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Don Miguel Ruiz Les quatre accords Toltèques .pdf



Nom original: Don Miguel Ruiz - Les quatre accords Toltèques.pdf
Titre: Les quatre accords toltèques
Auteur: Don Miguel Ruiz

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Les q u at re s accords
Toltèques
La voie de la liberté personnelle
par Don Miguel RUIZ

Au Cercle de Feu ;
à ceux qui nous ont précédé,
à ceux qui sont présents,
et à ceux qui doivent encore venir.

Préface
“ Ma première rencontre physique avec Don Miguel remonte à 1991. Mon amie et
soeur de coeur Linda, m'avait parlé d'un chaman mexicain qui était installé depuis
peu à Santa Fe (il est maintenant basé à San Diego, Californie). Elle m'avait surtout
évoqué sa douceur, qualité que je n'apparentais jusque là pas du tout avec un
chaman. Les histoires de Castaneda m'avaient rendu méfiante de ce qu'on pouvait
attendre d'un chaman. Ce que je n'avais pas encore compris, c'est que Don Miguel
n'est pas seulement un homme de pouvoir, mais un homme d'amour. Et c'est
précisément son amour inconditionnel et permanent qui rend son pouvoir intangible.
Mais je ne pouvais pas encore saisir cette évidence, encore prise dans la dualité du
gentil/méchant, fort/faible, etc. Je n'avais pas d'expérience humaine de cette énergielà. Lorsque je le rencontrai dans la maison où il habitait avec Gaïa, sa femme
américaine, je vis un homme assez menu, presque plus petit que moi, à la peau
sombre, au visage ouvert, éclairé par un sourire franc qui disait déjà tout. “ Tu es un
ange ”, furent ses premiers mots, et quelque chose en moi se mit à bondir. Enfin
quelqu'un qui me reconnaît ! La suite, je l'ai oubliée, elle a dû s'installer au plus
profond de moi pour que je me souvienne davantage encore de qui j'étais vraiment.
Plus tard, des années après les échanges et l'apprentissage dans le monde du rêve,
après l'expérience tangible de la réalité de cet amour inconditionnel, lorsque je fus
confirmée nagual dans la tradition des guerriers ou chevaliers de l'Aigle au sommet
de la pyramide du Soleil à Teotihuacan, je me suis souvenue qu'il m'avait
accompagné tout au long de mon chemin, portant dans son amour la connaissance de
ma nature divine qu'il m'a fallu retrouver moi-même. Je réalisai alors que Don
Miguel était l'être qui était venu dans mon rêve' pour me dire qu'il venait m'enseigner
le pouvoir et l'amour. Mais, à l'époque, je ne le connaissais même pas ! ”

1 y a des milliers d'années, à travers tout le Sud du Mexique, les Toltèques
étaient connus comme des “ femmes et hommes de connaissance ”. Les
anthropologues les ont décrits comme une nation ou une race, mais en réalité
c'était des scientifiques et des artistes formant une société vouée à explorer et
préserver la connaissance spirituelle et les pratiques des anciens. Maîtres
(naguals) et étudiants se réunissaient à Teotihuacan, l'ancienne cité des
pyramides située au-delà de Mexico City, connue comme le lieu où “ l'Homme
devient Dieu ”.
Au fil des millénaires, les naguals ont été contraints de dissimuler la sagesse
ancestrale et de la préserver dans l'ombre. La conquête européenne, couplée à
l'abus de pouvoir personnel de quelques apprentis, rendit nécessaire de
protéger la connaissance de ceux qui n'étaient pas préparés à l'utiliser avec
discernement ou qui risquaient d'en user de manière abusive, à des fins
personnelles.
Fort heureusement, la connaissance ésotérique des Toltèques s'est transmise et
incarnée au fil des générations à travers diverses lignées de naguals. Bien
qu'elle soit restée dans le secret durant des centaines d'années, les prophéties
anciennes avaient annoncé la venue d'un âge au cours duquel il serait
nécessaire de redonner la sagesse au peuple. Aujourd'hui, don Miguel Ruiz,
nagual de la lignée des Chevaliers de l ' Aigle, a été instruit pour partager avec
nous les puissants enseignements des Toltèques.
La connaissance toltèque émerge de la même unité de vérité que les traditions
ésotériques du monde entier. Bien qu'elle ne soit pas une religion, elle honore
tous les maîtres spirituels qui ont enseigné sur terre. Bien qu'elle comprenne
une dimension spirituelle, elle est plus justement décrite comme étant un mode
de vie qui se distingue par la facilité d'accès au bonheur et à l'amour qu'elle
procure.

Introduction

Le Miroir de Fumée
l y a trois mille ans vivait un être humain comme vous et moi, habitant près
d une ville entourée de montagnes. Cet humain étudiait pour devenir hommemédecine et apprendre la connaissance de ses ancêtres, mais il n'était pas
entièrement d'accord avec tout ce qu'il apprenait. Dans son coeur, il sentait qu'il
devait exister quelque chose d'autre.
Un jour, alors qu'il dormait dans une grotte, il rêva qu'il voyait son propre corps
endormi. Il sortit de la grotte par une nuit de nouvelle lune. Le ciel était clair et il
pouvait voir des millions d'étoiles. Puis quelque chose se produisit en lui qui
transforma sa vie à jamais. Il regarda ses mains, sentit son corps et entendit sa
propre voix dire : “ Je suis fait de lumière ; je suis constitué d'étoiles ”.
Il regarda à nouveau les étoiles et comprit que ce ne sont pas les étoiles qui créent
la lumière, mais plutôt la lumière qui crée les étoiles. “ Tout est fait de lumière ”, se
dit-il, “ et l'espace entre toutes choses n'est pas vide. ” Et il sut que tout ce qui
existe n'est qu'un seul être vivant, et que la lumière est le messager de la vie, parce
qu'elle est vivante et contient la totalité de l'information de vie.
Puis il réalisa que, bien qu'étant constitué d'étoiles, il n'était pas ces étoiles. “ Je
suis entre les étoiles ”, se dit-il. Alors il appela les étoiles le tonal et la lumière
entre les étoiles le nagual, et il sut que c'est la Vie (ou l'Intention) qui crée
l'harmonie et l'espace entre les deux. Sans la Vie, le tonal et le nagual ne pourraient
exister. La Vie est la force de l'absolu, du suprême, du Créateur qui crée toute
chose.
Voici ce qu'il découvrit : tout ce qui existe est une manifestation de ce seul être
vivant que l'on appelle Dieu. Tout est Dieu. Et il en conclut que la perception
humaine n'est que de la lumière percevant de la lumière. Il vit aussi que la matière
est un miroir - tout est un miroir réfléchissant la lumière et créant des images de
cette lumière - et que le monde de l'illusion, le Rêve, n'est que de la fumée nous
empêchant de voir qui nous sommes vraiment. “ Le vrai moi est pur amour, pure
lumière ”, dit-il.
Cette compréhension changea sa vie. Sachant qui il était vrai-ment, il regarda les
autres êtres humains et le reste de la nature, et fut étonné de ce qu'il vit. Il se
voyait lui-même en toute chose, dans chaque être humain, chaque animal, chaque
arbre, dans l'eau, dans la pluie, les nuages et la terre. Et il voyait que la Vie unit le
tonal et le nagual de différentes manières pour créer les milliards de manifestation
de la Vie.
Durant ces quelques instants, il comprit tout. Il était enthousiasmé et son coeur
rempli de paix. Il était impatient de partager avec les siens ce qu'il avait
découvert. Mais aucun mot ne parvenait à l'expliquer. Il essaya d'en parler aux
autres, mais ceux-ci ne comprenaient pas. Ils voyaient bien qu'il avait changé, que
quelque chose de magnifique irradiait de ses yeux et de sa voix. Ils avaient aussi
'

remarqué qu'il ne portait plus de jugement sur rien ni per-sonne. Il n'était plus
comme les autres.
Il comprenait très bien chacun, mais personne ne pouvait le comprendre, lui. Ils
croyaient qu'il était une incarnation de Dieu. Il souriait lorsqu'il entendait cela et
leur disait : “ C'est vrai, je suis Dieu. Mais vous aussi, vous êtes Dieu. Vous et moi
sommes pareils. Nous sommes des images de lumière. Nous sommes Dieu. ” Mais les
gens ne le comprenaient toujours pas.
Il avait découvert qu'il était un miroir pour les autres, dans lequel il pouvait se
voir lui-même. “ Chacun est un miroir ”, se dit-il. Il se voyait en chacun, mais
personne ne le voyait, lui, comme soi-même. Et il réalisa que tous rêvaient, mais
sans conscience, sans savoir vraiment qui ils étaient. Ils ne pouvaient le voir
comme eux-mêmes, parce qu'il y avait un mur de brouillard ou de fumée entre les
miroirs. Et ce mur de brouillard provenait de leur interprétation des images de
lumière : le Rêve des humains.
Puis il sut qu'il allait bientôt oublier tout ce qu'il avait appris. Il voulait se
souvenir des visions qu'il avait eues, aussi décida-t-il de s'appeler lui-même Miroir
de Fumée, afin de toujours se rappeler que la matière est un miroir et que c'est la
fumée entre les miroirs qui nous empêche de savoir qui nous sommes. Il dit : “ Je
suis Miroir de Fumée, parce que je me vois en chacun de vous, mais nous ne nous
reconnaissons pas les uns les autres à cause de la fumée qu'il y a entre nous. Cette
fumée est le Rêve, et le miroir c'est nous, le rêveur. ”

Il est facile de vivre les yeux fermés,
en interprétant de travers tout ce que
l'on voit...
John Lennon

Le Processus
d e Domestication et le
Rêve de la Planète

Ce que vous voyez et entendez en ce m o m e nt précis n'est qu'un rêve. Vous rêvez à
l'instant mê m e, le cerveau éveillé.
Rêver est la fonction principale de notre esprit qui fait cela vingt-quatre heures par jour.
Il rêve lorsque le cerveau est éveillé et également lorsque ce dernier dort. La différence
c'est que, durant l'état de veille, le cadre de référence m atériel nous fait percevoir les
choses de façon linéaire. Lorsque nous nous endor mons, nous n'avons plus ce cadre de
référence, aussi le rêve a- t-il tendance à changer constam m e nt.
Les humains rêvent en permanence. Avant notre naissance, les humains nous précédant ont créé un
grand rêve extérieur que l'on appelle le rêve de la société ou le rêve de la planète. Le rêve de la planète est
le rêve collectif résultant des milliards de rêves personnels plus petits qui, ensemble, forment le rêve
d'une famille, le rêve d'une communauté, le rêve d'une ville, le rêve d'un pays, et finalement le rêve de
toute l 'humanité. Le rêve de la planète comprend toutes les règles de la société, ses croyances, ses lois,
ses religions, ses différentes cultures et modes de vie, ses gouvernements, ses écoles, ses événements
sociaux, et ses jours fériés.
Nous naissons avec la capacité d'apprendre comment rêver, et les humains qui nous précèdent nous
apprennent à le faire de la façon dont rêve la société. Le rêve de la planète a tellement de règles que
lors-qu'un nouvel être humain naît, on capte son attention et on introduit ces règles dans son esprit. Le
rêve de la planète se sert de papa et maman, des écoles et de la religion pour nous enseigner comment
rêver.
L'attention est la capacité à être sélectif et à se concentrer exclusivement sur ce que l'on
veut percevoir. Nous som m es capables de percevoir des millions de choses simultané ment,
m ais en utilisant notre attention, nous pouvons m aintenir ce que nous voulons au premier
plan de notre conscience. Les adultes qui nous entouraient, lorsque nous étions enfant, ont
donc capté notre attention et introduit des informations dans nos esprits par la répétition.
C'est ainsi que nous avons appris tout ce que nous savons.

En nous servant de notre attention, nous avons assimilé toute une réalité, tout un rêve. Nous avons
appris comment nous comporter en société : que croire et ne pas croire ; ce qui est acceptable et ce qui
ne l'est pas ; ce qui est bon et ce qui est mauvais ; ce qui est beau et ce qui est laid ; ce qui est juste et ce
qui est faux. Tout était déjà là : toute cette connaissance, toutes ces règles, tous ces concepts
concernant la façon de se comporter dans le monde existaient avant notre naissance.
Lorsque vous alliez à l'école, vous étiez assis sur une petite chaise et votre attention se portait sur ce que
le professeur vous enseignait. Lorsque vous alliez à l'église, votre attention se concentrait sur ce que le
prêtre ou le pasteur vous disait. La même chose se produisait avec papa et maman, vos frères et vos
soeurs. Tous s'efforçaient de capter votre attention.
Nous avons également appris à capter l'attention des autres, et développé un besoin d'attention qui est
devenu très compétitif. Les enfants se disputent toujours l'attention de leurs parents, de leurs
professeurs, de leurs amis : “ Regardez-moi ! Regardez ce que je suis en train de faire ! Hé oh, je suis là. ” Le
besoin d'attention devient ainsi de plus en plus fort et se perpétue à l'âge adulte.
Le rêve de la planète capte notre attention et nous enseigne ce que l'on doit croire, à commencer par la
langue que nous parlons. Le langage est le code de compréhension et de communication entre êtres
humains. Chaque lettre, chaque mot de chaque langue représente un point sur lequel on s'est mis
d'accord. On dit que ceci est une page dans un livre ; le mot page est un terme sur lequel on s'est mis
d'accord. Une fois que l'on comprend le code, l'attention est captée et il y a transfert d'énergie d'une
personne à l'autre.
Vous n'avez pas choisi de parler français. Vous n'avez pas choisi votre religion ni vos valeurs morales :
elles étaient déjà là avant que vous ne soyez né. Nous n'avons jamais eu l'occasion de choisir ce que
nous croyons ou non. Nous n'avons pas choisi la plus infime des choses à laquelle nous avons donné
notre accord. Nous n'avons même pas choisi notre nom.
Enfants, nous n'avons pas eu la possibilité de choisir nos croyances, mais nous avons donné notre accord
l'information qui nous était transmise sur le rêve de la planète. La seule façon de conserver de
l'information, c'est d'être d'accord avec elle. Le rêve de la planète peut capter notre attention, mais si
nous ne sommes pas d'accord, nous ne retenons pas cette information. Du moment que nous sommes
d'accord, nous croyons : c'est ce que l'on appelle la foi. Avoir la foi signifie croire sans conditions.
à

Voilà comment on apprend quand on est enfant. Nous croyons tout ce que les adultes nous disent. Nous
sommes d'accord avec eux, et notre foi est si forte que le système de croyance contrôle tout le rêve de
notre vie. Nous n'avons pas choisi ces croyances, et nous pouvons même nous rebeller contre elles, mais
nous ne sommes pas assez fort pour réussir cette rébellion. Il en résulte une soumission aux croyances,
avec notre accord.
J'appelle cela le processus de domestication des humains. Grâce à cette domestication on apprend comment
vivre et comment rêver. Au cours de notre domesti
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cation, l'information du rêve de la planète est transmise à notre rêve interne et construit tout notre
système de croyances. Enfant, on nous apprend d'abord le nom des choses : maman, papa, lait,
bouteille. Jour après jour, à la maison, à l'école, à l'église et par la télévision, on nous dit comment vivre,
quels sont les comportements acceptables. Le rêve de la planète nous enseigne comment être des
humains. Nous avons un concept de ce qu'est la “ femme ” et un de ce qu'est 1“< homme ”. Et nous
apprenons aussi à juger : nous nous jugeons nous-mêmes, nous jugeons les autres, les voisins.
Les enfants sont domestiqués comme les chiens, les chats, ou tout autre animal. Pour instruire un chien,
on le punit et on le récompense. De manière analogue, nous formons nos enfants, que nous aimons tant,
exactement comme on dresserait un animal domestique : par un système de punitions et de
récompenses.
Enfant, on nous disait : “ Tu es un gentil garçon ” ou “ Tu es une gentille fille ” lorsque nous faisions ce que
papa et maman voulaient. Lorsque ce n'était pas le cas, on nous qualifiait de “ méchant garçon ” ou de “
méchante fille ”.

