Fichier PDF

Partagez, hébergez et archivez facilement vos documents au format PDF

Partager un fichier Mes fichiers Boite à outils PDF Recherche Aide Contact



DSM IV TR .pdf



Nom original: DSM-IV-TR.pdf

Ce document au format PDF 1.6 a été généré par Adobe Acrobat 8.0 Combine Files / Adobe Acrobat 8.0, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 09/06/2012 à 10:19, depuis l'adresse IP 41.98.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 36290 fois.
Taille du document: 16.5 Mo (1082 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)









Aperçu du document


AMERICAN PSYCHIATRIC ASSOCIATION

MANUEL DIAGNOSTIQUE
ET STATISTIQUE
DES TROUBLES MENTAUX
QI:ATRIEME ÉDITION
TEXTE RÉVISE
VERSION INTERNATIONALE

AvEc. Lis Conrs CI1M-10
Coordination générale de la traduction française
Julien Daniel GUELFI et Marc-Antoine CROCQ
Directeurs de l'équipe de la traduction française
P. BOYER,J.-D . GUELFI , C.-B. PULL, M.-C. PULL
Équipe de la traduction française du DSM-IV
S. BENOIT-IAMY , 1.-C. BISSERBE , M. BOUVARD , G. CHAILLET , M.-A. CROCQ , J.-F. DREYFIJS ,
M. DUGAS , M. FLAMENT , V. GAILLAC , B. GRANGER , B. HANIN , P. KOWAL, M. LEBOYER ,
Y. LECRUBIER , J.-P. LEPINE , M.-L. PAILLERE-MARTINOT , G. PARMENTIER , J. PELLET, L. STANER ,
V. VIOT-BIANC , L. WAINTRAUB
Équipe de traduction française du texte révisé du DSM-IV
S. ARBAB7ADEH , G. CHAILLET , M.A. CROCQ , M. FLAMENT, B. GRANGER , J.-D . GUELFI ,
B. HANIN , T. HERGUETA , M.L . PAILLÈRE-MARTINOT , A. PELISSOLO , C.B. PULL, M.C . PULL,
L. STANER , L. WAINTRAUB
Conseiller à la traduction
N. SARTORIUS
Coordination générale des traductions française, italienne et espagnole
Pierre PICHOT

Ancien Président de l'Association mondiale de psychiatrie
Membre de l'Académie de médecine

Hl MASSON

Directeurs de l'équipe de la traduction française du DSM-IV
P. BOYFR, Professeur de Neurosciences, ancien CCA , chargé de recherches, INSERM, Paris
j.-D . GUELFI , professeur de psychiatrie Paris V, chef de service, clinique des maladies mentales
et rie l'encéphale, hôpital Sainte-Anne, Paris
C.-B. PULL, professeur de psychiatrie, Luxembourg
M.-C. PI ILL , docteur en psychologie, Luxembourg

Équipe de la traduction française du DSM-IV
S. BENOIT-LAMY , ancien interne des hôpitaux, Paris
J.-C. BISSERBE , chargé de recherches, INSERM, Paris
M. BOUVARD , praticien hospitalier, Paris
G. CHAILLET , praticien hospitalier, Luxembourg
M.-A. CROCQ , praticien hospitalier, Rouffach
J.-F . DREYFUS , ancien interne des hôpitaux, Paris
M. DUGAS , professeur de psychiatrie, Paris
M. FLAMENT , professeur de psychiatrie, Toronto, Canada
V. GAILLAC , praticien hospitalier, Paris
B. GRANGER , professeur de psychiatrie. Paris
B. HANIN , psychanalyste, Paris
P. KOWAL , ancien interne des hôpitaux, Paris
M. LEBOYER , praticien hospitalo-universitaire, Paris
Y. LECRUBIER , directeur de recherches, INSERM, Paris
J.-P . LEPINE , professeur de psychiatrie, Paris
M.-L . PAILLERE-MARTINOT , praticien hospitalier, Paris
G. PARMENTIER , praticien hospitalier, Albi
J. PELLET, professeur de psychiatrie, Saint-Étienne

L. STANER , praticien hospitalier, Luxembourg
V. VIOT-BLANC , ancien interne des hôpitaux, Paris
I.. WAINTRAUB , praticien hospitalier, Paris

Équipe de la traduction française du texte révisé du DSM-IV
Coordination générale : J.-D. Guelfi et M.-A. Crocq
S. ARBABZADEH , ancien chef de clinique, assistant des hôpitaux, Paris
G. CHAILLET , praticien hospitalier, Luxembourg
M.-A. CROCQ , praticien hospitalier, Rouffach
M. FLAMENT , professeur de psychiatrie, Toronto, Canada
B. GRANGER , professeur de psychiatrie, Paris
J. D. GUELFI , professeur de psychiatrie, Paris V, hôpital Sainte-Anne
B. HANIN , psychanalyste, Paris
T. HERGUETA , psychologue, hôpital Salpêtrière, Paris
M. L. PAILLÈRE MARTINOT , praticien hospitalier, Paris
A. PELISSOLO . praticien hospitalo - universitaire, Paris
C. B. PULL, professeur de psychiatrie, Luxembourg
M. C. PULL, psychologue, Luxembourg
L. STANER , praticien hospitalier, Luxembourg
L. WAINTRAUB , praticien hospitalier, Paris
-

-

-

-

-

To Melvin Sabshin,
a man for all seasons

Avant-propos
de la traduction française
du DSM-IV

L'équipe de traduction du DSM-N en français a observé les mêmes règles générales que
celles qu'elle avait adoptées lors de la traduction du DSM-III publié aux États-Unis en 1980
puis du DSM-III révisé (1987). Nous avons délibérément choisi de rester le plus proche
possible du texte américain, jugeant qu'il était plus hasardeux d'adapter que de traduire.
Nous avons aussi tenu le plus grand compte clans notre travail de la dixième révision de
la classification internationale des maladies (1992), traduite en français en 1993.
La tâche du lecteur désirant comparer les deux systèmes, DSM et CIM , est facilitée
d'une part grâce aux codes indiqués selon les deux systèmes de référence, d'autre part,
grâce aux paragraphes du DSM-IV donnant des précisions sur les procédures d'enregistrement et sur les relations qui existent entre les cieux séries de critères diagnostiques.
Aucun des principes généraux retenus dans le DSM-III : approche clinique purement descriptive, modèle médical de type catégoriel, diagnostics reposant sur des listes
de critères et évaluations multi-axiales , n'a été abandonné dans le DSM-IV.
Néanmoins cette quatrième édition du manuel contient de nombreuses innovations.
L'éventualité selon laquelle de nouvelles recherches autoriseront des descriptions
cliniques dimensionnelles est clairement mentionnée. Une description tridimensionnelle
de la schizophrénie avec les pâles « psychotique », « négatif» et de « désorganisation »
est d'ailleurs proposée, en annexe pour l'instant.
Sur le plan conceptuel, le DSM-IV mentionne la volonté de se libérer du dualisme
corps-esprit et de ré-envisager sous un jour nouveau les relations entre troubles
mentaux et troubles physiques. Ainsi, est-il affirmé qu'il n'y a pas de « distinction fondamentale à établir entre troubles mentaux et affections médicales générales ».
Le DSM-1V ne représente plus seulement le consensus d'experts qu'était fondamentalement le DSM-III . Il est le résultat du regroupement d'un nombre considérable de
données empiriques : revues de la littérature, ré-analyses de données cliniques, résultats
d'études sur le terrain centrées sur des points litigieux de la classification. L'apport de
données nouvelles est particulièrement sensible dans le domaine de l'épidémiologie.
Une autre innovation du DSM-IV concerne, à côté des critères diagnostiques proprement dits, des critères de spécification permettant de délimiter de nombreuses
formes cliniques, chaque fois qu'un nombre suffisant d'arguments justifie ces distinctions. Le plus souvent, ceux-ci sont d'ordre pronostique ou ressortissent d'une réactivité
thérapeutique différentielle.

X Avant-propos de la traduction française du DSM-IV

Par ailleurs, si le principe même des critères diagnostiques n'est pas remis en cause,
la primauté du jugement clinique est maintes fois réaffirmée. Les signes et symptômes
ne peuvent accéder au rang de critères que s'ils sont, certes suffisamment simples et
« cliniquement
non ambigus, mais aussi responsables d'une souffrance de
significative » et d'une « altération », ou d'une « déficience » du fonctionnement dans
plusieurs domaines importants comme le domaine social ou professionnel.
Enfin, le DSM-IV propose en annexe deux rubriques importantes dont l'intérêt paraît
primordial pour la recherche clinique. La première concerne les syndromes spécifiques
(le certaines cultures, la seconde comprend 23 diagnostics « expérimentaux » avec descriptions cliniques et critères de recherche ainsi que des propositions d'évaluation de
nouveaux axes qui nécessitent avant d'être définitivement adoptés des études complémentaires. Il en est ainsi des mécanismes de défense, de l'échelle d'évaluation globale
du fonctionnement relationnel et de l'échelle du fonctionnement social et professionnel.
Le travail réalisé par nos collègues américains est immense. Les passions qu'avait
déchaînées le DSM-III s'apaisent. L'effort considérable de clarification représenté par cc
manuel avait comme objectif premier d'améliorer la fidélité inter-juges des diagnostics
et de favoriser la communication entre divers spécialistes de la santé mentale. Le DSMIV , tout comme le est avant tout un outil de travail qui ne doit être ni déifié ni
cliabolisé . Son utilisation, couplée à la découverte de « clés » nouvelles dépassant la seule
clinique, sera la source des prochains progrès dans la connaissance et aboutira alors à
une véritable nosographie psychiatrique.

J.-D . GUELFI , P. BOYER,
C.-B. PULL ET M.-C. PULL

Table des matières

Avant-propos de la traduction française du DSM-IV ................................................................ IX
Task Force du DSM-IV ................................................................................................................... XIII
Groupes de travail pour la révision du texte du DSM-IV ................................................... XVII
Remerciements pour le DSM-IV ................................................................................................. )0(1
Remerciements pour le DSM-IV, Révision du texte .......................................................... XXIII
Préface à la version internationale du DSM-IV ..................................................................... XXV
Introduction .................................................................................................................................. )(XVII
Avertissement ..................................................................................................................................... XII
Utilisation du manuel .......................................................................................................................... 1
La classification du DSM-IV-TR (avec les codes de la CIM-10 et de la CIM-9-MC ) ..... 15
Évaluation multiaxiale ....................................................................................................................... 33
Troubles habituellement diagnostiqués pendant la première enfance,
la deuxième enfance ou l'adolescence ............................................................................... 45
Delirium, démence, trouble amnésique et autres troubles cognitifs ........................... 157
Troubles mentaux dus à une affection médicale générale ............................................... 209
Troubles liés à une substance ..................................................................................................... 221
Schizophrénie et Autres Troubles psychotiques .................................................................. 343
Troubles de l'humeur .................................................................................................................... 399
Troubles anxieux ............................................................................................................................. 493
Troubles somatoformes ................................................................................................................ 561
Troubles factices .............................................................................................................................. 593
Troubles dissociatifs ....................................................................................................................... 599
Troubles sexuels et Troubles de l'identité sexuelle ............................................................ 617
Troubles des conduites alimentaires ........................................................................................ 675
Troubles du sommeil ..................................................................................................................... 691
Troubles du contrôle des impulsions non classés ailleurs ............................................... 765
Troubles de l'adaptation .............................................................................................................. 783
Troubles de la personnalité ......................................................................................................... 789
Autres situations qui peuvent faire l'objet d'un examen clinique ................................. 841
Codes additionnels ......................................................................................................................... 855

XII Table des matières

Annexes
Annexe A

Arbres de décision pour le diagnostic différentiel ............................. 859

Annexe B

Critères et axes proposés pour des études supplémentaires ............. 873

Annexe C

Glossaire des termes techniques ...................................................... 943

Annexe D

Listes des modifications figurant dans le texte révisé du DSM-IV ....... 953

Annexe E

Liste alphabétique des diagnostics et des codes du DSM-IV-TR
(Codes de la CIM-10 et codes du DSM-1V-TR) .................................. 969

Annexe F

Liste numérique des diagnostics et des codes du DSM-IV-TR avec les codes
de la CIM-10 ................................................................................... 983

Annexe G

Codes CIM-9-MC pour une sélection d'affections médicales générales
et de Troubles induits par un médicament ...................................... 997

Annexe H

La classification du DSM-IV avec les codes CIM-10 .......................... 1013

Annexe I

Esquisse d'une formulation en fonction de la culture
et Glossaire des syndromes propres à une culture donnée ............. 1015

AnnexeJ

Collaborateurs du DSM-1V .............................................................. 1023

Annexe K

Conseillers pour la révision du texte du DSM-IV ............................. 1047

Index ................................................................................................................ 1053

Task Force du DSM-IV
ALLEN FRANCES , M.D .

Chairperson
HAROLD ALAN PINCUS , M.D .

Vice-Chairperson
MICHAEL B. FIRST, M.D .

Editor, Text and Criteria

Nancy Coover Andreasen. M.D .. Ph.D .
David H. Barlow, Ph.D .
Magda Campbell, M.D .
Dennis R Cantwell , M.D .
Ellen Frank, Ph.D .
Judith H. Gold , M.D .
John Gunderson , M.D .
Robert E. Hales, M.D .
Kenneth S. Kendler, M.D .
David J. Kupfer, M.D .
Michael R. Liebowitz , M.D .
Juan Enrique Mezzich , M.D., Ph.D .
Peter E. Nathan, Ph.D .
Roger Peele , M.D .
Dan-el A. Regier, M.D ., M.P.H .

Ruth Ross, M.A.,
Nancy E. Vettorello , M.U.P.,
Wendy Wakefield Davis, Ed.M .,
Cindy D. Jones,
Nancy Sydnor-Greenberg , M.A.,
Myriam Kline, M.S .,
James W. Thompson , M.D ., M.P.H .,

A. John Rush, M.D .
Chester W. Schmidt, M.D.
Marc Alan Schuckit , M.D .
David Shaffer, M.D .
Robert L. Spitzer, M.D ., Special Adviser
Gary J. Tucker, M.D.
B. Timothy Walsh, M.D .
Thomas A. Widiger, Ph.D .,
Research Coordinator
Janet B. W. Williams, D.S.W.
John C. Urbaitis , M.D ., Assembly Liaison
James J. Hudziak , M.D .,
Resident Fellow (1990-1993)
Junius Gonzales , M.D .
Resident Fellow (1988-1990)

Science Editor
Administrative Coordinator
Editorial Coordinator
Administrative Assistant
Administrative Consultant
Focused Field-Trial Coordinator
Videotape Field-Trial Coordinator

Les groupes de travail pour la révision du texte du LLSM-IV figurent p. XVII à XX .

XIV Groupe de travail du DSM-IV

Troubles anxieux
Michael R. Liebowitz , M.D ., Chairperson
David H. Barlow, Ph.D ., Vice-Chairperson
James C. Ballenger M.D .

Jonathan Davidson , M.D .
Edna Foa, Ph.D .
Abby Fyer, M.D .

Delirium, Démence, Trouble amnésique
et autres Troubles cognitifs
Gary J. Tucker, M.D ., Chairperson
Michael Popkin , M.D ., Vice-Chairperson
Eric Douglas Caine , M.D .
Marshall Folstein , M.D .

