicateurs américains les plus
dynamiques, Mgr Fulton J. Sheen, s’en rendit compte très
jeune.
« J’avais été désigné pour participer à un débat au séminaire,
a-t-il écrit dans son livre La vie vaut la peine d’être vécue.
— Le soir précédant le débat, mon professeur me fit appeler
et me semonça vertement. “Vous êtes le plus mauvais
orateur de cette université depuis qu’elle existe.
«— Mais, dis-je, en essayant de me justifier, si je suis si
mauvais pourquoi m’avez-vous désigné pour prendre part à
ce débat?
«— Parce que, à défaut de savoir parler, vous savez penser,
répondit-il. Allez vous mettre dans ce coin. Prenez un passage
de votre exposé et travaillez-le.”
« Je répétai ce paragraphe pendant une heure au bout de
laquelle il me demanda:
«“Vous rendez-vous compte de ce qui ne va pas?
«— Non.”
«Une heure et demie, deux heures, deux heures et demie
passèrent. J’étais épuisé.
«“Vous ne voyez toujours pas où est votre erreur ?“

48

«Ayant habituellement l’esprit vif, après deux heures et demie
je compris enfin!
«“Oui. Je ne suis pas sincère. Je ne suis pas moi-même. Je ne
parle pas comme si j’y croyais.”»
Mgr Sheen venait d’apprendre une leçon qu’il ne devait
jamais oublier. Il mit une partie de lui- même dans sa
causerie. Il s’enflamma pour le sujet qu’il devait traiter: alors
seulement son professeur lui dit: «Maintenant, vous êtes
prêt!»
Quand un de nos participants prétend que rien ne l’intéresse
et que la vie lui paraît monotone, nos animateurs ont
l’habitude de lui demander comment il passe ses loisirs. L’un
va au cinéma, l’autre joue au tennis, un troisième cultive des
roses. L’un d’eux dit un jour qu’il collectionnait des boîtes
d’allumettes. Grâce aux questions du formateur, il s’anima
peu à peu en parlant. Il fit des gestes pour décrire le meuble
où il rangeait sa collection. Il raconta qu’il possédait des
boîtes de presque tous les pays du monde. Quand il eut
atteint le degré d’excitation suffisant, l’animateur l’arrêta: «
Pourquoi ne traiteriez-vous pas ce sujet? Cela me paraît
passionnant. » Il répondit qu’il pensait que personne ne s’y
intéresserait! Cet homme avait passé des années à s’adonner
à un passe-temps devenu presque une passion, et il refusait
d’y voir un bon sujet à exposer! L’animateur lui affirma que le
seul moyen d’estimer la valeur d’un sujet était de se
demander à quel point il nous intéressait nous-mêmes. Il
parla ce soir-là avec la passion du vrai collectionneur. J’ai
appris par la suite qu’il avait obtenu un certain prestige local
en allant dans des clubs parler de sa collection de boîtes
d’allumettes.
Cet exemple nous amène directement au troisième principe.
49


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