Chaque fois que nous enfreignions les règles nous étions punis ; lorsque nous les respections, on nous
récompensait. On nous punissait plusieurs fois par jour, et nous recevions également plu-sieurs
récompenses quotidiennes. Bientôt nous avons commencé à avoir peur d'être puni ou de ne pas
recevoir de récompense, celle-ci consistant à obtenir l 'attention de nos parents ou d'autres personnes

telles que nos frères et soeurs, professeurs et amis. Nous avons donc eu besoin de capter l'attention des
autres pour obtenir cette récompense. Comme elle nous faisait du bien, nous aussi avons continué de
faire ce que les autres attendaient de nous pour l'obtenir. Ayant peur d'être puni et peur de ne pas être
récompensé, nous nous sommes mis à prétendre être qui nous n'étions pas, juste pour faire plaisir aux
autres, juste pour paraître assez bien à leurs yeux. Nous nous efforcions de faire plaisir à papa et
maman, nous voulions plaire aux maîtres d'école, plaire à l'église, alors nous avons commencé à jouer
des rôles. Nous prétendions être autre que nous n'étions, par peur d'être rejetés. Cette peur est ensuite
devenue celle de ne pas être comme il faut, assez bon. Au bout du compte nous sommes devenus
quelqu'un d'autre que nous-mêmes : des copies des croyances de maman, des croyances de papa, des
croyances de la société et de la religion.
Toutes nos tendances naturelles se sont perdues au cours de ce processus de domestication. Et lorsque
nous avons été assez âgés pour commencer à comprendre, nous avons appris le mot non. Les adultes
disaient : “ Ne fais pas ceci, ne fais pas cela. ” Alors nous nous rebellions et disions “ non ! ” pour défendre
notre liberté. Nous voulions être nous-mêmes, mais nous étions trop petits, et les adultes étaient grands
et forts. Au bout de quelques temps nous avons commencé à vivre dans la peur car nous savions que
chaque fois que nous ferions quelque chose de faux, nous serions punis.
La domestication est si forte, qu'arrivés à un certain point de notre vie, nous n'avons plus besoin de personne pour nous domestiquer : ni papa et maman, ni l'école ou l'église. Nous sommes si bien dressés
que nous devenons nos propres dresseurs. Nous sommes des animaux auto-domestiqués. Nous pouvons
désormais nous domestiquer nous-mêmes selon le même système de croyance que l'on nous a inculqué,
en utilisant le même processus de punition et de récompense. Nous nous punissons lorsque nous ne
respectons pas les règles de notre système de croyances ; nous nous récompensons lorsque nous
sommes un “ gentil garçon ” ou une “ gentille fille ”.
Ce système de croyances est comme un Livre de la Loi qui dirige notre esprit. Tout ce qui se trouve
dans ce Livre de la Loi est notre vérité, sans l'ombre d'un doute. Tous nos jugements se fondent sur lui,
même s'ils vont à l'encontre de notre propre nature intérieure. Même des lois morales telles que les Dix
Commandements sont inscrites dans notre psychisme au cours du processus de domestication. Un par
un, tous les accords que nous concluons s'ajoutent au Livre de la Loi puis dirigent notre vie.
Une part de notre esprit juge toute chose et chacun, y compris le temps, le chien, le chat : tout. Ce Juge
intérieur utilise ce qu'il y a dans le Livre de la Loi pour juger tout ce que nous faisons et ne faisons pas,
tout ce que nous pensons et ne pensons pas, tout ce que nous ressentons et ne ressentons pas. Tout est
soumis à la tyrannie de ce Juge. Chaque fois que nous faisons quelque chose de contraire au Livre de la
Loi, le Juge nous déclare coupable, nous devons être punis et avoir honte. Cela se produit plusieurs fois
par jour, jour après jour, durant toutes les années de notre vie.
Une autre part de nous-mêmes reçoit ces jugements : on l'appel-le la Victime. La Victime subit la
réprimande, la culpabilité et la honte. C'est cette partie de nous qui dit : “ Pauvre de moi, je ne suis pas
assez bon, je ne suis pas assez intelligent, je ne suis pas assez beau, je ne mérite pas d'amour, pauvre de moi. ” Le
Juge est d'accord et dit : “ Oui, tu n'es pas assez bon. ” Et tout cela découle d'un système de croyances
auquel nous n'avons jamais choisi de croire. Ces croyances sont d'ailleurs si fortes que même des
années plus tard, lorsqu'on découvre de nouveaux concepts et qu'on essaye de prendre ses propres
décisions, on réalise qu'elles contrôlent toujours notre vie.
Tout ce qui va à l'encontre du Livre de la Loi vous fait ressentir une drôle de sensation dans le plexus
solaire, que l'on appelle la peur. Contrevenir aux règles du Livre de la Loi rouvre vos plaies et votre
réaction est de produire du poison émotionnel. Puisque tout ce qu'il y a dans le Livre de la Loi doit être
vrai, tout ce qui remet en question vos croyances provoque un sentiment d'insécurité. Même si le Livre
de la Loi est faux, il vous donne un sentiment de sécurité. Voilà pourquoi il faut beaucoup de courage
pour remettre en question ses propres croyances. Car même si on ne les a pas choisies, il est néanmoins
vrai qu'on leur a donné notre accord. Celui-ci est si fort que même en comprenant, dans le principe, que
ces croyances ne sont pas vraies, à chaque enfreinte aux règles on subit quand même la critique, la
culpabilité et la honte.
Tout comme le gouvernement possède un livre de lois qui contrôle le rêve de la société, notre système
de croyances est le Livre de Lois qui dirige notre rêve personnel. Toutes ces lois existent dans notre
tête, nous les croyons, et notre Juge intérieur fonde tout ce qu'il dit sur elles. Le Juge décrète et la
Victime subit la culpabilité et la punition.

Mais qui dit que la justice est présente dans ce rêve ?
La vraie justice consiste à ne payer qu'une seule fois pour chaque erreur. La vraie injustice consiste à
payer plus d'une fois pour chacune.
Combien de fois paie-t-on pour une seule erreur ? Réponse : des milliers.
L'être humain est le seul animal sur terre qui paie des milliers de fois pour chacune de ses erreurs.
Tous les autres animaux ne paient qu'une seule fois pour les erreurs qu'ils commettent. Mais pas nous.
Nous avons une puissante mémoire. Nous commettons une erreur, nous nous jugeons, nous nous
déclarons coupables et nous nous punissons. Si la justice existait, cela suffirait ; on n'aurait pas à
reproduire ce processus. Mais chaque fois que nous y repensons, nous nous jugeons à nouveau, puis
encore une fois, et ainsi de suite. Si on a un mari ou une femme, il ou elle nous rappelle aussi notre
erreur, afin que l'on puisse de nouveau se juger, de nouveau se punir et de nouveau se déclarer
coupable. Est-ce juste ?
Combien de fois fait-on payer la même erreur à son conjoint, à ses enfants, ou à ses parents ? Chaque
fois qu'on s'en souvient, on les juge à nouveau, on leur transmet tout le poison émotionnel que nous fait
ressentir cette injustice, puis on les fait à nouveau payer pour leur erreur.
Est-ce là de la justice ?
Le Juge a tort parce que le système de croyances, le Livre de la Loi, est faux. Le rêve tout entier se
fonde sur une loi fausse. Quatre-vingt-quinze pour cent des croyances que nous avons gravées dans
notre mémoire ne sont que des mensonges, et nous souffrons de croire ces mensonges.
Dans le rêve de la planète, il semble normal que les humains souffrent, qu'ils vivent dans la peur et
provoquent des drames émotionnels. Ce rêve n'est pas agréable ; c'est un rêve de violence, de peur, de
guerre, un rêve d'injustice. Quant aux rêves personnels des humains, même s'ils présentent quelques
variations, de manière générale ce sont des cauchemars.
Si l'on regarde la société humaine, on constate que la raison pour laquelle il est si difficile d'y vivre est
qu'elle est régie par la peur. Aux quatre coins de la planète on voit de la souffrance humaine, de la
colère, un esprit de revanche, des toxicomanies, de la violence dans la rue, et une incroyable injustice.
Présente à des niveaux différents dans chaque pays, la peur contrôle tout le rêve de la planète.
Si l'on compare le rêve de la société humaine avec la description de l'enfer que les religions du monde
entier ont promulguée, on constate que les deux sont identiques. Les religions disent que l'enfer est un
lieu de punition, de peur, de douleur et de souffrance, un lieu où le feu vous brûle. Le feu résulte des
émotions nées de la peur. Chaque fois que l'on ressent de la colère, de la jalousie, de l'envie, ou de la
haine, on sent un feu qui brûle en soi. On vit dans un rêve d'enfer.
Si vous considérez l'enfer comme un état d'esprit, alors il est présent partout autour de nous. Certains
disent que si nous ne faisons pas ce qu'ils nous commandent, nous irons en enfer. Pas de chance : nous
y sommes déjà, et ces personnes aussi ! Aucun être humain ne peut condamner un autre à l'enfer, parce
que nous y sommes tous déjà. Les autres peuvent nous plonger dans un enfer plus profond, c'est vrai.
Mais seulement si nous y consentons.
Chaque être humain a son propre rêve personnel et, comme celui de la société, il est généralement régi
par la peur. On apprend à rêver l'enfer dans sa propre existence, dans son rêve personnel. Les mêmes
peurs se manifestent de façon différente chez chacun, bien entendu, mais nous ressentons tous de la
colère, de la jalousie, de la haine, de l'envie, et d'autres émotions négatives. Notre rêve personnel peut
aussi devenir un cauchemar perpétuel dans lequel nous souffrons et vivons dans un état de peur
permanent. Mais il n'est pas indispensable de faire des cauchemars. Il est possible d'avoir de beaux
rêves.
Toute l'humanité est à la recherche de la vérité, de la justice et de la beauté. Nous sommes constamment
en quête de vérité parce que nous ne croyons qu'aux mensonges gravés dans notre esprit. Nous
recherchons la justice parce qu'il n'y en a pas dans notre système de croyance. Nous recherchons la
beauté parce que, peu importe le degré de beauté d'une per-sonne, nous ne croyons pas qu'elle soit belle.
Nous ne cessons de chercher et chercher, alors que tout est déjà en nous. Il n'y a aucune vérité à trouver.
Où que nous nous regardions, tout ce que nous voyons est la vérité, mais les accords que nous avons
conclus et les croyances que nous entretenons nous privent d'yeux pour la voir.
Nous ne voyons pas la vérité parce que nous sommes aveugles, en raison des fausses croyances

encombrant notre esprit. Nous avons besoin d'avoir raison et de donner tort aux autres. Nous avons
confiance en nos croyances et celles-ci nous condamnent à souffrir. C'est comme si vous viviez au beau
milieu d'un brouillard, ne vous permettant pas de voir plus loin que le bout de votre nez, un brouillard
qui n'est même pas réel, qui n'est qu'un rêve, votre rêve de vie personnel, ce que vous croyez, tous les
concepts concernant qui vous êtes, tous les accords que vous avez passés avec autrui, avec vous-même
et même avec Dieu.
Votre esprit tout entier est un brouillard que les Toltèques appel-lent un mitote (prononcez mi-to-té).
Votre esprit est un rêve dans lequel des milliers de personnes parlent en même temps, et per-sonne ne
comprend personne. Telle est la condition de l'esprit humain : un grand mitote, à cause duquel il vous
est impossible de voir qui vous êtes vraiment. En Inde, on appelle le mitote “ maya ”, ce qui signifie “
illusion ”. C'est l'idée que se fait la personnalité du “Je suis ”.Tout ce que vous croyez à propos de vousmême et du monde, tous les concepts et les programmes que vous avez en tête, tout cela est le mitote.
Nous ne pouvons voir qui nous sommes vraiment, ni même que nous ne sommes pas libres.
C'est pour cela que les humains résistent à la vie. Etre vivant est leur plus grande peur. Ce n'est pas la
mort, mais le risque d'être vivant et d'exprimer qui l'on est vraiment qui suscite la peur la plus
importante. Etre simplement soi-même, voilà ce que l'on redoute le plus. Nous avons appris à vivre en
nous efforçant de satisfaire les besoins d'autrui, à vivre en fonction du point de vue des autres, de peur
de ne pas être accepté et de ne pas être assez bien à leurs yeux.
Au cours du processus de domestication, on élabore une image de ce qu'est la perfection afin d'essayer
d'être toujours comme il faut. On crée une image de comment l'on devrait être pour être accepté par tout
le monde. En particulier, on s'efforce de plaire à ceux qui nous aiment, comme papa et maman, nos
grands frères et soeurs, le prêtre et nos professeurs. En essayant d'être comme il faut à leurs yeux, on
construit cette image de perfection à laquelle il est impossible de se conformer. Nous avons créé cette
image, mais elle n'est pas réelle. Nous ne serons donc jamais parfaits, de ce point de vue là. Jamais !
N'étant pas parfait, nous nous rejetons. Le degré de rejet de soi dépend de l'efficacité avec laquelle les
adultes ont réussi à détruire notre intégrité. En effet, une fois le processus de domestication achevé, il
ne s'agit plus d'être comme il faut aux yeux des autres ; désormais, nous ne sommes pas comme il faut
pour nous-mêmes, faut de correspondre à notre propre idée de la perfection. Nous sommes incapables
de nous pardonner de ne pas être tel que nous le souhaitons, ou plutôt tel que nous croyons devoir être.
Nous ne nous pardonnons pas de n'être pas parfaits.
Nous savons que nous ne sommes pas comme nous croyons devoir être, aussi nous sentons-nous faux,
frustrés, malhonnêtes. Nous essayons de nous dissimuler, en prétendant être qui nous ne sommes pas.
Résultat : nous manquons d'authenticité et nous portons des masques sociaux pour éviter que les autres
le remarquent. Nous avons une telle peur qu'on découvre que nous ne sommes pas qui nous prétendons
être. Naturellement, nous jugeons aussi les autres d'après notre idée de la perfection, et bien entendu
ceux-ci déçoivent toujours nos attentes.
Nous allons jusqu'à nous déshonorer, simplement pour plaire à autrui. Parfois certains abîment même
leur corps pour être acceptés par les autres. On voit des adolescents prendre de la drogue pour ne pas
être rejetés par leurs copains. Ils ne sont pas conscients que leur vrai problème est de ne pas s'accepter.
Ils se rejettent eux-mêmes faute d'être ce qu'ils prétendent être. Ils souhaiteraient être comme ceci ou
comme cela mais, puisque que ce n'est pas le cas, ils se culpabilisent et ont honte.
Les humains se punissent indéfiniment, à défaut d'être ce qu'ils croient devoir être. Ils se maltraitent
constamment, et se servent aussi des autres pour se faire du mal. Mais personne ne nous mal-traite plus
que nous-mêmes, car ce sont le Juge, la Victime et le système de croyances qui nous poussent à agir ainsi.
Bien sûr, des gens diront que leur mari ou leur femme, leur père ou leur mère, leur ont infligé des
mauvais traitements, mais vous savez comme moi que nous nous auto-maltraitons encore plus. La
manière dont on se juge est la plus sévère qui soit. Lorsqu'on commet une erreur en présence d'autrui, on
essaye de la cacher ou de la nier. Mais dès qu'on se retrouve seul, le Juge devient si puissant, la
culpabilité si forte, que l'on se sent stupide, mauvais ou dénué de valeur.
Au cours de toute votre existence, personne ne vous a jamais davantage maltraité que vous-même. Et
les limites que vous mettez à vos propres mauvais traitements envers vous-même sont exactement
celles que vous tolérerez de la part d'autrui. Si quel-qu'un vous maltraite un peu plus que vous-même,
sans doute le fuirez-vous. Mais s'il le fait un peu moins que vous-mêmes, vous continuerez

probablement cette relation et tolérerez cette situation indéfiniment.
Si vous vous maltraitez terriblement, vous pouvez même supporter quelqu'un qui vous bat, qui vous
humilie et vous traite comme moins que rien. Pourquoi ? Parce que, dans votre système de croyance,
vous vous dites : “ Je le mérite. Cette personne me fait une faveur d'être avec moi. Je ne suis pas digne d'amour et
de respect. Je ne suis pas assez bon(ne). ”

On a besoin d'être accepté et aimé par autrui, mais on est incapable de s'accepter et de de s'aimer soimême. Plus on a d'amour-propre, moins on se mal-traite. Se maltraiter provient d'un rejet de soi, celui-ci
résultant d'une image de la perfection à laquelle il est impossible de se conformer. L'idée qu'on se fait
de la perfection est la raison du rejet de soi-même ; c'est à cause d'elle qu'on ne s'accepte pas tel qu'on
est, ni les autres tels qu'ils sont.

Prélude à un nouveau rêve

Vous avez conclu des milliers d'accords avec vous-mêmes, avec les autres, avec le rêve de votre vie,
avec Dieu, avec la société, avec vos parents, votre conjoint, vos enfants. Mais les plus importants sont
ceux que vous avez passés avec vous-mêmes. Au moyen de ces accords, vous vous dites qui vous êtes,
ce que vous sentez, ce que vous croyez, et comment vous comporter. Le résultat est ce que vous
appelez votre personnalité. Dans ces accords, vous dites : “ Voilà ce que je suis. Voilà ce que je crois. Il y a des
choses que je peux faire, d'autres non. Ceci est la réalité, cela est imaginaire ; ceci est possible, cela impossible. ”

Un seul de ces accords ne pose guère de problèmes, mais nombreux sont ceux qui vous font souffrir et
échouer dans la vie. Si vous voulez connaître une existence faite de joie et de plénitude, il vous faut
trouver le courage de rompre ceux de vos accords qui sont fondés sur la peur, et revendiquer votre
pouvoir personnel. Les accords dérivés de la peur nous font dépenser énormément d'énergie, tandis que
ceux découlant de l'amour nous aident à conserver cette énergie et même à en avoir davantage.
Chacun d'entre nous est né avec une certaine quantité de pou-voir personnel que nous reconstruisons
chaque jour en nous reposant. Malheureusement, nous épuisons tout ce pouvoir personnel à conclure
nos accords puis à les tenir, de sorte que nous nous sentons impuissants. Nous avons tout juste assez
d'énergie pour survivre chaque jour, car presque tout notre pouvoir sert à respecter les accords qui nous
maintiennent dans le rêve de la planète. Comment pouvons-nous changer le rêve de notre vie alors que
nous n'avons pas le pouvoir de modifier le plus infime de nos accords ?
Si nous sommes capables de voir que nos accords dirigent notre existence, et si nous n'aimons pas le
rêve de notre vie, alors il nous faut changer ces accords. Quand nous serons enfin prêts à le faire, il
existe quatre accords toltèques très puissants qui nous aideront à rompre les autres accords issus de la
peur qui nous vident de notre énergie.
Chaque fois que vous rompez un accord, tout le pouvoir que vous avez mis à le créer vous revient. Si
vous adoptez ces quatre nouveaux accords toltèques, ils produiront suffisamment de pouvoir
personnel pour que vous puissiez changer toute la structure de vos anciens accords.
Il vous faut une volonté très forte pour adopter ces quatre accords toltèques, mais si vous parvenez à
commencer à vivre avec eux, les transformations qui s'opéreront dans votre vie seront étonnantes. Vous
verrez le drame de l'enfer disparaître sous vos yeux. Au lieu de vivre dans le cauchemar de l'enfer, vous
créerez un nouveau rêve : votre rêve de paradis personnel.