Gary Lloyd Gottlieb , M.D .
Igor Grant. M.D .
Benjamin Liptzin , M.D.

Troubles habituellement diagnostiqués
pendant la première enfance, la deuxième enfance
ou l'adolescence
David Shaffer, M.D ., Co-Chairperson
Magda Campbell, M.D ., Co-Chairperson
Susan J. Bradley, M.D .
Dennis P. Cantwell , M.D .
Gabrielle A. Carlson, M.D .
Donald Jay Cohen, M.D .
Barry Garfinkel , M.D .
Rachel Klein, Ph.D .

Benjamin Lahey, Ph.D .
Rolf Loeber, Ph.D .
Jeffrey Newcorn , M.D .
Rhea Paul, Ph.D .
Judith H. L. Rapoport , M.D .
Sir Michael Rutter, M.D .
Fred Volkmar, M.D .
John S. Werry, M.D .

Troubles des conduites alimentaires
B. Timothy Walsh, M.D ., Chairperson
Paul Garfinkel , M.D.
Katherine A. Halmi , M.D .

James Mitchell, M.D .
G. Terence Wilson, Ph.D .

Troubles de l'humeur
A. John Rush, M.D ., Chairperson
Martin B. Keller, M.D ., Vice-Chairperson
Mark S. Bauer, M.D .

David Dunner, M.D .
Ellen Frank, Ph.D .
Donald F. Klein, M.D .

Groupe de travail du DSM-IV XV

Évaluation multiaxiale
Janet B. W. Williams, D.S.W.,
Chairperson
Howard H. Goldman, M.D., Ph.D.,
Vice-Chairperson
Alan M. Gruenberg, M.D.

Juan Enrique Mezzich, M.D., Ph.D.
Roger Peele, M.D.
Stephen Setterberg, M.D.
Andrew Edward Skodol II. M.D.

Troubles de la personnalité
John Gunderson, M.D., Chairperson
Robert M. A. Hirschfeld, M.D.,
Vice-Chairperson
Roger Blashfield, Ph. D.
Susan Jean Fiester, M.D.

Theodore Millon, Ph.D.
Bruce Kohl, M.D.
Tracie Shea, Ph.D.
Larry Siever, M.D.
Thomas A. Widiger, Ph.D.

Trouble dysphorique prémenstruel
Judith H. Gold, M.D., Chairperson
Jean Endicott, Ph.D.
Barbara Parry, M.D.

Sally Severino, M.D.
Nada Logan Stotland, M.D.
Ellen Frank, Ph.D., Consultant

« Psychiatric Systems Interface Disorders »
(Troubles de l'adaptation, Troubles dissociatifs,
Troubles factices, Troubles du contrôle des impulsions,
Troubles somatoformes et Facteurs psychologiques
influençant une affection médicale)
Robert E. Hales, M.D. Chairperson
C. Robert Cloninger, M.D.,
Vice-Chairperson
Jonathan F. Bonis, M.D.
Jack Denning Burke, Jr., M.D., M.P.H.
Joe P. Fagan, M.D.
Steven A. King, M.D.

Ronald L. Martin, M.D.
Katharine Anne Phillips, M.D.
David A. Spiegel, M.D.
Alan Stoudemire, M.D.
James J. Strain, M.D.
Michael G. Wise, M.D.

XVI Groupe de travail du DSM-IV

Schizophrénie et autres Troubles psychotiques
Nancy Coover Andreasen, M.D., Ph.D.,
Chairperson
John M. Kane, M.D., Vice-Chairperson

Samuel Keith, M.D.
Kenneth S. Kendler, M.D.
Thomas McGlashan, M.D.

Troubles sexuels
Chester W. Schmidt, M.D., Chairperson
Raul Schiavi, M.D.
Leslie Schover, Ph.D.

Taylor Seagraves, M.D.
Thomas Nathan Wise, M.D.

Troubles du sommeil
David J. Kupfer, M.D., Chairperson
Charles F. Reynolds III, M.D.,
Vice-Chairperson
Daniel Buysse, M.D.

Roger Peele, M.D.
Quentin Regestein, M.D.
Michael Sateia, M.D.
Michael Thorpy, M.D.

Troubles liés à une substance
Marc Alan Schuckit, M.D., Chairperson
John E. Helzer, M.D., Vice-Chairperson
Linda B. Cottler, Ph.D.

Thomas Crowley, M.D.
Peter E. Nathan, Ph.D.
George E. Woody, M.D.

Commission sur l'évaluation
et le diagnos tic psychiatrique
Layton Mc Curdy, M.D., Chairperson
(1987-1994)
Kenneth Z. Altshuler, M.D. (1987-1992)
Thomas F. Anders, M.D. (1988-1994)
Susan Jane Blumenthal, M.D.
(1990-1993)
Leah Joan Dickstein, M.D. (1988-1991)
Lewis J. Judd, M.D. (1988-1994)
Gerald L. Klerman, M.D. (deceused)
(1988-1991)
Stuart C. Yudofsky. M.D. (1992-1994)
Jack D. Blaine, M.D., Consultant
(1987-1992)
Jerry M. Lewis, M.D., Consultant
(1988-1994)

Daniel J. Luchins, M.D., Consultant
(1987-1991)
Katharine Anne Phillips, M.D.,
Consultant (1992-1994)
Cynthia Pearl Rose, M.D., Consultant
(1990-1994)
Louis Alan Moench, M.D.,
Assembly Liaison (1991-1994)
Steven K. Dobscha, M.D., Resident
Fellow (1990-1992)
Mark Zimmerman, M.D., Resident Fellow
(1992-1994)

Groupe de travail du DSM-IV XVII

Commission conjointe du Conseil d'Administration
et de l'Assemblée des District Branches
sur des questions concernant le DSM-IV
Ronald A. Shellow, M.D., Chairperson
Harvey Bluestone, M.D.
Leah Joan Dickstein, M.D.

Arthur John Farley, M.D.
Carol Ann Bernstein, M.D.

Groupes de travail
pour la révision du texte
du DSM4V
MICHAEL B. FIRST, M.D.

Co-Chairperson and Editor
HAROLD ALAN PINCUS, M.D.

Co-Chairperson
Laurie E. McQueen, M.S.S.W.
DSM Project Manager

Yoshie Satake, B.A.
DSM Program Coordinator

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles anxieux
Murray B. Stein, M.D.
Chairperson
Jonathan Abramowitz, Ph.D.
Gordon Asmundson, Ph.D.
Jean C. Beckham, Ph.D.
Timothy Brown, Ph.D., Psy.D.

Michelle Craske, Ph.D.
Edna Foa, Ph.D.
Thomas Maman, M.D.
Ron Norton, Ph.D.
Franklin Schneier, M.D.
Richard Zinbar54, Ph.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur Delirium, Démence, Trouble amnésique
et autres Troubles cognitifs et Troubles mentaux
liés à une affection médicale
Eric Douglas Caine, M.D.

Jesse Fann, M.D., M.P.H.

XVIII Groupes de travail pour la révision du texte du DSM-IV

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles habituellement diagnostiqués
pendant la première enfance, la deuxième enfance
ou l'adolescence
David Shaffer, M.D.
Chairperson

Donald J. Cohen, M.D.
Stephen Hinshaw, Ph.D.
Rachel G. Klein, Ph.D.

Ami Klin, Ph.D.
Daniel Pine, M.D.
Mark A. Riddle, M.D.
Fred R. Volkmar, M.D.
Charles Zeanah, M.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles des conduites alimentaires
Katharine L. Loeb, Ph.D.

B. Timothy Walsh, M.D.

Groupe de travail pour la révision du texte sur les Troubles
du mouvement induits par un médicament
Gerard Addonizio, M.D.
Lenard Adler, M.D.
Burton Angrist, M.D.
Daniel Casey, M.D.

Alan Gelenberg, M.D.
James Jefferson, M.D.
Dilip Jeste, M.D.
Peter Weiden, M.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles de l'humeur
Mark S. Bauer, M.D.
Patricia Suppes, M.D., Ph.D.

Michael E. Thase, M.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur l'évaluation multiaxiale
Alan M. Gruenberg, M.D.

Groupe de travail du DSM-IV

XIX

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles de la personnalité
Bruce Pfohl, M.D.

Thomas A. Widiger, Ph.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur le Trouble dysphorique prémenstruel
Sally Severino, M.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les « Psychiatrie Systems Interface Disorders »
(Troubles de l'adaptation, Troubles dissociatifs,
Troubles factices, Troubles du contrôle des impulsions,
Troubles somatoformes et facteurs psychologiques
influençant une affection médicale)
Mitchell Cohen, M.D.
Marc Feldman, M.D.
Eric Hollander, M.D.
Steven A. King, M.D.
James Levenson, M.D.
Ronald L. Martin, M.D.
Jeffrey Newcorn, M.D.

(deceased)

Russell Noyes, Jr., M.D.
Katharine Anne Phillips., M.D.
Eyal Shemesh, M.D.
David A. Spiegel, M.D.
James J. Strain, M.D.
Sean H. Yutzy, M.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur Schizophrénie et Autres Troubles psychotiques
Michael Flaum, M.D.
Chairperson

Xavier Amador, Ph.D.

XX Groupes de travail pour la révision du texte du DSM-IV

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles sexuels
et les Troubles de l'identité sexuelle
Chester W. Schmidt, M.D.
R. Taylor Segraves, M.D.

Thomas Nathan Wise. M.D.
Kenneth J. Zucker, Ph.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles du sommeil
Daniel Buysse, M.D.

Peter Nowell, M.D.

Groupe de travail pour la révision du texte
sur les Troubles liés à une substance
Marc Alan Schuckit, M.D.

Association américaine de psychiatrie
Commission sur l'évaluation et le diagnostic
psychiatrique
David J. Kupfer, M.D.
Chair

Louis Alan Moench, M.D.
Assemble Liaison

James Leckman, M.D.
Member

Jack Barchas, M.D.
Corresponding Member

Katharine Anne Phillips, M.D.
Member

Herbert W. Harris, M.D., Ph.D.
Corresponding Member

A. John Rush, M.D.
Member

Charles Kaelber, M.D.
Corresponding Member

Daniel Winstead, M.D.
Member

Jorge A. Costa e Silva, M.D.
Corresponding Member

Bonnie Zima, M.D., Ph.D.
Member

T. Berdirhan Ustun, M.D.
Corresponding Member

Barbara Kennedy, M.D., Ph.D.
Consultant

Yeshuschandra Dhaibar, M.D.
APA/Glaxo-Wellcome Fellow

Janet B.W. Williams, D.S.W.
Consultant

Remerciements
pour le DSM-IV

L

e DSM-IV a été un travail d'équipe. Plus de 1 000 personnes (et de nombreuses
organisations professionnelles) nous ont aidés dans la préparation de ce document. Les noms des membres de la Task Force du DSM-IV et de l'équipe du DSM-IV
sont repris en page XIII, les noms des membres des groupes de travail du DSM-IV sont
repris pages XIV à XVI et une liste d'autres participants est incluse dans l'Annexe J.
La responsabilité principale du contenu du DSM-IV incombe à la Task Force du
DSM-IV et aux membres des groupes de travail du DSM-IV. Ils ont travaillé (souvent
plus que ce à quoi ils attendaient) avec un dévouement et une bonne humeur qui nous
ont inspirés. Nous remercions spécialement Bob Spitzer pour ses efforts infatigables et
son point de vue irremplaçable. Norman Sartorius, Darrel Regier, Lewis Judd, Fred
Goodwin, et Chuck Kaelber ont été à l'origine d'échanges mutuellement productifs
entre l'Association américaine de psychiatrie et l'Organisation mondiale de la Santé,
échanges qui ont amélioré à la fois le DSM-IV et la CIM-10 et ont augmenté leur compatibilité. Nous sommes reconnaissants à Robert Israel, Sue Meads et Amy Blum du
Centre national des statistiques de la santé, et à Andrea Albaum-Feinstein de l'Association américaine pour le traitement des informations de Santé pour leurs suggestions
concernant le système de codification du DSM-1V. Denis Prager, Peter Wathan et David
Kupfer nous ont aidés à développer une stratégie originale de réanalyse des données
grâce aux subsides de la Fondation John D. et Catherine T. Mc Arthur.
De nombreuses personnes au sein de l'Association américaine de psychiatrie ont
droit à notre reconnaissance. Mel Sabshin dont la sagesse toute particulière et l'élégance
ont rendu même les tâches les plus pénibles, plus faciles à réaliser. Le Comité de
l'Association américaine de psychiatrie chargé de l'évaluation et des diagnostics psychiatriques (présidé par Layton Mc Curdy) nous a fourni des indications et des conseils
judicieux. Nous voudrions aussi remercier les présidents de l'Association américaine de
psychiatrie (Drs Fink, Pardes, Benedek, Hartmann, English et Mc Intyre) et les personnes ayant présidé les assemblées générales (Drs Cohen, Flamm, Hanin, Pfaehler et
Shellow) qui nous ont aidés à organiser notre travail. Carolvn Robinowitz et Jack White
et leurs équipes respectivement au Bureau du directeur médical de l'Association américaine de psychiatrie et au Bureau de l'Administration des Affaires nous ont apporté
une aide précieuse dans la réalisation de ce projet.
Nous sommes également redevables à plusieurs autres personnes. Wencv Davis,
Nancy Vettorello et Nancy Sydnor-Greenberg ont développé et mis en oeuvre une structure d'organisation qui a permis de mener à son terme ce projet complexe. Nous avons

XXII Remerciements pour le DSM-IV

également été touchés par une équipe administrative particulièrement capable, parmi
laquelle nous relevons Elisabeth Fitzhugh, »Villa Hall, Kelly Mc Kiney, Gloria Miele,
Helen Stavna, Sarah Tilly, Nina Rosenthal, Susan Mann, Joanne Mas, et tout spécialement, Cincly Joncs. Ruth Ross, notre infatigable secrétaire scientifique est à l'origine de
l'amélioration de la clarté de l'expression et de l'organisation du DSM-IV. Myriam Kline
(coordinateur de recherche pour les études DSM-IV sur le terrain financée par l'Institut
National de la Santé), Jim Thompson (coordinateur de recherche pour les essais dans
le domaine des enregistrements vidéo de la fondation Mc Arthur) et Sandy Ferris
(Directeur assistant du bureau de recherche) ont grandement contribué à ce projet.
Nous voudrions également remercier toutes les autres personnes de l'équipe de l'Association américaine de psychiatrie qui nous ont aidés. Ron Mc Millen, Claire Reinburg,
Pam Harley et Jane Davenport de l'American Psychiatrie Press nous ont apporté leur
assistance expérimentée.
Allen Frances, M.D.

Harold Alan Pincus, M.D.

Président de la Tank Force
du DSM-IV

Vice-Président de la Task Force
du DSM-IV

Michael B. First, M.D.

Thomas A. Widiger, Ph.D.