Le premier
accord toltèque :
Que votre parole soit
impeccable

Le premier accord toltèque est le plus important et aussi le plus difficile à
honorer. Il est si important qu'à lui seul il vous permettra de transcender votre
vie actuelle pour parvenir à ce niveau que j'appelle le paradis sur terre.
Le premier accord est : que votre parole soit impeccable. Voilà qui a l'air très
simple, mais en réalité c'est très, très puissant. Pourquoi faire attention à votre
parole ?Votre parole est votre pouvoir créateur. C'est un cadeau qui vous vient
directement de Dieu. Le prologue de l'évangile de Jean, parlant de la Création de
l'Univers, dit : “Au commencement était la parole*, et la parole était avec Dieu, et
la parole était Dieu.” La parole vous permet d'exprimer votre pouvoir créateur.
C'est par elle que vous manifestez les choses. Quelle que soit votre façon de
parler, votre intention se manifeste par la parole. Ce dont vous rêvez, ce que vous
sentez et ce que vous êtes vraiment, tout cela se manifeste par la parole.
La parole n'est pas seulement un son ou un symbole écrit. C'est une force ; elle
représente votre capacité à vous exprimer et à communiquer, à penser et donc à
créer les événements de votre vie. Vous êtes capable de parler. Quel autre animal
sur terre le peut ? La parole est votre outil le plus puissant en tant qu'être

humain ; c'est un instrument magique. Mais comme une lame à double tranchant,
votre parole peut créer les rêves les plus beaux ou tout détruire autour de vous.
L'un de ses tranchants est son mauvais usage, qui peut concrétiser l'enfer ; l'autre
est son usage impeccable qui crée la beauté, l'amour et le paradis sur terre. Selon
la façon dont elle est utilisée, la parole peut vous libérer ou vous asservir plus
que vous ne pouvez l'imaginer. Tout le pouvoir magique dont vous disposez
réside en elle. Votre parole est de la magie pure et son mauvais usage de la
magie noire.
La parole est si puissante qu'un seul mot peut changer une vie ou détruire
l'existence de millions de personnes. Il y a quelques décennies, la parole d'un seul
homme en Allemagne a manipulé toute une nation peuplée de gens très
intelligents. Il les a conduits à la guerre, par la seule puissance de sa parole. Il a
réussi à convaincre certains de commettre les actes de violence les plus atroces
qui soient. Sa parole a réveillé les peurs des gens et, comme une immense
explosion, les tueries et la guerre ont ravagé le monde entier. Partout des humains
se sont entre-tués, parce qu 'ils avaient peur les uns des autres. La parole d'Hitler,
fondée sur des croyances et accords issus de la peur, restera dans les mémoires
durant des siècles.
L'esprit humain est semblable à une terre fertile dans laquelle des graines sont
continuellement semées : des opinions, des idées et des concepts.Vous plantez une
graine, une pensée, et elle croît. La parole est une graine, et l'esprit humain est si
fertile ! Malheureusement, il s'avère souvent très fertile pour les semences de la
peur. Chaque esprit humain est fertile, mais seulement pour les graines pour
lesquelles il est préparé. Il est donc important de découvrir le type de graines
auxquelles notre esprit offre sa fertilité, et de le préparer à recevoir les semences
de l'amour.
Prenez l'exemple d'Hitler : il a semé des graines de peurs qui se sont développées
avec force et ont réussi à provoquer une destruction massive. En observant la
puissance incroyable de la parole, nous devons comprendre qu'elle sort de notre
bouche. Une peur, un doute semés dans notre esprit peuvent créer une succession
dramatique d'événements. Un seul mot est comme un sort, et les humains utilisent
la parole comme des magiciens noirs, se jetant en toute inconscience des sorts les
uns aux autres.
Chaque être humain est un magicien. Par notre parole, nous pouvons soit jeter un
sort à quelqu'un, soit l'en libérer. Exemple : je vois un ami et lui fais part d'une
opinion : “ Tiens ! La couleur de ton visage est celle des gens qui vont avoir le cancer.
” S'il écoute cette parole et s'il est d'accord avec, il aura un cancer dans moins d'un
an. Telle est la puissance de la parole.
Au cours de notre domestication, nos parents et frères et soeurs ont émis des
opinions sur nous, sans même y réfléchir. Nous avons cru ces opinions et vécu
dans la peur qu'elles véhiculaient, comme de ne pas être assez bon en natation, en
sport ou en écriture.
Quelqu'un exprime une opinion : “ Regarde cette fille comme elle est moche ! ”. La

fille en question entend cela, croit qu'elle est laide et grandit avec l'idée qu'elle
n'est pas belle. Peu importe qu'elle le soit ou non ; tant qu'elle est d'accord avec
cette opinion, elle croira qu 'elle est laide. Elle subit l'influence d'un sort.
Si elle réussit à capter notre attention, une parole peut pénétrer notre esprit et
changer toute une croyance, en mieux ou en pire. Autre exemple : peut-être
croyez-vous être stupide, et peut-être même le croyez-vous depuis toujours.Voilà
un accord qui peut être vraiment vicieux et vous conduire à faire de nombreuses
choses ne servant qu'à vous prouver votre stupidité. Vous effectuez quelque
chose puis vous pensez : “ Si seulement j'étais intelligent..., mais je dois être stupide
sinon je n'aurais jamais fait cela. ” Votre pensée s'agite dans tous les sens et vous
pouvez passer des jours à être sous l'influence de cette croyance en votre propre
stupidité.
Puis, un jour, quelqu'un capte votre attention et, par sa parole, vous fait découvrir
que vous n'êtes pas stupide. Vous croyez cette personne et vous concluez un
nouvel accord. Résultat : vous ne vous sentez plus stupide et vous n'agissez plus
stupidement. Un sort est rompu, par la seule puissance de la parole.
Inversement, si vous croyez être stupide et que quelqu 'un capte votre attention et
vous dise : “ Oui, tu es vraiment la personne la plus stupide que j'aie jamais
rencontrée ”, l'accord initial sera renforcé et deviendra encore plus puissant.
Voyons maintenant ce que l'on entend par impeccabilité. Le mot impeccable vient
du latin pecatus, qui signifie “ péché ” et du radical im- qui signifie “ sans ” ;
impeccable signifie donc “ sans péché ”. Les religions parlent de péchés et de
pécheurs, mais voyons de plus près ce que signifie vraiment pécher.
Un péché est quelque chose que vous commettez contre vousmême.Toute chose
que vous sentez, croyez ou faites à l'encontre de vous-même est un péché. Vous
agissez contre vous-même lorsque vous vous jugez ou critiquez pour n'importe
quoi. Etre sans péché, c'est donc faire exactement l'inverse. Etre impeccable, c'est
ne rien faire contre soi-même. Lorsque vous êtes impeccable, vous assumez la
responsabilité de vos actions, mais vous ne vous jugez pas, vous ne vous critiquez
pas.
Vu sous cet angle, tout le concept du péché est transformé : ce n'est plus quelque
chose de moral ou de religieux, c'est une affaire de bon sens. Le péché commence
avec le rejet de soi. Se rejeter soi-même est le plus grand péché que vous puissiez
commettre. En termes religieux, le rejet de soi est un “ péché mortel ”, puisqu'il
conduit à la mort. Etre impeccable, en revanche, mène à la vie.
Pour que notre parole soit impeccable, il ne faut donc pas l'utiliser contre soi. Si
je vous aperçois dans la rue et que je vous traite d'imbécile, il semble que je me
serve de la parole contre vous. Mais en réalité je l'utilise contre moi, car vous
allez me détester et votre haine ne me fera aucun bien. Donc, si je me mets en
colère et que je vous envoie mon poison émotionnel par la parole, je l'utilise

contre moi-même.
Si je m'aime, j'exprimerai cet amour dans mes inter-actions avec vous et ma parole
sera impeccable, car cette manière d'agir produira une réaction similaire. Si je
vous aime, vous m'aimerez. Si je vous insulte, vous m'insulterez. Si j'ai de la
gratitude envers vous, vous en aurez envers moi. Si je suis égoïste avec vous, vous
le serez avec moi. Si j'utilise ma parole pour vous jeter un sort, vous m'en jetterez
aussi un.
Avoir une parole impeccable, c'est faire bon usage de votre énergie ; cela signifie
que vous l'utilisez dans le sens de la vérité et de l'amour de vous-même. Si vous
concluez cet accord avec vous-même, que votre parole soit impeccable, cette seule
intention manifestera la vérité en vous et nettoiera tout le poison émotionnel qui
subsiste en vous. Mais il est difficile de conclure cet accord parce que nous avons
appris exactement l'inverse. Nous avons appris le mensonge comme mode de
communication avec les autres et surtout avec nous-mêmes. Notre parole n'est pas
impeccable.
Le mauvais usage de la puissance de la parole crée l'enfer. On l'utilise pour
médire, pour critiquer, pour culpabiliser, pour détruire. Bien sûr, on s'en sert aussi
de la bonne manière, mais pas très souvent. On l'utilise surtout pour répandre du
poison personnel, pour exprimer la colère, la jalousie, l'envie et la haine. La
parole est pure magie - c'est le plus puissant cadeau donné aux humains - et on
l'utilise contre soi-même. On planifie sa revanche. On crée le chaos par la parole.
On se sert des mots pour attiser la haine entre races, personnes, familles, nations
différentes. Nous faisons un mauvais usage de la parole si fréquent que nous
créons et perpétuons un cauchemar d'enfer. L'utilisation négative de la parole
nous maintient les uns les autres au fond du gouffre, dans un état de peur et de
doute. La parole étant de la magie et son mauvais usage de la magie noire, nous
pratiquons la magie noire en permanence, sans réaliser le moins du monde que
notre parole est magique.

Prenons l'exemple de cette femme intelligente et dotée d'un bon coeur. Elle avait
une fille qu'elle adorait. Un soir, elle est rentrée chez elle après une très mauvaise
journée de travail, fatiguée, rem-plie de tensions émotionnelles, avec un mal de
tête abominable. Elle souhaitait un peu de paix et de calme, mais sa fille chantait
et sautait joyeusement. Celle-ci ne se rendait pas compte de l'état dans lequel était
sa mère ; elle jouait dans son propre monde, son propre rêve. Elle se sentait bien,
elle sautait et chantait de plus en plus fort, exprimant toute sa joie et tout son
amour. Elle chantait si fort qu'elle aggrava le mal de tête de sa mère qui, au bout
d'un moment, perdit contrôle. En colère, elle regarda son adorable fille et lui dit :
“ Tais-toi !Tu as une voix horrible. Peux-tu simplement te taire ? ”
En réalité, c'est la tolérance de cette femme envers le moindre bruit qui était
réduite à néant et non la voix de sa petite fille qui était horrible. Mais cette
dernière a cru ce que sa mère lui avait dit, et, à cet instant, elle a conclu un accord
avec elle-même. Après cet incident, elle n'a plus jamais chanté car elle croyait que

sa voix était horrible et qu'elle dérangerait quiconque l'entendrait. Elle devint
timide à l'école et, si on lui demandait de chanter, elle refusait. Même parler aux
autres devint difficile pour elle. Tout changea dans la vie de cette petite fille à
cause de ce nouvel accord : elle crut qu'elle devait réprimer ses émotions afin
d'être acceptée et aimée.
Chaque fois que l'on écoute une opinion et qu'on la croit, on conclut un accord qui
s'intègre à notre système de croyances. Cette petit fille grandit et, bien qu'elle eut
une belle voix, elle ne chanta plus. Elle développa tout un complexe à cause d'un
seul sort qui lui avait été jeté par celle qui l'aimait le plus : sa propre mère. Celleci ne s'est pas aperçue de ce qu'elle avait fait par sa parole. Elle n'était pas
consciente d'avoir utilisé de la magie noire et d'avoir jeté un sort à sa fille. Elle ne
connaissait pas la puissance de sa parole, et on ne peut donc la blâmer. Elle a agi
comme sa mère, son père et les autres avaient agi envers elle-même, de diverses
manières. Eux aussi faisaient mauvais usage de leur parole.
Combien de fois agit-on ainsi avec ses propres enfants ? On leur fait part
d'opinions négatives, puis ils portent en eux cette magie noire durant des années et
des années. Des gens qui nous aiment pratiquent de la magie noire contre nous,
mais n'ont pas conscience de ce qu'ils font. C'est pourquoi il faut leur pardonner :
ils ne savent pas ce qu'ils font.
Un autre exemple : vous vous réveillez le matin, vous sentant tout heureuse. Vous
êtes envahie d'un senti-ment merveilleux et vous passez une heure ou deux devant
votre miroir à vous faire belle. Là-dessus, une de vos meilleures amies vous dit : “
Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as une de ces têtes ! Et regarde comment tu es habillée ; tu
as l'air ridicule. ” Et voilà : cela suffit à vous descendre droit en enfer. Peut-être
que cette amie vous a-t-elle dit cela juste pour vous blesser. Et elle a réussi. Elle
vous a transmis son opinion, soutenue par toute la puissance de sa parole. Si vous
l'acceptez, vous concluez un nouvel accord et vous mettez alors votre propre
pouvoir dans cette opinion. Celle-ci devient de la magie noire.
Ce genre de sort est difficile à briser. La seule chose qui puisse le rompre est de
conclure un nouvel accord fondé sur la vérité. La vérité est ce qu'il y a de plus
important si l'on veut que sa parole soit impeccable. D'un côté de l'épée se
trouvent les mensonges qui créent de la magie noire, de l'autre la vérité qui a le
pouvoir de rompre les sorts. Seule la vérité vous affranchira.

Observez les interactions humaines quotidiennes et rendez-vous compte du
nombre de fois où nous nous jetons des sorts les uns aux autres par nos propos.
Cette façon d'agir a fini par devenir la pire forme de magie noire, que l'on appelle
la médisance, ou la propagation de rumeurs.
La médisance est la pire magie noire parce que c'est du poison pur. Nous avons
appris cela en y donnant notre accord. Enfants, nous avons entendu les
médisances permanentes des adultes autour de nous, exprimant ouvertement leurs
avis sur autrui. Ils avaient même des opinions sur des personnes qu'ils ne

connaissaient pas. Celles-ci s'accompagnaient de poison émotionnel, et nous
avons appris que c'était là la manière normale de communiquer.
La médisance est devenue la principale forme de communication de la société
humaine. C'est la façon dont on se sent proche les uns des autres, parce qu'on se
sent mieux lorsqu'on voit quel-qu'un se sentir aussi mal que soi. Une vieille
expression dit que “ la misère aime la compagnie ”, et les gens qui souffrent en
enfer ne veulent pas rester seuls. La peur et la souffrance sont des composantes
importantes du rêve de la planète ; ce sont les instruments qui maintiennent
chacun tout en bas.
Si l'on compare l'esprit humain à un ordinateur, la propagation de rumeurs est
l'équivalent d'un virus informatique. Ce genre de virus est une séquence
informatique écrite dans le même langage que les autres codes, mais avec une
intention négative. Ce code est inséré dans le programme de votre ordinateur
quand vous vous y attendez le moins, et généralement sans même que vous en
soyez conscient. Et votre ordinateur ne fonctionne plus correctement, voire même
plus du tout, parce que tous ses codes s'embrouillent à force de messages
contradictoires, de sorte qu'il ne peut plus rien en sortir de bon.
La médisance fonctionne exactement pareil. Par exemple, vous allez démarrer un
cours avec un nouveau professeur ; cela fait longtemps que vous vous en
réjouissez. Le premier jour, vous croisez quel-qu'un ayant suivi ce cours avant
vous qui vous dit : “ Oh, ce prof est un crétin tellement prétentieux ! Il ne
connaissait même pas son sujet, et en plus c'est un pervers, alors fais gaffe ! ”
Les mots et le code émotionnel des propos de cette personne s'impriment
immédiatement en vous, mais vous n'êtes pas conscient de ce qui l'a poussée à
vous parler ainsi. Peut-être est-elle en- colère car elle a échoué à ce cours, ou
peut-être prête-t-elle à ce professeur des intentions fondées sur la peur et les préjugés. Mais, ayant appris à ingurgiter ce genre d'in-formations depuis tout petit,
une partie de vous croit cette rumeur, et vous allez suivre votre cours. A mesure
que le professeur parle, vous sentez le poison monter en vous sans être conscient
de voir ce professeur à travers les yeux de la personne qui vous a rapporté cette
rumeur. Puis vous vous mettez à en parler à d'autres dans la classe, et eux aussi
commencent à voir le professeur de la même manière ; comme un crétin et un
pervers. Vous voilà détestant ce cours que vous décidez finalement
d'interrompre. Vous accusez le professeur, mais la faute en revient à la
médisance.
Tous ces ennuis peuvent être provoqués par un seul petit virus informatique. Un
petit bout d'information mensongère peut détruire la communication entre deux
êtres, infectant chaque personne qu'il rencontre et la rendant à son tour
contagieuse. Imaginez que chaque fois que quelqu'un vous fait part d'une rumeur,
il introduit un virus dans votre esprit, ce qui assombrit un peu plus la clarté de
votre pensée. Puis imaginez que pour clarifier votre propre confusion et être
soulagé de ce poison, vous propagez la rumeur, le virus, à quelqu'un d'autre.
Ensuite, imaginez ce processus se propageant sans fin à tous les humains sur

terre. Le résultat est un monde rempli d'individus ne pouvant lire de
l'information qu'à travers des circuits encrassés par des virus empoisonnés et
contagieux. Une fois encore, ce virus empoisonné est ce que les Toltèques
appellent le mitote, le chaos résultant de ces milliers de voix s'exprimant toutes à
la fois dans votre esprit.
Il y a pire : les magiciens noirs ou “ pirates informatiques ” qui propagent
délibérément des virus. Repensez à une fois où vous (ou une de vos
connaissances) étiez en colère contre quelqu'un et vouliez votre revanche. Pour
vous venger, vous avez dit quelque chose concernant cette personne, avec
l'intention de répandre du poison et de faire en sorte que cette personne se sente
mal. Enfant, on faisait cela sans y réfléchir, mais en grandissant on apprend à
calculer soigneusement ses efforts pour détruire autrui. Puis on se ment à soimême en disant que cette personne a reçu une juste punition pour ses mauvais
agissements.
Lorsqu'on voit le monde à travers les yeux d'un virus informa-tique, il est facile
de justifier le comportement le plus cruel. Ce que l'on ne voit pas, c'est que le
mauvais usage de la parole nous enfonce chaque fois un peu plus profondément
en enfer.
Durant des années nous avons subi les sorts et les médisances accompagnant la
parole d'autrui, mais aussi ceux inhérents à notre manière de nous parler. On se
parle en permanence, se disant des choses du style : “ Oh, j'ai l'air gros(se), je
suis moche. Je vieillis, je perds mes cheveux. Je suis stupide, je ne
comprends jamais rien. Je ne serai jamais assez bon (ne), et je ne serai
jamais parfait(e). ” Vous voyez comment on utilise la parole contre soi ? Il
nous faut commencer à comprendre ce qu 'est la parole et ce qu'elle fait. Si vous
comprenez le premier accord, que votre parole soit impeccable, vous verrez tous
les changements qui peuvent se produire dans votre vie : des changements, tout
d'abord, dans votre manière d'être avec vous-mêmes, et ensui-te dans votre
manière d'être avec les autres, surtout ceux que vous aimez le plus.
Réfléchissez au nombre de fois où vous avez médit de la personne qui vous est la
plus chère, dans le seul but que les autres soutiennent votre point de vue.
Combien de fois avez-vous capté l'attention d'autrui, puis répandu du poison sur
celui ou celle que vous aimez, afin de conforter votre opinion ? Celle-ci n'est
pourtant que votre point de vue. Elle n'est pas nécessairement vraie. Votre
opinion résulte de vos croyances, de votre propre ego, et de votre propre rêve.
Nous créons ce poison et le partageons avec autrui, simple-ment pour nous sentir
bien selon notre propre point de vue.
Si nous concluons ce premier accord et que notre parole devient impeccable,
nous éliminerons progressivement tout poison émotionnel de notre esprit et de
nos relations personnelles, y compris avec notre chien ou notre chat.
Avoir une parole impeccable vous immunisera également contre tous les sorts
négatifs d'autrui.Vous ne pouvez recevoir une idée négative que si votre esprit y

est ouvert. En ayant une parole impeccable, votre esprit deviendra stérile pour les
paroles issues de la magie noire. A la place, il deviendra fertile pour celles issues
de l'amour.
Vous pouvez évaluer le degré auquel votre parole est impeccable à l'aulne de
l'amour que vous avez pour vous-même. L'intensité de votre amour-propre et les
sentiments que vous nourrissez envers vous sont directement proportionnels à la
qualité et à l'intégrité de votre parole. Lorsque celle-ci est impeccable, vous vous
sentez bien ; vous êtes heureux et en paix.
Vous pouvez transcender le rêve de l'enfer en concluant seule-ment ce premier
accord toltèque : avoir toujours une parole impeccable. En ce moment même, je
sème cette graine dans votre esprit. Elle croîtra ou non, selon le degré de fertilité
de votre esprit aux semences d'amour. Il ne tient qu'à vous de conclure cet
accord : ma parole sera impeccable. Nourrissez cette graine et, à mesure qu'elle
se développera dans votre esprit, elle produira davantage de semences d'amour
qui remplaceront celles de la peur. Ce premier accord modifiera le type de graines
pour lequel votre esprit s'avérera fertile.
Que votre parole soit impeccable. Voilà le premier accord que vous devriez
conclure si vous désirez être libre, si vous voulez être heureux, si vous souhaitez
transcender le niveau d'existence correspondant à notre enfer quotidien. Il est très
puissant. Servez-vous de la parole de façon appropriée. Utilisez la parole pour
partager votre amour. Faites de la magie blanche, avec vous-même pour
commencer. Dites-vous combien vous êtes formidable, combien vous êtes
fabuleux. Dites-vous combien vous vous aimez. Servez-vous de la parole pour
rompre tous les petits accords qui vous font souffrir.
C'est possible. C'est possible parce que je l'ai fait, et que je ne suis pas meilleur
que vous. Non, nous sommes exactement pareils. Nous avons le même genre de
cerveau, le même type de corps ; nous sommes humains. Si moi j'ai été capable de
rompre ces accords et d'en conclure de nouveaux, vous aussi pouvez faire pareil.
Si moi je peux faire en sorte que ma parole soit impeccable, pourquoi pas vous ?
Ce seul accord peut changer toute votre vie. L'impeccabilité de la parole peut vous
conduire à la liberté personnelle, à un succès immense et à l'abondance ; elle peut
supprimer toute peur et la transformer en joie et en amour.
Imaginez un instant tout ce que vous pouvez créer en ayant une parole
impeccable. Vous pouvez transcender le rêve de la peur et vivre une vie
différente. Vous pouvez vivre au paradis au milieu de milliers de gens vivant en
enfer, parce que vous êtes immunisé contre cet enfer. Vous pouvez atteindre le
royaume des cieux avec ce seul accord : que votre parole soit impeccable.

Le deuxième
Accord toltèque :
Quoi qu'il arrive, n'en
faites pas une affaire
personnelle
Les trois accords toltèques suivants découlent en réalité du premier. Le
deuxième consiste, quoi qu'il arrive, à ne jamais en faire une affaire
personnelle.
Quoi qu'il arrive autour de vous, n'en faites pas une affaire personnelle. En
reprenant un exemple précédent, si je vous vois dans la rue et que je vous dis : “
Hé, espèce d'idiot ! ”, sans même vous connaître, ce que je dis ne vous concerne
pas ; cela me concerne moi. Si vous en faites une affaire personnelle, vous allez
peut-être croire que vous êtes idiot. Peut-être même vous demanderez-vous : “
Comment a-t-il deviné ? Est-il clairvoyant, ou est-ce que tout le monde voit à quel
point je suis idiot ? ”
Vous faites une affaire personnelle de ce qui vous est dit parce que vous y donnez
votre accord. Dès lors, le poison s'infiltre en vous et vous êtes piégé dans l'enfer.
La raison pour laquelle vous vous faites piéger est ce que l'on appelle
“l'importance personnelle ”, c'est-à-dire l'importance que l'on se donne. S'accorder
de l'importance, se prendre au sérieux, ou faire de tout une affaire personnelle,
voilà la plus grande manifestation d'égoïsme, puisque nous partons du principe
que tout ce qui arrive nous concerne. Au cours de notre éducation, de notre
domestication, nous apprenons à tout prendre pour soi. Nous pensons être
responsables de tout. Moi, moi, moi, toujours moi !
Vous n'êtes aucunement responsable de ce que les autres font. Leurs actions
dépendent d'eux-mêmes. Chacun vit dans son propre rêve, dans sa propre tête ;
chacun est dans un monde totalement différent de celui dans lequel vous vivez.
Lorsqu'on fait de tout
une affaire personnelle, on part du principe que l'autre sait ce qu'il y a dans
notre monde, et on essaie d'opposer notre monde au leur.
Même lorsqu'une situation paraît très personnelle, même lorsque vous vous faites

insulter, cela n'a rien à voir avec vous. Ce que les gens disent, ce qu'ils font et les
opinions qu'ils émettent dépendent seulement des accords qu 'ils ont conclus dans
leur propre esprit. Leur point de vue résulte de toute la programmation qu'ils ont
subie au cours de leur domestication.
Si quelqu 'un vous donne son opinion en disant : “ Qu'est-ce que tu as l'air gros !
”, n'en faites pas une affaire personnelle, parce qu 'en vérité cette personne est
confrontée à ses propres sentiments, croyances et opinions. Elle essaie de vous
envoyer du poison et si vous en faites une affaire personnelle, alors vous le
recevez et vous vous l'appropriez. En faisant une affaire personnelle de tout ce
qui vous arrive, vous devenez une proie facile pour tous les prédateurs, tous ceux
qui pratiquent la magie noire à leur insu par leur parole. Ils peuvent facilement
vous coincer avec une petite opinion de rien du tout, puis vous administrer tout le
poison qu'ils veulent ; comme vous prenez tout personnellement, vous gobez tout.
Vous ingurgitez toutes leurs ordures émotionnelles qui deviennent alors les vôtres.
Mais si vous ne prenez rien personnellement, vous êtes protégé, tout en étant au
beau milieu de l'enfer. L'immunité au poison, en plein enfer, est le cadeau que vous
offre cet accord.
Lorsque vous faites une affaire personnelle de ce qui vous arrive, vous vous
sentez offensé et votre réaction consiste à défendre vos croyances, ce qui provoque
des conflits. Vous faites tout un plat d'un petit rien, parce que vous avez besoin
d'avoir raison et de donner tort à autrui. Vous vous efforcez aussi de montrer que
vous avez raison, en imposant votre opinion aux autres. De toutes façons, ce que
vous ressentez et ce que vous faites ou dites n'est qu'une projection de votre
propre rêve personnel. Tout cela dépend des accords que vous avez conclus ; ces
opinions n'ont donc rien à voir avec moi.
Peu m'importe ce que vous pensez de moi, je n'en fais jamais une affaire
personnelle. Quand les gens me disent “ Miguel, tu es le meilleur ”je n'en fais pas
une affaire personnelle, et lorsqu'ils me disent “ Miguel, tu es le dernier des
derniers ”je ne le prends pas non plus personnellement. Je sais que si vous êtes
heureux vous me dites “ Miguel, tu es un ange ! ”, mais que si vous m'en voulez
vous dites “ Oh, Miguel, tu es un monstre ! Tu es dégoûtant. Comment peux-tu dire
des choses pareilles ? ” Dans un cas comme dans l'autre, cela ne m'affecte pas
parce que je sais ce que je suis. Je n'ai pas besoin d'être accepté. Je n'ai pas besoin
qu'on me dise “ Miguel, tu es vraiment bon ! ” ni “ Comment oses-tu faire cela ? ”
Non, je ne prends rien de ce qui m'est dit ou de ce qui m'arrive de façon
personnelle. Ce que vous pensez, ce que vous ressentez, c'est votre problème, pas
le mien. C'est votre façon de voir le monde. Cela ne me touche pas
personnellement, parce que vous n'êtes confronté qu'à vous-mêmes, pas à moi.
D'autres auront une opinion différente, selon leur système de croyances ; donc, ce
qu'ils pensent de moi ne concerne pas vraiment ma personne, mais eux-mêmes.
Vous pouvez même me dire : “ Miguel, ce que tu dis me blesse. ” Mais ce n'est pas
ce que je vous dis qui vous blesse : ce sont vos propres plaies intérieures qui
réagissent lorsqu'elles sont touchées par mes propos. Vous vous blessez vousmêmes. Je ne peux en aucune manière prendre vos reproches personnellement. Ce

n'est pas que je ne croie pas en vous ou que je ne vous fasse pas confiance, mais je
sais que vous voyez le monde avec d'autres yeux que les miens, avec vos yeux.
Vous créez toute une scène, tout un film dans votre esprit, dont vous êtes le
metteur en scène, le producteur et l'acteur ou l'actrice principal(e). Tous les autres
n'ont que des seconds rôles. C'est votre film.
Vous regardez ce film en fonction des accords que vous avez conclus dans votre
vie. Votre point de vue vous est personnel. C'est votre vérité et celle de personne
d'autre. Donc, si vous m'en voulez, je sais que vous n'êtes en réalité confronté qu'à
vous-même. Je suis votre prétexte pour vous mettre en colère. Et cette colère est
provoquée par votre peur. Si vous n'avez pas peur, il vous est impossible d'être
irrité contre moi. Si vous n'avez pas peur, il n'est pas possible que vous me
haïssiez. Si vous n'avez pas peur, vous ne serez pas jaloux ou triste. Si vous vivez
sans peur, si vous aimez, ces émotions n'ont aucune place en vous. Et si vous ne
ressentez aucune de ces émotions négatives, il est logique que vous vous sentiez
bien. Lorsque vous vous sentez bien, tout ce qu 'il y a autour de vous est bien. Et
quand tout ce qui vous entoure est bien, tout vous rend heureux.Vous aimez toute
chose, parce que vous vous aimez vous-même. Parce que vous vous appréciez tel
que vous êtes. Parce que vous êtes satisfait de vous-même. Parce que vous êtes
content de votre vie. Vous êtes heureux du film que vous produisez, heureux des
accords conclus dans votre existence.Vous êtes en paix et content.Vous vivez dans
un état de bonheur où tout est merveilleux, où tout est beau. Dans cet état de
bonheur, vous faites l'amour en permanence avec tout ce que vous percevez.
Quoi que les gens fassent, quoi qu'ils ressentent, q u ' ils disent ou pensent, n'en
faites pas une affaire personnelle. S'ils vous disent combien vous êtes
merveilleux, ce n'est pas à cause de vous. Vous savez déjà que vous êtes
merveilleux. Il n'est donc pas nécessaire de croire ceux qui vous le disent. Ne
prenez pas la moindre chose qui vous arrive de façon personnelle. Même si
quelqu'un prenait un fusil et vous tirait une balle dans la tête, ce ne serait pas
personnel. Même dans ce cas extrême.
Même les opinions que vous avez sur vous ne sont pas nécessairement vraies ;
donc, vous n'êtes pas obligé de réagir personnellement à ce que vous vous dites
dans votre tête. L'esprit peut se parler à lui-même, mais il peut aussi entendre des
informations provenant d'autres sources. Parfois vous entendez une voix dans
votre tête et vous vous demandez d'où elle vient. Elle peut provenir d'une autre
réalité dans laquelle se trouvent des êtres vivants très semblables aux humains.
Les Toltèques les appellent les Alliés. En Europe, en Afrique et en Inde, on les
appelle les Dieux.
Notre esprit existe aussi au niveau des Dieux. Il vit également dans cette réalité et
peut la percevoir. L'esprit voit grâce à nos yeux, et il perçoit la réalité du monde
éveillé ; mais il voit et perçoit également sans les yeux, bien que notre raison ne
soit guère consciente de ces perceptions-là. L'esprit vit dans plusieurs dimensions.
Par moments, vous avez des idées dont l'origine n'est pas votre esprit, mais vous
les percevez grâce à lui. Et vous avez le droit de croire ou de ne pas croire ces

voix, et le droit de ne pas faire une affaire personnelle de ce qu'elles vous disent.
Nous avons le choix de croire ou non ce que ces voix nous disent, tout comme
nous avons le choix de croire le rêve de la planète et de lui donner notre accord.
L'esprit peut aussi se parler et s'écouter lui-même. Il est aussi divisé que le corps
l'est. De même que vous pouvez dire : “ J'ai une main avec laquelle je peux serrer
l'autre et la sentir ”, l'esprit peut aussi parler à diverses parties de lui-même. Une
partie s'exprime et l'autre écoute. Cela devient un problème lorsque les milliers de
parties de votre esprit parlent toutes ensemble, cela devient un problème. On
appelle cela le mitote, vous vous rappelez ?
Le mitote est comme un immense marché sur lequel des milliers de personnes
parlent et marchandent en même temps. Chacune a des pensées et sentiments
différents ; chacune a son propre point de vue. Et la programmation de notre
esprit, tous les accords que nous avons conclus, comporte beaucoup
d'incompatibilités. Chaque accord est comme un seul être vivant séparé ; il a sa
propre personnalité et sa propre voix. Il y a donc des accords contradictoires qui
entrent en conflit les uns avec les autres, en permanence, jusqu 'à créer une
immense guerre dans notre esprit. C'est à cause du mitote que les humains ne
savent plus ce qu'ils veulent, ni comment et quand ils le veulent. Ils ne sont plus
d'accord avec eux-mêmes parce que certaines parties d'eux veulent une chose,
tandis que d'autres parties veulent exactement l'inverse.
Une partie de votre esprit s'oppose à certaines pensées et actions, alors qu'une
autre soutient les actes provoqués par des pensées contraires. Tous ces petites
entités entretiennent le conflit intérieur parce qu'elles sont vivantes et ont toutes
leur voix. Ce n'est donc qu'en faisant l'inventaire des accords que nous avons
conclus que nous mettrons en lumière tous nos conflits intérieurs et que nous
ferons de l'ordre dans le chaos du mitote.
Quoi qu'il arrive, n'en faites pas une affaire personnelle, parce qu'en prenant les
choses personnellement vous vous programmez à souffrir pour rien. Les humains
ont tous un certain degré de dépendance à un certain niveau de souffrance, et
nous nous encourageons les uns les autres à entretenir ces dépendances. Les
humains sont d'accord de s'aider mutuellement à souffrir. Si vous avez besoin
qu'on vous maltraite, vous trouverez facilement quel-qu'un pour le faire. De
même, si vous vous trouvez en compagnie de gens ayant besoin de souffrir,
quelque chose en vous vous poussera à les maltraiter. C'est comme s'ils portaient
une pancarte dans leur dos où il est écrit : “ Faites-moi mal, s'il-vous-plaît ”. Ils
cherchent une justification à leur souffrance. Leur dépendance à la souffrance
n'est en fait qu 'un accord qu'ils renforcent chaque jour.
Où que vous alliez, vous découvrirez des gens qui vous mentent et, à mesure que
votre conscience augmentera, vous vous rendrez compte que vous vous mentez
également à vous-mêmes. Ne vous attendez pas à ce que les gens vous disent la
vérité, car ils se mentent aussi à eux-mêmes. Vous devez vous faire confiance et
choisir de croire ou non ce que l 'on vous dit.
Lorsqu'on voit vraiment comment sont les gens, sans jamais réagir de façon