Editeur des Textes et Critères du DSM-IV

Coordinateur de Recherche

Remerciements de l'équipe de la traduction française

Au nom de l'ensemble de l'équipe de la traduction française du DSM-IV, je remercie
tous ceux qui nous ont aidés au cours de notre tâche, notamment les Professeurs
Pierre Pichot et Norman Sartorius pour leurs conseils, Mesdames Marie-Hélène Cécile
et Danièle Lambert pour leur bonne humeur et la qualité de leur travail, Mesdames
Laurence Bertinet, Marie Chevreux et Claire Guilabert enfin pour le travail effectué sur
le texte révisé.
J.-D. GUELFI

Remerciements
pour le DSM-IV
Révision du texte

L

e travail de révision du texte du DSM-IV a également été un travail d'équipe. Nous
sommes particulièrement reconnaissants pour les efforts constants fournis par les
Groupes de Travail de la Révision du Texte du DSM-IV (cités p. XVII à XX), qui ont fait
l'essentiel du travail dans la préparation de cette révision. Nous voudrions également
exprimer notre reconnaissance pour la contribution des nombreux conseillers des
Groupes de travail (voir l'Annexe K, p. 1047) qui ont donné leur avis sur les changements proposés. Enfin, nous remercions la commission sur l'Évaluation et le Diagnostic
Psychiatrique de l'Association Américaine de Psychiatrie (citée p. )0(), qui a très utilement guidé et supervisé les travaux, et qui approuvé le document final. Nous
remercions tout spécialement les membres du comité Katharine A. Phillips et Janet B.
Williams, pour leur relecture méticuleuse et attentive de la révision du texte. Bien
entendu, ce travail n'aurait pas pu être réalisé sans l'assistance indispensable fournie
sur les plans de l'organisation et de l'administration par le personnel du DSM-IV, Laurie
McQueen et Yoshie Satake, et l'assistance fournie sur le plan de la production par Anne
Barnes, Pam Harley, Greg Kuny, Claire Reinburg, et Ron McMillen de l'American Psychiatrie Press.
MICHAEL B. FIRST, M.D.
Co-Chairperson et Editeur

HAROI,D ALAN PINCUS, M.D.
Co-Chairperson

Préface à la version
internationale du DSM-IV

L

e contenu de la Version internationale du DSM-IV est identique à celui du DSMIV standard à l'exception du remplacement des codes diagnostiques de la neuvième révision de la Classification internationale des maladies, version Modifications
cliniques (CIM-9-MC) par ceux de la dixième révision de la Classification internationale
des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10). La CIM-9- MC a été développée aux États-Unis à la fin des années soixante-dix à partir de modifications cliniques
de la neuvième révision de la Classification internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-9). Elle est superposable à la CIM- 9 mais apporte une
plus grande spécificité principalement par l'adjonction de codes à cinq chiffres.
La Version internationale du DSM-IV a été publiée afin de faciliter l'utilisation du
manuel dans les pays ayant adopté la CIM-10 comme système officiel d'encodage et
d'enregistrement des maladies. Deux annexes supplémentaires figurent dans la Version
internationale. Pour les pays utilisant encore la CIM-9 comme système officiel
d'encodage, l'Annexe G reprend la classification du DSM-IV avec les codes CIM-9 correspondants. Pour les pays utilisant encore la CIM-9-MC comme système officiel
d'encodage, l'Annexe H reprend la classification du DSM-IV avec les codes CIM-9-MC
correspondants. La version standard du DSM-IV publiée aux États-Unis contient actuellement les diagnostics CIM-9-MC, en attendant une notification des instances
gouvernementales en faveur du remplacement de la CIM-9-MC par la CIM-10, notification prévue après l'an 2000. Les chercheurs intéressés par les différences entre les
Critères diagnostiques pour la recherche de la CIM-10 et ceux du DSM-IV trouveront
dans le texte une description des correspondances avec les Critères diagnostiques pour
la recherche de la CIM-10.

Introduction

V

oici la quatrième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles
mentaux, ou DSM-IV, de l'Association américaine de psychiatrie. L'utilité et la

crédibilité du DSM-IV nécessitent qu'il se focalise sur la clinique, la recherche et l'enseignement, et qu'il repose sur des bases empiriques solides. Notre principale priorité a
été de fournir un guide utile aux cliniciens. Nous espérons avoir rendu le DSM-IV pratique et utile en portant notre attention sur l'établissement de critères brefs, un langage
limpide, et l'énoncé clair des critères diagnostiques. Un autre but était de faciliter la
recherche, et d'améliorer la communication entre chercheurs et cliniciens. Nous
n'avons pas oublié que le DSM-1V doit être utile pour la collecte d'informations cliniques
et comme outil éducatif dans l'enseignement de la psychopathologie.
Une nomenclature officielle doit pouvoir être appliquée clans une vaste diversité
de contextes. Le DSM-IV est utilisé par des cliniciens et des chercheurs ayant des orientations différentes (p. ex., biologique, psychodynamique, cognitive, comportementale,
interpersonnelle, systémique/familiale). Il est utilisé par des psychiatres, d'autres médecins, des psychologues, des travailleurs sociaux, des infirmières, des thérapeutes
occupationnels et de réhabilitation, des conseillers et d'autres professionnels de la santé
et de la santé mentale. Le DSM-IV doit pouvoir être utilisé dans toutes les situations :
patients hospitalisés ou ambulatoires, patients partiellement hospitalisés, consultations
de liaison, dispensaires, pratique privée et soins primaires, ainsi que clans la communauté. C'est aussi un outil nécessaire pour collecter et communiquer des statistiques
de santé qui soient précises. Heureusement, ces différents usages sont compatibles
entre eux.
Le DSM-IV est le fruit de 13 groupes de travail (voir Annexe J), chacun d'entre eux
ayant eu la responsabilité d'une section du manuel. Cette organisation a été établie pour
augmenter la participation d'experts dans chaque domaine particulier. Nous avons pris
un certain nombre de précautions pour nous assurer que les recommandations des
groupes de travail se concrétisaient par des avis reflétant une connaissance la plus
extensive possible, et ne se limitaient pas simplement à l'opinion personnelle de chaque
membre. Après de nombreuses consultations avec des experts et des cliniciens dans
chaque domaine, nous avons sélectionné les membres du groupe de travail afin qu'ils
représentent un large échantillon de perspectives et d'expériences. Nous avons recommandé aux membres des groupes de travail de se comporter comme des experts de
consensus et non comme des partisans inconditionnels d'une idée préconçue. De plus,
les groupes de travail avaient à respecter une procédure de travail reposant sur un
système formel d'arguments déterminants.
Les groupes de travail rapportaient à la Task Force du DSM-IV (voir p. XIII) qui se
composait de 27 membres, la plupart (l'entre eux étant également directeur d'un
groupe de travail. Chacun des 13 groupes rie travail était composé de 5 personnes (ou

XXVIII

Introduction

plus) et leurs comptes-rendus étaient révisés par 50 à 100 conseillers, sélectionnés en
fonction de leur expertise dans la clinique ou la recherche et représentant différentes
disciplines, formations et modes de prise en charge clinique. La participation de nombreux experts internationaux a assuré la mise à disposition du plus grand pool
d'information qui pourrait être applicable à toutes les cultures. Conférences et ateliers
ont eu lieu pour fournir un guide conceptuel et méthodologique pour la réalisation du
DSM-IV. Cela comportait un certain nombre de consultations entre les auteurs du DSMIV et ceux de la CIM-1 0, afin d'améliorer la compatibilité entre les deux systèmes. De
plus, des conférences sur la méthodologie ont été consacrées aux facteurs culturels
dans le diagnostic des troubles mentaux, aux diagnostics gériatriques, et aux diagnostics
psychiatriques en soins primaires.
Pour maintenir une communication la plus large possible, la Task Force du
DSM-IV a établi une liaison avec de nombreux membres de l'Association américaine de
psychiatrie et avec plus de 60 organisations et associations intéressées par le développement du DSM-IV (p. ex., l'Association américaine pour le traitement des informations
(le Santé, l'Association américaine des infirmières, l'Association américaine de thérapie
occupationnelle, l'Association américaine de psychanalyse, l'Association américaine de
psychologie, la Société américaine de psychologie, la Coalition pour la famille, le
Groupe pour l'avancement en psychiatrie, l'Association nationale des travailleurs
sociaux, le Centre national des statistiques de santé, l'Organisation mondiale de la
Santé). Nous avons essayé d'exposer les résultats et les données empiriques très tôt
dans le processus pour identifier des problèmes éventuels et des différences d'interprétation. Des échanges d'informations ont également été possibles grâce à la
distribution d'un bulletin semestriel (le DSM-1V Update), la publication régulière d'une
colonne sur le DSM-IV dans Hospital and Community Psvehiatry, des présentations
fréquentes dans les conférences nationales et internationales et de nombreux articles
de journaux.
Deux ans avant la publication du DSM-IV, la Task Force a publié et distribué largement le DS711-/V Options Book. Ce livre présentait un résumé détaillé des suggestions
qui étaient proposées pour figurer dans le futur DSM-IV et espérait ainsi solliciter
l'apport d'opinions et de données supplémentaires pour nos délibérations. Nous avons
reçu un courrier abondant de personnes intéressées qui nous informaient, par de nouvelles données et recommandations, de l'impact que d'éventuels changements dans le
DSM-IV pourraient avoir sur leur pratique clinique, l'enseignement, la recherche et le
travail administratif. Ce large débat nous a aidé à anticiper les problèmes et à rechercher
la meilleure solution parmi différentes options. Un an avant la publication du DSM-IV,
un projet quasi final (le l'ensemble des critères proposés a été distribué et a été soumis
une dernière fois à la critique.
Arrivant aux décisions finales du DSM-IV, les groupes de travail et la Task Force ont
revu tous les arguments empiriques et toute la correspondance qui avaient été collectés. Il nous est apparu que l'innovation majeure du DSM-IV reposait, non pas sur
certains changements spécifiques de contenu, mais plutôt sur le côté systématique et
explicite du procédé selon lequel il a été construit et documenté. Plus que toute autre
nomenclature concernant les troubles mentaux, le DSM-IV est fondé sur des arguments
empiriques.

Historique

XXIX

Historique
Le besoin d'une classification des troubles mentaux s'est fait sentir tout au long de l'histoire de la médecine, mais il y eut peu d'accords quant aux troubles qui auraient dû
être inclus et quant à la meilleure méthode pour leur classification. Les nombreuses
nomenclatures qui ont été élaborées durant les deux derniers millénaires se sont différenciées par l'importance relative qu'elles ont accordé à la phénoménologie, à
l'étiologie ou à l'évolution en tant qu'éléments de définition des catégories. Certains
systèmes n'ont inclus qu'une poignée de catégories diagnostiques, d'autres, des milliers. De plus, les différents systèmes de catégorisation des troubles mentaux ont différé
en fonction de l'utilisation principale à laquelle ils étaient destinés : la clinique, la
recherche ou l'établissement de statistiques. L'histoire de la classification étant bien
trop vaste pour être résumée ici, nous nous attacherons seulement brièvement à ceux
de ces aspects qui ont conduit directement au développement du Manuel diagnostique
et statistique des troubles mentaux (DSM) et aux sections « Troubles mentaux » dans
les diverses éditions de la Classification internationale des maladies (CIM).
Aux États-Unis, l'impulsion initiale pour développer une classification des troubles
mentaux a été la nécessité de collecter des informations statistiques. On peut considérer que la première tentative officielle de réunir des informations sur les maladies
mentales aux USA fut, lors du recensement de 1840, l'enregistrement de la fréquence
d'une catégorie unique (« idiotie/aliénation »). Lors du recensement de 1880, on distinguait sept catégories de maladies mentales : la manie, la mélancolie, la monomanie, la
parésie, la démence, la dipsomanie et l'épilepsie. En 1917, le Comité des Statistiques
de l'Association américaine de psychiatrie (à cette époque appelée l'Association américaine médico-psychologique, le nom a été changé en 1921) conjointement avec la
Commission nationale d'hygiène mentale, a établi un plan qui fut adopté par le Bureau
du recensement pour réunir des statistiques standardisées dans les hôpitaux psychiatriques. Bien que ce système ait accordé plus d'importance à l'utilité clinique que ne
le faisaient les anciens, il restait encore essentiellement une classification statistique.
L'Association américaine de psychiatrie a ensuite collaboré avec l'Académie new-yorkaise de médecine pour établir une nomenclature psychiatrique acceptable sur le plan
national, qui a été incorporée à la première édition de la Nomenclature classifiée et
standardisée des maladies de l'Association médicale américaine. Cette nomenclature
était destinée avant tout à établir le diagnostic des patients hospitalisés présentant des
troubles neurologiques et psychiatriques sévères.
Une nomenclature bien plus étoffée a été développée par l'armée américaine (et
modifiée par l'Administration des Vétérans) afin d'intégrer de façon plus adéquate les
cas des soldats et vétérans de la seconde guerre mondiale consultant en ambulatoire
(ex., troubles psychophysiologiques, troubles de la personnalité ou troubles aigus). Au
même moment, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiait la 6e édition de la
CIM qui, pour la première fois, comprenait une section consacrée aux troubles mentaux. La CIM-6 fut fortement influencée par la nomenclature de l'Administration des
vétérans et comprenait dix catégories pour les psychoses, neuf pour les psychonévroses
et sept pour les troubles de la personnalité, du comportement et de l'intelligence.
Le Comité rie l'Association américaine de psychiatrie pour la nomenclature et les
statistiques développa une variante de la CIM-6 qui fut publiée en 1952 en tant que
première édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-I).
Le DSM-I contenait un lexique avec les descriptions des catégories diagnostiques et

)00C Introduction

a été le premier manuel officiel des troubles mentaux à se centrer sur l'utilité clinique.
L'usage du terme réaction tout au long du DSM-I reflétait les opinions psychobiologiques d'Adolf Meyer qui pensait que les troubles mentaux représentaient les réactions
de la personnalité à des facteurs psychologiques, sociaux et biologiques.
C'est en partie à cause du faible succès de la taxonomie des troubles mentaux
contenus dans la CIM-6 et la CIM-7, que l'OMS parraina une revue détaillée des problèmes diagnostiques sous la direction du psychiatre britannique Stengel. On peut dire
que son rapport est à l'origine de nombreux progrès récents en méthodologie diagnostique, en particulier, la nécessité de définitions précises pour favoriser l'établissement
de diagnostics cliniques fiables. Toutefois, la révision diagnostique suivante, qui devait
aboutir au DSM-I1 et à la CIM-8 n'a guère tenu compte des nomenclatures de Stengel.
Le DSM-II était semblable au DSM-I, avec le terme réaction en moins.
Comme ce fut le cas pour le DSM-1 et DSM-II, le développement du DSM-III a été
coordonné à celui de la nouvelle version (la 9') de la CIM, publiée en 1975 et mise en
oeuvre en 1978. Les travaux sur le DSM-III ont commencé en 1974, avec publication en
1980. Le DSM-III a introduit un nombre important d'innovations méthodologiques,
dont des critères diagnostiques explicites, un système multiaxial, et une approche descriptive qui tentait d'être neutre en ce qui concerne les théories étiologiques. Cet effort
fut facilité par le considérable travail empirique alors en cours sur la construction et la
validité de critères diagnostiques explicites et le développement d'entretiens semistructurés. La CIM-9 n'incluait pas de critères diagnostiques ou de système multiaxial,
en grande partie parce que la fonction première de ce système international était de
délimiter des catégories pour faciliter la collecte des statistiques de base sur la santé.
Le DSM-III fut développé quant à lui avec un but supplémentaire : celui de fournir une
nomenclature médicale pour les cliniciens et les chercheurs. Au vu de l'insatisfaction
générale en médecine concernant le manque de spécificité de la CIM-9, il fut décidé
de la modifier pour son utilisation aux États-Unis, ce qui a conduit à la CIM-9-MC (pour
« Modifications cliniques »).
À l'usage, le DSM-III révéla un bon nombre de contradictions dans le système et
d'exemples dans lesquels les critères n'étaient pas tout à fait clairs. C'est pour ces
raisons que l'Association américaine de psychiatrie désigna un groupe de travail pour
la révision du DSM-III qui pratiqua les corrections et les révisions conduisant à la publication du DSM-III-R en 1987.

Le processus de révision ; le DSM-IV
La troisième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux
(DSM-III) a représenté un très grand progrès dans le diagnostic des troubles mentaux
et a facilité grandement la recherche empirique. Le développement du DSM-1V a bénéficié de l'accroissement substantiel de la recherche sur le diagnostic suscité en partie
par le DSM-IIl et le DSM-III-R. La plupart des diagnostics reposent désormais sur une
littérature empirique ou des données d'études concernant les décisions prises dans la
révision du manuel diagnostique. I,a Task Force du DSM-IV et ses groupes de travail
ont suivi une démarche empirique à trois niveaux : 1) des revues complètes et systématiques de la littérature publiée, 2) des réanalyses de données déjà collectées et 3) de
larges études sur le terrain centrées sur des points de controverse.

Le processus de révision ; le DSM-IV

XXXI

Revues de la littérature
Deux conférences méthodologiques furent subsidiées afin de définir pour tous les
groupes de travail, une procédure systématique de recherche, de dépouillement, de
collecte et d'interprétation des données selon un mode objectif et complet. Les tâches
initiales de chaque groupe de travail du DSM-IV ont été d'identifier les questions les
plus pertinentes concernant chaque diagnostic et de déterminer le type de données
empiriques utiles pour les résoudre. Un expert ou un membre d'un groupe de travail
fut alors nommé pour diriger une revue systématique et détaillée de la littérature
concernée qui donnerait des informations pour résoudre ces questions et pour documenter le texte du DSM4V.
Les domaines concernés ont été l'utilité clinique, la fidélité interjuges, la validité
descriptive, les performances psychométriques de critères individuels, et un bon
nombre de variables de validation.
Chaque revue de la littérature a spécifié : I) les objectifs et les aspects du texte et
les critères étudiés, et l'intérêt des objectifs par rapport au DSM-IV, 2) la méthode utilisée dans la revue (sources d'identification des études concernées, nombre d'études
pertinentes, critères d'inclusion et d'exclusion de la revue et variables cataloguées dans
chaque étude), 3) les conclusions de la revue (avec un résumé descriptif des études
concernant la méthodologie, le protocole, les corrélats essentiels des résultats, les résultats pertinents et les analyses conduites sur ces résultats) et 4) les différentes options
pour résoudre les questions posées, les avantages et les inconvénients de ces options,
les recommandations et les suggestions pour des recherches complémentaires requises
pour aboutir à des solutions plus concluantes.
Le but de ces revues de la littérature était de fournir une information détaillée et
non biaisée et d'assurer que le DSM-IV refléterait la meilleure littérature clinique et de
recherche disponible. Nous avons utilisé pour ce faire des recherches systématiques par
ordinateur, et les revues critiques ont été réalisées par de larges groupes d'experts pour
être certains que la couverture de la littérature serait adéquate et l'interprétation des
résultats justifiée. Nous avons spécialement sollicité la contribution de personnes susceptibles de critiquer les conclusions de la revue. Les revues de littérature ont été
révisées plusieurs fois afin d'être aussi équilibrées et étendues que possible. Il faut noter
que pour certaines controverses soulevées par les groupes de travail du DSM-IV, et en
particulier celles qui étaient plutôt d'ordre conceptuel, ou celles pour lesquelles les
données étaient insuffisantes, la revue de la littérature est de peu d'utilité. En dépit de
cela, les revues ont été d'une grande aide en apportant le support rationnel et empirique nécessaire aux décisions prises par les groupes de travail du DSM-IV.

Réanalyses des données
Quand la littérature n'apportait pas de solution claire à un problème, nous avons
souvent fait appel à d'autres moyens pour nous aider à prendre une décision finale, à
savoir des réanalyses des données et des études sur le terrain. L'analyse de certaines
données non publiées a été rendue possible grâce à une subvention de la Fondation
John D. et Catherine T. Mc Arthur de l'Association américaine de psychiatrie. La plupart
des 40 réanalyses de données réalisées pour le DSM-IV a nécessité la collaboration de
plusieurs investigateurs à différents endroits. Les chercheurs ont exposé leurs données
et répondu aux questions des membres des groupes de travail concernant les critères
inclus dans le DSM III R ou les critères envisagés pour le DSM IV. Les réanalyses de
-

-

-

=CH Introduction

données ont aussi permis aux groupes de travail de produire plusieurs ensembles de
critères qui ont été testés par la suite dans les études sur le terrain du DSM-IV. Bien
que, pour la plupart, les données utilisées dans les réanalyses soient issues d'études
épidémiologiques, d'études sur le traitement ou bien d'autres études cliniques, elles
Ont été très importantes également pour répondre aux questions nosologiques que
s'étaient posées les groupes de travail du DSM-IV.

Études sur le terrain
Douze études sur le terrain du DSM-IV ont été sponsorisées par le National Institute
of Mental Health (NIMH), en collaboration avec le National .Institute on Drug Abuse
(NIDA) et le National Institute on Alcobol Abuse and Alcoholism (NIAAA). Les études
sur le terrain ont permis aux groupes de travail du DSM-IV de comparer différentes
options et d'étudier l'impact possible des changements suggérés. Ces études sur le
terrain ont comparé les critères du DSM-III, du DSM-III-R, de la CIM-10 et ceux proposés
par le DSM-IV, dans cinq à dix centres différents par étude avec approximativement 100
sujets par centre. Ces centres, avec des groupes de sujets représentatifs sur le plan
socioculturel et ethnique, ont été sélectionnés pour assurer la généralisation des résultats des études sur le terrain et pour tester certaines questions de diagnostic différentiel
parmi les plus difficiles. Les 12 études sur le terrain ont inclus plus de 70 centres différents et ont évalué plus de 6 000 sujets. Ces études sur le terrain ont rassemblé des
informations sur la fidélité interjuges et l'adéquation de chaque groupe de critères, et
sur celle de chacun des items spécifiques composant le groupe de critères. Les études
sur le terrain ont également aidé à établir un lien entre la recherche clinique et la pratique clinique en déterminant comment les changements suggérés par les découvertes
de la recherche clinique peuvent s'appliquer concrètement.

Critères de changement
Bien qu'il ait été impossible de définir des critères absolus et infaillibles pour déterminer quand un changement devait être fait, certains principes ont guidé nos efforts.
Le seuil de révision pour le DSM-IV a été plus élevé que pour le DSM-III et le DSM-III-R.
Les décisions devaient être motivées par des exposés explicites de leur pertinence et
par une revue systématique des données empiriques pertinentes. Pour augmenter le
côté pratique et l'utilité clinique du DSM-IV, les critères ont été simplifiés et clarifiés
quand cela était justifié par des données empiriques. Nous avons tenté d'atteindre un
équilibre optimal dans le DSM-IV qui respecte la tradition historique (représentée dans
le DSM-III et le DSM-III-R), la compatibilité avec la CIM-10, les données des revues de
la littérature, les analyses de données non publiées, les résultats des études sur le terrain, et le consensus dans le domaine. La quantité de preuves requises pour justifier
des changements était élevée, mais elle a nécessairement varié d'un trouble à l'autre
étant donné que le support empirique des décisions du DSM-III et du DSM-III-R variait
aussi d'un trouble à l'autre. Évidemment, le bons sens restait indispensable et un
nombre plus grand d'arguments a été requis quand il s'est agi d'introduire des changements majeurs pour résoudre des problèmes mineurs par rapport aux changements
mineurs pour résoudre des problèmes majeurs.
Nous avons reçu des suggestions pour inclure de nombreux nouveaux diagnostics
clans le DSM-IV. Leurs promoteurs ont argué du fait que de nouveaux diagnostics

Correspondance avec la CIM-10

XXXIII

étaient nécessaires pour étendre le champ d'application du système, et pour inclure
des individus qui n'étaient pas diagnostiquables dans le DSM-III-R, ou diagnostiquables
seulement sous la rubrique Non Spécifié. Nous avons décidé que, en général, de nouveaux diagnostics ne devaient être inclus dans le système qu'après que des recherches
aient démontré qu'ils devaient être inclus, plutôt que de les inclure pour stimuler cette
recherche. Nous avons accordé un peu plus d'attention aux diagnostics déjà inclus dans
la CIM-10 qu'à ceux qui étaient nouvellement proposés pour le DSM-IV. Le gain en
clarté, l'utilité et l'enrichissement du système obtenu par chaque nouvelle proposition
diagnostique devait être pondéré par l'encombrement imposé au système entier, la pauvreté de la documentation empirique et la confusion et les erreurs diagnostiques qu'elle
risquait d'entraîner. Aucune classification des troubles mentaux ne peut avoir assez de
catégories spécifiques pour tenir compte de toutes les présentations cliniques possibles. La rubrique Non Spécifié est destinée à couvrir les présentations non rares qui
sont à la limite de la définition de catégories spécifiques.

Le DSM-IV Sourcebook
La documentation a été le fondement essentiel du DSM-N. Le DSM-IV Sourcebook,
publié en cinq volumes, est conçu pour fournir des références complètes et pratiques
concernant les justifications cliniques et de recherche des diverses décisions prises par
la Task Force et les groupes de travail. Les trois premiers volumes du Sourcebook
contiennent un condensé des 150 revues de la littérature du DSM-IV. Le quatrième
volume contient les rapports des réanalyses de données ; le cinquième, les rapports des
études sur le terrain et un résumé exécutif final des justifications des décisions de
chaque groupe de travail. De plus, les efforts entrepris pour réunir la documentation
empirique du DSM-IV ont généré de nombreux articles publiés dans des journaux à
comités de lecture.

Correspondance avec la CIM- 10
La dixième révision de la Classification internationale des maladies et problèmes de
santé connexes (CIM-10), développée par l'OMS, a été publiée en 1992, mais ne sera
probablement pas utilisée officiellement aux États-Unis avant la fin des années 90. Les
experts qui ont préparé la CIM-10 et le DSM-IV ont travaillé en collaboration étroite
pour coordonner leurs efforts, aboutissant ainsi à une grande influence mutuelle. La
CIM-10 comporte un système de codification officiel, et d'autres instruments et documents cliniques et de recherche annexes. Les codes et les termes utilisés dans le DSMIV sont tout à fait compatibles avec la CIM-9-MC et la CIM-10 (voir Annexe H). Les
projets cliniques et de recherche de la CIM-10 ont été soigneusement revus par les
groupes de travail du DSM-IV et ils ont fourni une matière importante pour les revues
de la littérature et les réanalyses de données. Les versions provisoires des Critères Diagnostiques pour la Recherche de la CIM-10 ont été incluses en tant qu'alternatives, à
côté de celles du DSM-III, du DSM-III-R et des propositions de critères du DSM-IV dans
les études sur le terrain. Les nombreux contacts entre les promoteurs du DSM-IV et de
la CIM-10 (qui ont été facilités par le NIMH, le NIDA et le NIAAA) ont permis d'augmenter la concordance et de diminuer les différences de formulation entre les deux
systèmes.

looav

Introduction

La Révision de texte du DSM-IV
L'un des intérêts majeurs du DSM-fV a été son utilisation comme instrument de formation. Cela est vrai en particulier pour ce qui est du texte descriptif qui accompagne les
ensembles de critères des troubles du DSM-IV. Étant donné que l'intervalle entre le
DSM-IV et le DSM-V sera plus long que celui entre les éditions antérieures (7 ans entre
le DSM-III et le DSM-III-R, 7 ans entre le DSM-III-R et le DSM-IV, au moins 12 ans entre
le DSM-IV et le DSM-V), les informations contenues clans le texte (qui a été rédigé sur
la base de la littérature allant jusqu'à 1992) risquent de plus en plus d'être décalées par
rapport aux nombreuses données de la recherche qui sont publiées tous les ans. Afin
de combler l'écart entre le DSM-IV et le DSM-V, il a été décidé de faire une révision du
texte du DSM-IV. Les objectifs de cette révision étaient multiples : 1) corriger toutes les
erreurs trouvées dans le texte du DSM-IV ; 2) revoir le texte du DSM-IV pour vérifier
que toutes les informations sont encore à jour ; 3) changer le texte du DSM-IV pour
inclure des informations nouvelles apparues depuis les revues de la littérature effectuées en 1992 ; 4) apporter des améliorations permettant d'accroître la valeur éducative
du DSM-IV ; et 5) corriger les codes de la CIM-9-CM qui ont été modifiés depuis la Révision des Codes du DSM-IV en 1996. Comme pour le DSM-1V original, tout changement
proposé clans le texte devait être justifié par des données empiriques. Par ailleurs, tous
les changements proposés ont été limités à des sections de texte (p. ex., Caractéristiques et Troubles associés, Prévalence). Aucun changement substantiel n'a été envisagé
pour les ensembles de critères, ni aucune proposition pour de nouveaux troubles, de
nouveaux sous-types, ou un changement de statut des catégories décrites dans l'une
des Annexes du DSM-IV.
Le processus de révision du texte a débuté en 1997, avec la désignation des Groupes
de Travail pour la Révision du Texte du DSM-IV. On s'est appuyé sur la structure des
Groupes de Travail du DSM-IV original. Dans un premier temps, on a demandé aux présidents des Groupes de Travail du DSM-IV original de donner leur avis concernant la
composition des Groupes de Travail pour la Révision du Texte du DSM-IV. Chaque
Groupe de Travail pour la Révision du Texte avait comme responsabilité essentielle
d'actualiser une section du texte du DSM-IV. Le travail a consisté à revoir soigneusement le texte et à rechercher des erreurs ou des omissions, puis à faire une recherche
systématique et approfondie de la littérature relative à des données importantes
publiées depuis 1992. Ensuite, les membres des Groupes de Travail pour la Révision
du Texte ont rédigé des propositions de changement, accompagnées de justifications
écrites concernant ces changements et de références importantes. Au cours de plusieurs conférences par téléphone, des changements, justificatifs et références ont été
présentés par l'un des membres du Groupe de Travail pour la Révision du Texte à
d'autres membres du Groupe de Travail pour la Révision du Texte, lesquels ont précisé
si, à leur avis, des changements étaient justifiés à partir des documents qui leur avaient
été fournis. Une fois terminés par les Groupes de Travail pour la Révision du Texte, les
changements proposés ont circulé dans un groupe de conseillers spécialisés clans une
section donnée (comprenant les membres du Groupe de Travail du DSM-IV original
ainsi que d'autres consultants), dans le but d'obtenir des commentaires et des suggestions supplémentaires. Ces conseillers avaient également la possibilité de proposer
des changements supplémentaires, s'ils pouvaient fournir des données suffisamment
convaincantes pour justifier leur inclusion dans le texte. Les commentaires des
conseillers ont été étudies, puis (les propositions de changement définitives ont été

Définition du trouble mental XXXV

rédigées et soumises pour relecture et approbation par la commission sur l'évaluation
et le diagnostic psychiatrique de l'Association Américaine de Psychiatrie.
La plupart des changements proposés, d'après les données de la littérature,
concernent la section Caractéristiques et Troubles associés (qui comprend les données
des examens complémentaires) ; la section Caractéristiques liées à la culture, à l'âge et
au sexe ; la section Prévalence ; la section Évolution ; et la section Aspects familiaux.
Pour certains troubles, la section Diagnostic différentiel a également été complétée,
pour permettre une différentiation plus détaillée. L'Annexe D (voir p. 953) comprend
une description des changements inclus dans la révision du texte.