personnelle, rien de ce qu'ils peuvent dire ou faire ne peut nous blesser. Même si
l'on vous ment, cela ne fait rien. Celui qui agit ainsi le fait parce qu'il a peur. Peur
que vous découvriez qu'il n'est pas parfait. C'est douloureux de retirer son masque
social.
Lorsque les gens disent une chose et en font une autre, c'est vous mentir que de ne
pas écouter leurs actes. Mais si vous êtes honnête envers vous-même, vous vous
épargnerez beaucoup de douleur émotionnelle. Certes, accepter la vérité sur
quelque chose ou quel-qu'un peut s'avérer douloureux, mais il n'est pas nécessaire
de vous attacher à cette douleur. La guérison est en chemin et ce n'est qu 'une
affaire de temps avant que votre situation ne s'améliore.
Si quelqu'un ne vous traite pas avec amour et respect, prenez comme un cadeau
qu'il vous quitte un jour. S'il ne le fait pas, vous passerez certainement des années
à souffrir avec lui (ou elle). La séparation sera douloureuse pendant quelque
temps, mais votre coeur guérira. Puis vous pourrez choisir ce que vous voulez.
Vous découvrirez que vous avez besoin de faire confiance moins aux autres qu'à
votre propre capacité à effectuer de bons choix.
Quand vous aurez pris l'habitude de ne jamais faire une affaire personnelle de ce
qui vous arrive, vous vous éviterez de nombreux problèmes dans votre vie. Votre
colère, votre jalousie et votre envie disparaîtront, et même votre tristesse s'en ira,
si vous ne prenez rien personnellement.
Si vous parvenez à transformer en habitude ce second accord, vous découvrirez
que rien ne peut plus vous replonger en enfer. Une immense liberté vous échoit
lorsque vous ne prenez plus rien personnellement. Vous êtes immunisé contre les
magiciens noirs ; aucun sort ne peut vous affecter, aussi puissant soit-il. Le
monde entier peut vous calomnier : du moment que vous n'en faites pas une
affaire personnelle, vous êtes immunisé. Quelqu'un peut délibérément vous
envoyer du poison émotionnel, mais si vous ne le prenez pas personnellement,
vous ne l'ingurgiterez pas. Et si vous refusez ce poison, c'est celui qui vous
l'envoie qui s'en trouvera encore plus mal, mais pas vous.
Vous voyez à quel point cet accord est important ? En ne faisant jamais une
affaire personnelle de ce qui vous arrive, vous pouvez rompre de nombreuses
habitudes et routines qui vous piègent dans le rêve de l'enfer, provoquant des
souffrances inutiles. Rien qu'en appliquant ce deuxième accord, vous
commencerez à briser des dizaines de petits accords qui vous font souffrir. Et si
vous mettez en pratique les deux premiers accords toltèques, vous romprez
soixante-quinze pour cent de ces micro-accords qui vous enferment dans le rêve
de l'enfer.
Ecrivez cet accord sur un bout de papier et collez-le sur votre réfrigérateur pour
vous en souvenir en permanence : Quoi qu 'il arrive, n'en faites jamais une affaire
personnelle.
Au fur et à mesure que vous prendrez l'habitude de cet accord, vous n'aurez plus
besoin de faire confiance à ce que les gens disent ou font. Il vous suffira d'avoir
confiance en votre capacité à effectuer des choix responsables.Vous n'êtes jamais

responsable dès actions d'autrui ; seulement de vous-mêmes. Lorsque vous
comprenez vraiment cela et que vous refusez de prendre quoi que ce soit
personnellement, les commentaires et actions des gens ne peuvent pour ainsi dire
plus vous blesser.
Si vous respectez cet accord, vous pouvez voyager dans le monde entier, le coeur
totalement ouvert, et personne ne peut vous blesser. Vous pouvez dire “ je
t'aime ” sans crainte du ridicule ou du rejet. Vous pouvez demander ce dont vous
avez besoin. Vous pouvez dire “ oui ” ou “ non ”, selon ce que vous choisissez,
sans culpabilité ni jugement de soi. Vous pouvez choisir de toujours suivre votre
coeur. Alors, même au milieu de l'enfer, vous continuerez de vivre dans la paix
intérieure et le bonheur. Vous pouvez demeurer dans un état de félicité, et l'enfer
n'aura aucune prise sur vous.

Le troisième
Accord toltèque :
Ne faites pas de
suppositions

Le troisième accord toltèque est de ne pas faire de suppositions.
Nous avons tendance à faire des suppositions à propos de tout. Le problème est
que nous croyons ensui-te qu'elles sont la vérité. Nous serions prêt à jurer qu'elles
sont vraies. Nous faisons des suppositions sur ce que les autres font ou pensent,
fort de quoi nous en faisons une affaire personnelle, puis nous leur en voulons et
nous leur communiquons du poison émotionnel par nos propos. Voilà pourquoi
chaque fois qu'on fait des suppositions, qu'on prête des intentions à autrui, on
crée des problèmes. Nous faisons des suppositions quant aux raisons d 'agir
d'autrui, nous les interprétons de travers, nous en faisons une affaire personnelle,
et nous finissons par créer tout un drame pour rien du tout.
Toute la tristesse et les drames auxquels vous avez été confrontés dans votre vie

proviennent de cette habitude de faire des suppositions, de prêter des intentions à
autrui et de prendre les choses personnelle-ment. Le rêve de l'enfer tout entier
découle de ces comportements.
Rien qu'en faisant des suppositions et en prenant tout ce qui nous arrive
personnellement, nous créons énormément de poison émotionnel, parce qu 'ensuite
nous médisons sur la base de ces suppositions. Souvenez-vous : la médisance est
notre manière de communiquer dans le rêve de l'enfer, en échangeant du poison
les uns avec les autres. Comme on a peur de demander des explications, on prête
des intentions à autrui, on fait des suppositions que l'on croit être vraies ; puis, on
défend ces suppositions et on donne tort à l'autre.
Il vaut toujours mieux poser des questions que de faire des suppositions, parce
que celles-ci nous programment à souffrir.
Le grand mitote qui encombre l'esprit humain provoque beau-coup de chaos et
nous conduit à tout comprendre et interpréter de travers. On ne voit et entend que
ce que l'on veut bien voir et entendre. On ne perçoit pas les choses telles qu'elles
sont. On prend l'habitude de rêver sans lien avec la réalité. On rêve littéralement
les choses dans notre imagination. Lorsque nous ne comprenons pas une chose,
nous faisons une supposition quant à sa signification, et, lorsque la vérité se fait
jour, la bulle de notre rêve éclate, et nous découvrons que les choses n'étaient pas
du tout comme nous le pensions.
Exemple : vous êtes dans un centre commercial et vous apercevez une personne
que vous aimez bien. Celle-ci vous regarde et vous sourit, puis s'en va. Cette
scène se prête à de nombreuses suppositions. Celles-ci peuvent déboucher sur
tout un scénario imaginaire.Vous allez vous mettre à croire ce que vous imaginez
et à vouloir le rendre réel. Tout un rêve va prendre naissance à partir des
intentions que vous prêtez à cette personne et vous pouvez croire : “ Ahh, elle
m'aime beaucoup ”. Partant de ce présupposé, une relation commence à se
construire dans votre tête. Peut-être même allez-vous jusqu 'à imaginer un
mariage. Mais cette histoire imaginaire n'existe que dans votre tête, dans votre
rêve personnel.
Faire des suppositions à propos de nos relations est le moyen sûr de s'attirer des
problèmes. Par exemple, nous supposons généralement que notre partenaire sait
ce que nous voulons ; nous croyons donc ne pas avoir besoin de le lui dire. Nous
pensons qu'il va faire ce que nous désirons, parce qu'il nous connaît bien. Et s'il
ne le fait pas, nous nous sentons blessé et lui reprochons : “ Tu aurais dû le
savoir. ”
Autre exemple : vous décidez de vous marier et vous supposez que votre
partenaire considère le mariage de la même façon que vous. Puis vous
commencez à vivre ensemble et vous découvrez que tel n'est pas le cas. Il en
résulte beau-coup de conflits, mais vous continuez de ne pas clarifier vos
sentiments à propos du mariage.
Le mari rentre à la maison après son travail, sa femme est fâchée, mais il ne sait
pas pourquoi. Peut-être sa femme lui a-t-elle prêté certaines intentions. Sans rien

lui dire de ce qu'elle voulait, elle a supposé qu'il la connaissait assez pour savoir
ce qu'elle désirait, comme s'il pouvait lire dans son esprit. Elle est donc irritée
parce qu'il n'a pas comblé pas ses attentes.
Les suppositions que nous faisons concernant nos relations provoquent beaucoup
de bagarres, de difficultés, d'incompréhensions avec des gens que nous sommes
censés aimer.
Dans chaque relation on peut se laisser aller à supposer que les autres savent ce
que nous pensons sans avoir à formuler nos besoins. Ils vont faire exacte-ment ce
que nous voulons parce qu'ils nous connais-sent bien. Et s'ils ne le font pas, nous
en sommes blessés et pensons : “ Comment peuvent-ils faire une chose pareille ?
Ils devraient quand même savoir. ” Ainsi un drame se produit parce qu'on fait une
supposition, avant d'en empiler d'autres par dessus.
Il est très intéressant de voir comment l'esprit humain fonctionne. Nous avons
besoin de tout justifier, de tout expliquer, de tout comprendre, afin de nous
rassurer. Il y a des millions de questions aux-quelles nous cherchons les réponses,
car il y a tant de choses que notre esprit rationnel ne peut expliquer. Peu importe
que la réponse soit correcte ; le seul fait de trouver une réponse nous rassure. C'est
pour cela que nous faisons des suppositions.
Les gens nous disent une chose : nous faisons des suppositions sur ce que sont
leurs motivations. Ils ne nous disent rien ? Nous faisons alors d'autres
suppositions destinées à combler notre besoin de savoir et à remplacer celui de
communiquer. Même lorsqu'on entend quelque chose qu'on ne comprend pas, on
fait des suppositions sur ce que cela signifie, puis on les croit. Nous ne ces-sons
de supposer, parce que nous n'avons pas le courage de poser des questions.
La plupart du temps ces suppositions sont effectuées très vite et inconsciemment,
parce que nos accords nous incitent à communiquer de cette manière. L'un d'eux
stipule qu'il est dangereux de poser des questions : un autre dit que si les autres
nous aiment, ils doivent savoir ce que nous voulons et comment nous nous sentons. Et, du moment qu'on croit quelque chose, on part du principe qu'on a raison,
au point qu'on est prêt à détruire une relation pour défendre sa position.
On suppose que tout le monde voit la vie comme nous la voyons. On suppose que
les autres pensent comme nous pensons, qu'ils ressentent les choses comme nous
les ressentons, qu'ils jugent comme nous jugeons. Voilà la supposition la plus
importante que font les humains. C'est la raison pour laquelle nous craignons
d'être nous-mêmes avec les autres, car nous pensons qu'ils vont nous juger, nous
maltraiter et nous critiquer, comme nous le faisons nous-mêmes. C'est pourquoi,
avant même que les autres puissent nous rejeter, nous nous sommes déjà rejetés
nousmêmes.Voilà comment fonctionne l'esprit humain.
On fait également des suppositions sur soi-même, ce qui provoque beaucoup de
conflits intérieurs : “Je pense que je suis capable de faire telle chose. ” Vous
supposez cela, puis vous découvrez que ce n'est pas le cas. Vous vous surestimez
ou vous vous sous-estimez tout le temps, parce que vous ne prenez pas le temps
de vous poser des questions et d'y répondre. Peut-être vous faut-il en savoir

davantage sur telle situation ? Ou peut-être devez-vous arrêter de vous mentir sur
ce que vous voulez vraiment.
Souvent, lorsque vous démarrez une relation avec quelqu'un que vous aimez,
vous devez le justifier. Vous ne voyez en lui que ce que vous voulez bien voir, et
vous niez l'existence d'aspects que vous n'aimez pas.Vous vous mentez à vousmême afin de vous donner raison. Puis vous faites des suppositions, l'une d'entre
elles étant : “ Mon amour va transformer cette per-sonne ”. Mais ce n'est pas vrai.
Votre amour ne changera personne. Si les autres se transforment, c'est parce qu'ils
veulent changer et non parce que vous en avez le pouvoir. Puis un incident se
produit entre vous deux, et vous vous sentez blessé.Vous voyez tout d'un coup ce
que vous refusiez de voir avant, désormais amplifié par votre poison émotionnel.
Il vous faut maintenant justifier votre douleur émotionnelle en rendant l'autre
responsable de vos choix.
On n'a pas à justifier l'amour ; l'amour est présent ou il ne l'est pas. L'amour
véritable consiste à accepter les autres tels qu'ils sont sans essayer de les changer.
Si nous essayons de les changer, cela signifie qu'on ne les aime pas vraiment. C'est
pourquoi, de toute évidence, si vous décidez de vivre avec quelqu'un, si vous
voulez conclure cet accord, il est préférable de le faire avec celui ou celle qui est
exactement tel que vous le souhaitez.Trouvez quelqu'un que vous n'ayez pas à
changer. Il est beaucoup plus facile de dénicher quelqu'un qui soit déjà comme
vous le souhaitez, plutôt que de vouloir le changer. De même, cette personne doit
aussi vous aimer tel que vous êtes, sans avoir besoin de vous changer. Si elle a le
sentiment qu'elle doit vous transformer, cela signifie qu'elle ne vous aime pas
vrai-ment. Alors pourquoi rester avec quelqu'un, si vous n 'êtes pas comme il ou
elle le souhaite ?
Il faut pouvoir être qui l'on est, de façon à ne pas avoir à créer de fausse image de
soi. Si vous m'aimez
tel que je suis : “ OK, prenez-moi. ” Si vous ne m'aimez pas comme je suis : “
Alors, au revoir. Trouvez quelqu'un d'autre. ” Cela peut vous sembler dur, et
pourtant ce mode de communication signifie que les accords conclus avec autrui
sont clairs et impeccables.
Essayez simplement d'imaginer le jour où vous arrêterez de prêter des intentions à
votre partenaire, puis à toutes les autres per-sonnes présentes dans votre vie.
Votre manière de communiquer changera complètement et vos relations ne
souffriront plus des conflits engendrés par des hypothèses erronées.
Le meilleur moyen de vous empêcher de faire des suppositions est de poser des
questions. Vérifiez que vos communications soient claires. Si vous ne comprenez
pas, demandez. Ayez le cou-rage de poser des questions jusqu'à ce que tout soit
aussi clair que possible, et même alors, ne pensez pas que vous savez tout ce qu'il y
a à savoir sur telle situation. Lorsque vous aurez obtenu la réponse désirée, alors
vous n'aurez plus besoin de faire des suppositions car vous saurez la vérité.
Utilisez votre voix pour demander ce que vous voulez. Chacun a le droit de vous
dire “ oui ” ou “ non ”, et vous-même avez toujours le droit de demander.

Inversement, tout le monde peut vous interroger, et vous avez la possibilité de
dire “ oui ” ou “ non ”.
Si vous ne comprenez pas quelque chose, il vaut mieux poser une question et être
au clair plutôt que de faire des suppositions ou de prêter des intentions à autrui.
Le jour où vous cesserez de le faire, vous communiquerez de façon propre et
claire, libre de tout poison émotionnel. Si vous ne faites plus de suppositions,
votre parole devient impeccable.
En communiquant clairement, toutes vos relations vont changer, non seulement
avec votre partenaire, mais avec tout le monde. Vous n'aurez plus besoin de faire
de suppositions, car tout deviendra clair. “ Voici ce que je veux ; voilà ce que vous
voulez. ” Si nous communiquons ainsi, notre parole devient impeccable. Si tous
les humains communiquaient de la sorte, avec une parole impeccable, il n'y aurait
ni guerre, ni violence, ni incompréhension. Tous les problèmes humains se
régleraient si nous avions simplement une communication claire et bonne.
Voilà donc quel est le troisième accord toltèque : ne faites aucune supposition.
Formulé ainsi, cela semble facile, mais je suis conscient combien c'est difficile à
mettre en oeuvre. La difficulté provient de ce qu 'on fait généralement l'inverse. On
a tous des habitudes dont on n'est même pas conscient. Les amener à la conscience
et comprendre l'importance de cet accord est donc le premier pas à franchir. Mais
la compréhension n'est pas suffisante. Une information ou une idée ne sont que
des graines dans notre esprit. Ce qui va vraiment faire la différence, c'est l'action.
Le fait de mettre une chose en pratique, jour après jour, renforce votre volonté,
nourrit la graine et établit des fondements solides pour que se développe une
nouvelle habitude. Après de nombreuses répétitions, ce nouvel accord deviendra
une deuxième nature, et vous verrez la façon dont la magie de votre parole vous
transformera de magicien noir en mage blanc.
Un mage blanc utilise la parole pour créer, donner, partager et aimer. En
concluant ce seul accord, toute votre vie sera transformée.
Lorsque vous modifiez votre rêve, la magie arrive dans votre vie. Ce dont vous
avez besoin vient à vous sans peine, car l'esprit se meut librement en vous. C'est
ce que l'on appelle la maîtrise de l'intention, la maîtrise de l'esprit, la maîtrise de
l'amour, la maîtrise de la gratitude, et la maîtrise de la vie. Voilà le but des
Toltèques.Voilà le chemin qui conduit à la liberté personnelle.

Le quatrième
accord toltèque :
Faites toujours de
votre mieux

Il ne reste plus qu'un seul accord, mais c'est celui qui transforme
progressivement les trois autres en habitudes solidement ancrées en nous. Le
quatrième accord concerne l'application des trois premiers : faites toujours de
votre mieux.
Quelles que soient les circonstances, faites toujours de votre mieux, ni plus, ni
moins. Mais rappelez-vous que votre mieux ne sera jamais pareil même d'une fois
à l'autre. Tout est vivant, tout change constamment, par conséquent votre mieux
sera parfois à un haut niveau et d'autres fois à un moins bon niveau. Les matins
où vous vous réveillez frais et débordant d 'énergie, votre mieux sera meilleur que
lorsque vous êtes fatigué en fin de soirée. Il sera aussi différent selon que vous
êtes en bonne santé ou malade, sobre ou ivre.Votre mieux variera selon que vous
êtes en pleine forme et heureux, ou irrité, en colère, ou encore jaloux.
Selon votre humeur, votre mieux peut changer d'un instant à l'autre, d'une heure à
la suivante, d'un jour au lendemain. Il évoluera aussi au fil du temps. Lorsque
vous prendrez l'habitude de mettre en pratique ces nouveaux accords, votre
mieux deviendra encore meilleur qu'il n'était.
Indépendamment de toute évaluation qualitative, continuez à faire de votre
mieux : ni plus ni moins. Si vous vous acharnez à vouloir faire davantage que
votre mieux, vous dépenserez plus d'énergie qu'il n'en faut et en fin de compte

votre mieux s'avérera insuffisant. Lorsque vous en faites trop, vous vous videz de
votre énergie et vous agissez contre vous-même, avec pour conséquence qu'il
vous faut
davantage de temps pour atteindre votre but. Mais si vous faites moins que
votre mieux, vous vous exposez aux frustrations, au jugement personnel, à la
culpabilité et aux regrets.
Faites donc simplement de votre mieux, quelles que soient les circonstances de
votre vie. Peu importe que vous soyez fatigué ou malade, si vous faites toujours
de votre mieux, il vous est impossible de vous juger. Et si vous ne vous jugez
pas, il n'est pas possible de subir la culpabilité, la honte et l'auto-punition. En
faisant toujours de votre mieux, vous romprez un grand sort auquel vous avez été
soumis.

Il était une fois un homme qui voulait transcender sa souffrance. Il se rendit à un
temple bouddhiste pour trouver un Maître qui puisse l'aider. Quand il trouva le
Maître, il lui demanda : “ Maître, si je médite quatre heures par jour, combien de
temps me faudra-t-il pour atteindre la transcendance ? ”
Le Maître le regarda et lui dit : “ Si tu médites quatre heures par jour, peut-être
parviendras-tu à transcender ton existence dans dix ans. ”
Convaincu qu'il pouvait faire mieux que cela, l'homme lui demanda : “ Oh,
Maître, et si je méditais huit heures par jour combien de temps cela me prendraitil ?
Le Maître le regarda et lui répondit : “ Si tu médites huit heures par jour, il te
faudra probablement vingt ans. ”
“ Mais pourquoi cela me prendrait-il plus longtemps si je médite plus ? ” interrogea
l'homme.
Le Maître lui répondit : “ Tu n'es pas là pour sacrifier ta joie ni ta vie. Tu es là
pour vivre, pour être heureux et pour aimer. Si tu fais de ton mieux en méditant deux
heures, mais que tu y consacres huit heures à la place, tu ne feras que te fatiguer, tu
passeras à côté de ton objectif et tu n'apprécieras pas ton existence. Fais de ton
mieux, et peut-être apprendras-tu que, peu importe la durée de ta méditation, tu
peux vivre, aimer et être heureux. ”
Si vous faites de votre mieux, vous vivrez votre existence intensément. Vous serez
productif, vous serez bon envers vous-mêmes, parce que vous vous donnerez à
votre famille, à votre communauté, à toute chose. C'est dans l'action que vous
serez intensément heureux. Lorsque vous faites toujours de votre mieux, vous
passez à l'action. Faire de votre mieux signifie agir parce que vous en avez envie,
et non parce que vous en attendez une récompense. La plupart des gens font
exactement l'inverse : ils n'agis-sent que lorsqu'ils espèrent une récompense, ne
prenant aucun plaisir à ce qu'ils font. Voilà pourquoi ils ne font pas de leur
mieux.

Par exemple, la plupart des gens vont chaque jour au travail en ne pensant qu'au
jour de paie et à l'argent que leur travail va leur rapporter. Ils attendent avec
impatience le vendredi ou le samedi, selon le jour où ils sont payés et où ils
peuvent prendre du temps pour eux. Ils ne travaillent que pour la récompense et,
du coup, font de la résistance. Ils essayent d'éviter d'agir et, par conséquent, ne font
pas de leur mieux.
Ils travaillent dur toute la semaine, peinant à leur tâche, subissant leur activité, non
parce qu'ils le veulent, mais parce qu'ils pensent y être obligés. Ils doivent
travailler pour payer leur loyer et subvenir aux besoins de leur famille. Ils vivent
donc avec toute cette frustration et, lorsqu'ils reçoivent enfin leur argent, ils sont
malheureux. Ils ont deux jours de repos pour faire ce qu'ils veulent, mais que fontils ? Ils essaient de s'évader. Ils se saoulent parce qu'ils ne s'aiment pas. Ils n'aiment
pas leur vie. On se fait du tort de multiples manières lorsqu'on n'aime pas qui l'on
est.
Inversement, si vous agissez simplement pour le plaisir d'agir, sans attendre de
récompense, vous découvrirez que vous apprécierez tout ce que vous ferez. Vous
en serez récompensé, mais vous ne serez plus attaché à la récompense. Vous
pourriez même obtenir plus pour vous-même que vous ne l'auriez imaginé sans
attendre de récompense. Si on aime ce qu'on fait, si on fait constamment de son
mieux, alors on jouit pleinement de la vie. On s'amuse, on ne s'ennuie pas, on n'est
pas frustrés.
Lorsque vous faites de votre mieux, vous ne laissez aucune chance à votre Juge
intérieur de vous culpabiliser ou de vous critiquer. Si vous avez fait de votre
mieux et qu'il essaie de vous juger selon le Livre de la Loi, vous savez quoi
répondre : “J'ai fait d e m o n m i e u x . ” Vous n'avez aucun regret. Voilà
pourquoi on doit toujours agir pour le mieux. Ce n'est pas un accord facile à
conclure et à respecter, mais il va vraiment vous libérer.
Lorsque vous faites de votre mieux, vous apprenez à vous accepter. En étant
conscient vous pouvez apprendre de vos erreurs. Cela signifie vous exercer,
regarder honnêtement les résultats de vos actions, et continuer de vous exercer.
Ceci accroit votre conscience.
Vous n'avez pas l'impression de travailler dur, en faisant de votre mieux, parce
que vous prenez plaisir à ce que vous faites. Vous savez que vous agissez pour le
mieux lorsque vous appréciez les activités auxquelles vous vous adonnez ou que
vous les accomplissez de telle sorte qu'il n'en résulte aucune conséquence négative
pour vous.Vous faites de votre mieux parce que vous le voulez, et non parce qu'il
le faut, ni pour essayer de faire plaisir au Juge, ni à qui que ce soit d'autre.
Si vous entreprenez une action parce que vous le devez, il est impossible de
l'effectuer au mieux. Alors autant ne pas la faire. Non, faites de votre mieux parce
qu'agir ainsi vous rend heureux. Lorsque vous le faites simplement pour le seul
plaisir que vous y trouvez, vous n'agissez que parce que vous aimez cela.
Etre dans l'action, c'est vivre pleinement. L'inaction est notre manière de nier la

vie. L'inaction, c'est rester assis devant la télévision chaque jour pendant des
années, parce que vous avez peur d'être vivant et de prendre le risque d'exprimer
qui vous êtes. C'est passer à l'action que d'exprimer qui vous êtes. Vous pouvez
avoir beau-coup de grandes idées dans votre tête, mais ce qui fait la différence
c'est le passage à l'acte. Si vous ne passez pas à l'action pour. concrétiser vos
idées, il n'y aura aucune manifestation, aucun résultat, et aucune récompense.
L'histoire de Forrest Gump en fournit un bon exemple. Il n'avait pas de grandes
idées, mais il pas-sait tout de suite à l'acte. Il était heureux parce qu 'il faisait
toujours de son mieux, quelle que fût son activité. Il a été richement récompensé
alors qu'il n'attendait rien.
Agir, c'est être vivant. C'est prendre le risque de sortir de votre coquille et
d'exprimer votre rêve. Ce n'est pas la même chose que d'imposer son rêve à
autrui, car chacun a le droit d'exprimer son rêve.
Toujours faire de son mieux. C'est une excellente habitude à développer que de
toujours faire de son mieux. Je fais de mon mieux dans tout ce que je fais et vis.
Faire de mon mieux est devenu un rituel dans ma vie, car j'ai fait le choix d'en
faire un rituel. C'est une croyance, comme d'autres croyances que j'ai choisies. Je
fais de chaque chose un rituel, et je fais toujours de mon mieux. Prendre une
douche est un rituel pour moi, et j'en profite pour dire à mon corps combien je
l'aime. Je sens l'eau sur mon corps et je l'apprécie. Je fais de mon mieux pour
satisfaire les besoins de mon corps et pour recevoir ce qu'il a à me donner.
En Inde, les gens pratiquent un rituel que l'on appel-le une puja, au cours duquel
ils prennent des idoles représentant Dieu sous de nombreuses formes et les
baignent, les nourrissent et leur expriment leur amour. Les idoles elles-mêmes
n'ont guère d'importance. Ce qui compte, c'est la manière d'exécuter le rituel, la
façon dont ces gens disent : “ Je t'aime, mon Dieu ”.
Dieu est la vie. Dieu est la vie en action. La meilleure façon de dire “ Je t'aime,
mon Dieu ” est de vivre votre vie en faisant de votre mieux. La meilleure façon de
dire “ Merci, mon Dieu ” est de se détacher .du passé et de vivre l'instant présent,
ici et maintenant. Lorsque la vie vous prive soudain de quelque chose, détachezvous en. Lorsque vous pratiquez le renoncement et que vous vous détachez du
passé, vous vous donnez la possibilité d'être pleinement vivant dans l'instant. Se
détacher du passé signifie être capable de savourer le rêve que vous vivez en ce
moment même.
Si vous vivez dans un rêve passé, vous n'appréciez pas ce qui se passe maintenant,
parce que vous souhaitez que le présent soit autre qu'il n'est. Nous n'avons pas de
temps à perdre à regretter quelque chose ou quelqu'un, car nous sommes vivants.
Ne pas apprécier ce qui se passe à l'instant même, c'est vivre dans le passé et n'être
qu'à moitié vivant. Cela conduit à l'auto-apitoiement, à la souffrance et aux
larmes.
Vous êtes né avec le droit d'être heureux. Vous êtes né avec le droit d'aimer, de
vous réjouir et de partager votre amour. Vous êtes vivant, alors embrassez votre

vie et appréciez-la. Ne résistez pas à la vie qui s'exprime en vous, parce que c'est
Dieu qui s'exprime ainsi. Votre seule existence prouve celle de Dieu. Elle prouve
l'existence de la vie et de l'énergie.
Nous n'avons pas à savoir ni à prouver quoi que ce soit. Nous n'avons qu'à être,
qu'à prendre le risque d'apprécier notre vie, c'est tout ce qui compte. Dites “ non
” lorsque vous voulez dire “ non ”, et “ oui ” quand vous voulez dire “ oui ”.Vous
avez le droit d'être vous-mêmes. Et vous ne pouvez être vous-mêmes qu'en faisant
de votre mieux. Lorsque vous ne le faites pas, vous niez votre droit à être vousmêmes. Voilà une graine que vous devriez vraiment cultiver dans votre
esprit.Vous n'avez pas besoin de connaissances ou de grands concepts
philosophiques. Vous n'avez pas non plus besoin d'être accepté par les autres.
Vous exprimez votre propre divinité en étant vivant et en vous aimant vousmêmes ainsi qu'autrui. C'est une expression de Dieu que de dire : “ Hé, je t'aime !

Les trois premiers accords toltèques ne fonctionneront que si vous faites de
votre mieux. Ne vous attendez pas à vous exprimer toujours avec une parole
impeccable.Vos habitudes sont trop fortes et trop bien ancrées dans votre esprit.
Mais vous pouvez faire de votre mieux. N'imaginez pas que vous ne prendrez plus
jamais rien personnellement ; faites seule-ment de votre mieux. Ne croyez pas
que vous ne ferez plus jamais la moindre supposition, mais vous pouvez
parfaitement faire de votre mieux.
En faisant de votre mieux, l'habitude de mal utiliser votre parole, celle de faire
une affaire personnelle de tout ce qui vous arrive et celle de faire des
suppositions vont s'affaiblir et se manifester de moins en moins souvent. Vous
n'avez pas à vous juger, à vous sentir coupable ou à vous punir, si vous n'arrivez
pas à respecter ces quatre accords toltèques. Si vous faites de votre mieux, vous
vous sentirez bien même en faisant encore des suppositions, même s'il vous arrive
encore de réagir de façon personnelle, même si votre parole n'est pas tout le
temps impeccable.
Si vous faites toujours de votre mieux, continuelle-ment, vous deviendrez un
maître de la transformation. C'est la pratique qui fait le maître. En faisant de votre
mieux, vous devenez un maître. Tout ce que vous savez, vous l'avez appris par la
répétition. Vous avez appris à écrire, à conduire et même à marcher par la
répétition. Vous êtes maître dans l'art de parler parce que vous vous êtes exercé.
Agir, mettre en pratique, voilà ce qui fait la différence.
Dans votre quête de liberté personnelle et d'amour de soi, si vous agissez au
mieux, vous découvrirez que ce n'est qu'une question de temps avant de trouver ce
que vous cherchez. Il ne s'agit pas de rêvasser ou de rester assis en méditation
durant des heures. Il vous faut vous lever et assumer votre humanité. Honorez
l'homme ou la femme que vous êtes. Respectez votre corps, appréciez-le, aimezle, nourrissez-le, lavez-le et soignez-le. Faites de l'exercice et adonnez-vous à des
activités qui font du bien à votre corps. C'est une puja pour votre corps, et une
communion entre vous et Dieu.

Vous n'avez pas besoin d'adorer des idoles représentant la Vierge Marie, le Christ
ou Bouddha.Vous pouvez le faire si vous le souhaitez ; si cela vous fait du bien.
Mais votre corps est une manifestation de Dieu, et si vous l'honorez, tout changera
pour vous. Lorsque vous vous entraînez à exprimer votre amour à toutes les
parties de votre corps, vous semez des graines d'amour dans votre esprit, et
lorsque celles-ci croîtront, vous vous mettrez à aimer, honorer et respecter
immensément votre corps.
Par la suite, chacun de vos actes devient un rituel pour honorer Dieu. L'étape
d'après est de l'honorer par chacune de vos pensées, chacune de vos émotions,
chacune de vos croyances, même avec ce qui est “ juste ” ou “ faux ”. Chaque
pensée devient alors une communion avec Dieu et vous vivez un rêve exempt de
jugements, de sentiments de victime et du besoin de médire ou de vous faire du
tort.
Lorsque vous honorez ces quatre accords à la fois, il vous est impossible de
vivre en enfer. Il n'y a vraiment pas moyen. Si votre parole est impeccable, si vous
ne faites jamais une affaire personnelle de quoi que ce soit, si vous ne faites
aucune supposition, si vous faites constamment de votre mieux, alors votre vie
sera magnifique. Vous contrôlerez votre existence à cent pour-cent.
Les quatre accords toltèques représentent un résumé de la maîtrise de la
transformation, qui est l'une des maîtrises enseignées par les Toltèques. Vous
changez l'enfer en paradis. Le rêve de la planète se transforme en votre propre
rêve de paradis. La connaissance est à votre disposition ; elle n'attend seulement
que vous vouliez bien vous en servir. Les quatre accords toltèques sont là ; vous
n'avez qu'à les adopter et respecter leur signification et leur pouvoir.
Faites simplement de votre mieux pour honorer ces accords. Vous pouvez
conclure l'accord suivant aujourd'hui même : “ Je choisis d'honorer les quatre
accords toltèques ”. Ils sont tellement simples et logiques que même un enfant
peut les comprendre. Mais il vous faut une volonté très forte, une volonté
puissante pour les respecter. Pourquoi ? Parce que, où que nous allions, notre
chemin est jonché d'obstacles. Tout le monde essaie de saboter notre engage-ment
de respecter ces accords, et tout semble organisé autour de nous pour nous inciter
à les rompre. Le problème vient des autres accords qui font partie du rêve de la
planète. Ils sont vivants et très puissants.
Voilà pourquoi il vous faut être un grand chasseur, un grand guerrier, capable de
défendre ces quatre accords par votre vie. Votre bonheur, votre liberté, tout
votre mode de vie en dépendent. Le but du guerrier est de transcender ce monde,
d'échapper à cet enfer et de ne jamais y revenir. La récompense, comme
l'enseignent les Toltèques, est de réussir à transcender l'expérience humaine de la
souffrance, de devenir l'incarnation de Dieu. Voilà la récompense.
Nous devons vraiment utiliser la plus infime parcelle de notre pouvoir pour

réussir à tenir ces accords. Au début, je ne pensais pas que j'y parviendrais. J'ai
chuté de nombreuses fois, mais je me suis relevé et j'ai continué d'avancer. Et je
suis tombé à nouveau, mais j'ai toujours continué. Je ne me suis pas apitoyé sur
moi-même. Cela m'était tout à fait impossible. Je me disais : “ Même si je tombe,
je suis assez fort, assez intelligent, donc j'y arriverai quand même ! ” Alors je me
relevais et je continuais. Chaque fois que je chutais, je me redressais et reprenais
ma route, et chaque fois cela devenait de plus en plus facile. C'était pourtant très
difficile, au début, très dur.
Alors, si vous aussi vous tombez, ne vous jugez pas. Ne donnez pas à votre Juge
intérieur la satisfaction de faire de vous une victime. Non, soyez solide. Relevezvous et renouvelez vos accords. “ Bon, j'ai rompu mon accord d'avoir une parole
impeccable. Je recommence à zéro. Je vais respecter les quatre accords toltèques
juste durant cette journée. Aujourd'hui ma parole sera impeccable, quoi qu'il
m'arrive je n'en ferai pas une affaire personnelle, je ne ferai aucune supposition, et
je ferai de mon mieux. “
Si vous rompez un accord, recommencez le lendemain, et à nouveau le jour
suivant. Au début ce sera difficile, mais chaque jour deviendra un peu plus facile,
jusqu'au jour où vous découvrirez que votre vie est régie par ces quatre accords.
Et vous serez sur-pris de voir comment elle aura été transformée.
Vous n'avez pas besoin d'être religieux ou d'aller à l'église chaque jour. Votre
amour et le respect que vous vous témoignez vont croître et se développer. Vous
en êtes capable. Si moi je l'ai fait, vous pouvez également le faire. Ne vous
souciez pas du futur ; gardez votre attention concentrée sur aujourd'hui et
demeurez dans l'instant présent. Vivez simplement un jour à la fois. Faites
toujours de votre mieux pour tenir ces accords, et bientôt tout cela deviendra
facile. Aujourd'hui, un nouveau rêve commence.