Définition du trouble mental
Bien que ce volume ait pour titre Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, le terme de trouble mental implique malencontreusement une distinction entre

les troubles « mentaux » et les troubles « physiques », ce qui est un anachronisme réducteur du dualisme esprit/corps. Il existe une littérature importante pour démontrer qu'il
y a beaucoup de « physique » dans les troubles « mentaux » et beaucoup de « mental
dans les troubles « physiques ». Le problème soulevé par le terme trouble « mental » est
clair mais sa solution est difficile, et malheureusement, le terme existe toujours dans le
titre du DSM-IV car nous ne lui avons pas trouvé de substitut satisfaisant.
De plus, bien que le manuel fournisse une classification des troubles mentaux, il
faut reconnaître qu'aucune définition ne spécifie de façon adéquate les limites précises
du concept de « trouble mental ». Pour ce concept, comme pour bien d'autres en médecine et en sciences, il n'existe pas de définition opérationnelle cohérente qui
s'appliquerait à toutes les situations. Toutes les affections médicales sont définies à différents degrés d'abstraction, — par exemple, pathologie structurelle (p. ex., colite
ulcérative), présentation symptomatique (p. ex., migraine), déviance par rapport à une
norme physiologique (p. ex., hypertension), étiologie (p. ex., pneumonie à pneumocoques). Les troubles mentaux ont également été définis par des concepts variés (p. ex.,
souffrance, mauvaise capacité de contrôle de soi, désavantage, handicap, rigidité, irrationalité, modèle syndromique, étiologie et déviation statistique). Chacun est un
indicateur utile du trouble mental mais aucun n'est équivalent au concept et différentes
situations demandent différentes définitions.
Malgré ces avertissements, la définition du trouble mental qui a été incluse dans
le DSM-III et le DSM-III-R est reprise ici parce qu'elle est aussi utile que n'importe quelle
autre définition et elle nous a aidés à choisir quelles affections, à la limite entre la normalité et la pathologie, devraient être incluses clans le DSM-IV. Dans le DSM-IV, chaque
trouble mental est conçu comme un modèle ou un syndrome comportemental ou psychologique cliniquement significatif, survenant chez un individu et associé à une
détresse concomitante (p. ex., symptôme de souffrance) ou à un handicap (p. ex., altération d'un ou plusieurs domaines du fonctionnement) ou à un risque significativement
élevé de décès, de souffrance, de handicap ou de perte importante de liberté. De plus,
ce modèle ou syndrome ne doit pas être simplement la réponse attendue et culturellement admise à un événement particulier, par exemple le décès d'un être cher. Quelle
qu'en soit la cause originelle, il doit être considéré comme la manifestation d'un dysfonctionnement comportemental psychologique ou biologique de l'individu. Ni un
comportement déviant (p. ex., politique, religieux ou sexuel) ni des conflits existant
essentiellement entre l'individu et la société ne sont des troubles mentaux, sauf si la

Introduction

déviance ou le conflit est le symptôme d'un dysfonctionnement chez l'individu
considéré.
Une erreur courante est de croire qu'une classification des troubles mentaux classifie les personnes, alors que ce qui est classifié, ce sont les troubles que présentent
ces personnes. C'est pour cette raison que le texte du DSM-IV (comme précédemment
celui du DSM-III-R) évite l'emploi des termes tels que « un schizophrène » ou « un
alcoolique ». Ils sont remplacés par des expressions plus précises mais il est vrai plus
lourdes — telles que « un individu présentant une schizophrénie » ou « un individu
ayant une dépendance à l'alcool ».

Questions soulevées par l'utilisation du DSM-IV
Limitations de l'approche catégorielle
Le DSM-IV est une classification catégorielle qui répartit les troubles mentaux en types
fondés sur des groupes de critères bien définis. Cette désignation en catégories est la
méthode utilisée traditionnellement pour organiser et transmettre des informations
dans la vie de tous les jours, et elle a été l'approche fondamentale de tous les systèmes
de diagnostics médicaux. Une approche catégorielle de la classification fonctionne au
mieux lorsque tous les membres d'une classe diagnostique sont homogènes, lorsque
les limites entre classes sont claires et lorsque les différentes classes sont mutuellement
exclusives. Néanmoins, il faut reconnaître que le système de classification catégorielle
a ses limites.
Dans le DSM-IV, on ne postule pas que chaque trouble mental soit une entité circonscrite, aux limites absolues l'isolant des autres troubles mentaux ou de l'absence de
trouble mental. On ne postule pas non plus que tous les individus décrits comme ayant
le même trouble mental, se ressemblent par ailleurs. Le clinicien qui utilise le DSM-IV
doit par conséquent considérer que les individus qui partagent le même diagnostic sont
susceptibles d'être hétérogènes, même en ce qui concerne les critères de définition du
diagnostic et que les cas limites seront difficiles à diagnostiquer ou ne seront diagnostiqués que de manière probabiliste. Cette conception permet une plus grande flexibilité
dans l'utilisation du système ; elle permet de prêter une attention particulière aux cas
limites et elle souligne la nécessité de rassembler des informations cliniques supplémentaires afin d'aller au-delà du diagnostic. Reconnaissant l'hétérogénéité des
présentations cliniques, le DSM-IV inclut souvent des séries de critères polythétiques,
dans lesquels l'individu doit seulement présenter quelques items d'une liste (p. ex., le
diagnostic de Personnalité borderline nécessite seulement cinq des neuf items).
La suggestion a été faite d'organiser la classification du DSM-IV selon un mode
dimensionnel et non selon le mode catégoriel du DSM-III-R. Un système dimensionnel
classifie les présentations cliniques sur la base de la quantification de leurs attributs
plutôt que sur leur assignation en catégories, et fonctionne au mieux lorsqu'il décrit
des phénomènes qui sont distribués sur un continuum et n'ayant pas de limites claires.
Bien que les systèmes dimensionnels soient plus fidèles et communiquent plus d'informations cliniques (parce qu'ils tiennent compte d'attributs cliniques qui seraient
négligés dans un système catégoriel), ils ont aussi de sérieuses limitations, et jusqu'ici,
ils ont été moins utiles que les systèmes catégoriels pour la pratique clinique et pour
la recherche. Les descriptions dimensionnelles numériques sont beaucoup moins fami-

Questions soulevées par l'utilisation du DSM-IV

XXXVII

fières et claires que les noms de catégories pour les troubles mentaux. De plus, il n'y
a pas encore de consensus sur le choix optimal des dimensions à utiliser à des fins de
classification. Néanmoins, il est possible qu'une meilleure connaissance des systèmes
dimensionnels et leur utilisation accrue dans la recherche, soient à même de favoriser
leur acceptation à la fois comme véhicule d'information clinique et comme instrument
de recherche.

Utilisation du jugement clinique
Le DSM-IV est une classification des troubles mentaux qui a été établie pour l'usage
clinique, l'enseignement et la recherche. Les catégories diagnostiques, les critères, les
descriptions textuelles sont destinées à être utilisées par des individus ayant un entraînement clinique adéquat et l'expérience des diagnostics. Il est important que le DSMIV ne soit pas appliqué mécaniquement par des individus non entraînés. Les critères
diagnostiques spécifiques inclus dans le DSM-IV sont les lignes directrices d'un jugement clinique éclairé, et ne sont pas destinés à être utilisés comme un livre de recettes.
Par exemple, l'appréciation et le jugement clinique peuvent justifier un diagnostic si le
tableau clinique remplit presque l'entièreté des critères à condition que les symptômes
présentés soient persistants et sévères. D'autre part, un manque de familiarité avec le
DSM-IV ou une interprétation trop souple ou trop particulière des critères et des
conventions du DSM-IV, réduit nettement son utilité en tant que moyen ordinaire de
communication.
La formation et le jugement clinique sont nécessaires, mais la méthode de recueil
des données est aussi importante à considérer. L'application correcte des critères
diagnostiques figurant dans ce manuel nécessite une appréciation directe de l'information contenue dans les jeux de critères diagnostiques (p. ex., un syndrome a-t-il persisté
un temps suffisant ?).
Les évaluations qui reposent seulement sur des tests psychométriques qui ne
recouvrent pas les contenus des critères (p. ex., les tests projectifs) ne sauraient être
valablement utilisés comme la source principale de l'information à visée diagnostique.

Utilisation du DSM-IV dans le cadre médico-légal
Quand les catégories, les critères et les descriptions textuelles du DSM-IV sont utilisés
à des fins médico-légales, il existe un risque significatif que l'information diagnostique
soit mal utilisée ou mal comprise. Ces dangers existent en raison de l'inadéquation
entre l'intérêt final de la loi et les informations contenues dans un diagnostic clinique.
Dans la plupart des situations, un diagnostic clinique de trouble mental du DSM-IV n'est
pas suffisant pour établir, aux yeux de la loi, l'existence de « trouble mental », « handicap
mental », « maladie mentale » ou « déficit mental ». Pour savoir si un individu correspond
à un type légal déterminé (p. ex., pour fixer une aptitude, une responsabilité criminelle
ou un handicap), des informations supplémentaires sont nécessaires pour compléter
le diagnostic du DSM-IV. Cela peut inclure des informations sur les altérations fonctionnelles d'un individu et les répercussions de ces altérations sur les capacités de l'individu.
C'est précisément parce que la notion de capacité, d'incapacité et d'altération varie largement au sein d'une catégorie diagnostique, que l'attribution d'un diagnostic bien
particulier n'implique pas un niveau défini d'altération ou de handicap.

XXXVIII Introduction

Les décisionnaires non cliniciens doivent aussi être avertis que, poser un diagnostic
n'implique rien concernant la cause du trouble mental (ou des altérations associées)
d'un individu. L'inclusion d'un trouble dans la Classification (comme en général en
médecine) n'implique pas que l'on connaisse son étiologie. De plus, le fait que la présentation d'un individu corresponde aux critères d'un diagnostic du DSM-IV n'implique
pas nécessairement que l'on connaisse le degré de contrôle de cet individu sur les comportements qui peuvent être associés a ce trouble. Même lorsque la perte de contrôle
d'un individu sur son propre comportement est l'une des caractéristiques du trouble,
le fait de présenter ce diagnostic ne signifie pas, en soi, que cet individu particulier n'est
(ou n'était) pas capable de contrôler son comportement à un moment donné.
Il faut noter que le DSM-IV reflète un consensus sur la classification et le diagnostic
des troubles mentaux établi au moment de sa publication initiale. De nouvelles
connaissances générées par la recherche ou l'expérience clinique conduiront indubitablement à une meilleure compréhension des troubles inclus clans le DSM-IV, à
l'identification de nouveaux troubles et au retrait de certains autres dans les classifications ultérieures. Le texte et les groupes de critères inclus dans le DSM-IV devront donc
être reconsidérés à la lumière de nouvelles informations.
L'utilisation du DSM-IV à des fins médico-légales doit être précédée par une mise
en garde contre les risques et les limitations décrits ci-dessus. En cas d'utilisation plus
adéquate, les diagnostics et l'information diagnostique peuvent aider les décisionnaires
à rendre leurs arrêts. Par exemple, quand la présence d'un trouble mental est le prédicat
à une décision légale subséquente (p. ex., une mesure d'internement), l'utilisation d'un
système de diagnostics établi rehausse la valeur et la fiabilité de la décision. En fournissant un compendium fondé sur une revue de la littérature clinique et de recherche, le
DSM-IV peut faciliter la tâche de ceux qui prennent des décisions dans un cadre légal
en leur faisant comprendre les caractéristiques applicables aux troubles mentaux. La littérature relative aux troubles mentaux sert aussi à mettre un terme aux spéculations
non fondées sur les troubles mentaux et sur le mode de fonctionnement d'un individu
en particulier. En définitive, les informations diagnostiques concernant l'évolution longitudinale peuvent améliorer la prise de décision lorsqu'il y a un débat judiciaire
concernant le fonctionnement mental passé ou futur d'un individu.

Considérations ethniques et culturelles
Des efforts particuliers ont été réalisés lors de la préparation du DSM-1V, afin que l'on
prenne conscience que ce manuel est susceptible d'être utilisé dans des populations
culturellement différentes, aux États-Unis ou à l'étranger. Les cliniciens sont appelés à
évaluer des personnes provenant de nombreux groupes ethniques différents et
d'origines culturelles différentes (y compris les nombreux immigrants récents). L'établissement d'un diagnostic peut être une vraie gageure lorsqu'un clinicien d'un groupe
ethnique ou culturel donné utilise la classification du DSM-1V pour évaluer une personne d'un autre groupe ethnique ou culturel. Un clinicien qui n'est pas habitué aux
nuances de la structure culturelle de référence d'un individu peut, à tort, considérer
comme psvchopathologique des variations normales du comportement, des croyances
ou de l'expérience propres à la culture d'un individu. Par exemple, certaines croyances
ou pratiques religieuses (p. ex., entendre ou voir, au cours du deuil, un proche décédé)
risqueraient d'être prises à tort pour des manifestations d'un Trouble psychotique.
Appliquer les critères (les Troubles rie la personnalité aux différentes cultures peut être

Questions soulevées par l'utilisation du DSM-IV XXXIX

spécialement difficile dans la mesure où il existe de grandes variations culturelles dans
les concepts du moi, les styles de communication, et les mécanismes d'adaptation.
Le DSM-IV comporte 3 types d'informations qui se rapportent spécifiquement aux
considérations culturelles : 1) une discussion dans le texte sur les variations culturelles
pouvant être observées dans les présentations cliniques des troubles inclus dans le
DSM-IV, 2) une description de syndromes spécifiques d'une culture donnée, qui n'ont
pas été inclus dans le DSM-IV (ils sont repris dans l'Annexe I) et 3) une esquisse de
formulation culturelle destinée à aider le clinicien à évaluer et à rendre compte systématiquement de l'impact du contexte culturel de l'individu (voir aussi Annexe I).
Le large accueil international des DSM laisse penser que cette classification est utile
par sa description des troubles mentaux présentés par des individus du monde entier.
Néanmoins, il est évident que les symptômes et l'évolution d'un certain nombre de
troubles du DSM-IV sont influencés par des facteurs ethniques et culturels. Le DSM-IV
a inclus une nouvelle section au texte pour tenir compte de ces facteurs et faciliter son
application à des individus d'ethnies et de cultures différentes. Cette section décrit
comment les différentes origines culturelles modulent le contenu et la forme de la présentation clinique (p. ex., les troubles dépressifs sont caractérisés par la prédominance
de symptômes somatiques plutôt que par la tristesse dans certaines cultures), les idiotismes préférés pour décrire la souffrance et des informations sur la prévalence,
lorsqu'elles sont disponibles.
Le deuxième type d'information culturelle fourni appartient aux « syndromes spécifiques d'une culture donnée » qui ont été décrits dans certaines voire une seule
société dans le monde. Le DSM-IV donne deux moyens pour favoriser l'identification
de syndromes spécifiques d'une culture donnée : 1) certains (amok, ataque de nervios) sont inclus comme exemples distincts de la catégorie « Non spécifié », et 2) une
Annexe comprenant des syndromes spécifiques d'une culture donnée (Annexe I) a été
introduite dans le DSM-IV et contient le nom du syndrome, les cultures dans lesquelles
il a été décrit pour la première fois et une brève description de la psychopathologie.
L'introduction d'une section spécifiquement culturelle dans le DSM-IV, l'inclusion
d'un glossaire concernant les syndromes spécifiques d'une culture donnée et le projet
d'expression culturelle sont destinés à augmenter l'applicabilité interculturelle du DSMIV. Nous espérons que ces nouveautés accroîtront la sensibilité aux différentes variations d'expression culturelle des troubles mentaux, et qu'elles diminueront l'effet
possible de biais involontaires provenant des propres origines culturelles du clinicien.
Utilisation du DSM-IV dans l'élaboration d'un traitement
Faire un diagnostic du DSM-IV n'est que la première étape d'une évaluation complète.
Pour élaborer un traitement adéquat, le clinicien aura nécessairement besoin d'une
information complémentaire encore plus importante sur la personne investiguée.
Distinction entre trouble mental et affection médicale générale
Tout au long de ce manuel, il est fait référence aux termes trouble mental et affection
médicale générale. Le terme trouble mental est expliqué ci-dessus. Le terme affection
médicale générale est simplement utilisé comme une abréviation pratique pour les
affections et les troubles figurant en dehors du chapitre « Troubles mentaux et du
comportement » de la CIM. Il faut reconnaître que ces termes sont utilisés simplement

XL Introduction

pour notre convenance et cela ne devrait pas impliquer qu'il existe une différence
fondamentale entre trouble mental et trouble physique, que les troubles mentaux sont
sans rapport avec des facteurs ou des processus physiques ou biologiques, ou que les
troubles physiques n'ont pas de relation avec des facteurs ou des processus comportementaux ou psychosociaux.