La voie toltèque de la liberté :
Briser les vieux accords
Tout le monde parle de liberté. Sur toute la planète des peuples, des races, des pays différents se battent pour
elle. Mais qu'est-ce que la liberté ? En Amérique, les gens prétendent vivre dans un pays libre. Mais sont-ils
vraiment libres ? Sommes-nous libres d'être qui nous sommes véritablement ? La réponse est non, nous ne le sommes
pas. La véritable liberté est de pouvoir être libre d'être qui nous sommes vraiment.
Qui nous empêche d'être libre ? On accuse le gouvernement, le temps, les parents,
la religion, on accu-se même Dieu. Mais qui nous en empêche vraiment d'être
libre ? Nous-mêmes. Que signifie véritable-ment être libre ? Parfois on se marie
puis on dit avoir perdu sa liberté ; ensuite on divorce et on n'est toujours pas
libre. Qu'est-ce qui nous retient ? Pourquoi ne parvient-on pas à être soi-même ?
Il nous reste de vagues souvenirs d'il y a très longtemps, lorsque nous étions
libres et que nous en jouissions pleinement, mais nous avons oublié ce que signifie
vraiment la liberté.
Si on regarde un enfant de deux ou trois ans, peut-être quatre, on voit un être
humain libre. Pourquoi est-il libre ? Parce qu'il fait ce qu'il veut. Cet être-là est
complètement sauvage. Comme une fleur, un arbre ou un animal qui n'a pas
encore été domestiqué : sauvage ! Et si on regarde des enfants de deux-trois ans, on
constate qu'ils arborent la plupart du temps un grand sourire et qu'ils s'amusent. Ils
explorent le monde. Ils n'ont pas peur de jouer. Ils ont peur lorsqu'ils se font mal,
qu'ils ont faim ou qu'un de leurs besoins n'est pas satisfait, mais ils ne se soucient
pas du passé, ils se fichent de l'avenir et ne vivent que dans l'instant présent.
Les très jeunes enfants n'ont pas peur d'exprimer ce qu'ils ressentent. Ils ont
tellement d'amour en eux que s'ils perçoivent de l'amour, ils se fondent en lui. Ils
n'ont aucune peur d'aimer. Voilà la description d'un être humain normal. Enfants,
nous n'avons ni peur du futur ni honte du passé. Notre tendance humaine naturelle
est de jouir de la vie, de jouer, d'explorer, d'être heureux, d'aimer.
Mais que s'est-il passé chez l'adulte ? Pourquoi sommes-nous si différents ?
Pourquoi ne sommes-nous plus sauvages ? Du point de vue de la Victime, on peut
croire que quelque chose de triste nous est arrivé ; du point du vue du guerrier, ce
qui s'est produit est normal. Le Livre de la Loi, le Juge et la Victime régissent notre
existence : voilà ce qui est arrivé. Nous ne sommes plus libres parce que le Juge,
la Victime et le système de croyances dont ils font partie ne nous permettent pas
d'être qui nous sommes vrai-ment. Dès l'instant que notre esprit a été programmé
avec tout ce fatras, nous ne sommes plus heureux.

Cette chaîne de programmation continue des enfants par leurs parents, de
générations en générations, est tout à fait normale dans la société humaine. Inutile
de condamner vos parents parce qu'ils vous ont appris à être comme eux. Que
pouvaient-ils vous enseigner d'autre que ce qu'ils savaient ? Ils ont fait de leur
mieux, et s'ils vous ont maltraité, c'est en raison de leur propre domestication, de
leurs propres peurs et croyances. Ils ne contrôlaient absolument pas la
programmation qu'ils ont reçue, donc ils ne pouvaient pas se comporter autrement.
Il est inutile de condamner vos parents ou quiconque vous ayant maltraité au
cours de votre vie, y compris vous-mêmes. Mais il est temps de mettre un terme à
ces mauvais traitements. Il est temps de vous libérer de la tyrannie du Juge, en
changeant le fondement de vos propres accords. Il est temps de vous libérer du
rôle de la Victime.
Votre vrai moi est encore un petit enfant qui n'a jamais grandi. Parfois cet enfant
surgit lorsque vous vous amusez et que vous jouez, lorsque vous vous sentez
heureux, que vous peignez, que vous écrivez de la poésie ou vous jouez du piano,
ou que vous vous exprimez d'une façon ou d'une autre. Ce sont les moments les
plus heureux de votre vie, lorsque votre vrai moi se manifeste, que vous ne vous
souciez plus du passé ni de l'avenir. Vous êtes redevenu un enfant.
Mais quelque chose transforme tout ceci : on appelle cela les responsabilités. Le
Juge dit : “ Attends un peu : tu es responsable, tu as des choses à faire, tu dois
travailler, tu dois aller à l'école, tu dois gagner ta vie. ” Toutes ces responsabilités
nous reviennent à l'esprit. Nos visages changent et nous redevenons sérieux.
Regardez des enfants jouant aux adultes, leurs petites mines changent. “ Je vais
faire semblant d'être un avocat ” dit l'un d'eux. A l'instant, son visage se transforme
et l'expression d'un adulte prend le dessus. Si on va au tribunal, c'est bien le genre
de visages que nous y voyons, et celui que nous affichons aussi nous-mêmes.
Nous sommes encore des enfants, mais nous avons perdu notre liberté.
Ce que nous recherchons, c'est la liberté d'être nous-mêmes, d'exprimer qui nous
sommes. Mais en observant notre vie, nous voyons que la plupart du temps nous
agissons simplement pour faire plaisir à autrui, pour être accepté par les autres,
plutôt que de vivre notre vie pour nous faire plaisir à nous-mêmes. Voilà ce qui est
arrivé à notre liberté. Et c'est ainsi que dans notre société et dans les autres
sociétés de la planète, neuf cent quatre-vingt-dix neuf personnes sur mille sont
complètement domestiquées.
Le pire est que la plupart d'entre nous ne sont même pas conscients de ne pas être
libres. Quelque chose nous le murmure, mais nous ne comprenons pas ce que c'est
ni pourquoi nous ne sommes pas libres.
Le problème, pour beaucoup, est qu'ils vivent leur vie sans jamais découvrir que
le Juge et la Victime dirigent leur esprit, de sorte qu'ils n'ont jamais la possibilité
de se libérer. La première étape vers la liberté est donc la prise de conscience. On
doit première-ment être conscient de ne pas être libre afin de se libérer. On doit
être conscient du problème afin de pouvoir y chercher une solution.
La prise de conscience est la première étape, car sans elle, rien ne peut changer. Si

vous ne vous rendez pas compte que votre esprit est blessé et rempli de poison
émotionnel, vous ne pouvez pas commencer à le laver et à guérir ses plaies, et
vous continuerez de souffrir.
Il n'y a pourtant aucune raison de souffrir. La conscience vous permet de vous
rebeller et de dire : “ Cela suffit ! ” Vous pouvez chercher un moyen de guérir et de
transformer votre rêve personnel. Le rêve de la planète n'est qu'un rêve. Il n'est
même pas réel. Si vous pénétrez dans ce rêve et commencez à remettre en question
vos croyances, vous découvrirez que la plupart de celles qui vous ont conduit à
meurtrir votre esprit ne sont même pas réelles. Vous vous rendrez compte que
vous avez souffert toutes ces années pour rien. Pourquoi ? Parce que le système de
croyances qui vous a été inculqué est fondé sur des mensonges.
Voilà pourquoi il est important de maîtriser votre propre rêve et voilà pourquoi les
Toltèques sont devenus des maîtres du rêve. Votre vie est la manifestation de
votre rêve : c'est une oeuvre d'art. Et vous pouvez changer de vie chaque fois que
vous n'appréciez pas ce rêve. Les maîtres du rêve font un chef d'oeuvre de leur vie ;
ils contrôlent leur rêve en effectuant des choix. Chaque action entraîne des
conséquences, et un maître du rêve est conscient de cette logique de ces
conséquences.
Etre un Toltèque est un mode de vie dans lequel n'existent ni leaders ni disciples ;
chacun a et vit sa propre vérité. Un Toltèque devient sage, sauvage, et il redevient
libre.
Il y a trois maîtrises pour conduire les êtres à devenir des Toltèques. La première
est la Maîtrise de l'Attention. Elle consiste à être conscient de qui l'on est vraiment, avec toutes ses possibilités. La deuxième est la Maîtrise de la
Transformation : comment changer, comment se libérer de sa domestication. La
troisième est la Maîtrise de l'Intention.
L'Intention, du point du vue des Toltèques, est cette composante de la vie qui rend
possible la transformation de l'énergie ; c'est cet être vivant unique qui englobe
toute l'énergie, ou que l'on appelle “ Dieu”. L'Intention est la vie elle-même ; c'est
l'amour inconditionnel. La Maîtrise de l'Intention est donc la Maîtrise de l'Amour.
Lorsqu'on évoque la voie toltèque de la liberté, on constate que les Toltèques
disposent de toute une cartographie pour se libérer de la domestication. Ils
comparent le Juge, la Victime et le système de croyance à un parasite qui envahit
l'esprit humain. De leur point de vue, tous les humains qui ont été domestiqués
sont malades, puisqu'un parasite contrôle leur esprit et leur cerveau. Ce parasite se
nourrit des émotions négatives issues de la peur.
Si l'on regarde la description d'un parasite, on voit qu'il s'agit d'une créature se
nourrissant de la vie d'autres êtres vivants, suçant leur énergie sans rien leur
donner en retour, et détruisant petit à petit ses hôtes. Le Juge, la Victime et le
système de croyances correspondent tout à fait à cette description. Ensemble, ils
représentent un être vivant constitué d'énergie psychique ou émotionnelle, et cette
énergie est vivante. Il ne s'agit bien sûr pas d 'énergie matérielle, mais les émotions
ne sont pas matérielles non plus. Nos rêves non plus ne sont pas constitués

d'énergie matérielle, mais nous savons qu'ils existent.
L'une des fonctions du cerveau est de transformer l 'énergie matérielle en énergie
émotionnelle. Le cerveau est notre usine à émotions. Et nous avons dit que la
fonction principale de l'esprit est de rêver. Les Toltèques croient que le parasite - le
Juge, la Victime et le système de croyances - contrôle votre esprit ; il contrôle
votre rêve personnel. Le parasite rêve à travers votre esprit et vit sa vie au moyen
de votre corps. Il survit grâce aux émotions engendrées par la peur et prospère
grâce aux drames et aux souffrances.
La liberté que nous recherchons, c'est d'utiliser notre propre esprit et notre corps,
de vivre notre propre vie, et non celle du système de croyance de la société.
Lorsque que nous découvrons que notre esprit est contrôlé par le Juge et la
Victime, et que le vrai “ nous ” est relégué dans un coin, nous avons deux choix.
Le premier est de continuer à vivre comme avant, de se soumettre au Juge et à la
Victime, de continuer de vivre le rêve de la planète. Le deuxième consiste à faire
ce que font les enfants lorsque les parents veulent les domestiquer : se rebeller et
dire “ Non ! ” Nous pouvons déclarer la guerre au parasite et, au Juge et à la
Victime, déclencher un combat pour conquérir notre indépendance, notre droit à
utiliser notre propre esprit et notre propre cerveau.
Voilà pourquoi dans toutes les traditions chamaniques de l'Amérique, du Canada à
l'Argentine, les chamans se font appeler guerriers, parce qu'ils sont en guerre
contre le parasite de l'esprit. Voilà la vraie signification du guerrier. Le guerrier est
celui qui se rebelle contre l'invasion du parasite. Il se rebelle et lui déclare la
guerre. Cela dit, être un guerrier ne signifie pas gagner toutes les batailles ; parfois
on en gagne, parfois on en perd, mais on fait toujours de son mieux et, au moins,
on tente sa chance de redevenir libre. En choisissant cette voie, on y gagne au
minimum la dignité de la rébellion, en faisant en sorte de ne plus être les victimes
sans défense de ses propres émotions incongrues et du poison émotionnel d'autrui.
Même si on succombe à l'ennemi - au parasite - on ne fait pas partie des victimes
tombées sans s'être battues.
Dans le meilleur des cas, être un guerrier nous donne l'occasion de transcender le
rêve de la planète et de transformer notre rêve personnel en un rêve appelé
paradis. Tout comme l'enfer, le paradis est un lieu qui existe dans notre esprit. Il y
règne la joie, on y est heureux, libre d'aimer et d'être qui on est vraiment. On peut
atteindre le paradis en étant encore en vie ; pas besoin d'attendre d'être mort. Dieu
est toujours présent et le royaume des cieux est partout, mais il faut tout d'abord
des yeux et des oreilles pour voir et entendre cette vérité. On doit se libérer du
parasite.
Le parasite peut être comparé à un monstre à mille têtes. Chacune de ses têtes est
l'une de nos peurs. Si on veut être libre, il faut le détruire. Une solution consiste à
attaquer une de ses têtes à la fois, ce qui signifie faire face à ses peurs une par
une. Ce processus est lent, mais il fonctionne. Chaque fois qu'on fait face à une de
ses peurs, on est un peu plus libre.
Une autre approche consiste à cesser de nourrir ce parasite. Si on ne lui donne

plus rien à manger, on le tue par inanition. Pour ce faire, il faut contrôler ses
émotions, ne plus entretenir celles qui proviennent de la peur. C'est facile à dire,
mais beaucoup plus difficile à faire, parce que le Juge et la Victime contrôlent
notre esprit.
Une troisième solution est ce que l'on appelle l'initiation de la mort. On la trouve
dans de nombreuses traditions et écoles ésotériques du monde. Elle existe en
Egypte, en Inde, en Grèce et en Amérique. Il s'agit d'une mort symbolique qui tue
le parasite, sans nuire à notre corps physique. Lorsqu'on “ meurt ”
symboliquement, le parasite doit mourir. Cette méthode est plus rapide que les
deux autres, mais elle est encore plus difficile. Il faut beaucoup de courage pour
rencontrer l'ange de la mort. On doit être très fort.
Regardons de plus près chacune de ces trois solutions.