Organisation du manuel
Le manuel commence avec des instructions concernant son utilisation (p. 1), suivies par
la classification du DSM-IV-TR (p. 15) avec une liste systématique des codes officiels et
des catégories. Ensuite, on trouvera une description du système diagnostique multiaxial
du DSM-IV (p. 33-44). Puis, suivent les critères diagnostiques pour chaque trouble du
DSM- IV avec un texte descriptif (p. 45-858). Enfin, le DSM-IV-TR inclut 11 annexes.

Avertissement

p

our chaque trouble mental, des critères diagnostiques spécifiques sont proposés
pour servir de guide dans la démarche diagnostique. On a en effet démontré que
leur utilisation augmentait l'accord entre les cliniciens et les investigateurs. L'utilisation
correcte de ces critères exige un entraînement clinique spécialisé permettant d'acquérir
des connaissances et des compétences cliniques particulières.
Les critères diagnostiques et la classification du DSM-IV des troubles mentaux reflètent un consensus actuel portant sur les connaissances en évolution dans notre
domaine ; ils ne recouvrent pas l'ensemble des circonstances susceptibles de justifier
un traitement ou des efforts de recherche.
Le but du DSM-IV est de fournir des descriptions claires des catégories diagnostiques pour que les cliniciens et les investigateurs puissent faire le diagnostic des divers
troubles mentaux, échanger des informations à leur sujet, les étudier et les traiter. On
doit comprendre que l'inclusion dans ce manuel de catégories diagnostiques comme
le jeu pathologique ou la pédophilie, justifiée pour des raisons d'ordre clinique et à
des fins de recherche, n'implique pas que ces situations répondent aux critères juridiques ou à d'autre critères non médicaux permettant de délimiter les notions de
maladies mentales, de troubles mentaux et d'incapacité. Les considérations cliniques et
scientifiques impliquées dans la catégorisation de ces situations en tant que troubles
mentaux peuvent ne pas être entièrement adaptées à un jugement légal concernant,
par exemple, des éléments tels que la responsabilité individuelle, la détermination
d'une incapacité et des aptitudes à l'autonomie.

Utilisation du manuel

Procédures pour coder et enregistrer
Codes diagnostiques
Avertissement des traducteurs. La plupart des troubles du DSM-IV sont pourvus d'un

code de la dixième révision de la Classification internationale des maladies (CIM-10).
On doit noter à ce sujet que le code de la CIM-10 est alphanumérique (une lettre suivie
d'un maximum de 4 chiffres) et qu'il n'existe pas toujours une correspondance parfaite
entre la nomenclature du DSM-IV et celle de la CIM-10. Par ailleurs, les définitions et
les critères diagnostiques du DSM-IV divergent, parfois sensiblement, de ceux de la CIM10. Les codes de la CIM-10 sont de ce fait souvent approximatifs. Pour les définitions
des troubles dans la CIM-10, se reporter à la version « Descriptions cliniques et directives
pour le diagnostic » (livre bleu)' de la C1M-10. Pour les critères de la CIM-10, se reporter
à la version « critères diagnostiques pour la recherche >, (livre vert) de la CIM-10.
Le code de la CIM-10 est suivi du code numérique (4 ou 5 chiffres) de la neuvième
révision de la Classification internationale des Maladies, modifications cliniques (CIM9-MC) qui reste la nomenclature officielle utilisée au États-Unis lors de la publication
de ce manuel. Les codes de la CIM-9-MC sont donnés entre crochets.
Les deux codes précèdent le nom du trouble dans la classification et accompagnent
les critères de chaque trouble.
Pour certains diagnostics (p. ex., le Retard mental et les Troubles de l'humeur
induits par une substance), le code approprié dépend d'indications supplémentaires et
est indiqué à la suite du texte et des critères du trouble. Les noms de certains troubles
sont suivis par des appellations synonymes entre parenthèses ; il s'agit le plus souvent
d'appellations du DSM-III-R.
L'utilisation de codes diagnostiques est fondamentale pour le dossier médical. Le
codage du diagnostic facilite le recueil des données et le traitement statistique des informations. Les codes peuvent aussi être nécessaires pour communiquer un diagnostic à
des tiers, notamment à des assurances privées, à des organismes publics ou à l'Organisation mondiale de la Santé. Aux États-Unis par exemple, l'emploi des codes
1. C1,11-10/1CD-10 : Classification internationale des troubles mentaux et des troubles du comportement. Descriptions cliniques et directives pour le diagnostic. Organisation Mondiale de la Santé,

Genève et Masson, Paris, 1993.
2. 6111-10//CD-10 : Classification internationale des troubles mentaux et des troubles du comportement. Critères diagnostiques pour la recherche. Organisation Mondiale de la Santé, Genève et
Masson, Paris, 1993.

2

Utilisation du manuel

diagnostiques a été rendu obligatoire par les agences gouvernementales responsables
du remboursement des dépenses de santé au sein du système « Medicare ».
Des sous-types (parfois codés sous la forme d'un cinquième chiffre) et des spécifications sont prévus pour apporter des précisions supplémentaires. Les sous-types
possibles pour un diagnostic donné sont introduits dans la liste des critères par la
mention « spécifier le type ». Ils définissent des formes symptomatiques qui s'excluent
mutuellement ; d'autre part l'ensemble des sous-types décrivent de manière exhaustive
toutes les formes cliniques possibles du trouble. Le Trouble délirant est par exemple subdivisé selon le contenu des idées délirantes en sept sous-types : érotomaniaque,
mégalomaniaque, à type de jalousie, à type de persécution, somatique, mixte et non spécifié. Les spécifications, à la différence des sous-types, ne s'excluent pas mutuellement
et ne visent pas à une description exhaustive de toutes les formes cliniques possibles ;
elles sont introduites par la mention « spécifier » ou « spécifier si » à la suite des critères
diagnostiques (p. ex., l'instruction « spécifier si : généralisée » dans la Phobie sociale).
Les spécifications donnent la possibilité de définir au sein d'un trouble des sous-groupes
plus homogènes de patients qui partagent certains traits communs (p. ex., Trouble
dépressif majeur, avec caractéristiques mélancoliques). Bien qu'un cinquième chiffre soit
parfois utilisé pour coder un sous-type ou une spécification (p. ex., F00.01 1290.12] pour
la Démence de type Alzheimer, à début précoce, avec idées délirantes) ou la sévérité
(F31.0 1296.21J Trouble dépressif majeur, épisode isolé, léger), la majorité des sous-types
et des spécifications prévus clans le DSM-IV ne peuvent pas être codés selon le système
de la CIM-9-MC. La notation se fait alors simplement en indiquant le sous-type ou la spécification après le nom du trouble (p. ex., Phobie sociale, généralisée).

Spécification de la sévérité et de l'évolution
Un diagnostic du DSM-1V s'applique habituellement à l'état actuel de la personne et ne
sert en principe pas à coder des troubles passés dont l'individu est guéri. Les spécifications
suivantes peuvent être ajoutées après le diagnostic pour indiquer la sévérité et l'évolution :
léger, moyen, sévère, en rémission partielle, en rémission complète, et antécédents.
Les spécifications léger, moyen et sévère ne doivent être employées que lorsque
tous les critères du trouble sont remplis. Pour apprécier la sévérité, le clinicien doit tenir
compte du nombre et de l'intensité des signes et des symptômes ainsi que de l'altération consécutive du fonctionnement professionnel et social. On peut dans la majorité
des cas suivre les directives suivantes :
Léger.

Présence d'aucun ou de peu de symptômes en plus de ceux qui sont
indispensables au diagnostic. L'altération du fonctionnement social ou professionnel qui en résulte n'est que mineure.
Moyen. Les symptômes ou l'altération du fonctionnement se situent entre
léger » et « sévère ».
Sévère. Présence de nombreux symptômes en plus de ceux qui sont indispensables au diagnostic ou sévérité particulière de plusieurs symptômes, ou
encore altération marquée du fonctionnement social ou professionnel à cause
des symptômes.
En rémission partielle. L'ensemble des critères du trouble étaient auparavant
réunis mais il ne persiste plus, actuellement, que quelques symptômes ou signes.
En rémission complète. Il n'y a plus aucun signe ou symptôme du trouble
mais il est toujours pertinent de coder le diagnostic par exemple chez un

Procédures pour coder et enregistrer

3

sujet qui présente des antécédents de Trouble bipolaire et qui n'a plus présenté
de symptômes pendant les trois dernières années 'avec: un traitement par le
lithium. Après un certain temps de rémission complète, le clinicien peut estimer
que l'individu est guéri et décider de ne plus coder le trouble en tant que diagnostic actuel. La distinction entre une rémission complète et la guérison doit se
fonder sur de nombreux éléments, notamment sur les caractéristiques de l'évolution du trouble, sur l'ancienneté du dernier épisode, sur la durée totale de
l'affection et sur le besoin de poursuivre une surveillance ou un traitement
prophylactique.
Antécédents. Il peut être parfois utile de noter qu'un sujet a répondu, clans
ses antécédents, aux critères d'un trouble, même si l'on juge qu'il est actuellement guéri. Le diagnostic de troubles mentaux présents dans le passé peut se
faire en utilisant la spécification « dans les antécédents » (p. ex., « Anxiété de
séparation, dans les antécédents » dans le cas d'une personne qui a des antécédents d'anxiété de séparation et qui ne présente plus aucun trouble ou bien
qui répond actuellement aux critères d'un Trouble panique).
Des critères spécifiques pour définir léger, moyen et sévère ont été prévus pour
les troubles suivants : Retard mental, Trouble des conduites, Épisode maniaque et
Épisode dépressif majeur. Des critères spécifiques pour définir la rémission partielle et
la rémission totale existent pour : Épisode maniaque, Épisode dépressif majeur et
Dépendance à une substance.

Récidives
Après une période où les critères d'un trouble ne sont plus entièrement remplis (p. ex.,
après une rémission partielle ou totale, ou après une guérison), il n'est pas rare en clinique que des individus présentent de nouveau des symptômes suggérant une récidive
de leur trouble initial, sans pour autant que le seuil exigé par les critères diagnostiques
soit atteint. La meilleure manière d'indiquer la présence de ces symptômes est affaire
de jugement clinique. Il existe plusieurs possibilités :
• si l'on estime que les symptômes traduisent la récidive d'une affection récurrente, on peut faire le diagnostic actuel (ou provisoire) d'un épisode du
trouble avant même que tous les critères soient remplis (p. ex., quand les critères d'un Épisode dépressif majeur sont réunis depuis 10 jours seulement,
au lieu des 14 jours habituellement exigés) ;
• si l'on estime que les symptômes sont cliniquement significatifs mais que l'on
ignore s'ils représentent une récidive du trouble initial, on peut porter le diagnostic adapté assorti de la catégorie « non spécifié » ;
• si l'on estime que les symptômes ne sont pas cliniquement significatifs, il n'est
pas nécessaire de porter un diagnostic supplémentaire, actuel ou provisoire,
mais la spécification « dans les antécédents » peut être notée (voir ci-dessus).

Diagnostic principal/motif de la consultation
Si plus d'un diagnostic est porté pour un sujet hospitalisé, le diagnostic principal est
l'affection qui s'avère, après analyse, être la cause essentielle de l'admission du patient.
Si plus d'un diagnostic est porté pour un sujet ambulatoire, le motif de la consultation

4

Utilisation du manuel

est l'affection principale pour laquelle seront prescrits les soins lors de la prise en
charge ambulatoire. Le diagnostic principal ou le motif de la consultation est dans la
plupart des cas l'objet principal de l'examen et du traitement. Il est souvent difficile, et
parfois arbitraire, de déterminer quel est le diagnostic principal ou le motif de la
consultation, notamment quand il y a un « diagnostic double » (un diagnostic lié à l'utilisation d'une substance comme la Dépendance à l'amphétamine associé à un
diagnostic sans rapport avec l'utilisation d'une substance comme la Schizophrénie). Le
choix du diagnostic « principal » peut être par exemple problématique chez une personne hospitalisée à la fois pour Schizophrénie et pour Intoxication à l'amphétamine
car les deux affections peuvent avoir rendu nécessaire au même degré l'admission et
le traitement en milieu hospitalier.
Des diagnostics multiples peuvent être enregistrés sur plusieurs axes (voir p. 33)
ou non (voir p. 44). Le diagnostic principal, s'il appartient à l'Axe I, est indiqué en premier. Les autres troubles sont notés par ordre d'importance clinique et thérapeutique.
Quand un patient a en même temps des diagnostics sur l'Axe I et sur l'Axe II, on
suppose que le diagnostic principal ou la raison de la consultation correspond à ce qui
est enregistré sur l'Axe I, à moins que le diagnostic de l'Axe II soit suivi du qualificatif
« diagnostic principal » ou « motif de la consultation ».