L'art de la transformation :
le rêve de l'attention seconde
Nous avons vu que le rêve que vous vivez actuellement est le résultat du processus
au moyen duquel le rêve de la planète a capté votre attention et vous a inculqué
toutes vos croyances. On peut appeler le processus de domestication le rêve de
l'attention première parce que c'est ainsi que votre attention a été utilisée pour la
première fois, afin de créer le premier rêve de votre vie.
L'une des manières de changer vos croyances consiste à concentrer votre attention
sur elles et sur vos accords, et à modifier ceux que vous avez conclus avec vousmêmes. Ce faisant, vous vous servez de votre attention pour la seconde fois,
créant ainsi le rêve de l'attention seconde ou nouveau rêve.
La différence, c'est que vous n'êtes plus innocent. Ce n'était pas le cas lorsque
vous étiez enfant ; vous n'aviez pas le choix. Mais vous n'êtes plus un enfant.
Maintenant, c'est à vous qu'il appartient de choisir. Vous pouvez choisir de croire
ce que vous voulez, y compris de croire en vous-mêmes.
La première étape consiste à prendre conscience du brouillard qui obscurcit votre
esprit. Vous devez devenir conscient du fait que vous rêvez en permanence. Seule
cette conscience peut vous donner la possibilité de transformer votre rêve. Si vous
vous rendez compte que tout le drame de votre vie provient de ce que vous
croyez, et que ceci n'est pas vrai, vous pouvez alors commencer à changer.
Toutefois, pour vraiment modifier vos croyances, il vous faut concentrer votre
attention sur ce que vous voulez précisément changer. Vous devez connaître quels
sont ceux parmi vos accords que vous voulez changer, avant de pouvoir le faire.
L'étape suivante consiste donc à développer la conscience de toutes les croyances
limitatrices, fondées sur la peur, qui vous rendent malheureux. Faites un
inventaire de tout ce que vous croyez, de tous vos accords, et ce faisant, la
transformation commencera. Les Toltèques nomment ce processus l'Art de la
Transformation, et cela représente toute une maîtrise. Vous devenez un Maître de
la Transformation, en modifiant les accords basés sur la peur qui vous font
souffrir et en reprogrammant votre esprit, à votre manière. L'une des façons dont

vous pouvez effectuer cela est d'explorer et d'adopter des croyances telles que les
quatre accords toltèques.
La décision d'adopter ces Accords est une déclaration de guerre contre le parasite,
en vue de reconquérir votre liberté. Les quatre accords toltèques vous offrent la
possibilité de mettre un terme à la douleur émotionnelle, vous ouvrant ainsi les
portes à une réelle appréciation de la vie et au commencement d'un nouveau
rêve. A vous d'explorer les possibilités de votre rêve, si cela vous intéresse. Les
quatre accords toltèques ont été conçus pour vous aider dans l'art de la
Transformation, vous permettre de briser vos accords limitatifs, vous donner
davantage de pouvoir personnel et vous rendre plus fort. Plus vous serez fort,
plus vous romprez d'anciens accords jusqu'à ce que vous atteignez le noyau de
tous ces accords.
Atteindre ce noyau central est ce que j'appelle aller dans le désert. C'est dans le
désert que vous vous
retrouvez face à vos démons intérieurs. Une fois ressorti du désert, tous ces
démons deviennent des anges.
La mise en pratique des quatre accords représente un acte important de pouvoir.
Il vous faut en effet beaucoup de pouvoir personnel pour rompre le sort de magie
noire auquel est soumis votre esprit. Chaque fois que vous brisez un accord, vous
récupérez un peu plus de pouvoir. Vous commencez par rompre de petits accords
qui requièrent peu de pouvoir. A mesure qu'ils se brisent, votre pouvoir personnel
s'accroit jusqu'à ce que vous soyez finalement en mesure d'affronter les grands
démons qui vous habitent.
Par exemple, cette petite fille à qui l'on avait dit de ne pas chan-ter : elle a
maintenant vingt ans et ne chante toujours pas. Une manière pour elle de dépasser
la croyance que sa voix est horrible consiste à se dire : “ D'accord, je vais essayer
de chanter, même si je chante mal. ” Puis, elle peut imaginer que quelqu'un
l'applaudit et lui dit : “ Oh ! C'était magnifique. ” Ceci peut amoindrir un peu
l'accord dont elle souffre, même s'il est encore là. Cependant maintenant, elle a un
peu plus de pouvoir et de courage pour essayer à nouveau, et s'y reprendre encore
et encore, jusqu'à ce qu'elle brise complètement cet accord.
Voilà une manière de sortir du rêve de l'enfer. Mais chaque accord dont vous
souffrez et que vous brisez doit être remplacé par un nouvel accord qui vous rend
heureux. Cela évitera le retour de l'ancien. Si la même place est occupée par
nouvel accord, l'ancien part à jamais.
Plusieurs anciens accords très puissants peuvent faire penser que ce processus ne
finira jamais. C'est la raison pour laquelle il vous faut aller pas à pas et faire
preuve de patience envers vous-même, parce que cela prend du temps. Votre
manière actuelle de vivre est le résultat d'années de domestication. Vous ne
pouvez donc vous attendre à vous en libérer en un seul jour. Il est très difficile de
rompre nos accords, parce que le pouvoir de notre parole (qui est celui de notre
volonté) a été investi dans chacun de ceux que nous avons conclus.
Pour modifier un accord, il faut la même quantité de pouvoir nécessaire à le créer.

Il est impossible d'en changer un avec moins de pouvoir que nous n'en avons
utilisé pour le conclure, et presque tout le pou-voir qui nous reste sert à maintenir
les accords que nous avons passés avec nous-mêmes. Cela tient au fait que nos
accords sont une forme de toxicomanie. Nous sommes dépendants de la façon
dont nous vivons. Nous sommes dépendants de la colère, de la jalousie et de
l'auto-apitoiement. Nous sommes dépendants des croyances qui nous disent : “Je
ne suis pas assez bon, je ne suis pas assez intelligent. Pourquoi essayer ? D'autres
réussiront, parce qu'ils sont meilleurs que moi. ”
C'est par la répétition continuelle que tous ces anciens accords ont fini par
diriger notre vie. Par conséquent, vous devez également utiliser la répétition pour
adopter les quatre accords toltèques. C'est en mettant en pratique ces nouveaux
accords que votre “ mieux ” deviendra encore meilleur. C'est la répétition qui
fait le maître.

La discipline du guerrier : contrôlez
votre propre comportement
Imaginez que vous vous réveillez un matin débordant d'enthousiasme pour la journée à venir. Vous
vous sentez bien. Vous êtes heureux, plein d'énergie pour affronter la journée. Puis, au petit-déjeuner,
vous vous disputez avec votre femme, et un flot d'émotions se déverse. Vous vous emportez, et dans
votre colère vous dépensez beaucoup de pouvoir personnel. Au terme de la dispute, vous vous sentez
vidé, et vous n'avez qu'une envie, c'est de partir et de pleurer. D'ailleurs, vous êtes si fatigué que vous
allez dans votre chambre, vous vous y effondrez, et vous essayez de récupérer. Vous passez toute votre
journée pris par vos émotions. Il ne vous reste aucune énergie pour continuer, et vous n'avez plus rien
envie de faire.
Chaque jour, on se réveille avec une certaine quantité d'énergie mentale, émotionnelle et physique, que
l'on dépense au cours de la journée. Si on laisse nos émotions nous vider de cette énergie, il ne nous en
reste plus pour changer notre existence ou pour en donner aux autres.
Votre façon de voir le monde dépendra des émotions que vous ressentez. Lorsque vous êtes en colère,
rien de ce que vous voyez ne semble aller, tout paraît faux. Vous vous mettez à tout critiquer, y compris
le temps ; qu'il pleuve ou qu'il fasse soleil, rien ne vous satisfait. Lorsque vous êtes triste, tout vous
semble triste et vous donne envie de pleurer. Vous voyez les arbres et vous vous sentez triste ; vous
regardez tomber la pluie et chaque chose semble infiniment triste. Vous vous sentez peut-être
vulnérable et vous avez besoin de vous protéger, parce que vous ne savez pas à quel moment vous
risquez d'être agressé. Vous ne faites plus confiance à rien ni à personne autour de vous. Cela vient du
fait que vous regardez le monde avec les yeux de la peur !
Imaginez que l'esprit humain soit pareil à votre peau. Si vous la touchiez, la sensation serait très
agréable. Votre peau est faite pour recevoir des perceptions, et la sensation procurée par le toucher est
merveilleuse. Imaginez maintenant que vous vous soyez blessé et que votre peau soit entaillée et
infectée. Si vous la touchiez là où elle serait infectée, vous auriez mal ; vous essayeriez donc de la
couvrir et de la protéger. Vous n'auriez aucun plaisir à être touché, à cause de la douleur.
Imaginez maintenant que tous les humains ont une maladie de la peau. Personne ne peut toucher qui
que ce soit, parce que cela fait mal. Tout le monde a des plaies partout sur la peau, au point que cet état

d'infection généralisé est considéré comme normal, et la douleur aussi ; chacun croit que c'est ainsi que
les choses doivent être.
Pouvez-vous vous représenter les comportements que nous adopterions, si tous les êtres humains sur
cette planète avaient une maladie de la peau ? Nous ne pourrions bien sûr pas nous prendre dans les
bras, parce que ce serait trop douloureux. Il nous faudrait garder beaucoup de distance entre nous.
L'esprit humain ressemble tout à fait à cette description d'une peau infectée. Chaque être humain
possède un corps émotionnel entièrement recouvert de plaies infectées. Chacune d'entre elles suppure
du poison émotionnel, provenant de toutes les émotions qui nous font souffrir, telles que la haine, la
colère, l'envie et la tristesse. Toute injustice ouvre une plaie dans l'esprit et nous y réagissons par du
poison émotionnel, en raison des notions et des croyances que nous cultivons concernant la justice et
l'injustice.
L'esprit est couvert de tellement de plaies provoquées par le processus de domestication, il est si plein
de poison, que tout le monde considère son état pitoyable comme normal. Je peux cependant vous dire
que ce n'est pas son état normal.
Le rêve de la planète est pathologique et les humains souffrent d'une maladie mentale appelée “ peur ”.
Les symptômes de cette maladie sont les émotions dont ils souffrent : la colère, la haine, la tristesse,
l'envie, et la trahison. Lorsque la peur est trop forte, l'es-prit rationnel faiblit, et on parle alors de
maladie mentale. Les comportements psychotiques se produisent lorsque l'esprit est tellement effrayé
et les plaies si douloureuses qu'il est préférable de rompre le contact avec le monde extérieur.
Si on est capable de voir son propre état d'esprit comme étant malade, on voit qu'il y existe un remède.
Il n'est pas nécessaire de continuer à souffrir. Tout d'abord, on a besoin de la vérité pour ouvrir ces
plaies émotionnelles, en sortir le poison et les guérir complètement. Comment devons-nous procéder ?
On doit par-donner à tous ceux qui nous ont fait du tort, non pas parce qu'ils méritent d'être pardonnés,
mais parce qu'on s'aime tellement soi-même, qu'on ne veut plus continuer à payer pour les injustices
passées.
Le pardon est la seule façon de guérir. On peut décider de par-donner par compassion pour soi-même.
On peut se détacher de tout ressentiment et déclarer : “ Cela suffit ! Je ne serai plus le Juge qui me tyrannise.
Je ne m'en voudrai plus et ne me maltraiterai plus. Je ne serai plus la Victime. ”

Il vous faut tout d'abord pardonner à vos parents, à vos frères et soeurs, à vos amis et à Dieu. Lorsque
vous avez pardonné à Dieu, vous pouvez finalement vous pardonner à vous-mêmes. Lorsque vous vous
serez pardonné, le rejet de vous-même dis-paraîtra de votre esprit. Ce sera le début de l'acceptation de
vous, et votre amour propre deviendra si fort que vous pourrez finalement vous accepter tel que vous
êtes. Ce sera le commencement de la liber-té humaine. Le pardon en est la clé.
Vous saurez que vous avez pardonné à quelqu'un lorsque vous serez capable de le voir sans réagir
émotionnellement. Même en entendant le nom de cette personne, vous n'aurez plus de réaction.
Lorsque quelqu'un peut toucher l'endroit où se trouvait une plaie et que cela ne vous fait plus mal, vous
savez que vous avez vraiment pardonné.
La vérité est semblable à un scalpel. Elle est douloureuse, car elle ouvre toutes les plaies recouvertes
par des mensonges, afin qu'on puisse guérir. Ces men-songes constituent un dispositif de déni. Ce
dispositif est une bonne chose, puisqu'il nous permet de recouvrir nos plaies et de continuer à
fonctionner. Mais lorsqu'on est débarrassé de toute plaie et de tout poison, on n'a plus besoin de
mentir. Le dispositif de déni n'est plus utile, car un esprit sain, comme une peau saine, peut être touché
sans que cela fasse mal. Lorsqu'il est propre, sain, l'esprit aime être touché.
Le problème de la plupart des gens, c'est qu'ils per-dent le contrôle de leurs émotions. Ce sont
habituellement les émotions qui contrôlent le comportement des humains, et non les humains qui
maîtrisent leurs émotions. Lorsqu'on perd le contrôle, on dit des paroles qu'on ne voulait pas dire, ou
on fait des choses qu'on ne voulait pas faire. Voilà pourquoi il est tellement important d'avoir une parole
impeccable et de devenir un guerrier spirituel. Nous devons apprendre à contrôler nos émotions afin
d'avoir assez de pouvoir pour changer les accords que nous avons conclus sous l'emprise de la peur,
pour échapper à l'enfer et créer notre paradis personnel.
Comment devenir un guerrier ? Les caractéristiques d'un guerrier sont quasiment les mêmes partout
dans le monde. Premièrement, le guerrier possède la conscience. Ceci est très important. On est
conscient d'être en guerre, et celle-ci dans notre esprit exige de la discipline. Non pas celle d'un soldat,

mais celle d'un guerrier. Ce n'est pas une discipline imposée de l'extérieur, qui nous dit que faire ou
non, mais celle consistant à être soi-même, quoi qu'il advienne.
Ensuite, le guerrier possède le contrôle. Il ne s'agit pas de contrôler d'autres êtres humains mais ses
propres émotions, son propre moi. C'est lorsqu'on perd le contrôle qu'on réprime ses émotions. La
différence entre un guerrier et une victime, c'est que cette dernière réprime ses émotions tandis que le
guerrier les réfrène. La victime les réprime parce qu'elle a peur de les exprimer. Se réfréner n'est pas la
même chose que de réprimer. Se réfréner signifie contenir ses émotions puis les exprimer au bon
moment : ni avant, ni après. Voilà pourquoi les guerriers sont impeccables. Ils contrôlent totalement
leurs émotions et donc leur propre comportement.

Le dernier moyen pour atteindre la liberté personnelle est de se préparer à
l'initiation de la mort, c'est-à-dire de prendre la mort elle-même comme
instructeur. L'ange de la mort peut nous enseigner comment être vraiment vivant,
comment le devenir. Nous devenons conscient qu'on peut mourir à tout moment ;
seul le présent nous permet d'être vivant. La vérité est qu'on ne sait pas si on sera
encore en vie demain. Qui le sait ? On pense avoir encore de nombreuses années
devant soi. Mais est-ce le cas ?
Si nous allions à l'hôpital et que le médecin nous disait qu'il ne nous reste qu'une
semaine à vivre, que ferions-nous ? Comme nous l'avons dit auparavant, nous
avons deux choix. L'un est de souffrir et de dire à tout le monde : “ Pauvre de moi,
je vais mourir ”, et d'en faire tout un drame. L'autre est de profiter de chaque
instant pour être heureux, pour faire ce qui nous fait vraiment plaisir. S'il ne nous
reste qu'une semaine à vivre, alors apprécions vraiment la vie. Soyons vivant. On
peut se dire : “ Je vais être moi-même. Je ne vais plus vivre ma vie en essayant de
faire plaisir aux autres. Je n'aurai plus peur de ce qu'ils pensent de moi. Qu'est-ce
que cela peut me faire, puisque je serai mort dans une semaine ? Je serai moimême. ”
L'ange de la mort peut nous apprendre à vivre chaque jour comme si c'était le
dernier, comme s'il ne devait pas y avoir de lendemain. On peut commencer
chaque journée en se disant : “ Je suis éveillé, je vois le soleil. Je vais exprimer ma
gratitude au soleil, à chaque chose et à chacun, parce que je suis encore en vie. Je
dispose d'un jour de plus pour être moi-même. ”
Voilà comment moi je vois la vie, voilà ce que l'ange de la mort m'a enseigné : à
être complètement ouvert, à savoir qu'il n'y a rien à craindre. Et bien entendu
j'agis avec amour à l'égard de ceux que j'aime parce que c'est peut-être le dernier
jour où je peux leur dire que je les aime. Je ne sais pas si je vais les revoir, alors je
ne veux pas être en mauvais termes avec eux.

Que se passerait-il si je me disputais avec vous, que je vous jetais à la figure tout le
poison émotionnel que j'ai contre vous, et que vous veniez à mourir demain ?
Aïe ! Mon Dieu, mon Juge intérieur va m'en faire voir de toutes les couleurs, et je
me sentirai tellement coupable de tout ce que je vous ai dit ! Je me sentirai même
coupable de ne pas vous avoir dit combien je vous aimais.
L'amour qui me rend heureux est celui que je peux partager avec vous. Pourquoi
devrais-je nier que je vous aime ? Peu importe que vous m'aimiez en retour. Je
peux mourir demain, et vous aussi. Ce qui me rend heureux maintenant est de vous
faire savoir combien je vous aime.
Il vous est possible de vivre votre vie de cette manière. Ce faisant, vous vous
préparez à l'initiation de la mort. Au cours de cette initiation, le vieux rêve qui
loge dans votre esprit mourra à jamais. Oui, il vous restera des souvenirs du
parasite - du Juge, de la Victime et de ce que vous aviez l'habitude de croire mais ce parasite sera mort.
Voilà ce qui va mourir au cours de l'initiation de la mort : le para-site. Il n'est pas
facile de choisir cette initiation de la mort, parce que le Juge et la Victime s'y
opposeront de toutes leurs forces. Ils ne veulent pas mourir. Qui plus est, on croit
que c'est soi-même qui allons mourir, et cette mort nous fait peur.
En réalité, lorsqu'on vit dans le rêve de la planète, c'est comme si on était déjà
mort. Celui qui survit à l'initiation de la mort reçoit donc le plus beau des cadeaux
: la résurrection. Ressusciter signifie se lever d'entre les morts, être vivant, être à
nouveau soi-même. La résurrection fait à nouveau de nous des enfants, sauvages
et libres, mais avec une différence : désormais nous jouissons d'une liberté
accompagnée de sagesse et non plus d'innocence.
Nous sommes capables de briser notre domestication, de nous libérer à nouveau et
de guérir notre esprit. Nous nous soumettons à l'ange de la mort, sachant que le
parasite va mourir et que nous serons encore en vie avec un esprit sain et une
raison par-faite. Alors, seulement, nous serons libres d'utiliser notre propre esprit
et de mener notre propre vie.
Voilà ce que l'ange de la mort nous enseigne, dans la voie toltèque. Il vient à nous
et nous dit : “ Vois-tu, tout ce qui existe ici m'appartient ; ce n'est pas à toi. Ta
maison, ton conjoint, tes enfants, ta voiture, ta carrière, ton argent : tout
m'appartient et je peux te le reprendre quand je veux, mais pour l'instant tu peux en
faire usage. ”
Si nous nous soumettons à l'ange de la mort, nous serons éternellement heureux.
Pourquoi ? Parce qu'il emporte le passé et permet ainsi à la vie de continuer. A
chaque moment écoulé, l'ange de la mort ne cesse d'en prendre la part qui est
morte, tandis que nous continuons de vivre dans le présent. Le parasite souhaite
que nous portions le passé avec nous, c'est pourquoi être vivant nous pèse tant.
Tant qu'on essaie de vivre dans le passé, comment pouvons-nous savourer le
présent ? Lorsqu 'on rêve du futur, pour-quoi nous faudrait-il porter le fardeau du
passé ? Quand allons-nous enfin vivre dans le présent ?Voilà ce que l'ange de la
mort peut nous enseigner.


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