Diagnostic provisoire
Il est possible de recourir à la spécification provisoire quand on a de fortes raisons
de penser que tous les critères d'un trouble finiront par être remplis et que l'information disponible est insuffisante pour faire un diagnostic avec certitude. Le clinicien peut
indiquer l'incertitude du diagnostic en ajoutant la mention « provisoire » après le diagnostic. Un patient peut par exemple sembler présenter un Trouble dépressif majeur
mais être incapable de relater ses antécédents de manière assez détaillée pour que l'on
puisse établir si tous les critères du diagnostic sont remplis. Un autre emploi du terme
provisoire est le cas où le diagnostic différentiel dépend seulement de la durée de la
maladie. Le diagnostic de Trouble schizophréniforme requiert par exemple une durée
inférieure à 6 mois et ne peut être porté que de manière provisoire tant qu'une rémission n'est pas survenue.

Emploi des catégories « non spécifié »
Compte tenu de la diversité des tableaux cliniques, la nomenclature diagnostique ne
peut pas couvrir toutes les situations possibles. C'est pour cette raison que chaque
classe diagnostique est pourvue d'au moins une catégorie « non spécifié » (NS) et
parfois même de plusieurs. Le diagnostic NS peut être indiqué dans quatre situations :
• Le tableau correspond aux critères généraux des troubles mentaux d'une
classe diagnostique donnée mais les symptômes ne satisfont les critères
d'aucun des troubles spécifiques de cette classe. Cela peut être le cas quand
les symptômes n'atteignent pas le seuil diagnostique d'un des troubles spécifiques ou bien quand le tableau est atypique ou mixte.
• Le tableau répond à un regroupement de symptômes qui n'a pas été inclus
dans la classification du DSM-IV mais cause une souffrance ou une déficience
cliniquement significative. Des critères de recherche pour certains ensembles
de symptômes ont été inclus clans l'Annexe B (« critères et axes proposés pour

Différentes façons d'indiquer l'incertitude diagnostique

5

des recherches supplémentaires »). Dans ces cas, le texte renvoie à la page de
l' Annexe B Où les critères de recherche sont présentés.
• L'étiologie est incertaine (on ignore si le trouble est dû à une affection médicale générale, à une substance ou s'il est primaire).
• Il n'a pas été possible de recueillir correctement l'information (p. ex., dans une
situation d'urgence) ou celle-ci se révèle contradictoire ou incohérente mais
on dispose d'éléments suffisants pour se situer dans une classe diagnostique
donnée (le clinicien peut p. ex., affirmer la présence de symptômes psychotiques mais n'a pas d'assez d'éléments pour faire le diagnostic d'un trouble
psychotique spécifique).

Différentes façons d'indiquer l'incertitude diagnostique
Le tableau suivant indique les différentes manières d'indiquer l'incertitude
diagnostique :
Appellation

Exemples de situations cliniques

Codes Z ou [V] (autres situations
qui peuvent faire l'objet
d'un examen clinique)

Information insuffisante pour déterminer si un problème est dû à un trouble
mental (p. ex., des difficultés scolaires,
un comportement antisocial de l'adulte)

R69 [799.9] Affection ou diagnostic
différé sur l'Axe I

L'information disponible ne permet pas
de porter un jugement diagnostique sur
une affection ou un diagnostic de l'Axe I

R46.8 [799.9] Diagnostic différé sur
l'Axe II

L'information disponible ne permet pas
de porter un jugement diagnostique sur
une affection ou un diagnostic de l'Axe II

F99 [300.9] Trouble mental non
spécifié (non psychotique)

Assez d'information pour éliminer un
Trouble psychotique mais sans pouvoir
spécifier davantage

F29 [298.9] Trouble psychotique
non spécifié

Assez d'information pour affirmer la présence d'un Trouble psychotique mais
sans pouvoir spécifier davantage

FO à F9 [Classe de trouble]
non spécifié
p. ex., Trouble dépressif
non spécifié

Assez d'information pour indiquer la
catégorie de troubles qui est présente
mais sans pouvoir spécifier davantage,
soit parce qu'on n'a pas assez d'informations pour faire un diagnostic plus précis,
soit parce que les caractéristiques du
trouble ne correspondent aux critères
d'aucune des catégories spécifiques de
cette classe

[Diagnostic spécifique]
(provisoire)
p. ex., Trouble schizophréniforme
(provisoire)

Assez d'information pour faire un diagnostic « de travail » mais le clinicien
souhaite indiquer un certain degré
d'incertitude

6 Utilisation du manuel

Critères fréquemment utilisés
Critères utilisés pour exclure d'autres diagnostics
et pour suggérer des diagnostics différentiels
Les groupes de critères de ce manuel comportent généralement des critères d'exclusion
qui sont nécessaires pour établir des limites entre les différents troubles et pour clarifier
les diagnostics différentiels. Les critères d'exclusion sont exprimés de plusieurs
manières dans le DSM-1V pour traduire les différents types possibles de relations entre
les troubles :
• « Les critères de... n'ont jamais été réunis » Ce critère d'exclusion sert à

définir une hiérarchie longitudinale entre les troubles fondée sur les antécédents du patient. Par exemple, un diagnostic de Trouble dépressif majeur ne
peut plus être fait à partir du moment où un patient a présenté un Épisode
maniaque auquel cas on doit faire un diagnostic de Trouble bipolaire de type I.
• « Les critères de... ne sont pas remplis » Ce critère d'exclusion sert à
établir une hiérarchie entre des troubles ou des sous-types qui sont considérés
de manière transversale. Par exemple, la spécification « avec caractéristiques
mélancoliques » prend le pas sur celle de « avec des caractéristiques
atypiques » quand il s'agit de décrire un Épisode dépressif majeur actuel.
• « Ne survient pas exclusivement au cours de l'évolution de... » Ce
critère d'exclusion indique qu'un trouble ne doit pas être diagnostiqué quand
ses symptômes sont observés uniquement au cours de l'évolution d'un autre
trouble. Par exemple, on ne peut pas faire un diagnostic distinct de démence
si le tableau correspondant survient seulement pendant un Delirium ; de
même un Trouble de conversion n'est pas diagnostiqué séparément s'il est
observé seulement dans le cadre d'une Somatisation ; on ne fait pas non plus
un diagnostic indépendant de Boulimie (Bulimia Nervosa) si ce tableau survient seulement pendant des épisodes d'Anorexie mentale. Ce critère
d'exclusion est typiquement utilisé dans les cas où les symptômes d'un trouble
donné représentent également des caractéristiques associées ou un sousensemble des symptômes d'un autre trouble qui est prioritaire dans la hiérarchie diagnostique. Même pendant des périodes de rémission partielle, le
trouble qui est prioritaire dans la hiérarchie diagnostique doit être considéré
comme étant encore en « évolution ». Cependant, le trouble qui serait exclu
peut parfois être diagnostiqué séparément s'il survient de manière indépendante (p. ex., si le trouble prioritaire est en rémission complète).
• « N'est pas dû aux effets physiologiques directs d'une substance
(p. ex., un médicament, une substance donnant lieu à abus) ou à une
affection médicale générale. » Ce critère d'exclusion indique que l'on doit

d'abord rechercher et exclure comme étiologie une affection médicale générale
ou l'induction par une substance avant de faire le diagnostic du trouble (p. ex.,
le Trouble dépressif majeur ne peut être diagnostiqué qu'après l'exclusion
d'étiologies impliquant une affection médicale générale ou une substance).
• « ... n'est pas mieux expliqué par... » Ce critère d'exclusion indique que
les troubles mentionnés doivent être pris en compte clans le diagnostic différentiel du tableau psychopathologique et que clans les cas limites le jugement

Critères fréquemment utilisés

7

clinique doit déterminer le diagnostic le plus adapté. Dans ce cas, il est
conseillé de se référer au paragraphe du chapitre correspondant portant sur
le « diagnostic différentiel ».
Il est convenu dans le DSM-IV que des diagnostics multiples sont possibles quand
le tableau répond aux critères de plusieurs troubles. Il existe trois cas où les critères
d'exclusion mentionnés ci-dessus permettent d'établir une hiérarchie diagnostique (et
s'opposent ainsi à des diagnostics multiples) ou bien attirent l'attention sur le diagnostic
différentiel (et limitent les diagnostics multiples) :
• Si un Trouble mental dû à une affection médicale générale ou à un Trouble
induit par une substance est à l'origine des symptômes, ce diagnostic a priorité
sur celui du trouble mental primaire correspondant au même tableau clinique
(p. ex., un Trouble de l'humeur induit par la cocaïne exclut le diagnostic de
Trouble dépressif majeur). Dans ce cas, un critère d'exclusion contenant la
phrase « n'est pas dû aux effets physiologiques directs de... « figure parmi les
critères du trouble primaire.
• Quand les symptômes principaux (ou accessoires) (l'un trouble envahissant
(p. ex., la schizophrénie) incluent des symptômes qui définissent un trouble
moins envahissant (p. ex., le Trouble dysthymique), un des trois critères
(l'exclusion suivants figure dans les critères du trouble moins envahissant :
« les critères de... n'ont jamais été remplis », « les critères de... ne sont pas
remplis » ou « ne survient pas exclusivement au cours de l'évolution de... ».
• Lorsque les frontières entre les diagnostics sont particulièrement mal définies,
la phrase « ... n'est pas mieux expliqué par... » indique que c'est le jugement
clinique qui doit déterminer le diagnostic le plus adapté. Par exemple, le
Trouble panique avec agoraphobie inclut le critère « n'est pas mieux expliqué
par une Phobie sociale » et, à l'inverse, la Phobie sociale comporte le critère
« n'est pas mieux expliqué par un Trouble panique avec agoraphobie » pour
traduire le fait que la frontière entre les deux diagnostics est particulièrement
complexe. Dans certains cas, il peut être indiqué de porter les deux
diagnostics.

Critères des troubles induits par une substance
Il est souvent difficile d'affirmer qu'un tableau clinique est induit par une substance,
c'est-à-dire qu'il est la conséquence physiologique directe de l'intoxication ou du
sevrage à une substance, de l'utilisation (l'un médicament ou de l'exposition à une substance toxique. Pour faciliter le diagnostic, les deux critères suivants figurent avec chaque
Trouble induit par une substance. Ces critères visent à fournir des indications générales
et permettent également au clinicien de déterminer si le tableau clinique est mieux
expliqué par les effets physiologiques directs d'une substance. Pour plus de détails sur
ce point, voir p. 241.
B. Les antécédents, l'examen physique ou les examens complémentaires
mettent en évidence (1) ou (2) :
(1) les symptômes sont apparus pendant l'intoxication ou le sevrage à
une substance ou clans le mois qui a suivi

8 Utilisation du manuel

(2) l'utilisation d'un médicament est étiologiquement liée à la
perturbation
C. La perturbation n'est pas mieux expliquée par un trouble non induit
par une substance. Les éléments suivants peuvent indiquer qu'un
trouble non induit par une substance rend mieux compte des
symptômes : les symptômes ont précédé le début de l'utilisation de la
substance (ou du médicament) ; les symptômes persistent de façon
prolongée (p. ex., un mois environ) après la fin d'un sevrage aigu ou
d'une intoxication sévère et sont nettement excessifs par rapport à ce
que l'on pourrait attendre vu le type et la quantité de substance
consommée ou la durée de la consommation ; ou bien d'autres arguments suggèrent l'existence d'un trouble indépendant qui n'est pas
induit par une substance (p. ex., des antécédents d'épisodes récurrents
qui ne sont pas liés à une substance).

Critères d'un trouble mental dû à une affection médicale
générale
Le critère suivant a pour but de préciser les conditions étiologiques qui doivent être
remplies pour les Troubles mentaux dus à une affection médicale générale (p. ex., un
Trouble de l'humeur dû à une hypothyroïdie). Pour plus de détails, voir p. 209.
Les antécédents, l'examen physique ou les examens complémentaires
mettent en évidence que la perturbation est une conséquence physiologique directe d'une affection médicale générale.

Critères de significativité clinique
La définition d'un trouble mental donnée dans l'introduction du DSM-IV stipule qu'il
doit exister une souffrance ou une altération cliniquement significatives. Pour souligner
l'importance de ce point, il y a pour la plupart des troubles un critère de significativité
clinique (habituellement rédigé ainsi : « ... cause une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social ou professionnel, ou clans d'autres
domaines importants »). Ce critère permet de définir un seuil pour le diagnostic d'un
trouble dans les situations où le tableau clinique n'est pas pathologique en lui-même
(notamment dans les formes cliniques mineures) et peut survenir chez des individus
chez lesquels un diagnostic de « trouble mental » n'est pas justifié. L'évaluation de ce
critère et en particulier l'appréciation du fonctionnement de la personne relèvent par
essence d'un jugement clinique fin. 11 s'avère souvent nécessaire pour estimer les performances d'une personne de s'appuyer sur des informations provenant de membres
de sa famille ou de tiers en plus de celles fournies par le sujet.

Types d'informations figurant dans le texte du DSM-IV
Le texte du DSM-IV décrit chaque trouble d'une manière systématique avec les paragraphes
suivants : « caractéristiques diagnostiques », « sous-types et/ou spécifications », « procé-

Types d'informations figurant dans le texte du DSM-IV 9

dures d'enregistrement », « caractéristiques et troubles associés », « caractéristiques liées à
la culture, à l'âge et au sexe », « prévalenee », « évolution », « aspects familiaux » et
« diagnostic différentiel ». Un paragraphe peut être omis si aucune information n'est disponible. Parfois, un paragraphe peut figurer dans l'introduction générale du chapitre
traitant d'un ensemble de troubles si plusieurs de ces troubles partagent des caractéristiques communes.
Caractéristiques diagnostiques.

Ce paragraphe clarifie le sens ries critères diagnostiques et fournit souvent des exemples pour les illustrer.
Sous-types et/ou spécifications.

Ce paragraphe comporte des définitions et de
brèves discussions concernant divers sous-types ou spécifications.
Procédures d'enregistrement.

Ce paragraphe donne des instructions pour noter
le nom du trouble et pour choisir et enregistrer le code diagnostique approprié selon
la CIM-9-MC. Il donne aussi des indications pour employer les sous-types et/ou les spécifications utiles.
Caractéristiques et troubles associés.

Ce paragraphe est habituellement divisé en

trois parties :

• Caractéristiques et troubles mentaux associés. Cette section décrit des caractéristiques cliniques qui sont souvent associées au trouble mais qui ne sont
pas considérées comme essentielles pour le diagnostic. Parfois, il s'agit de
caractéristiques qui ont été proposées comme d'éventuels critères diagnostiques mais qui n'étaient pas assez sensibles ou spécifiques pour être retenues
dans la version finale. Cette section inclut aussi d'autres troubles mentaux qui
sont associés au trouble en question. Quand cela est connu, il est précisé si
ces troubles associés précèdent le trouble en question, sont concomitants ou
bien représentent une conséquence (p. ex., une démence persistante induite
par l'alcool est une conséquence d'une Dépendance chronique à l'alcool). Si
possible, cette section comporte aussi des informations sur les facteurs prédisposants et sur les complications.
• Examens complémentaires. Cette section donne des informations sur trois
types d'examens complémentaires éventuellement utiles : 1) des examens
complémentaires qui ont une valeur « diagnostique »
p. ex., des enregistrements polysomnographiques dans certains troubles du sommeil ; 2) des
examens complémentaires qui n'ont pas de valeur diagnostique niais qui montrent des résultats anormaux chez une certaine proportion des patients par
rapport à la population normale — p. ex., la taille des ventricules cérébraux,
mesurée par imagerie cérébrale, en tant que validateur du « construct » de
schizophrénie ; 3) des examens complémentaires perturbés lors de complications du trouble - par exemple un déséquilibre électrolytique chez des
patients souffrant d'Anorexie mentale.
• Examen physique et tections médicales générales. Cette section apporte
des informations sur les symptômes relevés dans les antécédents ou sur les
signes notés lors de l'examen physique qui peuvent avoir une signification diagnostique sans pour autant être essentiels - par exemple des érosions des
dents dans la Boulimie (Bulimia Nervosa), Les troubles qui sont codés en

10

Utilisation du manuel

dehors du chapitre sur les « Troubles mentaux et troubles du comportement »
de la C1M mais qui sont associés au trouble en question sont aussi inclus ici.
Comme pour les troubles mentaux associés, le type d'association (antériorité,
concomitance, conséquence) est indiqué s'il est connu — la cirrhose est par
exemple une conséquence de la Dépendance à l'alcool.
Ce paragraphe fournit au
clinicien des renseignements sur les formes cliniques en rapport avec l'environnement
culturel, l'âge (petite enfance, enfance, adolescence, âge adulte, troisième âge) ou le
sexe. Ce paragraphe comporte aussi des informations sur la prévalence du trouble en
fonction de la culture, de l'âge et du sexe (p. ex., le rapport de la prévalence chez la
femme et chez l'homme ou sex-ratio).
Caractéristiques liées à la culture, à l'âge et au sexe.

Ce paragraphe expose ce qui est connu en matière de prévalence instantanée, de prévalence sur la vie entière, d'incidence et de risque de survenue pendant
l'existence. Si possible, cette information est fournie pour différents échantillons (p. ex.,
Prévalence.

dans la population générale, dans le cadre des soins primaires, dans les consultations
spécialisées de soins ambulatoires, en hospitalisation psychiatrique).
Évolution. Ce paragraphe décrit les modalités typiques du tableau clinique et de
l'évolution du trouble pendant l'existence. Il s'agit d'informations sur l'âge et le mode

de début typiques (p. ex., brutal ou insidieux), sur le mode évolutif — épisodique ou
continu, sur la survenue sous la forme d'épisodes isolés ou récurrents, sur la durée
habituelle de la maladie et de ses épisodes, et enfin sur la progression habituelle au fil
du temps (stabilisation, aggravation ou amélioration).

Ce paragraphe aborde les données concernant la fréquence des
troubles chez les parents au premier degré des patients par rapport à la population
générale. Les autres troubles qui ont aussi tendance à être observés plus souvent dans
Aspects familiaux.

la famille des patients sont également mentionnés. L'information concernant la nature
véritable du trouble (p. ex., données en provenance d'études de jumeaux, modes de
transmission génétique connus) est aussi fournie dans cette section.
Diagnostic différentiel. Ce paragraphe discute la manière de distinguer le trouble
en question des autres troubles pouvant avoir une présentation similaire.

Organisation et plan du DSM-IV
Le DSM-IV distingue 16 classes diagnostiques majeures de troubles (p. ex., les Troubles
liés à une substance, les Troubles de l'humeur, les Troubles anxieux) et comporte en
plus un chapitre supplémentaire pour les autres situations qui peuvent faire l'objet
d'un examen clinique ».
Le premier chapitre est consacré aux « Troubles habituellement diagnostiqués
pendant la première, la deuxième enfance ou l'adolescence ». La présence d'une classe
diagnostique fondée sur l'âge de survenue répond à un souci de facilité et n'a pas de
caractère contraignant. Bien que les troubles de ce chapitre se manifestent habituellement dès l'enfance ou l'adolescence, certains patients (p. ex., dans le cas du Trouble
déficitaire de l'attention/Hyperactivité) peuvent ne faire l'objet d'un examen qu'a l'âge

Organisation et plan du DSM-IV 11

adulte. Inversement, il n'est pas rare que d'autres troubles classés dans d'autres chapitres débutent dès l'enfance ou l'adolescence (p. ex., Trouble dépressif majeur,
Schizophrénie, Trouble anxieux généralisé). Les praticiens qui travaillent essentiellement avec des enfants et des adolescents doivent donc connaître l'ensemble du
manuel ; de la même façon, ceux qui travaillent surtout avec des adultes doivent néanmoins être familiarisés avec ce premier chapitre.
Les trois chapitres suivants — « Delirium, Démence, Troubles amnésiques et autres
Troubles cognitifs », « Troubles mentaux dus à une affection médicale générale » et
« Troubles liés à une substance » — étaient tous regroupés clans le DSM-III-R au sein du
seul chapitre des » Troubles mentaux organiques ». Le terme de « Trouble mental
organique » n'est plus utilisé dans le DSM-IV car il laissait supposer à tort que les autres
troubles mentaux n'ont pas de substrat biologique. Comme dans le DSM-III-R, ces chapitres sont placés dans le manuel avant les autres troubles car ils sont prioritaires pour
le diagnostic différentiel (p. ex., une humeur dépressive liée à l'utilisation d'une substance doit être exclue avant tout diagnostic de Trouble dépressif majeur). Pour faciliter
le diagnostic différentiel, des listes exhaustives des troubles mentaux dus à une affection
médicale générale et des troubles liés à une substance figurent clans ces chapitres,
tandis que le texte et les critères correspondants sont renvoyés aux chapitres traitant
des troubles mentaux qui ont des symptômes similaires et qui font l'objet d'un diagnostic différentiel. Ainsi, le texte et les critères correspondant aux Troubles de
l'humeur liés à une substance figurent clans le chapitre consacré aux Troubles de
l'humeur.
Tous les autres chapitres (hormis les Troubles de l'adaptation) sont organisés selon
un principe qui est de regrouper les troubles en fonction de leur sémiologie commune
afin de faciliter le diagnostic différentiel. Le chapitre sur les « Troubles de l'adaptation
repose sur un principe différent car il associe des troubles qui partagent une étiologie
commune (dans ce cas une réaction inadaptée à un facteur de stress). Les Troubles de
l'adaptation comprennent de ce fait des tableaux cliniques hétérogènes (p. ex., Trouble
de l'adaptation avec humeur dépressive, Trouble de l'adaptation avec anxiété, Trouble
de l'adaptation avec perturbation des conduites).
Enfin, le DSM-IV comporte un chapitre pour les « Autres situations qui peuvent faire
l'objet d'un examen clinique «.
Le DSM-1V comprend 11 annexes :
Cette
Annexe présente six arbres de décision (pour les Troubles mentaux dus à une affection
médicale générale, les Troubles induits par une substance, les Troubles psychotiques,
les Troubles de l'humeur, les Troubles anxieux et les Troubles somatoformes). Ils ont
pour but d'aider le clinicien à faire un diagnostic différentiel et à comprendre la structure hiérarchique du DSM-IV.

Annexe A : Arbres de décision pour le diagnostic différentiel.

Cette
Annexe comporte diverses propositions dont l'inclusion éventuelle clans le DSM-IV a
été discutée. Des textes brefs et des critères diagnostiques de recherche sont présentés
pour les entités suivantes : le trouble post-commotionnel, le trouble neuro-cognitif
léger, le sevrage à la caféine, le trouble dépressif postpsychotique de la schizophrénie,
le trouble détériorant- si mple, le trouble dysphorique prémenstruel, le trouble dépressif
mineur, le trouble dépressif récurrent bref, le trouble mixte anxiété-dépression, le
trouble factice par procuration, les états (le transe dissociative, l' Hyperphagie bouliAnnexe B : Critères et axes proposés pour des études supplémentaires.

12 Utilisation du manuel

mique (« binge eating »), la personnalité dépressive, la personnalité passive- agressive,
le Parkinsonisme induit par les neuroleptiques, le syndrome malin des neuroleptiques,
la dystonie aiguë induite par les neuroleptiques, l'akathisie aiguë induite par les neuroleptiques, les dyskinésies tardives induites par les neuroleptiques, et le tremblement
d'attitude induit par un médicament. De plus, un choix de dimensions pour décrire la
schizophrénie et un Critère alternatif B pour le trouble dysthymique figurent dans cette
annexe. Enfin, trois axes sont proposés l'Échelle de fonctionnement défensif, l'Échelle
d'évaluation globale du fonctionnement relationnel [EGFR] 3 et l'Échelle d'évaluation du
fonctionnement social et professionnel [EFSPP*.
Annexe C : Glossaire des termes techniques.

Cette Annexe comporte des définitions de certains termes afin d'aider l'utilisateur à appliquer les critères diagnostiques.

Annexe D : Liste des modifications figurant dans le texte révisé du DSM-IV.

Cette Annexe parcourt les changements résultant du processus de révision du texte du
DSM-IV.

Annexe E : Liste alphabétique des diagnostics et des codes du DSM-IV-TR.

Il
s'agit d'une liste alphabétique des troubles et des affections du DSM-IV (avec les codes
selon la CIM-9-MC). Cette liste a pour but de faciliter la recherche des codes
diagnostiques.

Annexe F : Liste numérique des diagnostics et des codes du DSM-IV-TR avec
les codes de la CIM-10. Il s'agit d'une liste des diagnostics et des affections du DSM-

IV selon le numéro de leur code diagnostique (CIM-9-MC). Cette liste vise à faciliter la
recherche du nom des catégories diagnostiques.
Annexe G (Version originale américaine) : Codes CIM-9-MC pour une sélection d'affections médicales générales et de troubles induits par un
médicament. Cette Annexe contient une liste des codes de la CIM-9-MC pour

diverses affections médicales générales et sert à faciliter le codage sur l'Axe III. Cette
Annexe indique aussi les codes E de la CIM-9-MC pour divers médicaments qui peuvent
provoquer des troubles iatrogènes à close thérapeutique. Les codes E peuvent, si on le
souhaite, être enregistrés sur l'Axe I à la suite du trouble en question (p. ex.,
292.39 Trouble de l'humeur induit par un contraceptif oral, avec caractéristiques
dépressives ; E932.2 contraceptifs oraux).
Annexe G (Version internationale) : Classification du DSM-IV avec les codes
de la CIM-9. Cette Annexe contient toute la classification du DSM-IV avec les codes

de la CIM-9 pour les personnes travaillant dans des pays où la CIM-9 reste la nomenclature officielle.
: La nomenclature officielle étant en France la CIM-10, nous n'avons pas retenu
cette annexe dans la version française du Manuel.
3. Angl. Global Assessmem of Relational Functioning Scale
ou GARF.
4. Angl. Social and Occupational Functioning Assessinent
Scale ou SOFAS.

Organisation et plan du DSM-IV 13

Annexe H (Version originale américaine) : Classification du DSM-IV-TR avec
les codes de la CIM-10. Lors de la publication de la révision du texte du DSM-IV

(à la fin du printemps 2000), le système officiel de codage utilisé aux États-Unis est
encore la Classification Internationale des Maladies, Neuvième Révision Modifications Cliniques (CIM-9-MC). Dans le reste du monde, le plus souvent, le système officiel
de codage est la Classification Statistique Internationale des maladies et problèmes
de santé connexes, dixième édition (CIM-10 ou ICD-10). Cette annexe contient
l'ensemble de la classification du DSM-IV avec les codes diagnostiques de la CIM-10
pour faciliter l'usage international du DSM-1V.
Annexe H (Version internationale) : Classification du DSM-IV avec les codes
de la CIM-9-MC. Cette Annexe contient toute la classification du DSM-IV avec les

codes de la CIM-9-MC pour les personnes travaillant dans des pays où la CIM-9-MC
reste la nomenclature officielle. La version standard du DSM-1V publiée aux Etats-Unis
continuera à utiliser les codes diagnostiques de la CIM-9-MC tant que le gouvernement
américain n'aura pas remplacé l'usage de la C1M-9 par celui de la CIM-10, ce qui ne
devrait pas survenir avant l'an 2000.
Avertissement des traducteurs : La classification du DSM-IV est présentée p. 15 et

suivantes avec les codes de la CIM-10 et, entre crochets, ceux de la CIM-9-MC. Cette
présentation rend inutile l'Annexe H dans la version française de l'ouvrage.

Annexe I : Esquisse d'une formulation en fonction de la culture et Glossaire
des syndromes propres à une culture donnée. Cette Annexe comporte deux par-

ties. La première présente un aperçu des aspects culturels afin d'aider le clinicien à
apprécier et à noter correctement le rôle du contexte culturel du patient. La deuxième
partie est un glossaire de divers syndromes propres à une culture donnée.

Il s'agit d'une liste des conseillers, des participants aux études sur le terrain et des autres personnes ou organismes qui ont
contribué au développement du DSM-IV.

Annexe J : Collaborateurs du DSM-IV.

Dans cette annexe
figurent les noms des conseillers qui ont contribué à la révision du texte du DSM-IV.

Annexe K : Conseillers pour la révision du texte du DSM-IV.

La classification
du DSM4V-TR
(avec les codes de la CIM-10
et de la CIM-9-MC) 1
N.-B. : Les codes de la CIM-10 sont suivis
des codes DSM (CIM-9-MC) entre crochets.
N.S. = Non spécifié.
Un X figurant clans un code diagnostique
indique qu'un chiffre spécifique est demandé.
Une parenthèse ( ) figure clans l'intitulé
de certains troubles pour indiquer que le
nom d'un trouble mental spécifique ou
d'une affection médicale générale doit
être inséré lorsqu'on enregistre le terme
(p. ex., F05.0 [293.0] Delirium dû à une
hypothyroïdie).
Les chiffres entre parenthèses indiquent
les numéros de page.
Si les critères sont actuellement réunis,
une des spécifications suivantes concernant la sévérité peut être notée après le
diagnostic :
Léger
Moyen
Sévère
Si les critères ne sont plus réunis, une
des spécifications suivantes peut être
retenue :
En rémission partielle
En rémission complète
Antécédents
1. Figure en annexe H de h version originale.

Troubles habituellement
diagnostiqués pendant
la première enfance,
la deuxième enfance
ou l'adolescence (45)
RETARD MENTAL (47)
N. B. : A coder sur l'Axe II
-

F70.x [317]
Retard mental léger (49)
F71.x [318.0] Retard mental moyen (49)
F72.x [318.1] Retard mental grave (50)
F73.x [318.2] Retard mental profond
(50)
F79.x [319]
Retard mental, sévérité
non spécifiée (50)
TROUBLES DES APPRENTISSAGES

(56)
F81.0 [315.001 Trouble de la lecture (58)
F81.2 [315.1] Trouble du calcul (61)
F81.8 [315.2] Trouble de l'expression
écrite (62)
F81.9 [315.9] Trouble des
apprentissages NS (65)
TROUBLE DES HABILETÉS
MOTRICES (65)

F82

[315.4] Trouble de l'acquisition
de la coordination (05)


Documents similaires


Fichier PDF angelique veillard les borderlines
Fichier PDF denonciation du sap par le ministre de la sante italien
Fichier PDF manuel diagnostique troubles mentaux 1
Fichier PDF autisme t gallois
Fichier PDF le touble de l acces colombe
Fichier PDF jal com adm vgq oct 2013


Sur le même sujet..





Intrattenimento | Mildred Pierce | Neu! Xbox One S - 1tb - Starter Bundle + 3 Monate Game Pass /versiegelt Und Ovp!